L'école subit, depuis des années, un assaut de la part de pédagogues qui visent à nier la notion d'effort : pendant des décennies, a régné la pédagogie de la découverte : l'enfant devait découvrir, par lui-même, le savoir, sans trop d'efforts...
On a voulu simplifier l'orthographe, alléger la grammaire, la rendre attractive, on a gommé des difficultés pour que l'élève se sente plus à l'aise.
Mais à force de gommer et d'effacer les obstacles, les élèves perdent aussi le goût de l'effort et de la persévérance.
Non seulement ils perdent le goût de l'effort, mais, ils ne peuvent acquérir les connaissances nécessaires à une bonne maîtrise de la langue.
"Les élèves s'ennuient au collège", affirme notre ministre de l'éducation nationale : on leur a offert une forme de laisser-aller, de passivité... comment pourraient-ils ne pas s'ennuyer ?
C'est une fois qu'on a franchi des obstacles que l'on peut mieux aller de l'avant, progresser, avoir envie d'acquérir d'autres savoirs et d'autres compétences...
Les difficultés sont nécessaires dans toute progression, elles font partie de la vie, et on éprouve une satisfaction sans bornes à les avoir dépassées et franchies...
La nouvelle et énième réforme du collège va encore dans ce sens, et c'est déplorable !
On veut supprimer le latin et le grec, les intégrer dans des EPI, enseignements pratiques interdisciplinaires, et d'une certaine façon aplanir encore les désagréments de l'apprentissage de ces langues qui sont, pourtant, tellement formatrices...
J'ai entendu un jour une inspectrice me dire : "Vos élèves prennent trop de notes en cours, l'ambiance est trop studieuse !"
Etre studieux à l'école était donc devenu un problème : "des bavardages ! de la vie ! du mouvement !" Voilà ce qu'apprécient les inspecteurs !!
"Transmettre des connaissances" ? Du superflu ! De l'inutile ou presque !
Au fond, les efforts qu'accomplissaient mes élèves n'étaient pas du tout valorisés : pourquoi prenaient-ils tant de notes inutiles ? Pourquoi étaient-ils si attentifs ?
Tout cela devenait suspect et incongru !
Mais vers quels abîmes d'ignorance et de passivité nous ont conduits toutes ces réformes qui ont visé à amoindrir les programmes ?
Quel gâchis ! Le constat est éloquent : en voulant aplanir les obstacles, l'école a perdu sa fonction première et fondamentale d'apprentissage de la vie.
Un jour, ma soeur, professeur dans un collège a entendu un de ses élèves lui dire : "Mais à quoi bon travailler ? Mon père qui est chômeur est cent fois plus heureux que vous !!"
Les enseignants, face à cette démission devant l'effort, ont perdu tout pouvoir devant leurs élèves : parfois, même, ce sont les élèves qui prennent le pouvoir et font la loi !
L'école doit former les élèves à l'effort, au travail, elle doit montrer que l'effort est valorisant parce qu'il permet de dépasser certaines difficultés.
Or, depuis des années, c'est l'inverse qui se produit, on fait l'éloge de la facilité... On conduit les élèves vers une forme de laisser-aller et de paresse...




