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26 janvier 2022 3 26 /01 /janvier /2022 09:50
Pour célébrer Molière : le scandale du Tartuffe...

 

Molière fut un homme de théâtre complet : il participa du début jusqu'à la fin à la création théâtrale, il fut auteur, mais aussi metteur en scène, acteur, et directeur de troupe : l'Illustre Théâtre.

Molière est peut-être le plus connu des auteurs français, le plus étudié aussi : c'est un des rares auteurs à figurer dans les programmes scolaires de la sixième à la terminale.

 

Le plus grand mérite de Molière est d'avoir été de son temps : il a exhibé ses contemporains sur la scène et en même temps dépeint des caractères éternels : l'avare, l'hypocrite, le pédant, le fourbe, le vaniteux, le misanthrope, l'hypocondriaque, etc.

 

Molière dénonce des travers de tous les temps, grâce au rire : son oeuvre reste encore d'actualité.

 

L'originalité de Molière est aussi d'élever la comédie à une ambition idéologique et politique.

Ainsi, dans Tartuffe, Molière s'attaque à la fausse dévotion : les dévots constituaient un parti puissant en France, au 17ème siècle.

En attaquant ce parti dévot, Molière touchait au pouvoir, à la cour, à la religion : la comédie devenait une affaire d'état.

Le cadre historique est important : en 1660, s'est imposée la Monarchie de Droit Divin en la personne de Louis XIV... le roi était censé détenir son pouvoir de Dieu...

 

Jamais, la dévotion ne connut plus d'éclats qu'au début et tout au long du 17ème siècle. Les deux pouvoirs que sont l'église et la royauté s'appuient l'un sur l'autre, ils se protègent réciproquement contre leurs ennemis : les protestants, les athées, les libertins.

 

L'église s'impose grâce à certaines organisations religieuses, comme la Compagnie du Saint Sacrement : cette compagnie a été créée en 1629, pour des oeuvres charitables auprès des malades, des pauvres, des prisonniers, mais elle a aussi une rôle de dénonciation... elle dénonce aux évêques les individus suspects, les hérétiques, les blasphémateurs.

Et cette compagnie se déchaîne contre la représentation du Tartuffe.

 

Pourquoi ?

Molière dénonce la fausse dévotion par une comédie, un genre littéraire déjà suspect pour les dévots. Au 17ème siècle, le théâtre et plus particulièrement la comédie sont jugés immoraux, les comédiens sont tenus pour infâmes.

Les comédiens sont adjoints à la liste des excommuniés au même titre que les sorciers, les blasphémateurs.

 

Ce que l'on reproche à Molière, c'est bien sûr de s'attaquer à la religion, mais aussi de parler de ce sujet dans une comédie.

Ainsi, la pièce a été longtemps interdite.

Molière fut obligé de remanier la pièce, et sa représentation, d'abord interdite en 1665, sera enfin autorisée seulement en 1669. ( A cette date, la Compagnie du Saint-Sacrement était probablement moins influente.)

 

 

http://rosemar.over-blog.com/2017/03/tartuffe-une-piece-politique.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2015/05/dom-juan-le-combat-de-moliere.html

 

https://www.francetvinfo.fr/culture/400-ans-de-la-naissance-de-moliere-pourquoi-tartuffe-a-ete-censure_4915829.html

 

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15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 09:43
Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve...

 

Nous commémorons, en ce 15 janvier, les 400 ans de la naissance de Molière, l'occasion de lire et de relire son oeuvre, notamment la fameuse tirade de Dom Juan, célébrant l'inconstance : un chef d'oeuvre d'élégance, de poésie et de cruauté.


 Dom  Juan apparaît sur scène à l'Acte I, scène 2, après avoir été décrit par son valet, Sganarelle dans la première scène de la pièce :  il s’exprime longuement dans une tirade. On passe d’une vision populaire, d’une esquisse caricaturale, celle de Sganarelle, à une peinture plus approfondie du personnage.


Au début de la scène, Dom Juan confirme qu’il n’aime plus Done Elvire et exprime son intention d’enlever une jeune fiancée, il envisage donc une nouvelle conquête. Sganarelle ose émettre une critique : c’est là que se situe la tirade.
Dom Juan y expose sa propre conception de l’amour : une théorie  mûrement réfléchie, il  développe sa philosophie et celle des libertins de son temps.


 
I)  L’ART DE CONVAINCRE : APPEL A LA LOGIQUE (LE LOGOS), UN DISCOURS A  VALEUR GENERALE

  1)On peut d'abord étudier l’énonciation : dans la première phrase : les pronoms « on » «  nous »  l’emportent.
Plus loin: « pour moi, la beauté me ravit … »  on trouve l'emploi de la première personne.
Plus loin « on goûte une douceur extrême… »
Constamment Dom Juan  alterne  « je » et « nous » : il généralise donc son discours et lui donne ainsi une valeur de théorie.
   

2)Dom Juan parle sous forme de maximes ou de proverbes : « la constance n’est bonne que pour les ridicules »  « tout le plaisir de l’amour est dans le changement ». On note l'emploi du présent à valeur intemporelle : un présent de vérité générale et l'utilisation du pluriel à valeur généralisante.


  3)Ce discours bien construit vise à convaincre:
-1ère partie : « Quoi…….sur nos coeurs »  La fidélité est ridiculisée.
-2ème partie :« Pour  moi…je les donnerais tous » Eloge de l’inconstance.
-3ème partie : Les inclinations naissantes…conquêtes amoureuses » Le thème de la conquête.

Ce plan est habile : il va du négatif au positif, de la défensive à l’offensive. Dom Juan renverse les valeurs traditionnelles : il valorise l’infidélité et  discrédite la fidélité : c’est un éloge paradoxal  de l’inconstance.

 

II) LA CRUAUTE  ET LA DUPLUCITE DU PERSONNAGE

 

1) La stratégie de séduction passe par la tromperie : il s'agit de flatter par "cent hommages", de jouer un rôle avec des "larmes, des soupirs".

 

2) Dom Juan s'attache à séduire des femmes jeunes, naïves : "l'innocente pudeur d'une âme".

 

3) La femme devient un objet entre les mains de Dom Juan, un objet qu'il "mène" et manipule à sa guise...

 

 

III) L’ART DE PERSUADER : APPEL AUX SENTIMENTS  (LE PATHOS) APPEL A 
L’AFFECTIVITE, AUX EMOTIONS

     1)Dans la dénonciation de la fidélité,  Dom  Juan caricature la constance.
           -il utilise un ton interrogateur et ironique, au début de la tirade « Quoi   tu veux qu’on se lie.. » : c'est une fausse question qui  contient en elle-même la réponse : Sganarelle n’est même pas invité à répondre. On remarque dans la première phrase un  rythme ternaire insistant.

 

Plus loin, on trouve l’expression « la constance  n’est bonne que pour les ridicules ». Ainsi, la fidélité est associée  au rire et à des  termes péjoratifs « ridicules …. faux honneur ».


-la fidélité est aussi représentée par une succession d’images: « se lier…nous  prend…renoncer au monde….s’ensevelir  …être mort ». Celles-ci évoquent toutes l’idée d’enfermement, le manque de liberté : elles sont classées  dans un ordre croissant. On passe du verbe « lier » à  la claustration religieuse(« renoncer au monde ») plus loin à la mort, avec le tombeau, symbole ultime de l’enfermement.
Ces images de prison et de mort  ont pour but  de susciter la peur. La fidélité est aussi associée à  l’immobilité  et l’infidélité au mouvement  (« demeurer #entraîne  …changement »)


C'est un discours habile qui trouble l’auditeur d’autant que la morale traditionnelle est renversée : l’infidélité devient morale, elle est valorisée : Dom Juan parle en termes de droit : « les justes prétentions ». Ainsi la constance est une "injustice" faite  aux autres femmes. Dom Juan substitue une morale naturelle à la morale traditionnelle,  comme le suggère l’expression : « la nature nous oblige ». Dom Juan semble défendre la liberté, une idée séduisante.


   2)dans l’éloge de l’inconstance : là encore, Dom Juan  sait se montrer persuasif.
-il use d’un langage poétique : « la beauté me ravit partout où je la trouve » : un bel alexandrin suivi de deux octosyllabes. On relève un autre procédé poétique, un oxymore : « douce  violence ». Plus loin des sonorités très douces sont mises en jeu dans la phrase : « les inclinations naissantes ont des charmes inexplicables… » 
des sifflantes « s  z », une chuintante « ch », des voyelles nasalisées  « an    on » qui ralentissent le rythme. Dom Juan sait donner à ses idées une force irrésistible, une grâce poétique : la douceur des sonorités correspond bien à l’idée énoncée : le plaisir l’emporte.
   -le champ lexical du plaisir domine : « charmes, plaisir, goûter, extrême douceur ».
On perçoit la sensualité du personnage, son goût du plaisir.


    3)dans le thème de la conquête : la quête amoureuse devient une entreprise périlleuse et glorieuse. Ce thème est perceptible  à travers différents procédés :
-une longue phrase suggère les étapes successives de cette quête : « combattre par des transports…larmes, soupirs » : la réussite doit être lente, progressive. De nombreuses relatives permettent de ralentir le rythme dans cette phrase.
-le  procédé de l’énumération de verbes : « voir …combattre …forcer.. vaincre »
-le vocabulaire du combat, de la guerre : « combattre  forcer  vaincre  être maître  triompher, conquérants   victoire ». Ce champ lexical traduit une volonté de domination et de puissance  implacable.


-le registre épique a pour but de provoquer l ‘admiration de l’auditeur : des hyperboles  avec de nombreux pluriels « toutes les autres beautés, toutes les belles. aux autres etc. »
Des nombres : « dix mille,  cent hommages ».


-la dernière partie de la tirade est significative avec la référence à « Alexandre ».
On perçoit l’orgueil démesuré de Dom Juan : il se compare au plus grand des conquérants.


Dom Juan  a le goût de l’absolu : il refuse les limites.  Cet absolu s’exprime à travers une antithèse : « rien…toute la terre ». La phrase mime la démesure de Dom Juan : les membres de phrase  deviennent de plus en plus longs, le rythme s’amplifie...

 

On perçoit dans cette tirade la force et le pouvoir de persuasion du discours de Dom Juan : il fascine, il subjugue Sganarelle mais aussi l'ensemble de l'auditoire.
  

 

Le texte :

 

Dom Juan
Quoi ? Tu veux qu’on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu’on renonce au monde pour lui, et qu’on n’ait plus d’yeux pour personne ? La belle chose de vouloir se piquer d’un faux honneur d’être fidèle, de s’ensevelir pour toujours dans une passion, et d’être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux ! Non, non : la constance n’est bonne que pour des ridicules ; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l’avantage d’être rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu’elles ont toutes sur nos cœurs. Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J’ai beau être engagé, l’amour que j’ai pour une belle n’engage point mon âme à faire injustice aux autres ; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige. Quoi qu’il en soit, je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je vois d’aimable ; et dès qu’un beau visage me le demande, si j’en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l’amour est dans le changement. On goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d’une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu’on y fait, à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l’innocente pudeur d’une âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu’elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir. Mais lorsqu’on en est maître une fois, il n’y a plus rien à dire ni rien à souhaiter ; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d’un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d’une conquête à faire. Enfin il n’est rien de si doux que de triompher de la résistance d’une belle personne, et j’ai sur ce sujet l’ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n’est rien qui puisse arrêter l’impétuosité de mes désirs : je me sens un cœur à aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je souhaiterais qu’il y eût d’autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.

 

 

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3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 09:36
Quand la science devient une croyance...

 

 

Nous sommes au XXIème siècle mais nous avons eu parfois l'impression, au cours de cette pandémie du Covid-19, de retourner à l'époque de Molière où la médecine était l'expression d'une croyance.

 

A l'acte III scène 1 du Dom Juan de Molière, on voit Sganarelle le valet de Dom Juan revêtu d'un habit de médecin : ce seul habit lui donne de la considération si bien que des malades viennent le consulter et qu'il leur prescrit des médications.

Dom Juan ironise alors sur l'art des médecins : "un art de pure grimace"... " Ils ne font rien que recevoir la gloire des heureux succès, et tu peux profiter comme eux du bonheur du malade, et voir attribuer à tes remèdes tout ce qui peut venir des faveurs du hasard, et des forces de la nature."

 

Bien sûr, la médecine a fait des progrès considérables depuis le 17ème siècle.

Mais certains médecins se sont comportés, au cours de cette crise du Covid, comme des bonimenteurs de foire...

 

Ce fut d'abord le cas de Didier Raoult : il affirma de manière péremptoire l'efficacité de l'hydroxychloroquine pour traiter le Covid.

Ce faisant, il se fondait sur une étude parcellaire, insuffisante.

 

Sa prise de parole a eu valeur de preuve pour beaucoup de gens, car Didier Raoult est un scientifique renommé. Il est un infectiologue reconnu en France et dans le monde.

 

Mais, il a ainsi sans doute "contribué à empêcher la recherche d'autres solutions en France et dans bien des pays du monde, ce qui est dommageable pour une sommité médicale aussi compétente qui devrait permettre de résoudre la crise plutôt que de l'attiser.", comme l'écrit Christian Clot dans son ouvrage "Covid et après ?"

 

Il y eut aussi une autre sommité médicale : Luc Montagnier, directeur de recherche au CNRS, prix Nobel de médecine pour la découverte en 1983 du VIH responsable de l'épidémie du SIDA.

 

Luc Montagnier a jeté un pavé dans la mare, en déclarant que le SARS-CoV 2 n'était pas d'origine naturelle, mais de création humaine, de quoi accréditer toutes sortes de théories complotistes.

Il avait détecté dans le génome du virus une séquence similaire à celui du VIH, ce qui prouverait que cette séquence a été intégré volontairement.

Et ce professeur proposait de débarrasser le virus de ces éléments étrangers grâce à des ondes !

Quel délire !

En fait, cette séquence ne prouve rien, elle est minuscule et récurrente dans de nombreux virus.

 

Dès lors, comment s'étonner que la science devienne suspecte ? Comment s'étonner que les gens se défient des médecins, des vaccins, des médicaments ?

 

Quand des sommités scientifiques se fourvoient dans des déclarations infondées, fracassantes, le commun des mortels ne peut que se mettre à douter...

 

 

 

 

 

Source : Covid, et après ? Christian Clot

 

Quand la science devient une croyance...
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16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 12:44
Enquête sur le téléphone portable... un spectacle de la Compagnie Le Midi moins cinq...

 

Un spectacle réjouissant qui aborde tant de sujets ! Le travail, les transports, le temps qui passe et que l'on perd, le saccage de la planète, le réchauffement climatique, les migrants, l'exploitation des petits Chinois, les rêves, les écrans, les GAFAM, et surtout le téléphone portable... son utilisation, son utilité réelle...

Et le tout, dans un tourbillon de rires et de fantaisie !

 

Un spectacle qui nous fait réfléchir sur le fonctionnement et les absurdités de notre monde.

 

Le rire pour dénoncer et mettre en évidence notre dépendance aux outils numériques qui ont envahi nos vies...

Pouvons-nous vraiment nous défaire de notre addiction aux téléphones portables ?

 

La Compagnie Le Midi Moins Cinq a présenté ce spectacle intitulé MILLE 300 MINUTES PAR CEMAINE : 
UNE ENQUÊTE SOUTERRAINE DE RUE SUR LES TÉLÉPHONES PORTABLES..., lors des journées du Patrimoine à Nîmes...

 

Avant le spectacle, on voit les deux acteurs se préparer, se maquiller, s'habiller : une proximité sympathique avec les spectateurs.

Ils interrogent le public sur leurs motivations, les interpellent familièrement.

 

Puis, le spectacle commence : assis sur un banc, un personnage essaie d'entamer une conversation avec l'autre.

Mais celui-ci est absorbé par son smartphone : il finit par enlever les écouteurs de ses oreilles, et répond...

"Tu m'as parlé ? Je ne suis pas disponible, je suis en train de "feuilleter" une vidéo : c'est une interview de Marguerite Duras, dans les archives de l'INA en 1985, elle est interviewée sur sa vision de l'an 2000, et elle dit : "Je pense qu'en l'an 2000, l'être humain sera littéralement noyé par l'information, par une information constante, c'est pas loin du cauchemar, il n'aura plus que des réponses..."

Puis, le spectacle déroule une succession de réflexions sur l'ennui, le temps qui passe, la vieillesse, la mort...

Tantôt sérieux, tantôt loufoques les personnages font référence à toutes sortes de personnalités et d'événements...

Marguerite Duras, Henry David Thoreau, Claude Chappe, inventeur du télégraphe, sont convoqués au cours du spectacle...

Mai 68, la révolution culturelle en Chine, les chars envoyés contre la foule en 1989, New- York, le 3 avril 1973, le premier appel depuis un téléphone portable...

 

"Nous sommes tous reliés par l'information..." affirme un des deux personnages "et dans huit ans, avec la 5G, ça va être fantastique ! On sera tous reliés, on sera devenu DIEU ?", avec un point d'interrogation...

Les acteurs interrogent le public qui est invité à participer au spectacle...

 

Une spectatrice est conviée pour faire une expérience de retrait et de solitude : elle est guidée via son téléphone portable vers un lieu isolé... Elle raconte ce qu'elle voit...

La pièce s'achève dans un gros éclat de rires et un certain suspense...

 

"A travers ce spectacle, les comédiens Olivier Bracco et Marc Sollogoub nous interpellent sur notre relation aux outils connectés, aux médias, à autrui et sur la complexité de nos dépendances, par un propos très documenté empreint d’une bonne dose d’humour."


"Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer seul dans une chambre" écrivait Pascal dans ses Pensées." Aujourd’hui le téléphone portable a résolu le problème de la solitude et bientôt celui de la pensée. Avec le public les comédiens mènent enquête pour mieux connaître son histoire depuis son apparition en 1973, son utilisation et son utilité réelle."

 

 

 

 

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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 08:30
Du jazz en dansant...

 

Du rire, de la gaieté, de la danse, un brin de folie : c'est ce que nous propose le Rose Betty Klub... Deux filles, trois garçons pour un concert tonique de blues, de rock et de jazz.

 

Un concert donné devant un somptueux monument : la Maison Carrée à Nîmes...

Un monument vieux de 2000 ans ! Un temple romain voué au culte d'Auguste, le premier empereur romain.

Comment ne pas être inspiré par un tel cadre ?

Soudain, le passé et la modernité s'unissent, se rejoignent dans une harmonie étonnante...

Le monument reprend vie, résonne et rayonne d'une musique éclatante.

La ville de Nîmes riche de son passé accueille ainsi de nombreux spectacles dans des vestiges prestigieux : les Arènes, la Maison Carrée, les Jardins de la Fontaine, le temple de Diane...

 

 

Ce fut un beau moment passé à écouter une musique rythmée, envoûtante, pétillante...

Et pétillante, c'est un adjectif qui sied parfaitement à Marie Nosmas- alias Rose Betty.

 

Fascinée depuis sa plus tendre enfance par les comédies musicales américaines, Marie Nosmas – alias Rose Betty – plonge avec bonheur dans le jazz et crée en 2012 le ROSE BETTY KLUB.

Formée au théâtre, la brune Rose Betty a cette présence évidente et vivante des gens de théâtre. 

 "Avec son look de pin up et son allant charismatique, Rose Betty ne peut s’empêcher de parler, d’inventer, de danser, de bondir, de rire, entraînant le Klub dans cette douce folie !"

 

Dès lors, le spectateur ne peut s'empêcher lui aussi de balancer la tête, de taper du pied au rythme de la musique, il ne peut s'empêcher de se déhancher...

Le concert nous entraîne dans un sillage de bonne humeur, d'enthousiasme, de rires...

 

 "C’est en direct que l' univers joyeux et vivifiant de Rose Betty  prend tout son sens ! Une énergie scénique généreuse, juste ce qu’il faut de gouaille, un style pulpeux et distingué qui en jette, Bett Betty a de l’aplomb et une voix qui en impose."

Une assurance contre la morosité...

 

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 11:20
Le vocabulaire du théâtre...

 

Un peu d'étymologie pour commencer :

Le mot "théâtre" vient d'un verbe grec  "θεάομαι, théaomai" : regarder. Le théâtre est donc associé dès ses origines à l'art du spectacle et de la mise en scène, il est fait pour être vu et regardé.

Toute pièce de théâtre est une oeuvre dramatique : ce mot est encore issu du grec "drama", "l'action", car elle développe une ou plusieurs actions où interviennent des conflits.

 

1) Les didascalies : ce sont toutes les indications de mise en scène en dehors du texte prononcé par les personnages : les noms des personnages, les indications sur le découpage du texte, les indications de lieu, sur les apparences des personnages, leurs gestes, sur la façon dont l'acteur doit prononcer une réplique... toutes les didascalies ont pour fonction d'orienter le travail du metteur en scène.

Remarque : les didascalies sont peu nombreuses dans le théâtre classique : il faut penser à les commenter car elles révèlent les intentions de l'auteur.

Au contraire, elles se multiplient dans le théâtre moderne : les auteurs montrent ainsi l'importance qu'ils accordent à la mise en scène : ils semblent vouloir contrôler cette mise en scène.

 

2) Les répliques : ce sont les propos échangés par les personnages.

 

3) Une tirade : c'est une longue réplique souvent très bien structurée : il est alors intéressant d'en étudier le plan.

 

4) Le procédé de stichomythie : il intervient quand les personnages se répondent vers par vers, les répliques sont constitués d'un seul vers. Ce procédé sert souvent à souligner un conflit ou la vivacité d'un dialogue.

 

5) La double énonciation : le théâtre instaure une situation de communication bien particulière :

a) les personnages parlent entre eux.   b) L'auteur ou le personnage s'adresse au spectateur.

Cette situation justifie des conventions théâtrales comme :

-le monologue : le personnage est seul sur la scène, le public seul entend ses propos.

-un aparté : c'est une réplique prononcée par un personnage et censée ne pas être entendue par les autres personnages. L'aparté est destiné, en fait, au spectateur : il instaure une connivence, une complicité.

 

6) Les différentes parties d'une pièce de théâtre :

- La scène et l'acte d'exposition : la scène d'exposition apporte au lecteur/ spectateur les éléments d'information sur l'histoire, elle présente les personnages, elle situe la pièce : contexte, lieu époque, registre... Elle met aussi en place l'action. Souvent, c'est tout l'acte I qui est consacré à l'exposition.

-Le noeud de l'action : c'est le processus de transformation de l'état initial, l'action connaît alors plusieurs péripéties qui constituent l'intrigue.

-Le dénouement : c'est la conclusion de la pièce.

 

7) La représentation théâtrale : elle fait intervenir la notion de mise en scène : les décors, costumes, jeux de lumières, musique, bruitages etc.

La mise en scène est une interprétation du texte, parfois une réinterprétation... 

Une pièce de théâtre peut être modernisée. Des mises en scène peuvent donner lieu à des lectures différentes de la pièce : ainsi, certaines insistent sur l'aspect comique de Tartuffe, d'autres sur son aspect tragique.

 

8) Le théâtre classique est régi par des règles précises :

-La règle des 3 unités : 

unité de temps : l'action doit se dérouler en 24 heures.

unité d'action : l'intrigue doit être unique.

unité de lieu : l'action doit se dérouler dans un seul lieu. (un intérieur bourgeois pour la comédie, un palais pour la tragédie...

La règle des 3 unités découle de la règle de vraisemblance : on fait coïncider le plus possible le temps de l'action et celui de la représentation.

La règle des bienséances : tous les événements ne peuvent pas être représentés sur la scène, les meurtres, les batailles, la mort : un acteur ne doit pas mourir sur scène. On évoque ces actions violentes sous forme de récits : les faits sont racontés par un personnage.

 

9) Le théâtre ou le drame romantique rejette toutes ces contraintes.

 

10) Le conflit théâtral : 

Au théâtre, les personnages s'opposent les uns aux autres par des sentiments, des idéaux, des intérêts contradictoires.

Le dialogue mais aussi le monologue théâtral sont souvent la représentation verbale de ces conflits externes ou internes.

 

11) La parole :

a) Le dialogue peut être informatif : c'est le cas dans la scène d'exposition. Il peut être aussi conflictuel : il fait intervenir un affrontement d'idées dans un échange plus ou moins vif de répliques. Il peut, à l'inverse, établir une complicité.

b) Le monologue : on assiste souvent à un dédoublement du personnage, le monologue mettant en jeu un conflit interne. Le personnage est partagé : il hésite entre deux comportements possibles.

Le dédoublement apparaît à plusieurs niveaux :

-dans le système énonciatif : recours à la 2ème personne du singulier, le personnage s'apostrophe lui-même. Le pronom "je" peut apparaître dans des tournures interrogatives.

-au niveau sémantique, avec des champs lexicaux contradictoires.

-dans le rythme et l'organisation du texte : on trouve des césures nombreuses (coupes au milieu des vers). Le rythme joue sans cesse sur des oppositions symétriques.

Le monologue traduit donc souvent le déchirement intérieur du personnage partagé entre des sentiments, des idées contradictoires, confronté à des choix impossibles.

 

 

 

 

 

Le vocabulaire du théâtre...
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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 12:00
Jean-Pierre Marielle, un comédien si attachant...

 

 

Un acteur très secret qui n'a jamais aimé qu'on parle de ses histoires personnelles... c'est Jean Pierre Marielle.

 

L’essayiste et romancier Stéphane Koechlin vient de publier une biographie de l'acteur intitulé "Jean-Pierre Marielle- Le lyrique et le baroque".

Invité lors du Festival de la Biographie à Nîmes, il a présenté son ouvrage :

"Il m'a fallu quatre ans pour cerner ce grand acteur qui finalement fait partie de l'histoire... il n'est pas qu'un acteur de cinéma, il a fait une grande carrière théâtrale, il a été au début de la télévision, et il a vraiment marqué l'histoire du théâtre, du cinéma, de la télévision, au vingtième siècle."

 

"Jean-Pierre Marielle est mort, il y a quelques mois. On n'a pas l'impression que vous l'ayez rencontré" ? demande le journaliste qui interviewe l'auteur.

"Les gens croient que je suis un vil opportuniste, parce que le livre sort juste après sa mort, mais j'avais commencé le livre il y a 4 ans, et à l'époque, j'espérais le rencontrer, mais finalement, je ne l'ai pas rencontré parce que j'ai appris qu'il avait des problèmes de mémoire... vous savez, il y a une espèce de voile pudique autour de la maladie d'Alzeimher...

 

Et il ne fallait pas le dire parce qu'il tournait encore à l'époque... les assureurs, quand un acteur est malade, ne veulent plus engager l'acteur... donc, il fallait suggérer de manière très délicate qu'il avait peut-être des problèmes de mémoire.

 

Et au moment où je termine le livre, il meurt, ce qui m'a permis finalement d'ajouter un malheureux dernier chapitre.

 

Au début des années 60, il doit tourner un film avec Marina Vlady, il doit jouer un rôle de jeune premier, il renonce alors à un film avec Belmondo, Cartouche, il devait jouer le rôle d'un lieutenant de Belmondo, un second rôle...

 

Et là il a enfin la possibilité de jouer un rôle de séducteur, qui est déchiré entre trois femmes, et il se dit : "C'est le moment où jamais, je vais devenir le nouveau Gérard Philippe, ça va être génial..."

 

Malheureusement, le film est un flop, et on trouve que Jean-Pierre Marielle est dans ce rôle-là d'un ennui abyssal, on le traite de "cow-boy de Bougival", bref, il se fait dégommer par la critique.

 

Et, là, ça va repousser son accession aux premiers rôles de 10 ans en arrière parce que les producteurs penseront que Jean-Pierre Marielle n'est pas capable d'assumer un premier rôle.

Par la suite, Marielle a refusé de jouer un certain nombre de navets : il sélectionnait ses films, à la différence de Galabru, par exemple.

 

Il y a eu des films qui ont marqué, "Les galettes de Pont-Aven", dont la qualité a été reconnue bien des années plus tard, parce que sur le moment, la critique était parfaitement acerbe, et puis, il y a eu cette consécration, alors qu'il est une personne âgée, sur un rôle qu'il ne devait pas avoir, c'est : "Tous les matins du monde..."

"Les Galettes de Pont-Aven", c'est quand même un film assez cru, c'est l'histoire d'un représentant de commerce qui plaque tout pour devenir peintre, il va à Pont-Aven, la capitale de la peinture, et il devient obsédé par les culs de femmes, la première scène est remarquable : il se réveille, il dégage délicatement les fesses de sa femme, il met une lampe et il peint le cul de sa femme...

A l'époque, le film a été très mal reçu, éreinté par la critique.

 

Ce film a tout de même permis à Marielle de s'épanouir artistiquement, mais il faudra effectivement attendre "Tous les matins du monde" pour qu'il soit consacré comme un très grand acteur.

 

Marielle s'est toujours défini comme un acteur de théâtre avant d'être un acteur de cinéma... c'était peut-être une coquetterie, parce que le cinéma n'était pas très gentil avec lui, donc, il s'est dit : bon, je suis acteur de théâtre, et effectivement, très tôt il a commencé à avoir de très bons rôles au théâtre.

C'est lui qui, le premier, a interprété Beckett, tout le théâtre anglais, Harold Pinter....

Il a joué Clérambard de Marcel Aymé, et, là, le succès était énorme.

 

Et Marielle, alors, a toujours dit qu'il ne pensait pas au cinéma. Il y songeait de temps en temps parce que le cinéma lui permettait de mettre du beurre dans les épinards.

Mais le théâtre était pour lui quelque chose de très important.

 

Et d'ailleurs, au Conservatoire, quand un apprenti acteur faisait du cinéma, il était très mal vu... C'était un prostitué, une prostituée parce que le cinéma était assez méprisé dans les années 50, c'était quelque chose de  superficiel, de frivole...

 

Marielle, c'est le rôle du grand imbécile du cinéma français : pathétique, se croyant génial, alors que c'est un crétin fini... il a très bien joué ce rôle, cela lui a plu pendant un certain temps, puis il en en a eu un peu marre de jouer ce type de rôle."

 

L'auteur de sa biographie a rencontré ses femmes, ses proches, son fils... ce qui lui a permis d'approcher mieux le personnage.

 

 

 

 

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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 12:29
Un spectacle empli d'émotions : Victor Hugo, un géant dans son siècle...

 

Ecouter la voix de Victor Hugo, l'écouter raconter son parcours, l'entendre dire ses poèmes : c'est là le sujet d'un spectacle plein d'émotions qui évoque la vie et l'oeuvre d'un des plus grands poètes que la France ait connu.

  A la fin de sa vie, le poète se raconte. Né en 1802, il mourra en 1885, embrassant à lui seul ce XIXe siècle à la fois corseté moralement et génial sur le plan culturel. 

 

Le spectacle est ponctué par des extraits de poèmes et des airs d'accordéon qui viennent souligner les événements de la vie de l'écrivain.

"Je m'appelle Hugo Victor-Marie, je suis né le 26 février 1802 à Besançon..." c'est ainsi que se présente l'écrivain...

 

"Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte,
Et du premier consul, déjà, par maint endroit,
Le front de l'empereur brisait le masque étroit.
Alors dans Besançon, vieille ville espagnole,
Jeté comme la graine au gré de l'air qui vole,
Naquit d'un sang breton et lorrain à la fois
Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix ;
Si débile qu'il fut, ainsi qu'une chimère,
Abandonné de tous, excepté de sa mère,
Et que son cou ployé comme un frêle roseau
Fit faire en même temps sa bière et son berceau.
Cet enfant que la vie effaçait de son livre,
Et qui n'avait pas même un lendemain à vivre,
C'est moi. "

 

"Mon père alors capitaine sera plus tard général et Comte de l'empire, il épouse en 1797 Sophie Trébuchet à Paris, mes parents auront deux autres fils, Abel et Eugène..."

 

Et le père entraîne toute sa famille sur les routes de France  et d'Europe et l'emmène dans ses campagnes, en Italie, en Espagne...

Le jeune Hugo n'aura que des contacts épisodiques avec son père dont la séparation avec sa mère a été difficile à vivre, même si ce père restera à jamais pour Victor un héros...

 

On entend alors ce poème célèbre :

"Mon père, ce héros au sourire si doux,
Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tous
Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,
Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.
C’était un Espagnol de l’armée en déroute
Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,
Râlant, brisé, livide, et mort plus qu’à moitié.
Et qui disait:  » A boire! à boire par pitié !  »
Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
Et dit: « Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé.  »
Tout à coup, au moment où le housard baissé
Se penchait vers lui, l’homme, une espèce de maure,
Saisit un pistolet qu’il étreignait encore,
Et vise au front mon père en criant: « Caramba!  »
Le coup passa si près que le chapeau tomba
Et que le cheval fit un écart en arrière.
« Donne-lui tout de même à boire », dit mon père."

 

Victor Hugo passe aussi une partie de son enfance à Paris au 8 rue des Feuillantines dans cet ancien couvent vendu comme bien national à la Révolution.

 

Et c'est aux Feuillantines que le jeune Hugo découvre avec ses frères les merveilles de la lecture :

"Mes deux frères et moi, nous étions tout enfants.
Notre mère disait: jouez, mais je défends
Qu'on marche dans les fleurs et qu'on monte aux échelles.

Abel était l'aîné, j'étais le plus petit.
Nous mangions notre pain de si bon appétit,
Que les femmes riaient quand nous passions près d'elles.

Nous montions pour jouer au grenier du couvent.
Et là, tout en jouant, nous regardions souvent
Sur le haut d'une armoire un livre inaccessible.

Nous grimpâmes un jour jusqu'à ce livre noir ;
Je ne sais pas comment nous fîmes pour l'avoir,
Mais je me souviens bien que c'était une Bible.

Ce vieux livre sentait une odeur d'encensoir.
Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir.
Des estampes partout ! quel bonheur ! quel délire!

Nous l'ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,
Et dès le premier mot il nous parut si doux
Qu'oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire.

Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,
Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain,
Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes.

Tels des enfants, s'ils ont pris un oiseau des cieux,
S'appellent en riant et s'étonnent, joyeux,
De sentir dans leur main la douceur de ses plumes."

 

Le poète évoque aussi ses débuts littéraires, son mariage avec Adèle Foucher qu'il avait rencontrée aux Feuillantines alors qu'il avait huit ans. Cinq enfants naîtront de cette union : Léopold, Léopoldine, Charles, François-Victor et Adèle.

 

Puis, c'est le récit détaillé et haut en couleurs de la bataille d'Hernani... en 1830, les représentations de la pièce resteront célèbres comme terrain d'affrontement entre classiques et la nouvelle génération des romantiques qui aspirent à une révolution de l'art...

 

Bien sûr, Hugo raconte aussi sa rencontre avec Juliette Drouet, le début d'une merveilleuse histoire d'amour...

Puis, les romans Bug-Jargal, Claude Gueux, Le dernier jour d'un condamné, Notre Dame de Paris, Les Misérables, l'Homme qui rit...

 

1843 : une année terrible, Léopoldine meurt tragiquement dans la Seine à Villequiers, noyée avec son mari, Charles Vacquerie.

Et on est ému par un des plus célèbres poèmes de Victor Hugo : Demain, dès l'aube...

 

Cette même année, Hugo tombe éperdument amoureux de Léonie d'Auney, avec qui il va avoir une liaison de 7 ans.

 

Puis, Hugo commence à s'intéresser à la politique et aux questions sociales, nommé maire du huitième arrondissement de Paris et député de la deuxième république en 1848, en 1849, il est élu à l'assemblée législative.

C'est là qu'il prononce le magnifique discours sur la misère :

 

"Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère.

Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui, cela est possible. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ;  car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas le fait, le devoir n’est pas rempli. 

La misère, Messieurs, j’aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir où elle en est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu’où elle peut aller, jusqu’où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au moyen-âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?"

 

 

Le poète raconte aussi l'exil, la fuite à Bruxelles, à Jersey, Guernesey... la dénonciation de la tyrannie de Napoléon III dans les Châtiments...

Puis, les derniers recueils de poèmes : Les Contemplations, La légende des siècles, L'art d'être grand-père...

 

Ce spectacle écrit et interprété par Pierre Jouvencel fait revivre un des plus grands écrivains français : poète, romancier, dramaturge, pamphlétaire, Hugo a excellé dans tous les genres littéraires.

Pierre Jouvencel incarne à merveille le poète, il nous fait partager toutes sortes d'émotions, on est particulièrement ému par le discours sur la misère qui reste, hélas, par bien des aspects encore d'actualité...

 

 

 

Discours sur la misère :

 

https://fr.wikisource.org/wiki/D%C3%A9truire_la_mis%C3%A8re,_Discours_%C3%A0_l%27Assembl%C3%A9e_nationale_l%C3%A9gislative_9_juillet_1849_(extrait)

 

 

 

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23 août 2019 5 23 /08 /août /2019 10:42
Arrivées Eva-naissantes en direct de la Gare Saint-Charles à Marseille...

 

Un spectacle poético-chorégraphique, un spectacle loufoque, où sont évoqués de nombreux personnages qui se croisent dans une gare, un spectacle pour rire de notre société et de ses travers, un spectacle pour rêver, voilà de quoi séduire et enchanter tous les publics.

 

L'action se situe à Marseille, à la gare Saint-Charles....

Deux comédiens, une comédienne font vivre une galerie de personnages hauts en couleurs...Les dialogues sont ponctués par un percussionniste de talent qui nous berce d'une douce musique...

 

D'abord, est campé le personnage de la jeune fille qui angoisse de partir, de rater son train, d'être à la mauvaise place, la jeune fille qui rêve d'amour... la poésie est convoquée pour suggérer cette envie d'amour qui la submerge... "elle veut tomber amoureuse de l'amour, elle rêve d'un wagon d'amour..."

Puis, c'est un personnage avec des écouteurs sur les oreilles : il scrute la jeune fille en train de manger, image du désir amoureux...

Au rythme des percussions, la jeune femme se met à danser une chorégraphie emplie de charme et de sensualité, elle fait danser ses bras, s'enroule sur elle-même...

Cette danse se double d'une chorégraphie filmée en arrière plan...

 

Puis, un acteur joue le rôle d'une "professeuse violentée par le ministre", elle hurle, éructe contre le sort qu'elle subit, elle crie : "Je gueulante, j'en peux plus, c'en est fait, je me casse, je demande ma mut" (mutation)."

Ensuite, c'est la comédienne qui évoque une scène de révolte des femmes armées de leurs gilets roses... Elles veulent transformer la gare Saint-Charles en gare Sainte-Charlotte, féminiser tous les mots : "la traine pour le train, la wagone pour le wagon..."

 

Des personnages fugitifs sont esquissés : une vieille dame anglaise qui s'écrie à plusieurs reprises : "Et vive la France !", une jeune fille toujours en retard... et bien sûr elle a raté son train.

 

Avec l'accent, on entend aussi un retraité de la SNCF : "Ce mistral, putain, con, dis, qué mistral, fan de chiche, le mistral est toujours gagnant !"

Il raconte des blagues et termine son discours en disant : "Je prendrai bien un pastaga..."

L'occasion de savourer le bel accent de Marseille...

 

Un des acteurs imite alors le bruit d'un train, et il énumère toutes les stations autour de Marseille : "Aubagne, La Pomme, La Blancarde, Miramas etc."

Il déclare au passage : "Nous subissons un retard de 195 jours... veuillez nous excuser..."

On croise aussi le stéréotype sudiste, celui qui dit : "Putaing, fan de chichourle..."

Et, bien sûr, on écoute aussi la voix si douce, imperturbable de la SNCF... et tout d'un coup, la voix se transforme, elle éructe : "J'en peux plus, je voudrais inventer des phrases."

 

Enfin le veilleur de nuit de la gare s'exprime : "Allez, on ferme, il faut partir maintenant, et vous aussi, Monsieur le Maire de Marseille, il faut partir..."

Ainsi, l'actualité apparaît constamment en arrière-plan du spectacle...

Les acteurs arrivent à restituer à merveille l'ambiance fébrile d'une gare, ses bruits, ses personnages... 

 

Poésie, rire, tendresse, douleur, dérision, douceur, tous ces éléments se conjuguent dans ce spectacle original où se mêlent musique, danse, théâtre.

 

 

 

 

 

"Arrivées Eva-naissantes, sur un texte de Bruno Paternot. Les scènes se passent à la Gare St-Charles, arrivées et départs en tous genres. Les espoirs et les défaites, les fuites et les retrouvailles sont au centre de la mise en scène : une galerie de personnages dresse le tableau de la société en marche ou plutôt en mouvement du XXIe siècle. Parce qu'une gare est bien plus qu'un lieu où l’on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien, des gens qui vivent, y vivent et qui éructent. Dans une langue truculente et variée, la parole se libère pour révéler dans la joie et ʺl'allezgraisse ʺ le ʺrire-diculeʺ de notre vie."


Concert-spectacle interprété par Bruno PATERNOT, comédien, Aude COURTIEL, danseuse, comédienne et Tom GAREIL, percussionniste.
Ce Concert-spectacle EN CRÉATION a été présenté au Carré d'Art dans le cadre des Jeudis de Nîmes 2019
.

Arrivées Eva-naissantes en direct de la Gare Saint-Charles à Marseille...
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5 juin 2019 3 05 /06 /juin /2019 08:04
Nos ancêtres les barbares !

 

Un spectacle pour évoquer nos ancêtres les Barbares... Un spectacle parodique pour rire et se détendre dans un cadre prestigieux : Les Jardins de la Fontaine, à Nîmes, près du temple de Diane.

Et les rires ont fusé devant une série de sketchs loufoques, un festival de jeux de mots et de plaisanteries.

 

Il s'agit d'abord de résoudre une énigme historique : mais qui sont donc les barbares ?

"Pour certains, le mot barbare désigne le charme, la sensualité, une plastique agréable, un petit peu de tendresse, à savoir Barbarella... mais vous vous trompez...", déclare Wikipédix le jeune....

 

"Pour d'autres, le barbare désigne le roi, le chef, la puissance, quelqu'un qui n'est jamais sans défense, et qui jamais ne se trompe... à savoir Barbare l'éléphant...

Là aussi vous vous trompâtes...

 

Pour d'autres, le barbare est quelqu'un capable de s'adapter à toutes les circonstances, à tous les adversaires, à tous les  terrains, et champs de bataille : le barbare papa...

Pour d'autres, le barbare est un être puissant, cruel, apte à manier n'importe quelle arme et à se défaire de tout adversaire... il s'agit de Conan le barbare...

Mais vous vous trompez encore..."

 

"Les barbares étaient en fait des Cimbres et les Cimbres habitaient une contrée que l'on appellera plus tard le Danemark, mais qu'on appelait alors le Jutland.

Mais pourquoi les Cimbres ont-ils quitté leurs terres pour venir au sud de notre contrée ?"

Le public est alors invité à répondre à cette question...  ce qui donne lieu à diverses interprétations et à des improvisations amusantes...

"pour trouver un meilleur climat, pour conquérir de nouveaux territoires"...

 

Mais la raison est tout autre, nous dit-on  : "La petite sirène de Copenhague a disparu... les Cimbres sont donc partis à sa recherche..."

Les personnages nous entraînent alors dans un tourbillon de gags, dans un univers loufoque rempli d'allusions à l'actualité...

 

Les sketchs se succèdent : un barde est tombé amoureux d' une jeune romaine, la fille d'un consul, il demande conseil à Wikipédix afin de la séduire...

"Non seulement, tu es amoureux, ce qui est une preuve de faiblesse, en plus, d'une femme, ce qui va te compliquer l'existence, et en plus d'Iphigénia... c'est une mission impossible." déclare Wikipédix.

Et d'interroger le public pour trouver une tactique de séduction...

Ainsi, le public est sans cesse associé au spectacle...

 

Puis, les Cimbres font escale en Teutonie, où la bière est bonne, les voitures solides. Ils demandent de l'aide aux Teutons pour retrouver la petite Sirène et ils se rendent enfin en Ibérie.

On assiste alors à un entraînement loufoque aux techniques romaines de combat, à une leçon vestimentaire, on écoute une chanson espagnole parodique, façon Julio Iglésias... le spectacle s'achève avec l'arrivée de Marius qui triomphe des Cimbres et des Teutons.

 

Dernier éclat de rire et de bonne humeur : une chanson adaptée d'un texte de Pierre Vassiliu, Qui c'est celui-là, qu'est ce qu'il a, qui c'est ce barbare, complètement toqué ce barbare !

 

Ce spectacle parodique  s'inspire de faits historiques : les Romains ont dû affronter entre 113 et 101 avant JC les Rois Barbares et l'invasion des Cimbres, des Teutons, et des Ambrons.

Partis de l'actuel Danemark, ces barbares ont vaincu les Romains à Arausio (Orange), mais le sénat et le peuple de Rome font alors appel au général Marius qui réussit finalement à les vaincre près d'Aix en Provence en 102 avant JC.

 

Autres vidéos :

 

 

https://youtu.be/fwwW9_EfZ64

 

https://youtu.be/LP-IbYsbK8Y

 

https://youtu.be/_NPj2oIEaI8

 

https://youtu.be/-47z4rpAp_Q

 

https://youtu.be/c_HuHj6zNdk

 

https://youtu.be/7YQ4msxGjBM

 

https://youtu.be/TGaacI1gSR4

 

https://youtu.be/NGj41qsu3JE

 

https://youtu.be/D1VT2pVvjr8

 

 

 

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