Il est où le bonheur ? Il est où ? Nous avons tous entendu cette chanson de Christophe Maé...
Une chanson dans l'air du temps car le bonheur devient, dans nos sociétés, une quête perpétuelle, toujours inassouvie...
Une quête entretenue par les médias, la presse, différentes publications...
Que de livres parus sur cette quête du bonheur !
"L'apprentissage du bonheur, L'homme qui voulait être heureux, L'art du bonheur, La pratique du bonheur, Plaidoyer pour le bonheur, La formule du bonheur, Et n'oublie pas d'être heureux"... Que de titres éloquents et révélateurs !
Le bonheur devient un impératif, une nécessité, comme le suggèrent certains de ces titres qui sont comme autant d' injonctions...
Le bonheur devient ainsi une recherche personnelle qui sert les intérêts du capitalisme...
C'est là une source de consommation infinie... et cette quête entretient une forme d'individualisme, de repli sur soi, de consumérisme.
Dès lors on ne cherche plus à changer le monde, mais à se changer soi-même.
A quoi bon lutter contre les structures du capitalisme qui nous oppriment ?
A quoi bon lutter contre la pauvreté, les inégalités sociales, les injustices ?
A quoi bon lutter contre la domination de l'argent ?
Les gens se rassurent dans cette quête personnelle du bonheur... Puisqu'on ne peut pas changer le monde, il convient de se forger un petit cocon de bonheur...
De quoi alimenter l'individualisme, de quoi nourrir le capitalisme et toutes ses dérives...
On ne perçoit plus des difficultés des autres, on ne voit que ses propres manques, ses propres insatisfactions...
C'est l'EGO qui l'emporte au détriment de toute action pour essayer de lutter contre un monde injuste.
Et puis le bonheur se décline aussi avec le matérialisme dans lequel baignent nos sociétés. La publicité nous incite à acquérir toutes sortes de biens de consommation censés nous apporter le bonheur.
Des voitures de plus en plus grosses et clinquantes, des ordinateurs de plus en plus performants, des vêtements à la mode...
Comme le dit la chanson :
"Oh la la la vie en rose
Le rose qu'on nous propose
D'avoir les quantités d'choses
Qui donnent envie d'autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c'est d'avoir
De l'avoir plein nos armoires..."
Mais cette quête infinie de biens de consommation ne peut nous satisfaire, car elle est sans cesse réactivée.
Source : Une émission sur France Culture La tyrannie du bonheur au service du capitalisme...




