Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 10:34
Et les grands oiseaux qui s'amusent...

 

 



Les rêves de voyages hantent les esprits de bien des poètes : on songe à Baudelaire qui évoque, maintes fois, dans les Fleurs du mal, des voyages imaginaires vers des pays exotiques et lointains, des pays inondés de soleils et de lumières, des îles paradisiaques.


C'est aussi le rêve que fait Bernard Dimey, l'auteur de la chanson intitulée Syracuse, interprétée et mise en musique par Henri Salvador : il entrevoit l'espoir d'aller à Syracuse, ville aux sonorités magiques et mystérieuses, ville du Sud, en Sicile. Les consonnes sifflantes sourde et sonore, la finale féminine du mot, les voyelles variées nous entraînent vers un monde de rêves et de bonheur... 

Le conditionnel "j'aimerais tant" montre une forme d'illusion, que le poète souhaiterait voir se concrétiser un jour.

La Sicile, l'île aux trois pointes, la Sicile et ses temples grecs représentent bien ces voyages paradisiaques, ces terres ensoleillées qui suscitent des désirs d'évasion.

 

Le rêve se complète de voyages vers l'île de Pâques et Kairouan... noms pleins d'exotisme et de dépaysement, des lieux remplis de mystère et qui nous transportent de l'Océan Pacifique vers la Tunisie.

 

On songe aux fabuleuses statues de l'îles de Pâques, on est ébloui par le nom exotique "kairouan" qui nous fait voyager vers l'orient, ses mosquées somptueuses, ses oasis.


L'évocation des oiseaux, qui suit, est toute imprégnée de poésie : on voit les oiseaux s'amuser avec le vent et "glisser" majestueusement sous le souflle des alizés... Les oiseaux symbolisent, traditionnellement, un monde de liberté et d'errance associé au voyage.

Les sonorités de sifflantes suggèrent une harmonie, pleine de douceur : "les grands oiseaux qui s'amusent à glisser l'aile sous le vent..."


Le voyage nous emmène, ensuite, vers des mondes lointains et des vestiges du passé : les jardins de Babylone, une des sept merveilles du monde, le palais du grand lama au Tibet, puis la ville de Vérone en Italie et le mont Fuji Yama au Japon... Les sonorités exotiques et lointaines de tous ces noms propres nous font rêver... Le voyage dans l'espace se double, aussi, d'un voyage dans le temps.


La belle périphrase "le pays du matin calme" évoque la Corée, un pays fait d'harmonie et de beauté, comme le suggère bien l'expression.

Un bonheur idyllique transparaît dans ces vers, d'autant que le poète imagine les plaisirs associés à ces pays lointains :" pêcher le cormoran, s'enivrer de vin de palme... écouter chanter le vent" : on perçoit une vie insouciante et limpide, faite de bonheurs simples et tranquilles.


Dans la dernière strophe, l'auteur fait allusion au temps qui passe et qui est compté, pour chacun : il souhaite partir pour de lointains voyages, avant qu'il ne soit trop tard, avant que sa jeunesse se soit enfuie.


Il espère ainsi garder d'éternels souvenirs de ces découvertes et pouvoir les dérouler dans sa mémoire, tout en restant à Paris : le thème de la fuite du temps qui apparaît, à la fin du texte, donne une touche mélancolique à l'ensemble...


La mélodie très douce, composée par Henri Salvador,  accentue l'idée d'évasion et de rêve associés aux voyages... 


http://youtu.be/223tksvu7uw


 


http://youtu.be/tbY9ZJXdH1

 

 

 

 

 

 

Et les grands oiseaux qui s'amusent...
Et les grands oiseaux qui s'amusent...
Partager cet article
Repost0

commentaires

F
Très bel chanson en effet.<br /> Qui n'a pas rêvé d'être un oiseau, de pouvoir s'élever dans le ciel et d'avoir le sentiment d'être libre, d'être loin des soucis de ce monde.<br /> https://www.youtube.com/watch?v=k028-NETGOQ<br /> Bises et belle soirée Rosemar.
Répondre
R
Merci pour ces magnifiques images, de vagues, de nuées, d'océans : là, on a vraiment l'impression d'être un oiseau... C'est magique !<br /> <br /> Bises de l'été
V
Bonjour à tous<br /> <br /> Ne dit-on pas "libre comme l'oiseau" ? <br /> <br /> D'un battement d'aile, il peut aller où il veut, à l'instant qu'il choisit, et faire toutes les haltes qu'il désire, sur une île déserte, dans une forêt tropicale au fond de l'Amazonie, au sommet d'une falaise ! Le monde est à lui et toutes les aventures lui sont permises ! <br /> <br /> Tandis que moi, valgum pecus insignifiante qui ne suis pourvue que de deux pieds, comme mes semblables, je ne peux pas m'arracher de l'endroit où je me trouve à n'importe quel moment.<br /> <br /> Il me faut, soit disposer d'un billet de train, ou bien avoir fait le plein d'essence et que Totoche dont je suis entièrement dépendante, veuille bien rouler loin, sans anicroche mécanique, ce qui n'est pas garanti. Et après, une fois sur la route, rien n'est gagné, tous les dangers me guettent. Les gendarmes derrière les fourrés, un pneu qui éclate, un gibier qui déboule... Tandis que l'oiseau est au-dessus de toutes ces contingences matérielles, il survole toutes les tracasseries routières, porté par le vent et le goût de l'aventure. Le désir d'aller plus haut, plus loin.<br /> <br /> Etre un goéland sur-volant la mer d'un battement d'ailes, sentir l'air vibrer sous les plumes, porté par les airs chauds ascendants... Une expérience fabuleuse que je ne connaîtrais jamais !<br /> <br /> <br /> <br /> .../...
Répondre
R
Oui, on peut rêver d'être un oiseau, ivre de liberté, un albatros qui survole les mers et les océans et qui voyage à travers le monde : la chanson de Dimey nous invite au voyage et au rêve ! Merci pour cette évocation, vipère...<br /> <br /> Belle soirée
A
Bonjour Rosemar<br /> C' est une merveilleuse chanson avec ce vers magnifique..."voir les oiseaux qui s' amusent à glisser l' aile sous le vent"...en parlant d' oiseaux et de vols, connais tu le problème mathématique posé par la conjecture de Syracuse ?<br /> <br /> https://fr.wikipedia.org/wiki/Conjecture_de_Syracuse<br /> <br /> Extrait de l' article " Les graphiques font penser à la chute chaotique d'un grêlon ou bien à la trajectoire d'une feuille emportée par le vent. De cette observation est né tout un vocabulaire imagé : on parlera du vol de la suite de Syracuse."<br /> Les maths aussi ont leur poésie....et leurs surprises !<br /> <br /> Bonne fin de journée l' amie<br /> PS: j' ai visité Syracuse en 83 et nous avions vu l' Etna en éruption....oui, oui en éruption, et les autorités italiennes ne nous ont pas interdit l' accès au site malgré les risques ( aujourd' hui ce serait complètement impossible)....C' était tout simplement grandiose....un moment unique de ma vie .Voir la création du monde en direct live, là sous ses yeux, à 1 mètre de la lave...les coulées visqueuses et tintinnabulantes pendant qu' un cratère secondaire projettait et crachait ses bombes des entrailles de la Terre avec toutes les 20 minutes des grondements assourdissants...J' ai eu la chance de voir ça au moins une fois dans ma vie !
Répondre
R
Voilà une conjecture de Syracuse qui paraît magique et mystérieuse ! Merci pour le lien...<br /> Je n'ai pas eu l'opportunité d'aller à Syracuse mais j'ai visité le nord de l'île, Catane, la magnifique vallée des temples, tous ces temples grecs en pleine campagne...<br /> Merci pour ces souvenirs de voyage et cette évocation impressionnante de l'Etna.<br /> <br /> Belle soirée, AJE
R
Bonjour Rosemar,<br /> C'est effectivement une très belle chanson - qu'elle soit interprétée par Salvador ou Montand. Dimey est un grand parolier.
Répondre
R
Une chanson que tout le monde garde en mémoire, en effet... L'interprétation de Montand est superbe, aussi :<br /> <br /> https://youtu.be/D-4x1gCdQtk<br /> <br /> <br /> Belle soirée, Richard