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2 février 2024 5 02 /02 /février /2024 13:33
Fellini Blues...

 

Une lecture-concert : une idée originale pour ce spectacle présenté lors du Festival de la Biographie...

 

Des extraits du nouveau roman de Jean-Pierre Milovanoff intitulé Fellini Blues ont été lus par son auteur avec un accompagnement des musiciens Raphaël Lemonnier au piano et Marc Simon, à la guitare, batterie, aux percussions tonales, à la trompette...

Un joli moment de grâce et de bonheur musical avec des airs de Nino Rota et des notes de blues...

 

"Valentin, 50 ans, vit avec sa mère. Il a peu lu, alors qu’il travaille comme magasinier dans une bibliothèque, et nourrit un complexe d’infériorité intellectuelle. Il est fin cuisinier et amateur de bons vins.

Il s'agit d'un modeste employé d'une bibliothèque de quartier qui est en fait manutentionnaire, il trimbale toute la journée des livres qu'il n'a pas lus. C'est un homme jeune, grand amateur de vins, ce n'est pas un séducteur mais il plaît presque malgré lui à des femmes qui apprécient son allure, sa discrétion et sa bienveillance.

On a donc un portrait de ses différentes compagnes...

Lorsqu'il rencontre Tancrelle qui est professeur de lettres et passionnée de cinéma et surtout des films de Fellini, toutes ses routines de célibataire s'effondrent. C'est le grand amour qui commence."

Une musique de jazz vient ponctuer cette présentation du roman...

 

"Valentin n'ignore pas que sa mère veille sur lui comme l'apiculteur sur les abeilles. Aussi se croit-il tenu, par une délicatesse de sentiment qui va bien au delà du respect filial, de lui cacher ses espérances et plus encore ses penchants assez éloignés de ceux qu'elle attend de son fils...

Impossible de lui confier sa secrète prédilection qui s'apparente à de la tendresse pour certains crus du Languedoc, les rouges surtout quand ils possèdent des notes denses, calcaires, avec des fragrances de mûres et de figues de ronciers, lesquelles s'assortissent merveilleusement à ses cordes vocales un brin éraillées au point qu'il n'est pas rare de les entendre résonner harmoniquement dès le premier cruchon. Cet attrait pour la production locale de qualité ne témoigne d'aucun chauvinisme. Si un supermarché vend en promotion des Bordeaux déclassés ou des vins chiliens, Valentin ne manque jamais d'en faire une ample collecte, quitte à s'attirer une remontrance de sa banquière pour ces dépenses imprévues.

Dans un registre différent (mais à peine), Valentin cache à sa mère qu'il fréquente peu, voire pas du tout, les sages demoiselles de la Haute Société financière, destinées à devenir chefs d'entreprise du Cac 40, qu'elle rêve d'avoir pour belles filles.

Soyons plus clair : Valentin s'amourache exclusivement de partenaires à grande valeur ajoutée, il aime les beautés fruitées, fardées, maquillées, millésimées, souvent trafiquées, longues en bouche et dotées d'une belle réputation, qui ont connu avant lui des transports nombreux et parfois la vie de château, et lui procurent une griserie joyeuse sans remords.

Peu lui importe que ces séductrices aient grandi en Bourgogne, en pays d'Oc ou sous le soleil d'Algérie. Amateur de vendanges tardives, il apprécie la saveur généreuse des Vénus expérimentées, qu'elles aient mûri en Alsace ou au Portugal, c'est pourquoi il fréquente en fin de semaine les bodégas propices aux rencontres sans lendemain."

Jusqu'à ce qu'il rencontre Tancrelle, après avoir subi un accident cardiaque et avoir changé de mode de vie...

 

Après le récit de son accident, on écoute le thème du film de Fellini : Huit et demi, un régal de fantaisie, de gaieté...

(Huit et demi (Otto e mezzo est un film franco-italien réalisé par Federico Fellini, sorti en 1963. Il est considéré comme l'un des meilleurs films jamais réalisés.

Le film suit un cinéaste dépressif qui fuit le monde du cinéma et se réfugie dans un univers peuplé de souvenirs et de fantasmes. Surgissent des images de son passé, son enfance et l'école religieuse de sa jeunesse, la Saraghina qui dansait sur la plage pour les écoliers, ses rêves fous de "harem", ses parents décédés.)

Puis, après la rencontre avec Tancrelle, on est ému par la célèbre musique de La Strada...

 

Ensuite, on reconnaît le thème enjoué de Amarcord... 

 

"Un roman "humain", chaleureux, nostalgique, aussi imprévisible que l’est la vie, aussi guetté par la fin que nous le sommes tous  : comme un blues de nos existences trop brèves…" peut-on lire dans quatrième de couverture de ce roman...

 

Merci aux musiciens et au conteur pour ce délicieux moment de fantaisie et de nostalgie...

 

 

 

https://books.google.fr/books?id=6OraEAAAQBAJ&pg=PA1897&lpg=PA1897&dq=Impossible+de+lui+confier+sa+secr%C3%A8te+pr%C3%A9dilection+qui+s%27apparente+%C3%A0+de+la+tendresse+pour+certains+crus+du+Languedoc.&source=bl&ots=HBMMcwxrMc&sig=ACfU3U3rqZzrymi7vuTnmZ5OyyPzY_YGrg&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjmnOPj1ISEAxX2caQEHXMNAtMQ6AF6BAglEAM#v=onepage&q=Impossible%20de%20lui%20confier%20sa%20secr%C3%A8te%20pr%C3%A9dilection%20qui%20s'apparente%20%C3%A0%20de%20la%20tendresse%20pour%20certains%20crus%20du%20Languedoc.&f=false

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commentaires

A
Petit clin d'oeil hors-sujet. <br /> Aujourd'hui 2 Février c'est le jour de la marmotte aux Etats-Unis pour savoir quand finira l'hiver, alors moi je me repasse le cri de la marmotte....j'adoooooore..-)))))...je ne m'en lasse pas...MDR !<br /> <br /> https://www.youtube.com/watch?v=yu609dQ5_mg
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R
Etonnant, ce cri de la marmotte ! Si étonnant qu'on a l'impression d'un trucage...
A
Merci pour ce coup de projecteur sur cet écrivain nîmois que je ne connais pas et sur son roman.<br /> Sa fiche babelio m'indique qu'il est déjà auteur d'une bibliographie importante.<br /> FELLINI BLUES semble très centré sur les femmes, ce qui ne peut que me le rendre intéressant.<br /> Je suis tombé sur cette critique du livre de Jean-Pierre Tissier:<br /> <br /> « Le charme discret de la mélancolie ; voilà ce que ce voyage au cœur de vies si diverses, si courtes et aux parcours incertains nous inspire, une fois lu assez vite. « Fellini Blues », titre qui nous a fait tilt évidemment à Blues & Polar, nous entraine dans quotidien souvent monotone pour les personnages, notamment pour Valentin, tourné comme un film en noir et blanc à l’italienne mais avec la bienveillance d’un Claude Lelouch fasciné par les sagas, et toujours très attentif aux gens dans leur ensemble. On ressent des sentiments diffus tout au long de la lecture de ce blues littéraire où Fellini n’arrive – et par hasard - qu’en fin de roman. Nostalgie, mélancolie et blues vont toujours très bien ensemble."<br /> <br /> https://provence-magazine.com/spip.php?article6523#outil_sommaire_14<br /> <br /> Une très belle idée que de lire des extraits ponctués de musiques de films de Fellini.<br /> En te lisant je me suis rendu compte que je connais la musique de Huit et demi, que j'en ai vu des extraits mais que je n'ai jamais vraiment vu le film dans son intégralité. Du coup j'ai envie de réparer cette lacune.<br /> Il faudrait aussi que je me repasse AMARCORD et FELLINI ROMA dont j'ai un souvenir très diffus. Il y a des films comme ça qu'on a vu en étant trop jeune pour en capter toute la richesse, et il faut aller les revisiter, tout simplement.<br /> Bonne fin de journée
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A
Cette chanson de Nino Rota qui apparait sur la video nº9 s'intitule LA DOLCE VITA.<br /> <br /> Voici la musique remastérisée<br /> <br /> https://www.youtube.com/watch?v=IWYVX5QtAw0<br /> <br /> Et les paroles<br /> <br /> https://www.letras.com/katyna-ranieri/1644467/
R
Tu connais peut-être le titre de la chanson à la fin de la vidéo n° 9 ?
R
Un beau moment de poésie, de nostalgie, de douceur, et de gaieté... merci pour le lien et cette critique du livre...<br /> Moi aussi, je connais mal le cinéma de Fellini et ce spectacle m'a donné envie de mieux le découvrir... quant à la musique de Nino Rota, c'est un vrai régal !<br /> <br /> Belle soirée, AJE