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4 septembre 2023 1 04 /09 /septembre /2023 11:40
Mais qu'ont-ils fait de ce métier admirable : le professorat ?

 

Qu'ont-ils fait de ce métier admirable : le professorat ?

Salaires trop faibles, réformes absurdes, mal pensées, incessantes, charges de travail de plus en plus lourdes, avantages supprimés...

Il n'est pas étonnant que les jeunes se détournent de ce beau métier...

Il n'est pas étonnant que certains enseignants démissionnent...

Disparus les IPES qui permettaient à de jeunes étudiants de s'engager dans la voie du professorat, tout en percevant un petit salaire, disparue la CPA qui offrait la possibilité, dès l'âge de 55 ans, de travailler à temps partiel avec 80% du salaire... sans parler de la retraite à 60 ans qui a disparu pour tous les salariés...

Un métier harassant, qui mobilise la pensée...

Et bien sûr, cette rentrée s'annonce difficile : de nombreux postes ne seront pas pourvus malgré les promesses d'Emmanuel Macron. Le chef de l’État a promis de mettre un "professeur devant chaque classe" dès la rentrée. Les Français n’y croient pas, vraiment pas.

Une promesse  irréaliste, au regard de la pénurie d’enseignants dont souffre le secteur, mais qui a été réitérée lors de sa conférence de rentrée par le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal.

Le gouvernement est dans la communication, comme souvent.

Il reste tant à faire pour restaurer l'attractivité de ce métier...

Les réformes se sont succédé au rythme des changements de gouvernement : aucune vue d'ensemble, aucune perspective à long terme...

 

On a connu Luc Chatel et ses suppressions de postes de fonctionnaires, mal réparties, mal pensées, on a connu Vincent Peillon et sa réforme chaotique des rythmes scolaires, on a connu Najat Vallaud-Belkacem et sa réforme désastreuse du collège...  l'enseignement du latin et du grec avait été amoindri et réduit à peau de chagrin car intégré dans les fameux EPI, ou Enseignements pratiques interdisciplinaires.

 

Et plus récemment Jean-Michel Blanquer nous promettait une école de la confiance... Certes, il semblait vouloir donner la priorité à l'école primaire, mais sa réforme du lycée et du baccalauréat se présentait comme un véritable casse-tête : très complexe, elle a été difficile à mettre en place.

 

 Etonnamment, cette réforme du lycée initiée par Jean-Michel Blanquer avait consisté à supprimer les maths en classe de première, sauf pour les élèves qui choisissaient cet enseignement de spécialité.

Curieuse décision, tout de même ! Alors que les mathématiques paraissent essentielles dans notre monde numérisé, cette discipline n'était plus obligatoire au lycée, dès la classe de première !

On a vu aussi comment les épreuves de spécialité organisées au mois de mars démobilisaient les élèves qui séchaient les cours de fin d'année.

 

Face à toutes ces réformes qui se succèdent, se contredisent, les enseignants se retrouvent bien seuls et bien démunis.

Il serait temps de fixer une politique éducative à long terme, sur laquelle les différents partis se mettraient d'accord et qui pourrait être appliquée, quel que soit le gouvernement qui arrive au pouvoir.

Les enseignants ne sont pas des girouettes et on ne peut, ainsi, sans arrêt perturber leur travail si complexe.

Dans un domaine aussi important que l'Education, tant d'expérimentations hâtives sont vraiment intolérables.

 

Sources :

 

https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/un-prof-devant-chaque-classe-les-francais-sceptiques-sur-la-promesse-de-macron-pour-la-rentree-exclusif_222415.html

 

 

https://www.nouvelobs.com/education/20220831.OBS62569/il-y-a-plus-de-benefices-a-s-orienter-vers-une-carriere-dans-le-prive-pourquoi-les-etudiants-en-maths-ne-veulent-pas-devenir-profs.html

 

 

Mais qu'ont-ils fait de ce métier admirable : le professorat ?
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commentaires

A
Petit extrait du livre d'Eve Vaguerlant: UN PROFESSEUR NE DEVRAIT PAS DIRE ÇA<br /> "Les ravages du pédagogisme.<br /> Pour résumer l’idéologie régnante à l’heure actuelle en matière de pédagogie à ceux qui ne verraient pas ce qu’on entend désormais par « pédagogisme », les points principaux en sont les suivants : bienveillance<br /> et valorisation de l’élève, qui construit son propre savoir et devient acteur de sa propre éducation au lieu de subir une connaissance imposée verticalement par un adulte. Dans cette perspective, le professeur n’est plus au centre de l’instruction mais il encadre les activités des élèves ; le plus important n’est pas qu’il soit lui-même instruit , mais qu’il soit un bon pédagogue. Cette manière d’envisager l’éducation n’est pas sans rapport avec les idées de Bourdieu, lequel reprochait à l’école de son époque d’être le lieu de reproduction d’une culture élitiste transmise non pour elle-même mais pour ce qu’elle conférait de distinction sociale. On peut remercier Pierre Bourdieu d’avoir contribué à flanquer par terre cette école-là, et à noyer la culture dans le « tout culturel » qui s’impose désormais dans la société. À son époque, des fils de paysans devenaient normaliens (c’est le parcours de Bourdieu lui-même) ; aujourd’hui, l’ascenseur social est inexistant, et les nouveaux prolétaires que sont les enfants de banlieue « défavorisée » n’accèdent pratiquement pas aux hautes études, à moins d’un coup de pouce de la discrimination positive...."<br /> <br /> Voici le sommaire de son livre:<br /> Première partie<br /> - Les profs : pourquoi se plaignent-ils tant ?<br /> La hiérarchie<br /> L'organisation de l'impuissance<br /> La pression des parents d'élèves<br /> Seconde partie <br /> - Les élèves : pourquoi sont-ils si nuls ?<br /> Les ravages du pédagogisme<br /> Les leurres de l'école « inclusive »<br /> Les ingérences idéologiques à l'école<br /> Menaces sur l'école<br /> Conclusion
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A
Petite précision sur la fin de mon com' antérieur. Cette obligation faite au professeur d'intégrer un élève délinquant qui va "casser" son travail se fait au nom du " On préfère qu'il soit en classe plutôt que dans la rue" sans se soucier une seconde du danger que cette présence imposée va provoquer pour le reste du groupe. Les 30 élèves restants ne pourront plus travailler dans des conditions normales pendant le reste de l'année...on marche sur la tête...selon Vaguerland les seuls moments où le groupe pourra bosser à peu près normalement seront quand l'élève en question, sous l'effet des drogues, roupillait en classe...A noter que l'établissement n'était pas classé en "zone sensible" car n'importe quel établissement peut se voir imposer ce type d'accueil, sans en avoir les moyens et sans y être préparé...
A
J'ai terminé le livre hier. Vaguerland ne se limite pas à fustiger l'administration et la hierarchie scolaire mais elle pointe aussi les "collègues" qui, soit par lâcheté ou soit par populisme vis-à-vis des élèves (avec une mention particulière pour les profs d'extrême-gauche), participent de cette dérive. J'ai retrouvé dans son livre des situations que j'ai moi-même vécues.<br /> Vaguerland pointe du doigt l'hypocrisie et aussi l'absurdité du système. Les mesures disciplinaires finissent par provoquer de réels problèmes et tracas (voire plus) pour le professeur qui tente de les faire appliquer pendant que ceux qui sont en infraction s'en moquent bien...<br /> Conséquence directe: les fautes et manquements ne sont plus sanctionnés.<br /> Il y a dans son livre beaucoup d'anecdotes vécues qui illustrent parfaitement son propos. C'est écrit avec humour, un humour grinçant certes...Mieux vaut en rire parfois qu'en pleurer. L'humour est aussi une arme puissante pour dénoncer le manque de bon sens ou tout simplement la perte de sens.<br /> Ces anecdotes constitueraient à elles-seules un ensemble de sketches qui pourraient faire un très bon spectacle de plus de 90 minutes. J'imaginais bien certaines scènes en la lisant...parfois je pouffais...<br /> Si j'étais metteur en scène je pourrais monter un excellent spectacle à partir de son livre.<br /> <br /> A la fin du livre quand elle parle de l'inclusion on hallucine. Exemple: on lui impose pleine année un élève complètement déconnecté/disruptif qui va lui démolir sa classe, avec obligation pour elle de lui faire une pédagogie adaptée, alors que l'élève n'est pas diagnostiqué et que personne ne connait son niveau proche de l'analphabétisme...il n'écrira jamais 2 lignes pendant le reste de l'année...Moralité: la hierarchie n'hésite pas à mettre en danger tout un groupe d'élèves dont le travail sera très sérieusement perturbé pour " donner sa chance" à un délinquant/ dealer qui se moquera de l'école toute l'année et qui fichera un sacré bazar...de manière continue...
R
Merci pour ce conseil de lecture : tous les ravages du pédagogisme...
A
Extrait de l'article d'Hervé Hamon que j'ai mis en lien dans mon premier com'.j<br /> "Non seulement nous stagnons, mais nous nous efforçons de faire de la stagnation vertu. Les pays voisins (Allemagne, Espagne, Royaume Uni, etc.) ont lancé, non des réformettes, des humeurs de gouvernants qui croient que l’Histoire commence avec eux, mais une réelle transformation négociée de leur système. Et ça paie. Nous, nous épuisons maîtres et élèves en un tourbillon constant et vain, saupoudrant les primes. Et ce beau métier n’attire plus. Étonnant, non ?...."<br /> <br /> Je confirme le fait qu'en Espagne (où tout n'est certainement pas rose) il n' y a pas de crise de vocation, pas de démissions...Les postes sont pourvus. Il y aurait donc dans la dégradation qui est dénoncée une spécificité française.<br /> Je m'en rends compte également sur les réseaux sociaux. Je suis le groupe facebook LES STYLOS ROUGES composé d'enseignants...Le ton des intervenants me stupéfait parfois. Ils parlent de leur hierarchie comme moi je parlerais de l'ennemi si j'étais militaire...Au delà du fait que les critiques sont justifiées (ou pas), le manque total de respect pour l'institution a de quoi faire grimacer n'importe quel lecteur qui doit se demander s'il n'y a pas quelque chose de profondément pourri au royaume de l'EN...Si j'étais ministre de l'Education je crois que mon premier objectif serait de rétablir un vrai lien avec la communauté enseignante en donnant des gages de confiance et de respect mutuel.
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R
Et que dire des visites des inspecteurs ? Ils passent leur temps à humilier et rabaisser les profs, à leur donner des leçons, c'est infantilisant...
A
Merci Rosemar pour ton témoignage qui conforte ce que dit Vaguerland. Elle parle de la manière peu respectueuse avec laquelle elle a été convoquée par sa direction.<br /> " Vous passerez dans mon bureau en fin de journée...".<br /> Elle explique, entre autres, qu'elle refusera toute convocation sans qu'on lui notifie préalablement le motif...ce qui avait le chic de mettre hors de lui son chef d'établissement. Elle parle aussi du traitement dégradant qu'elle a reçu quand sa direction l' a mise mis sur le même plan que l'élève, où quand le directeur inversait les rôles et l'accusait de "harceler" certains élèves...<br /> Traitement infantilisant et humiliant du professorat...
R
Je peux témoigner du fait que la hiérarchie et l'administration peuvent faire preuve d'un certain mépris à l'égard des profs... il m'est arrivé par exemple de voir mon emploi du temps modifié peu de temps après la rentrée et sans qu'on m'ait demandé mon avis... <br /> Il m'est arrivé d'être mal reçue par le personnel de l'intendance, il m'est arrivé d'être convoquée dans le bureau du proviseur adjoint pour expliquer le fait que certains élèves avaient abandonné le grec...<br /> <br /> Quant aux réformettes, on a l'impression qu'elles ont pour fonction de servir le monde de l'édition, comme le dit un intervenant de l'émission de Taddei... l'argent au centre de nos sociétés...
A
Hier soir c'était le thème des VISITEURS DU SOIR animé par Frederic Taddei, avec un plateau dans lequel il y avait de nombreux intervenants qui ont écrit sur ce sujet.<br /> <br /> https://www.canalplus.com/actualites/les-visiteurs-du-soir/h/21098183_50213<br /> <br /> A noter à 20 minutes l'intervention de Gilles Déka ,ex-professeur et chef d'établissement, auteur de POURQUOI L'ECOLE VA-T-ELLE SI MAL?, qui fustige l'action des cadres de l'EN depuis plus de 30 ans...Il parle, notamment au sujet du PACTE d'humiliation pour les enseignants, de double humiliation...On en est là !<br /> A noter aussi à 22 minutes l'intervention d' Eve Vaguerland, autrice de UN PROFESSEUR NE DEVRAIT PAS DIRE ÇA, qui explique que tout ne tient pas qu'à la question des salaires, que le climat en classe est devenu souvent ingérable à cause du manque de discipline et de vrais recours pour les enseignants...C'est cela qui pousse à la démission. <br /> Tous les intervenants pointent du doigt la hierarchie, l'encadrement...or ceux-ci n'ont jamais rendu de comptes de leur incompétence, jamais...les gouvernements se succèdent, les ministres aussi, mais ceux qui gèrent au quotidien ce naufrage sont toujours en poste et ne sont jamais remis en cause...<br /> Il y a un lobby "pédagogiste" inamovible, intouchable...<br /> Bonne journée l'amie<br /> PS: J'ai lu ce matin ce papier d'Hervé Hamon qui parle des dernières mesures gouvernementales comme de coups d'épée dans l'eau.<br /> https://www.letelegramme.fr/opinions/courant-dere-embrouilles-et-regression-6419867.php
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R
Merci pour les liens : j'ai vu hier soir une partie de l'émission animée par Taddei... et j'avais lu le livre d'un des intervenants : Ecole, le crépuscule du savoir : réformes inadaptées, baisse du niveau d'exigence, hommes politiques déconnectés de la réalité, dévalorisation de la culture, etc. un bilan désastreux...<br /> <br /> Belle soirée, AJE