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20 juin 2022 1 20 /06 /juin /2022 12:49
Le déclin de la démographie russe : l'obsession de Poutine ?

 

La démographie du plus vaste pays du monde est marquée par un rétrécissement étourdissant. On ne parle pas seulement des 10 000 russes morts au combat depuis le début de la guerre en Ukraine. Mais d’une tendance bien antérieure à celle-ci, une tendance qui trace une ligne de déclin depuis la chute de l’Union soviétique.

 

Naissance, espérance de vie, solde migratoire, surmortalité liée à l’alcoolisme et à ses conséquences, notamment les accidents de la route : tous les voyants sont au rouge. 

 

Et l’avenir est sombre : un jeune sur deux songe à vivre de façon permanente à l'étranger. Le politologue Bruno Tertrais, dans un article disponible sur le site de l’Institut Montaigne, évoque ainsi la crainte "pour la Russie d’être un jour absorbée par l'Asie. Appelons cela, dit-il, une insécurité démographique." Ainsi, Vladimir Poutine déclarait il y a peu : "Le destin de la Russie et ses perspectives historiques dépendent de combien nous serons." 

"La piste d'une augmentation de la natalité a d'abord été privilégiée, explique Tatiana Kastouéva-Jean, des députés ont avancé des initiatives sur l'interdiction des avortements et le besoin de valoriser l'image d'une famille avec trois enfants. Cependant, ces initiatives n'ont pas trouvé d'écho favorable, en dépit de la montée du conservatisme dans la société russe sous l'influence, à la fois du discours politique du Kremlin et de l'Eglise orthodoxe."


 

La part de "l’ethnie" russe dans la population générale a particulièrement rétréci, passant de 81,5 % en 1989 à 77,7 % aujourd’hui. Dans le même temps, la Russie compte aujourd’hui 10 à 15% de musulmans. Proportion qui pourrait doubler d’ici 15 ans. Cette double tendance inquiète le pouvoir depuis longtemps. 

 

Mesures natalistes, aides au retour des Russes partis à l’étranger, ouverture des frontières aux travailleurs immigrés, naturalisation facilitée… rien ne permet d’enrayer le déclin. Est-ce que le facteur démographique a compté dans la décision du Kremlin d’attaquer l’Ukraine ?

C'est peut-être une des raisons : l’Ukraine compte 44 millions d’habitants et les Ukrainiens sont majoritairement des slaves de l’Est. Une continuité évidente, dans le regard biaisé de ceux qui rêvent de mener à son terme le grand projet d’une grande Russie."

 

La démographie ! Une obsession pour Vladimir Poutine...

Ainsi, la Russie facilite l’octroi de passeports aux habitants du sud de l’Ukraine.

 

La Russie va permettre aux habitants des régions de Zaporijia et de Kherson, dans le sud de l’Ukraine, de demander un passeport russe via une procédure simplifiée, selon un décret présidentiel publié mercredi. La région de Kherson a été entièrement conquise par l’armée russe depuis son offensive lancée le 24 février, tandis que celle de Zaporijia est en partie contrôlée par Moscou.

 

"Ce système simplifié va permettre à tout le monde de bien comprendre que la Russie n’est pas là pour longtemps, mais pour toujours", a déclaré Kyrylo Stremooussov, un responsable de la région de Kherson nommé par Moscou, cité par l’agence RIA Novosti. "Cela va permettre d’accélérer notre intégration et notre retour à la maison, au sein de la Russie", a ajouté Vladimir Rogov, un responsable prorusse de la partie de la région de Zaporijia contrôlée par l’armée russe.

 

Une façon d'assujettir toute une population et de russifier la région... une façon de régler le problème démographique de la Russie !

 

Sources :

 

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/et-maintenant/et-maintenant-du-jeudi-24-mars-2022-6611450

 

https://www.geo.fr/geopolitique/la-russie-distribue-les-premiers-passeports-russes-dans-les-villes-ukrainiennes-occupees-210342

 

 

Le déclin de la démographie russe : l'obsession de Poutine ?
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13 juin 2022 1 13 /06 /juin /2022 12:15
La pureté du peuple russe...

 

On se souvient de ces propos de Vladimir Poutine : "Je suis convaincu qu'une auto épuration naturelle de la société ne fera que renforcer notre pays"...

"Le peuple russe saura toujours distinguer les vrais patriotes de la racaille et des traîtres... ils vont juste les recracher comme une mouche qui a accidentellement volé dans leur bouche, ils vont juste les recracher sur le trottoir. Je suis convaincu qu'une telle autoépuration naturelle et nécessaire ne fera que renforcer notre pays..."

Il évoquait alors "les traîtres à l'intérieur du pays, des bâtards, ceux qui ont une villa à Miami ou sur la Côte d'Azur, ils ne peuvent pas se passer de foie gras, d'huîtres, et de soi-disant liberté des genres."

 

Un discours qui avait suscité de nombreux commentaires...

Un discours haineux et dangereux...

Parler d'épuration nous ramène aux heures les plus sombres de notre histoire.

 

Comme le souligne Harari, "chaque fois que des politiciens se mettent à parler en termes mystiques, prenez garde !"

Et il rajoute : "Les quatre mots suivants requièrent une vigilance particulière : sacrifice, éternité, pureté, rédemption. Entendez-vous l'un d'eux ? Sonnez l'alarme ! Vous vivez dans un pays dont le chef tient régulièrement des propos du style "leur sacrifice rachètera la pureté de notre nation éternelle" ? Vous avez du souci à vous faire, sachez-le. Pour préserver votre santé mentale, essayez toujours de traduire ces foutaises en termes réels : les cris d'agonie d'un soldat, une femme battue et brutalisée, un enfant qui tremble de peur."

 

N'est-ce pas là le discours de Vladimir Poutine ? N'est-ce pas ce qui se déroule en Ukraine : la mort, la brutalité, la violence, la peur, l'humiliation, la détresse ?

 

André Markowicz nous le rappelle : "Le régime de Poutine s'est construit sur le nationalisme, donc sur une espèce de récit mythique réinventé d'une fierté nationale... on y voit une violence terrifiante à tous les niveaux de la société, on en arrive à nier l'existence même des Ukrainiens, il n' y a pas d'Ukrainiens, il n'y a que des Russes. Et les Ukrainiens qui n'accepteraient pas de comprendre qu'ils ne sont pas Ukrainiens mais Russes sont des nazis, donc il faut les éliminer."

 

Une négation totale de l'identité ukrainienne, une négation de tout un peuple, une négation de l'autre, de son droit à exister en tant que tel...

Nettoyage ethnique, populations déplacées, des méthodes indignes...

Des soldats russes perdus, des Ukrainiens bombardés, des pillages... C'est la triste réalité de la guerre en Ukraine.

A cause de cette guerre, le monde est aussi menacé par une grave crise alimentaire : pénuries, famines, chaos en perspective...

Ce conflit peut avoir des répercussions mondiales terribles : il est temps d'en prendre conscience.

 

 

Sources :

 

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-grande-table-idees/crise-ukrainienne-la-russie-face-a-elle-meme-5117351

 

 

 

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/08/poutine-n-aime-pas-les-etres-humains-ce-qu-anna-politkovskaia-ecrivait-en-2004_6125248_3210.html

 

 

 

 

 

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1 juin 2022 3 01 /06 /juin /2022 08:10
Mort d'un journaliste : l'ignoble propagande russe...

 

Il s'appelait Frédéric Leclerc-Imhoff, il était journaliste à BFM TV : il est mort, tué par un obus russe, alors qu'il exerçait son métier voué à l'information du public,  alors qu'il filmait l'évacuation d'un convoi de civils depuis Severodonetsk, dans l'est de l'Ukraine. 

Une mort tragique : il n'avait que 32 ans. 

Et voici que la propagande russe transforme ce journaliste en "mercenaire" : c'est particulièrement scandaleux et ignoble... Non, ce journaliste n'était pas un soldat payé pour faire la guerre...

 

Aucun respect, aucune décence, en la circonstance, de la part des médias russes. Le mensonge, encore et toujours... le mensonge abject.

Non contents d'avoir tué un civil qui ne faisait qu'exercer ses fonctions et son travail de journaliste, les Russes, dans leur propagande, s'attachent à salir sa mémoire.

Quelques instants seulement après l'annonce de la mort du reporter, l'agence de presse officielle russe Tass assurait que Frédéric Leclerc-Imhoff était un "mercenaire engagé dans la livraison d'armes aux forces armées ukrainiennes." Une accusation sans aucun fondement et qui illustre, une nouvelle fois, l'importance de la propagande russe.

La mère du journaliste a vivement réagi contre cette désinformation méprisable et scandaleuse :

"Je suis la maman du jeune journaliste que vous avez tué hier. Votre communiqué me donne la nausée. Bien sûr, vous cherchez lâchement à vous dédouaner, mais sachez que jamais vous ne réussirez à salir sa mémoire", a-t-elle écrit dans un message publié par la chaîne d'information en continu.

Dans une lettre rédigée "à l'attention de l'agence Tass et de la République populaire de Louhansk (RPL)", elle démonte ainsi l'argumentaire relayé lundi en fin de journée par l'agence de presse qui citait un responsable local des séparatistes prorusses. "Tout le monde ici connaît son engagement professionnel et personnel pour la démocratie, le respect humain et surtout une information libre, impartiale et honnête, toutes notions qui semblent bien éloignées de ce qui vous anime."

Une réponse cinglante, forte, pleine de dignité qui fustige la désinformation des médias russes...

 

Comme l'écrit Tatiana Kastouéva Jean, et cela avant même que n'éclate la guerre en Ukraine, "La Russie est loin d'être un modèle en matière de liberté des médias... Les médias publics, et en premier lieu les chaînes de télévision épousent fidèlement la ligne officielle du Kremlin, sans émettre la moindre critique.

Certains médias, chaînes et émissions sont même connus pour la fabrication et la diffusion de contenus déformés, voire falsifiés, en vue d'alimenter et de crédibiliser le discours officiel.

Les Russes ne sont ainsi informés des réalités du pays que d'une manière partielle et partiale."

 

Et, avec la guerre en Ukraine, la propagande bat son plein, au mépris de la mémoire d'un  jeune journaliste tué dans l'exercice de son noble métier.

 

 

Source :

 

https://www.lepoint.fr/monde/journaliste-tue-en-ukraine-sa-mere-s-insurge-contre-la-propagande-russe-31-05-2022-2477824_24.php

Mort d'un journaliste : l'ignoble propagande russe...
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23 mai 2022 1 23 /05 /mai /2022 11:35
La détresse d'une mère d'un marin russe disparu...

 

Elle se prénomme Olessia. "Son fils a disparu dans le naufrage du Moskva, le vaisseau amiral probablement coulé par une frappe ukrainienne et les autorités russes lui demandent de se taire.

"Tout se passe comme prévu", c'est ce que répète jour après jour le Kremlin, depuis le début de l'offensive russe en Ukraine. Les pertes sont minimisées, sinon dissimulées et les victoires ukrainiennes n'existent pas dans la version officielle.

 

Le naufrage du Moskva est une parfaite illustration de cette désinformation russe.

Le 14 avril, le vaisseau amiral a coulé en Mer Noire, endommagé, affirme Moscou, par une explosion à bord. Or, un enregistrement vient confirmer les affirmations ukrainiennes et américaines selon lesquelles le bateau a été en réalité touché par des missiles ukrainiens.

Les Russes, que l'on entend appeler à l'aide dans cet enregistrement, mentionnent bien deux impacts.

 

En ce qui concerne le bilan, tout a été fait pour étouffer la vérité.

La mère d'un jeune marin de 20 ans est sans nouvelles de son fils et veut savoir ce qu'il est devenu. On imagine sa douleur, sa rancoeur et son désespoir.

"Il m'est impossible d'exprimer ce que je ressens, je suis dévastée par une douleur permanente.", déclare cette mère.

Olessia est inconsolable, cette mère de famille est sans nouvelles de son fils de 20 ans, Nikita qui faisait partie de l'équipage du Moskva, fleuron de la marine russe.

 

Recruté avant le début de la guerre, il a donné signe de vie, une fois, en mer au large des côtes ukrainiennes.

"Le 13 mars dernier, il m'a appelée avec le téléphone de quelqu'un d'autre, il m'a dit : "Maman, c'est moi, ne me pose pas de question, je n'ai rien le droit de te dire, j'ai reçu l'interdiction de parler et de dire où nous sommes et ce que nous faisons." Puis il a raccroché, et un mois plus tard, nous avons eu connaissance de la tragédie.

 

Depuis, la mère de ce soldat se démène pour connaître la vérité, elle fait partie d'un collectif de familles de marins disparus, très actif sur les réseaux sociaux.

En vain, jusqu'à la semaine dernière et une réunion avec les autorités qui laisse entrevoir le pire.

 

"Un jour, on nous a soumis un document et on nous a demandé de le signer. C'était une déclaration préparée à l'avance : je devais reconnaître la mort de mon fils, en échange d'une indemnisation à hauteur de 7 millions de roubles, soit 100 000 euros environ." affirme Olessia.

Une proposition qu'elle refuse catégoriquement de signer. Olessia rejette la version officielle, selon laquelle les 500 membres d'équipage ont été évacués.

 

"Tout le monde ment. Nous sommes toujours à la recherche de nos fils : on ne sait rien de ce qui s'est passé, il ne figure sur aucune liste de disparus. C'est la faute du capitaine du navire et de tous ses supérieurs : ce sont eux les responsables, car ils ont donné les ordres. Ce que je souhaite, c'est que tous les coupables de ce drame soient punis."

Et qui est donc le principal responsable ? Bien qu'elle ne le cite pas, c'est Vladimir Poutine qui a décidé d'envahir un pays souverain et d'attaquer un peuple frère...

 

En l'absence de communication officielle, il est impossible, à ce stade, de chiffrer les pertes réelles, ce qui plonge cette mère de famille dans le désarroi, mais Olessia est déterminée à faire éclater la vérité dans une Russie où les médias sont censurés.

 

Source :

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/journal-de-18h00-aurelie-kieffer-du-mardi-17-mai-2022-4137420

 

 

 

 

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9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 12:59
Le patriarche de Russie au service du Kremlin...

 

La monarchie de droit divin, cela vous dit quelque chose ? Autrefois, jusqu'en 1789, dans notre pays, le pouvoir religieux et le pouvoir politique étaient étroitement associés : le roi était censé détenir son pouvoir de Dieu. 

Un tel régime politique est une monarchie absolue dans laquelle le pouvoir du monarque souverain est légitimé par la volonté de Dieu.

 

Eh bien, en Russie, on retrouve cette association étroite du pouvoir politique et du pouvoir religieux...

"Kirill est le patriarche de Moscou, son influence est considérable en Russie, il a placé l'église orthodoxe au service de l'état, il a fait construire sur les hauteurs de Moscou une immense cathédrale dédiée aux forces armées.

Le patriarche est un soutien fervent du Kremlin, et ses discours nationalistes ressemblent, mot pour mot, à ceux de Vladimir Poutine...

"Il a appelé les croyants à protéger la patrie par la prière et non pas par la participation aux protestations sociales...", écrit Tatiana Kastouéva-Jean.

"Nous avons réussi à préserver notre indépendance, notre liberté, sur la base de toute notre histoire militaire, nous avons construit le développement de notre pays." déclare le patriarche.

A la tête de l'église russe depuis 2009, Kirill en a fait une véritable machine politico-religieuse.

 

Un jour, il a même déclaré que Vladimir Poutine était un miracle de Dieu !

" En 2015, les avions et les missiles allant vers la Syrie sont bénis par les prêtres", écrit encore Tatiana Kastouéva-Jean.

Mais le parcours du patriarche, âgé de 75 ans, n'est pas sans zones d'ombre : fils de religieux, il est soupçonné de liens étroits avec le KGB.

Attiré par le pouvoir et le luxe, sa fortune personnelle est secrète, estimée à plusieurs milliards d'euros.

Une photo officielle du patriarche est passée à la postérité : la montre du patriarche qui vaut 30 000 dollars a été effacée mais le photo-montage fait rire parce que le reflet de la montre est encore bien visible sur la table.

 

Le Kremlin finance généreusement la hiérarchie orthodoxe : il construit partout des églises.

En contrepartie, les religieux soutiennent fidèlement le gouvernement...

L'argent encore et toujours au coeur du pouvoir !

 

"Kirill est en première ligne des personnalités suspectes de compromission, de complaisance : il bénit des armes, il bénit l'agression russe en Ukraine, parce qu'il est un peu pieds et poings liés à Poutine...", commente un prêtre catholique, spécialiste de l'orthodoxie.

 

Il y a quelques voix dissonantes dans l'église orthodoxe russe depuis le début de la guerre, mais rares sont les prêtres ou les fidèles à être critiques devant les télévisions occidentales.

 

Une femme russe témoigne : "Mon père vit en Ukraine, et ça m'inquiète beaucoup, ça me fait encore plus de mal de me demander : à quoi pensent ces gens là haut, au pouvoir?"

En Ukraine, des dizaines d'églises ont été bombardées, elle ne sont même pas des refuges sûrs pour les civils..."

 

Source :

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/russie-kirill-le-patriarche-de-l-eglise-orthodoxe-soutient-fidelement-le-kremlin_5126047.html

 

 

 

 

Le patriarche de Russie au service du Kremlin...
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2 mai 2022 1 02 /05 /mai /2022 11:32
Plus jamais ça !

 

Un témoignage bouleversant, celui de Jacqueline Fleury-Marié sur le plateau de l'émission La Grande Librairie...

Entrée dans la résistance dès l'âge de 17 ans, elle était chargée notamment de diffuser un journal clandestin Défense de la France. Elle a aussi rejoint son frère au réseau de renseignements Mithridate.

Ses parents étaient eux aussi entrés dans la résistance.

La famille a été dénoncée et arrêtée : en juillet 1944,  la Gestapo arrive un matin chez eux, le père, la mère et la jeune fille sont emmenés à la prison de Fresnes, mis à l'isolement.

Un choc pour la jeune fille : elle ne retrouvera sa mère qu'à Ravensbrück.

Elle raconte aussi les interrogatoires qu'elle a subis : la baignoire dans laquelle on la plongeait et replongeait sans arrêt.

Une jeune fille de 17 ans, en prison, interrogée par la Gestapo, torturée, séparée de son père et de sa mère !

Comment tenir, comment résister ?

Elle écrit dans son livre Résistante que la poésie l'a aidée à tenir : seule dans sa cellule, elle aimait réciter des fables de La Fontaine, ce qui l'aidait à retrouver des moments qu'elle avait vécus, des gens qu'elle pouvait comparer aux animaux de La Fontaine. Elle aimait aussi chanter, car elle avait fait partie d'une chorale... Elle gardait précieusement tous ces souvenirs...

Mais plus terrible, encore, est le récit de sa déportation :

"On nous emmène dans des bus parisiens aux environs de Paris où nous attend un train de wagons à bestiaux dans lesquels nous allons être entassés... c'est un grand convoi, nous sommes 600 femmes, c'est le convoi du 15 août 1944, il y a plus du double d'hommes...

Des wagons à bestiaux, pour moi, une gamine de 17 ans, c'est encore possible de monter dans ces wagons, mais les femmes qui sont âgées, passées par les mains de la Gestapo, marquées par ce que nous avons subi, il faut aider ces femmes à monter dans le wagon.

A l'intérieur, nous sommes entassées, nous ne pouvons pas nous asseoir toutes ensemble. Nous avons droit à une espèce de grand seau avec de l'eau, et un autre seau pour nos besoins.

Vous pouvez imaginer que le seau d'eau va être vidé très très vite. J'ai un souvenir d'avoir eu soif tout le temps et cela va continuer en déportation.

Notre voyage a duré 7 jours et 7 nuits, il y aura un changement de train à Nanteuil- Saâcy , car des résistants ont fait sauter un pont sur la Marne.

Nous sommes enfermées dans un tunnel où le train était arrivé, enfermées dans ce tunnel pendant des heures... on respirait difficilement, Et à ce moment, une de mes compagnes a chanté l'Ave Maria de Schubert et croyantes et non croyantes, nous avons écouté avec un sentiment très particulier que je ne saurais dire...

A un moment, le train va démarrer en marche arrière, nous allons sortir de ce tunnel, on va nous faire sortir de nos wagons avec des coups, des hurlements. Nous sommes sur le bord d'une voie ferrée, on va nous mettre en colonnes, cinq par cinq et nous allons parcourir au moins 6 ou 7 kilomètres avant de nous retrouver devant un passage sur la Marne, un passage en bois, et de l'autre côté de ce passage, un autre train de wagons à bestiaux nous a emmenées à Ravensbrück, nous y arrivons 7 jours, après notre départ de Fresnes...

Nous sommes dans un état second : 7 jours enfermées, ne pouvant pas dormir...

On va nous sortir une à une, avec des coups et nous allons parcourir 6 ou 7 km, nous traversons alors une bourgade, là nous apercevons des rideaux qui se soulèvent derrière les fenêtres, on sent qu'on nous regarde.

Nous arrivons devant un immense portail, et nous allons apprendre que nous sommes à Ravensbrück, grand camp de femmes.

On est dans un état extrêmement douloureux, difficile. Nous arrivons sur une immense place où nous nous écroulons, et là nous voyons deux femmes, elles sont tondues, elles portent des robes, des loques, et elles tirent un long tuyau d'arrosage et comme nous mourons de soif, est-ce que vous pouvez imaginer : 600 femmes qui pensent qu'elles vont boire !

Là, nous voyons ces deux malheureuses arroser la place d'appel, et là nous ne recevons absolument pas d'eau.

Et nous voyons pénétrer dans le camp des êtres bizarres qui nous font peur : ce sont des femmes qui portent ces robes rayées, qui ont un outil sur l'épaule et parmi elles, les Françaises nous ont crié : "Si vous avez un tout petit peu de pain, jetez le nous, car dans peu de temps, vous allez nous ressembler."

Le processus de déshumanisation est en cours dès le premier jour.

Le camp était imprégné d'odeurs de corps qui brûlaient. On était dans la mort, on était entouré de morts.

Tous les matins, on venait ramasser les mortes de la nuit.

A l'arrivée à Ravensbrück, nous avons été transformées en concentrationnaires, c'est à dire qu'on nous a pris le peu que nous avions, nous avons été emmenées dans une baraque qui était la baraque des douches, et là on va nous transformer en concentrationnaires avec des robes rayées, quelque chose qui a été pour moi extrêmement difficile à supporter, nous recevions des espèces de galoches, c'est à dire des semelles de bois, avec derrière un morceau de faux cuir : ce cuir vous rentrait dans la chair. Beaucoup d'entre nous étaient tondues, et ça, essayez de penser ce que c'est pour une femme d'être tondue...

En sortant de cette baraque, j'ai retrouvé ma mère et ça a été quelque chose de très douloureux, car j'espérais, je pensais qu'elle n'était pas du voyage.

Et pour elle, me voir transformée, c était un choc, les chocs se multipliaient. Nous allons alors essayer de survivre côte à côte.

A 4 heures du matin, nous étions réveillées (autant qu'on ait pu dormir un peu) pour être à l'appel, et ces appels vont être mortels : nous avons eu -30 à Ravensbrück, il a fait extrêmement froid, nous étions jetées dehors en colonnes, avec le peu de vêtements que nous avions pour des appels qui duraient souvent très longtemps. Le soir, nous avons même connu un appel qui durait toute la nuit.

Pourtant, je n'ai jamais connu de moments d'amitié et de fraternité aussi forts que dans les camps, face à l'humiliation aux tortures des SS.

Beaucoup de gestes ont permis la survie. J'ai connu le partage, la main tendue.

Nous sommes ensuite astreintes à des travaux : décharger des wagons de charbon 12 heures par jour, alors que nous étions dans un état de déficience totale."

C'est durant les marches de la mort que Jacqueline Fleury-Marié parvient à s'évader...

Voici son récit :

"Ma mère qui avait alors 47 ans seulement était complètement épuisée... pendant ces marches, nous ne recevions aucune nourriture. On ne mangeait que ce qu'on pouvait ramasser sur le bord des routes. Quand vous sucez un peu d'herbe, vous avez moins soif, et partager un brin d'herbe, quelle magnifique solidarité !

Et alors que ma mère ne pouvait vraiment plus marcher (quand on ne pouvait plus marcher, on était abattu), nous étions encadrées de soldats armés qui étaient d'autant plus féroces qu'ils savaient que la guerre était finie pour eux. Nous, nous pensions que jamais nous ne pourrions rentrer en France.

Donc, tant pis ! Tu cueilles un brin d'herbe et tant pis si tu reçois une balle... voilà où on en est.

Maman ne pouvant plus marcher, nous étions avec deux amies, deux soeurs et il n'était pas question de s'évader de la colonne, l'une sans l'autre.

Il a fallu trouver un moment qui nous permette de fuir toutes les quatre. Nous nous sommes réfugiées dans une carrière, et nous nous sommes cachées dans une baraque à outils, où nous allons être découvertes, à l'article de la mort, par des ouvriers français qui venaient pour travailler. C'est ce qui nous a sauvées, car arrivaient, à ce moment là, les troupes de l'Armée Rouge dont j'ai gardé un souvenir horrible."

Question de François Busnel, en fin d'émission :

"Aujourd'hui, quand vous regardez ce qui se passe dans le monde, que ressentez vous ?"

Réponse de Jacqueline Fleury-Marié :

"Ce qui se passe en Ukraine, c'est innommable, c'est la destruction d'un peuple pour un autre. Et en plus, je revois les Russes, tels que je les ai vus, il y a 80 ans, et le monde n'a pas beaucoup changé, ça me fait très peur pour mes enfants, pour mes arrière petits enfants."

 

Plus jamais ça ! Mais, hélas, la guerre en Ukraine nous ramène aux temps de la barbarie...

 

 

Sources :

 

https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-14/3356794-emission-du-mercredi-27-avril-2022.html

 

https://memoiresdesdeportations.org/video/ils-navaient-jamais-vu-des-femmes-dans-un-tel-etat?temoin=356

 

 

 

 

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27 avril 2022 3 27 /04 /avril /2022 08:30
Le risque d'une troisième guerre mondiale...

 

"Le risque d'une troisième guerre mondiale est réel..." L'avertissement du chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov  est tombé quelques heures avant une réunion internationale organisée par les Etats-Unis, en Allemagne, pour évoquer l'envoi d'armes lourdes en Ukraine.

Jusqu'où peut-on soutenir l'Ukraine sans entrer dans le conflit ?

 

Berlin a annoncé la livraison de blindés anti-aériens... Des guépards, des chars allemands spécialisés dans la défense anti-aérienne : une cinquantaine vont être livrés à l'Ukraine, c'est là un tournant majeur dans la politique de Berlin.

 

40 pays ont été réunis à l'initiative des Etats-Unis.

"La réunion d'aujourd'hui montre comment les semaines qui suivent vont être cruciales pour l'Ukraine. Il faut avancer au rythme de la guerre..." a déclaré le ministre de la défense américain, Lloyd Austin.

 

Les Etats-Unis ont déjà livré plus de 3 milliards d'euros d'équipements militaires, la France 100 millions d'euros, l'Allemagne 119 millions d'euros, le Royaume Uni 204 millions d'euros...

Des livraisons massives mais ces pays disent toujours ne pas être en guerre contre la Russie.

Cette implication accrue des Occidentaux aux côtés de l'Ukraine ne suffit toutefois pas à en faire des cobelligérants, selon le droit international. "Vendre ou donner des armes n'est pas un acte de belligérance, rappelle ainsi le juriste Alain Pellet, interrogé par franceinfo. L'Europe a le droit de prendre des contre-mesures licites contre celui qui viole extrêmement gravement le droit international en envahissant un pays voisin."

 

Pourtant, le ministre des Affaires étrangères russe prévient : "Cette stratégie des Occidentaux pourrait mener vers une troisième guerre mondiale."

"Le danger est grave, il est réel, on ne peut pas le sous-estimer.", renchérit Sergueï Lavrov.

 

"Une rhétorique dangereuse et contre productive. Personne ne veut d'une guerre nucléaire : personne ne peut la gagner, tout le monde la perd... " a rétorqué le ministre de la défense américain.

Mais comme l'écrit Harari "Ne sous-estimons jamais la bêtise humaine. Tant sur le plan personnel que collectif, les hommes sont enclins aux activités autodestructrices."

 

Malgré les bombardements russes massifs dans l'est du pays, le camp occidental pense désormais que l'Ukraine peut résister à l'offensive de Moscou, d'où ces livraisons...

 

Et un but affiché ouvertement par les Etats-Unis : affaiblir Vladimir Poutine, le dissuader de recommencer ailleurs...

 

 

 

 

Source :

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-jusqu-ou-les-occidentaux-peuvent-ils-soutenir-le-pays-sans-entrer-dans-le-conflit_5104405.html

 

 

Le risque d'une troisième guerre mondiale...
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25 avril 2022 1 25 /04 /avril /2022 11:10
"90% des Russes sont contre cette guerre !"

 

Il a osé l'affirmer : "90% des Russes sont contre la guerre en Ukraine..." L'oligarque russe Oleg Tinkov, 54 ans, s'est exprimé sur Instagram, en soulignant ne voir “AUCUN bénéficiaire de cette guerre absurde” où “des gens et des soldats innocents meurent.”

Le milliardaire russe Oleg Tinkov fustige une guerre "absurde" en Ukraine.

 

Et ce milliardaire n'a pas mâché ses mots ! Jugez plutôt :

“En se réveillant avec une gueule de bois, les généraux ont compris qu’ils avaient une armée de merde”, a affirmé ce mardi Oleg Tinkov, en ajoutant : “Et comment l’armée peut être bonne si tout le reste dans le pays,  c’est de la merde plongée dans le népotisme et la servilité ?”

"Népotisme, servilité" : des mots très critiques qui fustigent la gouvernance de Vladimir Poutine.

Un pouvoir autoritaire qui fonctionne par la peur, une société où la direction des grandes banques et sociétés d’Etat est plus en plus souvent attribuée aux descendants d’amis de Vladimir Poutine, et des appartements de grand luxe sont à disposition de femmes proches du président. 

 

Un système qui encourage le culte de la personnalité autour du président : "la poutinomanie n'a bien sûr ni la nature, ni l'ampleur du culte de la personnalité à la Staline, mais le culte de Poutine sert avant tout à présenter le président comme un leader sans alternative, dont la sécurité personnelle se confond avec celle de son régime pour prévenir toute contestation", écrit Tatiana Kastouéva-Jean, diplômée de l'Université d'État de Ekaterinbourg, du Master franco-russe en relations internationales...

Et l'oligarque russe lance cette exhortation :

“Cher Occident ‘collectif’, s’il vous plaît, laissez une issue claire à M. Poutine pour qu’il puisse sauver la face et mettre fin à ce massacre. S’il vous plaît, soyez plus rationnels et humanitaires”, a ajouté Oleg Tinkov en anglais dans son message publié sur Instagram.

Il est vrai que Tinkov vit à l'étranger et peut se permettre cette liberté de ton...

 

Ce n'est pas le cas de beaucoup de Russes...

"Dans un système autoritaire, la crainte des représailles empêche les personnes interrogées de dire publiquement la vérité : ainsi, un quart des Russes reconnaît ne pas exprimer ce qu'ils pensent vraiment lors des sondages... La propagande massive des chaînes de télévision publique met constamment en valeur Vladimir Poutine, alors que les opposants sont absents du champ médiatique officiel ou sont présentés comme "des traîtres nationaux" ou des "agents de l'Occident...", écrit encore Tatiana Kastouéva-Jean.

La propagande russe au service d'un dirigeant qui s'apprête à conserver le pouvoir jusqu'à 2036, grâce à une réforme constitutionnelle...

 

Rappelons enfin qu'Oleg Tinkov n’est pas n’importe qui. En 2006, il a fondé la banque Tinkoff qui est rapidement devenue la troisième par la taille en Russie avec 20 millions de clients, et la première émettrice de cartes de crédit dans le pays.

 

 

 

Source :

 

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/un-monde-d-avance/l-oligarque-russe-oleg-tinkov-denonce-une-guerre-folle-en-ukraine_5067220.html

 

 

 

"90% des Russes sont contre cette guerre !"
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19 avril 2022 2 19 /04 /avril /2022 12:08
Ces mères russes qui ont perdu leurs fils et qui adhèrent au récit de Poutine...

 

Terrifiant ! Elles sont Russes, elles ont perdu leurs fils à la guerre, et les perçoivent comme des héros partis pour combattre le nazisme en Ukraine...

Ce sont des soldats très jeunes, presque des adolescents, ils sont morts en Ukraine, et leurs mères adhèrent totalement au récit de Poutine.

A Louga, en Russie, une de ces mères revient tous les jours sur la tombe de son fils : Nikita avait 20 ans, engagé dans un régiment de cavalerie russe, il est mort au combat près de Karkhiv, fin mars.

20 ans seulement ! Un tout jeune homme envoyé faire la guerre en Ukraine, envoyé à la mort, par la décision d'un seul chef qui détient tous les pouvoirs : Vladimir Poutine.

Comment peut-on envoyer des jeunes gens inexpérimentés faire la guerre ? Quelle abomination !

 

"Comme c'est un tankiste, on nous a d'abord dit que seul son tank avait été dynamité, puis plus tard on a appris que toute l'unité avait été attaquée, il avait de nombreuses blessures..." commente la mère de Nikita.

Son corps a été rapatrié 12 jours plus tard dans un cercueil fermé.

Lors de l'enterrement, un élu de la ville a dit qu'il s'était sacrifié pour combattre les néonazis et les nazis nationalistes.

"Que personne ne dise que ce petit garçon était parti là bas pour assassiner, non ! Il est allé défendre les civils, sauver des enfants cachés dans les caves, pour que tout aille bien pour eux" affirme la grand-mère de Nikita.

"Vous le considérez comme un héros ?", interroge un journaliste.

"Oui, bien sûr, évidemment !"

 

Malgré la disparition de leur enfant, cette famille soutient "l'opération spéciale", comme la qualifie toujours le pouvoir.

 

Dans ce cimetière, le tankiste de 20 ans n'est pas un cas isolé. Il y a quelques jours, un autre soldat a été enterré ici et d'autres soldats devraient bientôt être enterrés dans les prochains jours, les prochaines semaines.

Dans le cimetière de Louga, tout est prêt pour recevoir ces dépouilles de soldats.

Dans cette petite ville de 30 000 habitants à 700 km de Moscou, on est fier de son armée. Quelques voitures affichent des aides de soutien.

Le grand-père de Nikita avait combattu les nazis d'Hitler, le petit fils voulait faire pareil.

 

La mère montre alors les photos de son fils enfant, puis en habit militaire.

Cette famille n'a aucun doute sur le comportement de son fils à la guerre exemplaire ni sur celui des autres unités russes.

"Tout ça, comme Boutcha, ce sont des mises en scène pour salir nos garçons qui ont une mission absolument différente, vous voyez. Si nous avions voulu écraser réellement l'Ukraine, nous l'aurions fait. Mais, là, avec nos opérations très précises sur le terrain, on perd tous nos enfants.", se désole la grand-mère.

Un discours largement partagé en Russie...

 

La mère de Nikita, elle, ne souhaite plus s'exprimer, il lui reste un seul garçon de 15 ans : l'adolescent voulait s'engager plus tard dans l'armée. Cette fois, elle a refusé.

 

Selon l’OTAN, les pertes de l'armée russe seraient estimées entre 7 000 et 15 000 hommes.

. En Russie, la guerre et la mort font partie du récit national, révisé par la propagande. 

 

Par ailleurs, on ne sait pas ce que sont devenus les marins du Moskva, le bateau russe coulé par un missile ukrainien. Sur le Facebook russe, le père d'un marin ne cache pas sa colère, depuis jeudi, il est sans nouvelles de son fils...

"Il a été signalé que tout l'équipage avait été évacué. C'est un mensonge ! Mensonge flagrant et cynique !

Un autre sous-officier de marine serait manquant, selon son épouse.

Interrogée par un journaliste indépendant russe, une mère dont le fils a survécu affirme qu'il y aurait une quarantaine de morts.

Difficile de connaître la vérité : la propagande et la désinformation encore et toujours...

 

 

 

Sources :

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-en-russie-enterrer-les-soldats-sur-fond-de-propagande_5086054.html

 

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-le-mystere-autour-du-sauvetage-de-l-equipage-du-navire-russe-moksva_5089099.html

 

 

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15 avril 2022 5 15 /04 /avril /2022 11:29
Le contrôle des médias en Russie : mensonges et falsifications...

 

La journaliste Manon Loizeau dénonce la fermeture de plusieurs médias russes par le pouvoir en pleine guerre en Ukraine ainsi que les arrestations massives de citoyens russes qui manifestent contre le conflit.

Des médias muselés, une presse sous contrôle, des manifestations interdites, des opposants arrêtés... n'est-ce pas là la marque d'un pouvoir dictatorial qui impose sa vision du conflit en Ukraine ?

 

"Une opération de pacification"... telle est la version officielle, sauf que les Ukrainiens sont sous le feu des bombes et des missiles russes.

 Selon Manon Loizeau, ce conflit n'est pas considéré comme une guerre par le pouvoir russe ni par les autres médias : "Tous les médias officiels russes disent que c'est une opération de pacification et de défense des citoyens russes dans la région de Donetsk" souligne-t-elle. Elle poursuit : "Quand ce sont des images de Karkhiv (la deuxième plus grande ville ukrainienne) qui sont montrées, les Russes disent que ce sont les Ukrainiens eux-mêmes qui bombardent. Ce sont des théories du complot totales, que croient beaucoup de Russes". 

Eh oui, comment échapper à ces mensonges quand on vit en Russie ?

 

Tous les médias indépendants ont été fermés : le pluralisme n'existe plus en Russie, sous Poutine.

"La Russie est loin d'être un modèle en matière de liberté des médias : les espaces d'information totalement contrôlés coexistent avec des îlots de liberté d'expression de plus en plus sous contrainte." écrit Tatiana Kastouéva-Jean, spécialiste des politique intérieure et étrangère russes.

 

Elle précise : "Les médias publics épousent fidèlement la ligne officielle du Kremlin sans émettre la moindre critique. Certains médias sont même connus pour la fabrication et la diffusion de contenus déformés, voire falsifiés, en vue d'alimenter et de crédibiliser le discours officiel. La mainmise sur les chaînes de télévision date de la fermeture de NTV en 2001, dont l'éclairage critique à l'égard de l'armée fédérale lors de la deuxième guerre de Tchétchénie avait mécontenté le Kremlin."


Ainsi, Le Moskva, un fleuron de la Marine russe, vaisseau amiral en mer Noire, a coulé ce jeudi 14 avril après avoir été touché par un missile ukrainien selon Kiev, mais selon Moscou, le naufrage de ce lance-missiles serait dû à un incendie accidentel. 

"Moscou" a coulé, atteint par des missiles ukrainiens, voilà une vérité que les Russes ne sont pas prêts à entendre...

Deux versions des faits... où l'on voit que les médias russes se livrent à une falsification de la réalité.

 

C'est ce que l'on appelle des médias aux ordres.

Les Russes ne sont donc que très mal informés des réalités de leur pays.

C'est ainsi que Vladimir Poutine impose sa politique musclée à un pays de 140 millions d'habitants.

Comment les Russes pourraient-ils se révolter ? Très peu de personnes sont prêtes à descendre dans la rue pour défier Poutine...

 

Source :

 

https://www.francebleu.fr/infos/international/les-russes-ne-voient-plus-d-avenir-possible-raconte-la-journaliste-manon-loizeau-sur-france-bleu-1646399247

 

 

 

 

Le contrôle des médias en Russie : mensonges et falsifications...
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