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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 10:30
Vent debout ! Il est temps d'écouter des chants de marins !

 

 

Vent debout ! Il est temps d'écouter des chants de marins ! L'auteur-compositeur Marc Simon nous invite à une traversée pour découvrir les chants de marins connus ou moins connus...

 

Les chants de marins sont avant tout des chants de travail et de courage : autrefois, dans tous les métiers, on chantait pour se donner du courage, pour se donner de l'allant...

Les marins chantaient lors des différentes manoeuvres qui exigeaient de la force : les bateaux n'étaient pas mécanisés... Pour sortir du port, pour rentrer au port, il fallait tracter le bateau : on parle alors de chants de déhalage...

Quelques chants de marins sont aussi des chroniques : ils évoquent des événements politiques, des naufrages, des actes de piraterie, un peu comme des journaux... Le chant permet ainsi de diffuser une information.

Par exemple, une complainte raconte cet épisode : un galion espagnol est arraisonné par un navire français...

"Un galion d'Espagne est parti d'Aligan (Alicante) chargé de marchandises et quantité d'argent.Croyant faire voyage comme à l'accoutumée un navire de France lui en a empêché."

 

Mais les chants tournent surtout autour du travail des marins : virer une ancre, hisser, affaler les voiles, remonter l'ancre...

Les bateaux servaient alors pour l'exploration, pour le commerce, ou la pêche : des cap horniers partaient de Dunkerque allaient jusqu'au sud de l'Amérique du sud puis remontaient vers Valparaiso, étymologiquement la Vallée du paradis.

Une chanson célèbre évoque ces campagnes de pêche : Hardi les gars...

 

"Hardi les gars, vire au guindeau
Good bye farewell, good bye farewell
Hardi les gars, adieu Bordeaux
Hourra! oh Mexico ooo
Au cap Horn, il ne fera pas chaud
Haul away hé, hou là tchalez
A faire la pêche au cachalot
Hale matelot et ho hisse et ho

Plus d'un y laissera sa peau
Good bye farewell, good bye farewell
Adieu misère, adieu bateau
Hourrah! oh Mexico ooo
Et nous irons à Valparaiso
Haul away hé, hou là tchalez
Où d'autres laisseront leur peau
Hale matelot et ho hisse et ho..."

Farewell est un cap au sud du Groenland... Le guindeau est un treuil à axe horizontal utilisé sur les navires pour relever l'ancre. Le travail au guindeau était particulièrement dur et dangereux.

 

De nombreuses chansons évoquent aussi la pêche à la morue : "la pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve - qui remonte au 15e siècle - concernait à son apogée plus de trente ports français. Avant 1914, plus de deux cents trois-mâts et goélettes appareillaient pour les bancs, avec des équipages d'une trentaine d'hommes." 

La vie sur les bancs est décrite par tous les marins comme un des métiers les plus durs qui soient : neuf mois de campagne sans escale, en travaillant jusqu'à dix-huit heures par jour, sans dimanche, et dans une mer particulièrement rude (glaces, coups de vent, brouillard...).

Dans certains chants, il était question du travail pour saler la morue...

 

On connaît aussi des chansons de revendication où étaient évoqués les problèmes entre marins et capitaine : par exemple, Louis Tavernier, patron de pêche qui ne traite pas bien ses matelots.

" On sait bien qu'cett' année, si la pêche a manqué, ce n'est pas de notre faute, 

Ah ah Louis Tavernier, ne fais plus jamais de la misère aux hommes !"

 

Il existe encore des chants de revendication plus récents : ainsi, un chant des dockers au sud des Etats-Unis, ils protestent car ils n'ont pas été payés : Pay me my money down, interprété par Bruce Springsteen.

Certaines chansons ont une tonalité plus souriante : c'est le cas de cette chanson napolitaine, où un pêcheur évoque son activité, il fait du cabotage, il pêche aux alentours de sa ville et il invite les femmes du village à venir acheter ses poissons frais.

 

"Ueh, tenimmo lu pesce fresca stamattina!

Tenimme lu cefalo, tenimme l'anguilla e lu capitone,

Li calimeri e lu merluzza!

Ueh, bella fé, te piace lu pesce, bella fé. uhe, uhe, uhe.

Ma sent'allegra stamattina

Jei iettata la ret'ammera

Tanta pesci jei pescheta

E ma sent'addegrieta

 

Ueh, lu pesce, calameri, triglie,

Le pescheta stamattina

Ighu vegnu a bon mercheta

E perché, e perché, i me spusà.

Corrite femmene de lu paese

Aiutate la bancarella

Mettitavilla dintala gunella

Jetela frije dinta la padella."

Auteurs : Francesco Antonelli, Matteo Salvatore

 

Merci à Marc Simon pour cette conférence sur les chants de marins : un magnifique voyage dans le temps et l'espace...

 

 

 

 

 

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14 septembre 2020 1 14 /09 /septembre /2020 11:09
Enseigner avec un masque : quelle galère !

 

 

"C'est extrêmement compliqué..." "C'est très difficile."

 

"C'est terrible... moi, mardi, j'avais 8 heures de cours, je suis rentrée, j'étais épuisée... On tire sur la voix, c'est vraiment très fatigant..."

 

"Voyez, là, je commence à m'essouffler, c'est difficile de tenir une journée complète avec un masque, je pense qu'on va être un certain nombre à être vite aphone..." "et puis, c'est très dur pour les élèves aussi, il faut dire ce qui est."

 

"Les élèves ont beaucoup de difficultés en collège à avoir le masque comme ça toute la journée..."

Ce que confirme une surveillante de collège épuisée après une semaine de travail : "Rappels incessants aux élèves, sollicitations énormes des profs, des élèves, des parents... la pause méridienne est une vraie jungle : 800 élèves qui courent, qui se collent, qui jouent avec les masques, qui les cassent..."

 

"Moi, je suis prof principale de sixième, je ne les connais pas, ils ne me connaissent pas et le contact a vraiment du mal à se faire. Je leur ai demandé d'envoyer des petites photos, on va faire un photo montage, c'est la seule solution que j'ai trouvée..."

 

Les témoignages de profs s'accumulent pour dénoncer toutes les difficultés d'enseigner sous un masque.

Eh oui, l'enseignement passe par la voix : elle est essentielle, pour la transmission et les échanges avec les élèves.

 Parler pendant 6 ou 7 heures à voix haute demande des efforts et une énergie incroyables… surtout pour une femme dont la voix est souvent plus ténue que celle d’un homme.

Devant une classe de 36 élèves, il faut se faire entendre et la voix ne doit pas faiblir ou dérailler, un seul instant.

L’enseignante ou l’enseignant sont amenés à forcer sur leur voix, à la malmener, parfois.

Alors, avec un bâillon sur la bouche, on peut imaginer le calvaire...

Combien de fois ai-je eu, pour ma part, une extinction de voix… après une journée de travail !

Et je ne portais pas de masque !

 
On oublie trop souvent que le métier d’enseignant est un métier physique et on ne perçoit que la fatigue intellectuelle. Mais ces aspects se combinent : un professeur dépense beaucoup d’énergie face à ses élèves : énergie intellectuelle, morale, physique.
 
La voix est bien essentielle dans ce métier de transmission et d'échanges...

La voix est un souci permanent pour les enseignants... véritable outil de travail, elle est, sans cesse, sollicitée...

Voici ce qu'en pense le philosophe André Comte-Sponville : "J'ai été prof pendant 24 ans, l'idée de faire cours masqué devant 30 gamins masqués, mais c'est l'horreur ! Il y aura une déperdition d'efficacité, de communication, de compréhension, d'échanges, effrayante sans parler des problèmes de discipline... ça ne peut pas durer."
 

 

 

 

https://www.franceculture.fr/emissions/linvitee-des-matins/la-vie-masquee-de-la-distanciation-sociale-au-destin-commun

 

 

 

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29 juillet 2020 3 29 /07 /juillet /2020 08:32
Mais où est passé le monde d'après ?

 

Le confinement nous a permis d'apprécier un monde différent : moins de pollution, moins de voitures, une nature régénérée, des chants d'oiseaux à nouveau perceptibles...

Et on disait : "Ce ne sera plus jamais comme avant..."

 

Oui, mais voilà, les habitudes ont vite repris le dessus : les gens utilisent leur voiture, comme avant, ils consomment comme avant, parfois plus, pour rattraper le temps perdu.

Le monde d'après verra-t-il le jour ?

 

Le Cac 40, les dividendes des actionnaires, les places financières continuent à tuer la planète pour le profit...

Alors, bien sûr, le monde d'après est souhaité par de nombreux Français : les gens ont envie d'un changement, d'une rupture.

 

Le télé-travail intéresse de nombreux salariés.

Plan de rénovation énergétique des logements, encouragement au travail à temps partiel, revalorisation des rémunérations pour les soignants, encadrement de la publicité pour éviter la surconsommation, plus de sobriété dans les emballages, dans les déplacements, plus de sobriété numérique...

Produire mieux, consommer mieux... de belles espérances...

Mais le revenu universel, les nationalisations, la réduction du temps de travail ne font pas consensus dans la population.

C'est là que le politique doit faire son travail...

 

Mais, en fait, le monde d'après n'est-il pas une invention des politiques ?

Mieux équiper les hôpitaux ? Ce n'est même pas assuré... indemniser les commerces et les entreprises, c'est un moindre mal, mais on est loin de l'autre monde promis.

Augmenter le prix de l'essence pour sauver l'environnement ? Encore faut-il mettre en place des alternatives.

L'industrie verte pourrait, elle aussi, produire de la croissance.

 

Alors, bien sûr, le monde d'après peut prendre du temps, d'autant que la crise du coronavirus n'est pas terminée.

Mais l'urgence écologique est là... mais les mesures prises en faveur de l'hôpital restent bien modestes... mais le déploiement de la 5 G pose problème.

Le monde d'après risque de n'être qu'un beau rêve ou plutôt un cauchemar.

 

Tant de problèmes dans notre monde si bien installé, tant d'égoïsmes, tant de mauvaises habitudes, trop d'inégalités, trop de précarité, trop de misère pour les uns, trop d'argent pour les autres, des gaspillages éhontés, etc.

Tout est à faire pour changer d'optique et de projet...

 

 

Source :

 

https://www.franceinter.fr/emissions/le-debat-de-midi/le-debat-de-midi-27-juillet-2020

 

 

 

Mais où est passé le monde d'après ?
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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 10:32
Eloge des profs...

 

 

La plupart des parents d'élèves en ont pris conscience, lors du confinement : les professeurs exercent un métier utile, indispensable... Ils ont pour fonction de prendre en charge les élèves pendant toute une année scolaire dans des classes souvent bondées.

 

Ils assurent la garde des enfants, des adolescents, leur transmettent des connaissances, un savoir-faire, des compétences nécessaires à la réflexion et à l'analyse.

 

Le système éducatif est à la peine, mais, comme le souligne fort justement Jean-Pierre Siméon dans son essai intitulé Les yeux ouverts, Propos sur le temps présent, "ce système tient le coup contre vents et marées, grâce à ce peuple d'enseignants dont on conteste si aisément la motivation et la conscience professionnelle."

 

Ainsi, la plupart d'entre eux ont assuré la continuité pédagogique des enseignements pendant toute la durée du confinement, et ce, malgré les difficultés techniques, un matériel défaillant, des bugs répétés, un réseau saturé.

 

Ils ont transmis des conseils aux élèves, des fiches, des synthèses, des cours, ils ont répondu à leurs nombreuses questions, à leurs attentes...

Et la tâche était colossale : il leur a fallu se démultiplier, communiquer avec l'un, avec l'autre, avec les parents qui sont souvent exigeants.

 

Bien sûr, rien ne vaut un enseignement en direct et le confinement a bien mis en évidence tout l'intérêt de cet enseignement dans la classe : le contact direct avec les élèves est nécessaire, grâce à des conseils personnalisés, un dialogue permanent.

Jean-Pierre Siméon souligne toute l'énergie des enseignants :

"Je vous propose de passer 6 heures en compagnie de 25 enfants-au moins- pour leur transmettre les beautés de la strophe hugolienne, ou les finesses du carré de l'hypoténuse, et nous en reparlerons..."

 

Les enseignants deviennent trop souvent des boucs émissaires faciles et tout désignés : on les rend responsables de la crise de nos sociétés, de la violence, de la perte des valeurs...

 

Les enseignants sont jugés responsables de tous les maux de nos sociétés.

 

Assez ! Il faut prendre conscience des difficultés de ce métier qui mérite considération et respect.

"L'immense majorité des enseignants est motivée, impliquée et préoccupée avant tout de la réussite des élèves.", comme l'affirme Jean-Pierre Siméon.

 

 

 

 

Eloge des profs...
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1 juillet 2020 3 01 /07 /juillet /2020 08:55
Des open-badges pour récompenser les professeurs ?

 

Des badges pour récompenser les enseignants qui se sont mobilisés pendant le confinement ? Des badges pour ceux qui ont acquis de nouvelles expériences, numériques notamment, face à l’impossibilité de faire classe normalement ?

Des open-badges... mais qu'est-ce que c'est ?

 

Que signifie ce vocable anglais ? On a du mal à en saisir le sens... 

S'agirait-il de médailles en chocolat ? C'est ce qui avait été proposé dans un premier temps aux soignants, à tous ceux qui se sont engagés dans la lutte contre le Covid-19. Et une médaille de l’engagement, créée en 1885 après une épidémie de choléra et qui avait disparu depuis 1960, devait être réactivée.

Mais le personnel médical avait aussitôt réagi...

"Ce qu’on estime être le plus important, c’est de pouvoir accueillir nos patients dans des conditions qui soient dignes, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle...", déclarait une infirmière au centre hospitalier de Saint-Denis.

 

Pour les enseignants, c'est pire...

Façon jeu vidéo ou camp scout, ces "open badges" colorés promeuvent des statuts pour le moins surprenants : "explorateur, utilisateur, passeur, bâtisseur"… 

"Demandez vos badges agilité pédagogique ! Vous avez su répondre présents face à la Covid-19 : nouvelles façons de travailler, partage, trouvailles. Valorisez votre engagement avec les #OpenBadges !" peut-on lire sur les sites de certaines académies.

 

Et, en plus, il faut les réclamer !

 

La rectrice de l’académie de Poitiers, Bénédicte Robert, précise que le but est d’encourager les professeurs à "continuer d’apprendre, tout au long de leur vie, comme les élèves, dans une dynamique de développement professionnel continu."

On croit rêver...

Comme si les enseignants n'étaient pas amenés, par leur fonction, à apprendre sans cesse, à améliorer leurs cours, à les rendre plus attractifs...

 

Les enseignants qui se sont mobilisés pour assurer le suivi pédagogique de leurs élèves au cours de la crise méritent mieux que ces badges infantilisants.

Quel mépris pour ce métier de transmission !

 

Il serait temps de revaloriser cette fonction par une augmentation des salaires, une véritable reconnaissance du rôle essentiel des enseignants dans notre société.

 

D'ailleurs, tout le monde a pu le voir lors de cette crise du coronavirus : les parents ont pu prendre conscience du travail réalisé par la plupart des enseignants.

Pourtant, leur tâche a été rude : difficultés de connexion, bugs informatiques, matériel inadapté...

Il leur a fallu se démultiplier pour répondre aux attentes et aux questions des élèves et des parents.

 

 

 

Source :

 

https://www.sudouest.fr/2020/06/28/des-badges-pour-recompenser-l-engagement-des-professeurs-font-polemique-7605919-4699.php

 

 

 

Des open-badges pour récompenser les professeurs ?
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17 juin 2020 3 17 /06 /juin /2020 08:45
On recrute des professeurs...

 

Partout, dans de nombreuses disciplines on constate une pénurie de profs : ce métier difficile, peu considéré n'attire plus les vocations...

 

Qui veut, désormais, devenir enseignant ? Qui ambitionne d'entrer dans la fonction professorale ? Qui envisage d'exercer ce métier ingrat ? En fait, et ce n'est pas étonnant, la crise du recrutement des enseignants perdure et s'aggrave d'année en année....
 

Les enseignants sont mal payés, peu estimés : ce métier déprécié n'est plus valorisé dans une société du divertissement permanent.

Pour beaucoup, les profs seraient même des privilégiés ! Allons, donc, on n'arrive plus à recruter tant ce métier est "facile, bien payé, avec des vacances" !

 

Une nouvelle campagne de recrutement des enseignants a été lancée afin de proposer aux étudiants un parcours de pré-professionnalisation.
 
 
Le ministère de l’Éducation nationale est à l'initiative de cette campagne, via Konbini, média qui touche majoritairement les moins de 30 ans. Son but ? Informer les étudiants voulant devenir enseignant qu’il est possible d’entrer progressivement dans le métier via un contrat de pré-professionnalisation. 

 

L’idée du ministère est de recruter directement des étudiants, à partir de la licence. Il s’agit d’un parcours de pré-professionnalisation, sur trois ans,  pendant lesquels les étudiants peuvent travailler au contact des élèves, dans les établissements scolaires, avec les équipes pédagogiques déjà en place. 

 

Seulement, cette campagne de recrutement a été pour le moins mal pensé... argument invoqué pour appâter les candidats à l'enseignement : "Cela permet d'éviter de travailler dans un fast-food", pouvait-on lire sur la plaquette de présentation.

Mais, qu'est devenu l'enseignant d'autrefois, détenteur de savoir, passeur de connaissances, respecté par l'ensemble de la société ?

 

En plus, avec cette campagne, l'Education Nationale recrute au rabais... Le but est de recruter des jeunes dès la Licence : ils  pourront enseigner en étant sous-formés et sous-payés...

On agit, comme souvent, dans l'urgence et la précipitation...

 

Finalement, devant le tollé suscité par cette campagne de recrutement, elle a disparu des écrans...

 

Mais, le problème demeure : on manque d'enseignants...

Il serait temps de revaloriser vraiment ce métier : la crise du coronavirus n'a-t-elle pas montré que les enseignants avaient un rôle essentiel dans la formation et la prise en charge des élèves ?

 

 

Sources :

 

https://www.ouest-france.fr/education/enseignement/une-campagne-de-communication-sur-le-recrutement-des-futurs-enseignants-fait-reagir-6860606

 

 

https://www.lci.fr/emploi/polemique-qui-paie-mieux-qu-un-job-dans-un-fast-food-la-campagne-de-recrutement-des-jeunes-profs-ne-passe-pas-2155949.html

 

 

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11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 12:03
Etat d'urgence sanitaire : une situation inédite... une démocratie est malade lorsqu'on porte atteinte aux libertés...

 

 

Dominique Rousseau, professeur de Droit public interrogé sur France Inter évoque les mesures d'exception qui s'appliquent en ces temps de crise. 

 

"Un état d'urgence sanitaire, c'est une première dans notre pays... on a connu l'état d'urgence sécuritaire au moment des attentats de 2015 mais jamais un état d'urgence sanitaire et la loi qui l'a établi est encore plus restrictive des libertés que l'état d'urgence adopté en novembre 2015.

 

Le déconfinement ne va pas revenir sur les mesures attentatoires aux libertés qui ont été prises lors de la loi du 23 mars 2020.

Le parlement est encore mis en sommeil pendant deux mois supplémentaires, donc 4 mois d'état d'urgence... et rien ne garantit que le gouvernement ne redemandera pas au mois de juillet la prolongation de cet état d'urgence. Et ce fameux système d'information dont le ministre nous dit que ce n'est pas l'application Stop covid, y ressemble beaucoup puisque c'est la constitution d'un fichier dans lequel il y aura le nom de toutes les personnes infectées par le virus...

 

L'état d'urgence est une décision politique qui a été prise en dehors du droit puisque la constitution ne permet pas de mettre en place un état d'urgence sanitaire.

Le parlement est mis en sommeil : les députés deviennent des spectateurs de décisions qui sont prises par le gouvernement et on lui demande de valider après coup ces décisions...

 

 

Ce qui est d'autant plus grave, c'est que ces décisions  limitent, voire restreignent gravement toutes les libertés, pas simplement la liberté d'aller et venir, mais aussi le droit du travail : les ordonnances permettent aux employeurs de déroger au code du travail, notamment sur les congés, sur la question de la durée de la semaine de travail, sur la question de la récupération des RTT...

Il y a une atteinte à toutes les libertés : le parlement est dessaisi de son rôle habituel de gardien et d'acteur du régime des libertés...

C'est un vrai problème qui met en balance l'impératif de la santé et l'impératif des libertés.

 

On considère aujourd'hui presque indécent de mettre en avant les libertés ou la démocratie dans la mesure où il y aurait un impératif qui serait supérieur : celui de la santé.

Or, la santé dans une démocratie, c'est précisément le respect des libertés essentielles et on voit qu'une démocratie est malade non pas du fait du coronavirus mais une démocratie est malade lorsqu'on porte atteinte aux libertés.

Or, actuellement nous portons atteinte aux libertés, ça c'est certain, sans avoir la certitude que cette limitation des libertés favorise l'impératif de santé.

 

La bonne cause ne doit pas conduire à opposer santé et libertés, santé et démocratie, et ne doit pas oublier qu'il existait en dehors même de la loi sur l'état d'urgence les moyens juridiques et sanitaires pour répondre à cette crise du coronavirus.

 

Un seul exemple : le gouvernement a créé un comité de scientifiques pour que ce comité lui donne des conseils sur la manière de gérer la maladie, mais il existe déjà un Haut conseil de la santé publique, il existe déjà une Haute autorité de la santé, autrement dit, il y avait des institutions qui existaient déjà et qu'on a mises à l'écart.

En quelque sorte, on a mis en place un Etat parallèle à l'Etat institutionnel, et c'est cela qui est grave, parce que nous sommes actuellement dans un état d'urgence depuis deux mois, cela va durer encore deux mois, avec le risque que cela continue et que nous passions d'un état d'urgence à un autre et que finalement l'Etat de droit disparaisse ou s'affaiblisse et laisse monter l'Etat de puissance. 

 

Toutes les libertés, liberté de réunion, liberté d'expression, liberté du travail, liberté du commerce, toutes les libertés sont mises en cause et, en plus, on augmente le nombre de personnes qui vont être habilitées à faire des contrôles, rédiger des procès-verbaux, et faire payer des amendes, donc, on augmente l'aspect sécuritaire, nous devenons une société de surveillance généralisée avec partout des personnes qui sont habilitées pour nous sanctionner.

 

De plus, un fichier centralisé va recenser les personnes qui ont été contaminées, puis les personnes susceptibles d'être contaminées, et les personnes qui ne sont pas contaminées mais qui ont été en contact avec les personnes contaminées.

Ce fichier va recueillir des informations sur les traitements qui ont été donnés à ces personnes et les résultats de ces traitements.

On ne sait pas comment ce fichier va être géré, qui va le gérer... ce qu'on sait, c'est que des personnes qui ne sont pas médecins, donc qui ne sont pas tenues au secret médical, vont être autorisées à pratiquer ce type de fichage...

Ce fichier est censé durer un an alors que la loi prolonge l'Etat d'urgence de deux mois. Que deviendra ce fichier au bout de cette année ?"

 

Cette mise en garde faite par un professeur de Droit public suscite bien des inquiétudes pour la survie de notre démocratie.

Les mesures mises en place pour préserver la santé risquent d'être reconduites, par crainte de la réapparition du virus ou de l'émergence d'une nouvelle pandémie.

Dans ce cas, nos libertés seraient considérablement et durablement réduites, et on se dirigerait vers un état dictatorial, un régime autoritaire, comme l'est le régime chinois, par exemple...

 

Ainsi se met en place le règne de BIG BROTHER...

 

 

 

Source :

https://www.franceinter.fr/programmes/2020-05-02

 

 

Etat d'urgence sanitaire : une situation inédite... une démocratie est malade lorsqu'on porte atteinte aux libertés...
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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 09:06
Désormais, le port du masque est recommandé dans l'espace public...

 

Le masque a fait longtemps débat : désormais il est recommandé de le porter dans l'espace public.

Seulement, voilà, on ne trouve pas de masques dans les pharmacies qui auraient dû être approvisionnées depuis longtemps...

On peut consulter des tutoriels sur internet qui permettent de confectionner des masques en tissus mais certains de ces tutoriels se révèlent parfois très compliqués à réaliser... c'est un problème.

 

Dans tous les cas, les masques en tissu promettent d'être les stars inattendues de la collection mode printemps/été 2020.

Colorés, à motifs, siglés, on en voit déjà de toutes les sortes.

La mode printanière va mettre le masque à l'honneur !

 

Pourtant, avant la crise du coronavirus, il était impensable de circuler dans les espaces publics avec un voile qui cache le visage...

Dorénavant, le masque sert de protection contre le virus, il est donc autorisé et même recommandé... 

Quel changement de paradigme ! Tous et toutes masqués !

 

Nous voilà contraints de cacher notre visage, de le confiner et de le protéger de l'air ambiant...

Oui, mais les yeux ? Ils ne sont pas protégés par un masque...

Nous faudra-t-il aussi porter des lunettes étanches pour échapper au virus ?

Nous faudra-t-il revêtir des combinaisons de cosmonautes pour nous déplacer sur notre planète ?

On voit tous les dangers de ce phénomène pour nos démocraties : les visages étant cachés, les individus ne sont plus reconnaissables dans l'espace public.

 

 En France, il existe une loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public.

 Entrée en vigueur le 11 avril 2011, elle a été adoptée lors du mandat présidentiel de Nicolas Sarkozy dans un contexte marqué par un vif débat sur la place du voile intégral, et notamment le niqab, vêtement religieux islamique, dans l'espace public, notamment la rue et les établissements recevant du public.

La loi s'applique sur l'ensemble du territoire de la République

"La République se vit à visage découvert. Parce qu'elle est fondée sur le rassemblement autour de valeurs communes et sur la construction d'un destin partagé, elle ne peut accepter les pratiques d'exclusion et de rejet, quels qu'en soient les prétextes ou les modalités."

 

Curieux renversement de situation qui nous oblige à porter des masques !

Ironie du sort qui rend une loi obsolète, qui nous invite à faire l'inverse de ce que dit la loi...

Il est vrai que si tout le monde est masqué, de fait, nous nous retrouvons autour de valeurs communes : la lutte contre le virus, la protection de soi-même et des autres.

On prend conscience combien cette crise bouleverse nos vies et toutes nos habitudes : le masque, le confinement, l'autorisation de sortie, les contrôles de police, le télé-travail, les enfants à la maison, la distanciation sociale...

La méfiance envers l'autre, c'est aussi le risque de cette crise inédite.

 

 

https://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/coignard-l-hallucinante-notice-officielle-pour-fabriquer-son-masque-23-04-2020-2372580_2134.php

 

 

 

Désormais, le port du masque est recommandé dans l'espace public...
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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 08:26
Retour en classe le 11 mai ? Est-ce bien raisonnable ?

 

 

 Emmanuel Macron a annoncé ce lundi 13 avril une réouverture "progressive" des écoles pour le 11 mai, on reste perplexe devant cette décision pour le moins surprenante.

Alors que la plupart des lieux publics sont fermés, que tous les spectacles, toutes les manifestations sportives, tous les rassemblements demeureront interdits, il serait question d'ouvrir les établissements scolaires ?

Accueillir des élèves dans des salles de classe représente un risque important de contamination...

 

Dédoubler les classes ? Difficile de mettre en place une telle mesure.

Il faut le rappeler aux ministres et au gouvernement : les classes de lycées sont surchargées, parfois plus de 35 élèves.

Comment assurer la sécurité sanitaire des enfants, des adolescents, des professeurs ?

Comment se protéger du virus ? Avec des masques ? De toutes façons, il sera difficile d'équiper tous les élèves et les personnels de l'éducation. De plus, est-ce là une protection suffisante ?

Rien n'est moins sûr.

 

On sait aussi qu'une deuxième vague de contamination doit se produire : peut-on exposer les enseignants, les élèves à ce risque majeur ?

Jean-Michel Blanquer a rappelé "la nécessité d’apprendre le civisme et les gestes obligatoires". Pour les plus petits, chez qui le respect des gestes barrières pourrait s’avérer plus difficile, le ministre a évoqué des classes "en tout petits groupes" !

Mais même en tout petits groupes, les enfants restent des enfants : difficile de leur faire comprendre la nécessité de se protéger.

 

 Une fois de plus, cette décision inquiète les parents, les professeurs, tout le personnel éducatif. Il s'agirait, selon le ministre, de remettre au travail des élèves privés d'équipement et de matériel informatique.

Ces élèves qui ont décroché reviendront-ils vraiment en classe ?

 

En fait, la reprise de l'école a surtout pour objectif de permettre aux parents la reprise du travail : pourquoi ne pas le dire clairement ? Le plus important c'est de remettre la France au travail, peu importe si les contaminations se poursuivent.

 

Le plus important resterait donc l'économie : la santé passe après.

 On rouvre les écoles pour relancer l’activité économique, en sacrifiant un peu vite les enseignants. 

Alors, bien sûr, ce retour en classe doit être progressif, comme l'a précisé Emmanuel Macron... Le ministre de l'Education a expliqué que cette reprise progressive se fera par tranche d'âge : "On ne va pas avoir les mêmes âges qui rentrent au même moment." "Encore une fois c'est un retour progressif donc il va y avoir là aussi beaucoup d'aménagements c'est évident. L'objectif c'est qu'entre le 11 mai et le 4 juillet, nous ayons réussi cette resocialisation qui permette de se remettre dans l'apprentissage", a précisé Jean-Michel Blanquer.

D'abord les plus jeunes, afin que les parents puissent reprendre le travail rapidement.

C'est bien l'économie qu'il s'agit de préserver...

 

 

 

 

Retour en classe le 11 mai ? Est-ce bien raisonnable ?
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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 08:54
Certains membres du gouvernement parlent déjà de "travailler plus" quand la crise sera passée...

 

 

La secrétaire d'État à l'Économie Agnès Pannier-Runacher a prévenu qu'il faudrait "probablement travailler plus que nous ne l'avons fait avant pour rattraper" la perte d'activité induite par le confinement en cours depuis le 17 mars, et dont Emmanuel Macron a annoncé ce lundi soir la prolongation jusqu'au 11 mai. "L'enjeu est de reprendre le travail plein pot", a-t-elle insisté samedi sur France Info.

 

"Reprendre le travail plein pot ?", comme si les salariés n'étaient pas depuis longtemps soumis à des impératifs de rentabilité... 

 

On l'a vu avec le personnel des hôpitaux qui même avant la pandémie du coronavirus subissaient des contraintes de travail exténuantes.

On connaît aussi les difficultés des enseignants dans leur métier, un métier qui n'attire plus les vocations, tant il devient complexe.

La plupart des salariés dans les entreprises sont, eux aussi, sous pression, rentabilité oblige...

 

Le monde du travail devient parfois inhumain et absurde : il pousse les salariés au pire, à l'inéluctable, à l'irréversible... La hiérarchie se fait de plus en plus pesante et lointaine surtout dans de grands groupes où les différents rouages font pression les uns sur les autres.

 

Le travail, en France, accule certains à la désespérance et les suicides d'ouvriers, de salariés se multiplient en raison de plans de restructuration visant à la performance, à la croissance des entreprises : au nom du profit, que de vies humaines sont sacrifiées !

Et le gouvernement évoque déjà des efforts supplémentaires à venir.

 

Quelle indécence ! Quel manque d'à propos ! Pourquoi évoquer ce sujet alors que le confinement est encore en vigueur ?

 

Déjà, la crise affecte les plus pauvres et les plus précaires : chômage, difficultés de rester confiné dans des logements exigus, parfois insalubres, promiscuité, problèmes pour se nourrir.

 

Attention aussi au rebond ! N'oublions pas la crise environnementale qui nous menace : une planète à bout de souffle, une planète exsangue, une extinction de nombreuses espèces, une pollution débridée, une surconsommation destructrice.

 

La tentation sera grande pour la plupart des pays de faire de la surenchère économique. Et quand les industries, les activités vont repartir à plein pot, il faut craindre un rebond de la crise écologique.

Il faut craindre, avec le redémarrage de l'économie, un retour de la pollution, une reprise massive des émissions de nos rejets de CO2.

 

"Reprendre le travail plein pot" ? L'expression semble vouloir dire qu'il faut rattraper le temps perdu !

Et certains évoquent même l'importance de la compétitivité ! Et ils ne tirent ainsi aucune leçon de cette crise inédite.

C'est encore l'économie qui prime au mépris de la santé des gens, au détriment de la nature qui est sacrifiée au nom de la rentabilité.

 

 

 

 

 

Certains membres du gouvernement parlent déjà de "travailler plus" quand la crise sera passée...
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