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23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 12:06
Giorgio Cacchi dans ses oeuvres... au bord de l'étang et ailleurs...

 

 

Un récital de guitare et de musique électroacoustique surprenant et original...

Le guitariste utilise des enregistrements, des machines, des sons réels qui ponctuent ses compositions.

"Vous serez surpris, par moments..." annonce Giorgio Cacchi aux spectateurs...

 

Premier tableau, première journée : au bord de l'étang...

Dans ce premier morceau intitulé Aqua, Giorgio Cacchi nous fait percevoir le son de l'eau, goutte d'eau ou neige qui tombe... On écoute une mélodie très légère, douce, on entend les gouttes d'eau... puis, grâce à une machine acoustique, le son est amplifié avec des effets d'échos... on écoute encore la guitare et on entend la musique de l'eau... légèreté, transparence, délicatesse...

 

Le compositeur utilise aussi des chants d'oiseaux enregistrés, puis la guitare vient évoquer ces chants : légèreté, gaieté, bonheur au programme... le musicien nous fait vraiment entendre avec son instrument les voix des oiseaux...

 

Deuxième jour : un séjour dans un château du 19ème siècle... On écoute des bruits de portes qui craquent, et la mélodie de la guitare se fait plus sombre, avec des sonorités plus graves.

"Rassurez-vous, je suis normal dans la vie de tous les jours...", nous déclare avec humour le musicien.

 

Troisième jour : l'orage...

Le guitariste nous fait entendre le tonnerre : puis, c'est sa guitare qui gronde...

 

Quatrième jour : une promenade sur une allée de graviers... On entend les sons réels puis la guitare vient suggérer une marche lente, mesurée, douce...

 

Cinquième jour : qu'est ce qui peut bien arriver ? Le silence ! On apprécie, alors, une mélodie apaisante, au cours de laquelle le musicien berce sa guitare...

 

"Mais, la nuit, c'est quelque chose de particulier, je compose la nuit..", nous confie Giorgio Cacchi.

"Un soir d'insomnie, quand on ne dort pas, des objets prennent des proportions particulières..." Le musicien exhibe alors une énorme montre rouge, dont on entend le TIC TAC bruyant, avec un son amplifié.

"Quand on ne dort pas, cela devient insupportable...", et c'est le sujet du morceau suivant intitulé Insomnia.

Avec le TIC TAC de la montre, le guitariste nous joue un air obsédant, amplifié, qui résonne de plus en plus fort, jusqu'au vrombissement...

 

Puis, le musicien évoque un de ses professeurs qui lui a fait aimer la musique : il a alors composé un morceau pour le remercier : une jolie mélodie intitulée Carrousel dans laquelle on perçoit toute la reconnaissance et la gratitude de l'auteur...

"Je lui envoie la partition pour qu'il la corrige, et il me répond avec un autre morceau La ronde", le musicien nous joue, alors, une mélodie virevoltante, pleine de virtuosité et d'élégance...

 

Soudain, on passe à une autre évocation : "Il y a 50 ans, le premier homme sur la lune... aujourd'hui, on peut trouver cela un peu ringard, on ne sait pas si c'est bien vrai, toute cette histoire."

"Mais, il y a quelque chose de mystérieux dans l'espace..."

Et c'est là la partie la plus étonnante de ce concert.

Car le musicien nous fait revivre l'événement : grâce à une guitare électrique avec archet électronique, on entend comme une sonorité de sirène, on écoute aussi l'enregistrement de conversations entre les cosmonautes Aldrin, Armstrong et la NASA.

Puis, c'est le compte à rebours :  ten, nine, eight, seven...

On est vraiment dans l'ambiance. Et c'est alors que le musicien se met au piano pour jouer une mélodie sombre, ténébreuse comme l'espace : on ressent alors toute la beauté et le mystère de l'univers.

Le compositeur revient à sa guitare qu'il frappe de la main, et sur laquelle il interprète un air envoûtant...

 

On passe ensuite à une toute autre ambiance : "Je ne suis jamais allé à Cuba, mais en écoutant des musiques cubaines, j'ai composé ce morceau..."

On est alors saisi par le rythme enjoué de la mélodie : un rythme de bossa nova qui donne envie de danser...

 

On est encore étonné par un dernier morceau... "Quand je suis arrivé dans cette région, j'ai été surpris par le vent, sa violence..." Et le musicien nous joue la musique du vent, d'abord assez douce puis tonitruante, en frappant sa guitare.

 

 Avec sa bonhomie, son accent italien chantant, et avec son  talent de musicien,  Giorgio Cacchi a suscité la curiosité et emporté l’adhésion des nombreux spectateurs venus écouter son récital.

Ce spectacle s'est déroulé au Carré d'Art dans le cadre des Jeudis de Nîmes...

 

 

 

 

 

 

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13 septembre 2019 5 13 /09 /septembre /2019 12:18
Concert de musique baroque... petits égarements en duo...

 

 

Un concert pour découvrir la musique baroque et ses instruments : c'est une belle découverte, et un moment dédié à la sensibilité, l'émotion, aux surprises.

 

Michel Coppé jeune violoniste s'implique dans des démarches créatives, que ce soient des recherches sur la musique ancienne, les oeuvres contemporaines ou encore la musique expérimentale improvisée.

 

Audrey Sabbatier, violoncelliste, a joué divers concerts en solo et avec différentes formations en France, aux Etats-Unis, en Suisse, en Allemagne...

 

Les deux musiciens étaient réunis pour un concert baroque donné au Carré d'Art dans le cadre des Jeudis de Nîmes...

 

Ils arrivent sur la scène, vêtus de noir.  Lui, la barbe naissante, les cheveux en bataille, elle, le visage rond éclairé par une chevelure blonde...

Un long moment pour accorder les instruments, car nous explique plus tard Michel Coppé, les cordes des instruments baroques sont constituées de boyaux...

 

Puis, le concert commence avec le duo pour violon et alto KV 423 en sol majeur de Mozart, morceau adapté pour violoncelle dès 1805.

Légèreté, douceur, gaieté, élégance, vivacité... 

Les instruments pleurent, puis chantent, la musique s'épanouit, virevolte, on est ébloui par des motifs répétés qui s'envolent...

 

C'est à une Fantaisie baroque en 3B que nous invitent ensuite les musiciens : Bach, Bella Bartok, Lucciano Berio... un voyage musical entre des siècles différents...

 

La vivacité, l'harmonie de la musique de Bach nous transportent... les instruments semblent pleurer, la musique se fait mélancolique, sombre, grave...

On entend alors le violon qui grésille dans des sonorités très aiguës :  comme un insecte qui virevolte...

On retourne ensuite à la légèreté, à la délicatesse, au charme de la musique de Bach.

 

Avec Bela Bartok, on entend des rythmes slaves endiablés dans une musique tourbillonnante.

 

On se laisse ensuite bercer par le romantisme du 2ème duo pour violon et violoncelle BI 242 en do majeur de Alessandro Rolla.

Une mélodie dansante qui s'adoucit et s'apaise...

 

Un grand bravo à ces deux musiciens dont on a apprécié l'enthousiasme, la créativité, la fantaisie, le talent...

 

 

 

 

 

 

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6 septembre 2019 5 06 /09 /septembre /2019 13:48
Un somptueux récital de piano avec Brice Martin...

 

 

Il s'appelle Brice Martin, "il est né en 1981 et a commencé l'étude du piano à l'âge de 5 ans. Il donne son premier concert à l'âge de 14 ans et entre à la même époque au conservatoire de Nîmes. Il obtient en 1999 une médaille d'or de piano ainsi qu'un premier prix de musique de chambre. A la même époque, il débute ses études de médecine à Nîmes. Parallèlement à sa formation médicale (il se spécialise ensuite en psychiatrie à Paris), il continue à nourrir sa passion pour le piano qui lui permet de remporter, en 2004, le troisième prix du concours des grands amateurs de Paris. Depuis, il se produit régulièrement, en particulier avec les "grands amateurs" dans le cadre de Pianestival. Il a notamment joué à Paris, Nice, Shanghai et Budapest. Brice Martin réside actuellement à Valence, et exerce en tant que psychiatre à Lyon, au centre hospitalier du Vinatier, dans une unité dédiée à la réhabilitation de patients atteint de pathologie mentale."

 

Brice Martin arrive sur la scène, avec son physique d'adolescent, il se met au piano, et il joue Rêve d'amour de Franz Liszt... 

Et, aussitôt, la magie opère... le jeune musicien nous embarque dans cette mélodie romantique à souhait.

Les notes se déroulent avec harmonie et tendresse... le musicien nous emporte dans un univers de rêve et de beauté. Comment ne pas être sous le charme ?

 

Puis, il nous présente les extraits suivants : Le Roi des Aulnes de Franz Schubert, d'après un poème de Goethe. Différents personnages sont mis en scène... Un père à cheval avec son enfant malade et délirant, il fuit à travers la forêt... il rassure son fils qui a peur, car il vient d'apercevoir le Roi des Aulnes, avec sa couronne et ses longs cheveux... 

 

Les différents personnages sont illustrés par des thèmes musicaux différents que nous fait entendre le musicien, avant de jouer les extraits.

Ainsi, le musicien se fait aussi pédagogue... et il déclare modestement : "Je vais essayer de jouer ce morceau..."

 

Puis, on écoute la mélodie tantôt sombre et ténébreuse quand l'enfant exprime ses inquiétudes, tantôt adoucie quand le Roi de Aulnes essaie de séduire l'enfant et de l'attirer vers lui....

Somptueuse mélodie ! Somptueuse interprétation !

Le musicien est alors applaudi longuement par l'assistance.

 

Il se lance ensuite dans une interprétation époustouflante de différentes études du compositeur Alexandre Scriabine, successivement Etude, op. 8 n° 3, n° 11, Etude op. 42 n° 5, puis Vers la Flamme, op. 72.

Quelle virtuosité ! Les doigts du musicien courent avec agilité sur le piano... on est ébloui par le jeu du virtuose, sa dextérité, sa sensibilité.

On peut encore s'émerveiller à l'écoute du Köln Concert, part II C de Keith Jarrett : une musique rythmée et fluide qui nous enchante.

 

Le récital s'achève avec un morceau de Erroll Garner : I' ll remember April. Du jazz, du rythme encore qui nous entraîne dans un tourbillon étourdissant de notes...

 

Bravo à Brice Martin pour ce récital éclectique et somptueux. Bravo pour ce moment de rêve et d'émerveillement...

 

Ce récital a été donné au Carré d'Art, dans le cadre des Jeudis de Nîmes...

 

 

 

 

 

 

 

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23 août 2019 5 23 /08 /août /2019 10:42
Arrivées Eva-naissantes en direct de la Gare Saint-Charles à Marseille...

 

Un spectacle poético-chorégraphique, un spectacle loufoque, où sont évoqués de nombreux personnages qui se croisent dans une gare, un spectacle pour rire de notre société et de ses travers, un spectacle pour rêver, voilà de quoi séduire et enchanter tous les publics.

 

L'action se situe à Marseille, à la gare Saint-Charles....

Deux comédiens, une comédienne font vivre une galerie de personnages hauts en couleurs...Les dialogues sont ponctués par un percussionniste de talent qui nous berce d'une douce musique...

 

D'abord, est campé le personnage de la jeune fille qui angoisse de partir, de rater son train, d'être à la mauvaise place, la jeune fille qui rêve d'amour... la poésie est convoquée pour suggérer cette envie d'amour qui la submerge... "elle veut tomber amoureuse de l'amour, elle rêve d'un wagon d'amour..."

Puis, c'est un personnage avec des écouteurs sur les oreilles : il scrute la jeune fille en train de manger, image du désir amoureux...

Au rythme des percussions, la jeune femme se met à danser une chorégraphie emplie de charme et de sensualité, elle fait danser ses bras, s'enroule sur elle-même...

Cette danse se double d'une chorégraphie filmée en arrière plan...

 

Puis, un acteur joue le rôle d'une "professeuse violentée par le ministre", elle hurle, éructe contre le sort qu'elle subit, elle crie : "Je gueulante, j'en peux plus, c'en est fait, je me casse, je demande ma mut" (mutation)."

Ensuite, c'est la comédienne qui évoque une scène de révolte des femmes armées de leurs gilets roses... Elles veulent transformer la gare Saint-Charles en gare Sainte-Charlotte, féminiser tous les mots : "la traine pour le train, la wagone pour le wagon..."

 

Des personnages fugitifs sont esquissés : une vieille dame anglaise qui s'écrie à plusieurs reprises : "Et vive la France !", une jeune fille toujours en retard... et bien sûr elle a raté son train.

 

Avec l'accent, on entend aussi un retraité de la SNCF : "Ce mistral, putain, con, dis, qué mistral, fan de chiche, le mistral est toujours gagnant !"

Il raconte des blagues et termine son discours en disant : "Je prendrai bien un pastaga..."

L'occasion de savourer le bel accent de Marseille...

 

Un des acteurs imite alors le bruit d'un train, et il énumère toutes les stations autour de Marseille : "Aubagne, La Pomme, La Blancarde, Miramas etc."

Il déclare au passage : "Nous subissons un retard de 195 jours... veuillez nous excuser..."

On croise aussi le stéréotype sudiste, celui qui dit : "Putaing, fan de chichourle..."

Et, bien sûr, on écoute aussi la voix si douce, imperturbable de la SNCF... et tout d'un coup, la voix se transforme, elle éructe : "J'en peux plus, je voudrais inventer des phrases."

 

Enfin le veilleur de nuit de la gare s'exprime : "Allez, on ferme, il faut partir maintenant, et vous aussi, Monsieur le Maire de Marseille, il faut partir..."

Ainsi, l'actualité apparaît constamment en arrière-plan du spectacle...

Les acteurs arrivent à restituer à merveille l'ambiance fébrile d'une gare, ses bruits, ses personnages... 

 

Poésie, rire, tendresse, douleur, dérision, douceur, tous ces éléments se conjuguent dans ce spectacle original où se mêlent musique, danse, théâtre.

 

 

 

 

 

"Arrivées Eva-naissantes, sur un texte de Bruno Paternot. Les scènes se passent à la Gare St-Charles, arrivées et départs en tous genres. Les espoirs et les défaites, les fuites et les retrouvailles sont au centre de la mise en scène : une galerie de personnages dresse le tableau de la société en marche ou plutôt en mouvement du XXIe siècle. Parce qu'une gare est bien plus qu'un lieu où l’on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien, des gens qui vivent, y vivent et qui éructent. Dans une langue truculente et variée, la parole se libère pour révéler dans la joie et ʺl'allezgraisse ʺ le ʺrire-diculeʺ de notre vie."


Concert-spectacle interprété par Bruno PATERNOT, comédien, Aude COURTIEL, danseuse, comédienne et Tom GAREIL, percussionniste.
Ce Concert-spectacle EN CRÉATION a été présenté au Carré d'Art dans le cadre des Jeudis de Nîmes 2019
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Arrivées Eva-naissantes en direct de la Gare Saint-Charles à Marseille...
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19 août 2019 1 19 /08 /août /2019 11:18
Mademoizel Quartet... pour une magnifique soirée tango...

 

 

Elles sont belles, jeunes, pétillantes... elles s'installent, une par une, sur la scène, vêtues de rouge et de noir, et les violons, le violoncelle se mettent à vibrer sous leurs doigts... elles sont trois et elles attendent avec impatience l'altiste : "On a perdu l'altiste"...  "Toujours pareil !" dit une des violonistes..." L'altiste arrive enfin tout doucement, comme pour s'excuser...

  "On peut pas s'accorder, non plus ?" dit une autre musicienne.

Il s'agit bien sûr d'une mise en scène amusante avant de démarrer le spectacle...

 

Et la musique rayonne aussitôt éblouissante...

"De qualité, la musique envahit âme et corps, emplit, sature les os. Immobilise, saisit, pétrifie... rend dense et attentif. Elle aère, allège, libère, assouplit, dynamise les muscles, fait voler. Fait couler, ruisseler, fait jaillir les larmes et les mouvements. Allume les sentiments, embrase les émotions, enflamme l'intelligence, incendie l'inventivité..." c'est ainsi que Michel Serres décrit les effets de la Musique...

 

Et c'est ainsi que les quatre musiciennes nous émerveillent de leur talent, de leur enthousiasme...

 

On se laisse bercer par un tango célèbre de Carlos Gardel : Por una Cabeza... Le titre espagnol signifie "juste pour une tête", sous-entendre "d'un cheval". La chanson parle en effet d'un parieur compulsif sur des courses de chevaux, il compare alors son addiction pour les chevaux avec son attirance pour les femmes...

 

On écoute, ensuite, un tango d'Astor Piazzolla, plein d'intensité et d'émotions... douceur et âpreté alternent...

 

Le morceau suivant Oblivion de Piazzolla encore nous enveloppe dans des notes envoûtantes emplies de sensibilité... Cette oeuvre traite musicalement le douloureux sentiment de l’oubli –  "oblivion" étant le terme poétique en anglais désignant cette pénible réalité. 

 

Puis, on est séduit par un tango empli de charme de Madis Jarvi, Eine Kleine Nacht Tango...

 

Un autre tango tendre nous enchante de ses notes langoureuses...

 

Les tangos se succèdent, nous enveloppant dans des musiques enivrantes, sublimes... 

 

On entend ensuite une des mélodies les plus célèbres : Besame mucho, chanson de variété écrite et composée dans les années trente par la pianiste mexicaine Consuelo Velázquez, d'après une aria d'Enrique Granados. Un tango envoûtant dont on connaît les paroles sensuelles et enivrantes...

 

Le récital s'achève avec Libertango de Piazzolla, dans un vertige de notes étourdissantes...

Bravo aux musiciennes pour cette soirée éblouissante d'émotions, de passion, de tendresse...

Le Mademoizel Quartet, quatuor à cordes féminin de Music Event Fever, constitué de musiciennes issues des grands conservatoires propose un répertoire large et varié, du classique à la pop et variété, des tangos et musiques du monde , ou encore de l’électro...
 


Violon I Anna Swieton
Violon II Marielle de Rocca Serra
Alto Marie Maillot de Corte
Violoncelle Maude Ferey-Lehodey

 

Ce concert a été donné au Carré d'Art dans le cadre des Jeudis de Nîmes...
 

 

 

 

 

 

 

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14 août 2019 3 14 /08 /août /2019 10:08
NikanOmpa... un beau voyage musical...

 

Un quatuor vocal qui nous fait découvrir la musique mexicaine et ses rythmes exotiques, c'est un dépaysement garanti et une belle découverte...

Ce concert s'est déroulé au Carré d'Art dans le cadre des festivités des Jeudis de Nîmes.

 

Des mélodies anciennes datant du 16ème et du 17ème siècles, des textes en latin, des musiques plus récentes, des chants traditionnels : voilà une beau programme permettant d'appréhender une culture musicale que l'on connaît peu.

 

Le concert s'ouvre sur des chants en latin, d'inspiration religieuse, d'abord "Coenantibus autem illis" de Juan de Lienas, mélodie apaisante, emplie de sérénité... puis, dans le même registre, Lamentatione Hieremiae de Manuel de Sumaya.

La musique sacrée nous transporte dans un monde de paix et d'harmonie : les voix nous enchantent et nous subjuguent.

"Coenantibus autem illis accepit Jesus panem 
Benedixit ac fregit deditque discipulis suis: 
Accipite et manducate hoc est enim corpus meum."

 Puis, on écoute" Xicochi ",  un motet du XVIIe siècle , écrit par Gaspar Fernandes alors qu'il était organiste à la cathédrale de Puebla.

"Xicochi, xicochi, 
Xicochi, xicochi 
Xicochi conetzintle 
Xicochi conetzintle 
Caomiz hui hui Xoco dans Angelos moi 
Caomiz hui hui Xoco dans Angelos moi 
Caomiz hui hui Xoco en moi Angelos 
En Angelos moi dans Angelos me 

Alleluia Alleluia"

"Dors, dors, dors, dors 
dors 
mon enfant 
Dors, mon enfant 
En effet, les anges sont venus pour t'appeler (dans le monde) 
En effet, les anges sont venus pour t'appeler (dans le monde) 
En effet, les anges sont venus pour t'appeler (au monde) 

Alleluia, alleluia"

 

La musique exotique des mots, leurs sonorités nous font rêver et voyager vers des contrées lointaines...

Puis, c'est une mélodie emplie de gaieté et de vie qui nous enchante : Convidando esta la noche, de Juan G. Cespedes.

 

"Convidando está la noche
Aquí de músicas varias
Al recién nacido infante
Canten tiernas alabanzas
Ay, que me abraso, ay! divino dueño, ay!
En la hermosura, ay! de tus ojuelos, ¡ay!
Ay, cómo llueven, ay! ciento luceros, ay!
Rayos de gloria, ay! rayos de fuego, ¡ay!
Ay, que la gloria, ay! del portaliño, ay!
Ya viste rayos, ay! si arroja hielos, ¡ay!
Ay, que su madre, ay! como en su espero, ay!"


 

"Convidando está la noche" est un chant de Noël écrit au XVIIe siècle.

Le refrain est une guaracha , une chanson de danse rapide, probablement d'origine espagnole.

 

La mélodie qui suit, intitulé  Xtoles est probablement une des plus anciennes mélodies connues encore vivantes. C'est une chanson de danse guerrière maya au Dieu Soleil. C'est l'occasion de découvrir un curieux instrument de musique : une mâchoire d'âne, utilisée au Pérou ou au Mexique, cet instrument de musique est appelé également Kijada. On le percute sur le côté tout en grattant les dents comme un guiro.

Maya :

"Conex, conex palanxen, xicubin, xicubin yocolquin.
Conex, conex palanxen, xicubin, xicubin yocolquin.
Xola mayola, xola mayol, ea, ea, ea, o. 
Conex, conex palanxen, xicubin, xicubin yocolquin.

 


Xtoles se prononce chitolès

Conech, Conech pah leh chen, 
Chicoubinn, chicoubinn, yoh kol kinn. 
Conech, Conech pah leh chen, 
Chicoubinn, chicoubinn, yoh kol kinn. 
Cho-la ma-yo-la, cho-la ma-yol, è-a, è-a, è-a o.
Conech, Conech pah leh chen, 
Chicoubinn, chicoubinn, yoh kol kinn.

 

 

Allons-y, allons-y les garçons, car le soleil se lève
Allons-y, allons-y les garçons, car le soleil se lève
Cho-la ma-yo-la, cho-la ma-yol, è-a, è-a, è-a o.*
Allons-y, allons-y les garçons, car le soleil se lève."

 

On peut encore écouter"La bruja", un style de musique dit "jarocho" de la ville de Veracruz. C'est un des plus populaires airs de danse traditionnelle là-bas. 

"La bruja" veut dire "la sorcière". C'est une sorcière qui suce le sang comme un vampire. Cette chanson est l'histoire d'une vieille femme célibataire qui veut attraper un homme (au moins un !).

 

"Ay! qué bonito es volar
a las dos de la mañana,
a las dos de la mañana,
¡ay! qué bonito es volar,
¡ay mamá!

 Volar y dejarse caer 
en los brazos de una dama. 
Ay qué bonito es volar 
a las dos de las mañana, 
¡ay mamá!

 Me agarra la bruja
y me lleva a su casa,
me vuelve maceta
y una calabaza.

Ah !, que c'est beau de voler
À deux heures du matin,
À deux heures du matin.
Ah !, que c'est beau de voler,
Ah, maman !

 Voler et se laisser tomber
Dans les bras d'une dame.
Ah !, que c'est beau de voler
À deux heures du matin,
Ah, maman !

La sorcière m'attrape
Et m'emporte à sa maison,
Elle me transforme en pot de fleur
Et en citrouille."

 

Le récital s'achève avec le célèbre Besame mucho de Consuelo Velazquez :

"Bésame, bésame mucho  Embrasse-moi, embrasse-moi beaucoup,
Como si fuera esta noche la última vez  Comme si cette nuit était la dernière fois,
Bésame, bésame mucho  
Embrasse-moi, embrasse-moi beaucoup,
Que tengo miedo tenerte  Car j'ai peur de t'avoir
Y perderte otra vez  Et de te perdre après..."

 

 

Ce quatuor vocal, riche par la diversité de ses membres Ileana MUÑOZ, soprano, Zoé VAUCONSANT MASSICOTTE, contralto, Emilio GUTIÉRREZ TLACAELEL, ténor et Clemente HERNANDEZ, baryton, promeut la musique mexicaine et voyage à travers les époques.

 

 

 

 

 

 

 

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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 10:45
C'est le moment de prendre un bain d'étoiles...

 

En ce début du mois de Juillet, les journées sont caniculaires : on a hâte, le soir, de retrouver une obscurité bienveillante, afin de profiter d'un bain d'étoiles...

Les nuits sont claires, le plus souvent, en été, et l'on peut observer, à loisir, la voûte céleste.

 

Un bonheur de s'allonger et de contempler les étoiles d'un ciel d'été. Un bonheur de se fondre dans la nuit et ses ténèbres apaisantes...

Un bonheur d'écouter le chant des cigales, à la nuit tombée...

Un bonheur de goûter la fraîcheur du soir, après une journée torride...

Un bonheur de repérer les étoiles...

Les étoiles ne nous donnent-elles pas une leçon d'humilité ? Face à l'immensité du ciel, comment ne pas se sentir à la fois minuscule et faisant partie d'un tout grandiose ?

Une infinité d'univers autour de nous, une infinité de vies peut-être. Nous touchons à la magnificence et à la grandeur de la voûte céleste, nous avons sous les yeux tous les éclats de la vie, toute la beauté stupéfiante du monde...

 

La Grande Ourse d'abord : les sept étoiles du chariot nous emportent vers des rêves d'envolées lumineuses...

Les sept étoiles du chariot nous font voyager vers des univers inconnus, des planètes lointaines, un monde de mystères...

 

En prolongeant 5 fois le bord inférieur du chariot, on trouve l'étoile polaire qui marque le nord, un des rares points fixes de notre ciel étoilé...

 

Une autre constellation est bien visible : Cassiopée qui forme un w , située dans la direction opposée à la Grande Ourse...

Cette constellation doit son nom à une reine d'Ethiopie, l'épouse de Céphée. C'est aussi la mère d'Andromède. On entre, là, dans le monde de la mythologie.


En regardant à droite de l'étoile polaire, vers l'est, on peut admirer le triangle d'été qui comporte trois étoiles : Véga, Deneb, Altaïr.

 

Plongé dans l'obscurité, bercé par le vent d'été, on est ébloui par ce monde étoilé, le temps s'arrête et on peut admirer la voûte céleste et ses splendeurs.

On peut prendre un bain d'étoiles, on peut enfin observer le ciel, un spectacle magique qui ouvre la porte des rêves...

On peut se ressourcer devant l'harmonie du Cosmos...

 

 

https://www.stelvision.com/carte-ciel/

 

 

https://www.stelvision.com/debutants-astronomie/debutants-astronomie.php

 

 

 

 

 

C'est le moment de prendre un bain d'étoiles...
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19 juin 2019 3 19 /06 /juin /2019 09:09
Des clowns et des chevaux...

 

Le spectacle commence comme une parade : les clowns d'abord, perchés sur des échasses, font de grands gestes, s'élancent vers la foule, interpellent le public, puis viennent les chevaux... cheval de trait, poney, à la robe brune, cheval blanc monté par une cavalière revêtue d'une somptueuse robe, d'autres chevaux encore crinière au vent...

 

Une musique d'orphéon accompagne ce joli cortège qui défile sous les yeux éblouis des spectateurs...

 

Puis, le clown Jojo entre en scène : son poney le suit allègrement sur la piste, soudain,  il se cabre majestueusement devant lui...  le poney se livre ensuite à un exercice d'équilibriste sur une planche à bascule puis sur des briques superposées...

 

Un somptueux cheval de trait apparaît, alors, monté par une cavalière vêtue d'une robe à volants...

Le cheval marche au pas, danse, galope, caracole : sa robe luisante aux teintes brunes, sa crinière sombre contrastent avec la tenue claire de la cavalière...

Puis, c'est un pas de deux avec une mule quelque peu réticente qui se met en place.

 

Tout au long du spectacle, on peut admirer la beauté des chevaux : manifestement, ces chevaux magnifiques sont heureux de participer à ce spectacle.

Leur beauté, leurs gestes témoignent d'une grande confiance en l'homme : ils se laissent guider par la voix, ils saluent la foule...

 

Les chevaux sont soignés, bichonnés : leurs robes luisantes, leur entrain sur la piste disent toute la bienveillance dont ils sont entourés.

Et quel bonheur de les voir caracoler, virevolter !

 


Spectacle envoûtant : on est rempli d'admiration devant tout le travail mis en oeuvre... tout semble si facile, et pourtant, le dressage des chevaux est un art à part entière...

Spectacle complet : musique, costumes, chorégraphie, harmonie, élégance...

Bravo à tous ceux qui ont participé à cette fête somptueuse !

 

 

Ce spectacle a été présenté par Les Arénos, aux Jardins de la Fontaine à Nîmes.

 

 

 

 

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17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 11:19
J'ai assisté à une Becerrada...

 

Savez-vous ce qu'est une Becerrada ? C'est une petite corrida pour des apprentis toreros avec des becerros, mot espagnol signifiant : veau, taurillon, qui désigne le petit mâle du taureau de combat...

 Ici, pas de banderilles et pas de mise à mort.

 

Pour le reste, les rituels de la corrida sont quasiment respectés. L'occasion pour les jeunes de faire démonstration de leur talent et pour les écoles taurines d'expliquer les rudiments de l'art tauromachique à un public curieux, en partie composé de touristes et de novices.

Cette corrida est scandée par de la musique, un orchestre qui joue des airs espagnols...

Lors de la Feria de Nîmes, j'ai assisté à une Becerrada : un spectacle où le sang ne coule pas, où le taureau n'est pas encore voué à la mort.

On peut admirer le courage de ces adolescents, apprentis toreros, on peut être ébloui par les couleurs flamboyantes de leurs capes, on peut être entraîné par le rythme des musiques espagnoles.

 

Pour autant, la violence n'est pas absente de cette petite corrida.

Le spectacle est dur, féroce : les jeunes taureaux pleins de fougue sont parfois imprévisibles.

Et une antenne de la Croix Rouge est présente, près des arènes, en cas d'accident... le danger est constamment présent et les jeunes toreros sont exposés à recevoir des coups de corne.

La poussière vole, la tension est palpable...

Le taureau lui-même est mis à mal, fatigué par les différentes passes : parfois il s'effondre, s'affaisse sur ses pattes, mord la poussière...

On assiste aussi à des simulacres de mises à mort : le toréador mime le geste avec le bras et la main.

Et quand il s'agit de faire rentrer le petit taureau dans sa bétaillère, tout le monde est à la peine : l'animal est rétif et on le malmène à nouveau...

Eh bien, je trouve ce spectacle assez cruel, même si ce n'est pas une véritable corrida.

On est loin de la course landaise... 

La corrida met en scène un combat, "certes le torero risque sa vie. Mais cette lutte est au départ biaisée, truquée. Son scénario exige l'affaiblissement de la bête par des moyens abjects. Homo sapiens appartient lui aussi au règne animal, il est proche des autres mammifères. Il est bien placé, par conséquent, pour apprécier le caractère mauvais de la douleur et du stress, que rien ne l'autorise à infliger gratuitement, par négligence, cruauté ou appât du gain, aux autres animaux... ", comme l'écrit Axel Kahn dans son ouvrage intitulé L'éthique dans tous ses états.

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

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14 juin 2019 5 14 /06 /juin /2019 12:11
Les chanteurs d'oiseaux aux Jardins de la Fontaine...

 

Ils arrivent, à pas feutrés, dans leur costume sombre, ils scrutent attentivement le ciel et les arbres, ils écoutent le silence.... et soudain, après un geste d'envol, le cri strident d'un oiseau traverse le jardin... puis on écoute un autre chant, modulé. aux notes variées...

 

Les chanteurs d'oiseaux parlent aux oiseaux qui leur répondent... 

Et le public alentour tend l'oreille... un moment de recueillement intense... c'est si rare dans notre monde de bruits où tout s'accélère.

 

Les arbres bruissent de chansons : les oiseaux sont là, bien cachés dans les bosquets, fauvettes, rouges-gorges, mésanges, passereaux...

Sur le chemin, dans la montée vers les hauteurs du jardin, les oiseaux se font de plus en plus présents, leurs voix rayonnent et les deux chanteurs nous invitent à les suivre d'un coup de sifflet.

On ne voit pas les oiseaux, qui fuient les regards, mais on écoute avec bonheur leurs chants mélodieux.

 

Un peu plus haut dans le jardin, soudain, la réponse des oiseaux aux sifflets des chanteurs se fait plus nette, plus précise... et réitérée...

Quel est ce mystère ? C'est, en fait, une mise en scène bien orchestrée : entre les arbres, on voit apparaître un musicien avec son saxophone. Lui aussi imite les oiseaux avec son instrument. Il descend lentement les marches et rejoint le public.

 

Puis, on assiste à une sorte de duel musical entre le musicien et les chanteurs d'oiseaux : c'est à celui qui fera le plus de bruit pour impressionner l'autre.

Le musicien accompagne les sifflets des chanteurs et les voix des oiseaux.

Les chanteurs imitent ensuite des gallinacés en quête de nourriture, scrutant le sol avec avidité.

Et ça caquette allègrement, en choeur,  avec le musicien qui joue un air de Carmen, le tout s'achevant sur un cocorico tonitruant.

En chemin, on rencontre une promeneuse avec son chien : les gallinacés défient l'animal de leur caquètements insistants, et le chien s'éloigne après un moment de stupeur.

Le concert se poursuit au son du saxophone...

Une canne empruntée à un des spectateurs devient perchoir pour les chanteurs d'oiseaux qui finissent par se disputer la place.

Les chanteurs font aussi participer le public à leur conversation avec les oiseaux : ils interpellent les spectateurs par des cris et ceux-ci leur répondent.

Sur l'air de la Vie en rose, on assiste alors à une scène cocasse et amusante de séduction amoureuse entre deux oiseaux qui ont des attitudes bien humaines...

 

Humour, invention, poésie... Jean Boucault et Johnny Rasse captivent leur auditoire : ils nous entraînent dans leur sillage à la rencontre des oiseaux, de leurs chants, de leurs moeurs...

Les deux chanteurs nous offrent un beau moment de détente et d'harmonie dans un cadre magnifique : les hauteurs sauvages et boisées des Jardins de la Fontaine, à Nîmes.

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

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