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1 mai 2024 3 01 /05 /mai /2024 11:54
Un rappeur condamné à mort en Iran...

 

Il s'appelle Toomaj Salehi : il vient d'être condamné à mort pour les paroles de ses chansons dans lesquelles il dénonce le régime islamiste en Iran...

Condamné à mort pour des mots dénonciateurs !

 

"Ses textes sans concession font trembler les Mollahs, il a deux millions d'abonnés dans son pays, une star que le régime iranien vient de condamner à mort...

Chef d'accusation : "corruption sur terre", selon la charia. Son tort est de protester contre la République islamique dans ses chansons... dont voici un extrait :

"Etudiants et professeurs, ingénieurs et travailleurs, Nous hurlons nos droits jusqu'à rendre sourde la dictature, Femme, vie, liberté, nous nous battrons jusqu'à la mort..."

 

Dès le début de la contestation en Iran, fin 2022, le chanteur s'était engagé auprès des femmes qui retiraient leur voile. Arrêté et incarcéré, il a osé dénoncer la torture lors de sa brève libération. "J'ai été longuement torturé pendant ma détention, ils me frappaient sur les mains, les pieds, quand j'essayais de me protéger avec les mains, ils m'ont brisé les doigts", avait-il déclaré face à une caméra.

Un témoignage qui lui vaut aujourd'hui une condamnation à mort, signe selon son avocat, Dylan Slama, de la fébrilité du régime de Téhéran :

"La justice iranienne utilise vraiment tout ce qu'elle peut pour faire condamner les opposants. C'est une justice politique. Mais s'agissant de Toomaj, ça prend des proportions vraiment extraordinaires puisque la condamnation à mort pour de simples paroles, c'est quelque chose que l'on pourrait qualifier de barbare..."

 

853 Iraniens exécutés l'an dernier, un record depuis 2015.

Aujourd'hui, la révolte n'est pas éteinte, mais c'est à bas bruit qu'elle se poursuit : des femmes qui continuent de retirer leur voile, de faire des rassemblements festifs.

"C'est une manière de s'opposer à cette idéologie mortifère du régime qui leur demande d'être tristes, d'être des martyrs... "

Une résistance non violente pour contourner la répression.

"La contestation est moins spectaculaire, elle est tout aussi courageuse et dangereuse, et elle est répandue dans toutes les couches et toutes les générations de la société iranienne"...déclare Aida Tavakoli, présidente de l'Association "We are Iranian Students".

Aujourd'hui les fans et les proches du rappeur espèrent une mobilisation internationale pour le sauver..."

 

On ne peut qu'admirer le courage de ce rappeur qui dénonce un régime d'un autre temps, despotique et cruel... un héros comme sont des héroïnes ces manifestantes iraniennes qui refusent le joug des barbus, au prix de leur vie.

 

Source :

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/iran/manifestations/iran-un-rappeur-condamne-a-mort-pour-ses-mots_6510431.html

 

 

 

 

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commentaires

C
"La guerre contre les femmes iraniennes<br /> <br /> Le 13 avril, le jour même des représailles iraniennes, la soi-disant police des mœurs et les agents en civil ont commencé à réprimer les femmes qui ne respectaient pas les règles du hijab obligatoire. Quelques jours plus tôt, la police de Téhéran avait annoncé une nouvelle phase de renforcement du contrôle des femmes et des entreprises iraniennes qui ne respectent pas les règles connues sous le nom d'initiative Noor ("lumière") (Iran International). Cette mesure s'inscrit dans le cadre du projet de loi controversé sur le hijab et la chasteté qui a été adopté l'année dernière par le parlement, même si ce projet de loi draconien n'a pas été approuvé par l'organe de contrôle composé de douze membres, le Conseil des gardiens.<br /> <br /> Depuis le soulèvement "Femmes, vie, liberté", le nombre de femmes respectant les règles du hijab obligatoire a diminué et, lorsque le temps se réchauffe, les autorités prennent généralement de nouvelles initiatives pour imposer le hijab obligatoire. Toutefois, il s'agit probablement aussi d'un moyen de réprimer la dissidence dans le sillage des tensions entre Israël et l'Iran<br /> <br /> Selon des vidéos postées sur les médias sociaux, des femmes iraniennes ont été agressées et violemment poussées dans des fourgons de la police de la moralité, des vitres de voitures ont été brisées à coups de matraque et d'autres ont vu leurs véhicules saisis (CHRI). Dans un cas, une jeune femme a eu une crise d'épilepsie et n'a pas été aidée par la police (X). Les personnes qui filmaient l'incident auraient été arrêtées après que la vidéo soit devenue virale. Aujourd'hui, les Iraniens comparent la scène à l'assassinat de Neda Agha Soltan par les forces de sécurité, le visage de facto des manifestations post-électorales de 2009 connues sous le nom de Mouvement vert (X).<br /> <br /> Le Centre pour les droits de l'homme en Iran l'a qualifié de "plus importante démonstration de force [de l'État] depuis le soulèvement "Femmes, vie, liberté"". (X)<br /> <br /> Dans un message envoyé depuis la prison d'Evin, la lauréate du prix Nobel Narges Mohammadi a écrit le 17 avril<br /> <br /> "La République islamique a transformé les rues en champ de bataille contre les femmes et les jeunes pour tenter de soulager la douleur non traitée de l'illégitimité et de l'effondrement de son autorité par l'intimidation et la peur. Elle cherche à remédier à la faiblesse et à l'absurdité de ses revendications sur la scène mondiale par une domination honteuse et une force brute sur le plan intérieur." (Instagram)<br /> <br /> Les utilisateurs de médias sociaux en langue persane décrivent la répression comme une "guerre contre les femmes" et utilisent le hashtag جنگ_علیه_زنان# pour documenter leurs expériences et leurs observations (IranWire).<br /> <br /> Quelques-uns des commentaires postés sur les médias sociaux (Instagram) :<br /> <br /> "La guerre ? Regardez les rues et les places. Le champ de bataille de la guerre contre les femmes."<br /> <br /> "Je ne sais pas vraiment, en tant que femme, si demain je serai frappée à la tête par un missile ou une matraque [de la police de la moralité]."<br /> <br /> "Pourtant, [pour les femmes iraniennes], mourir dans un fourgon de la police des mœurs est plus probable que mourir à cause d'une attaque d'un pays étranger."<br /> <br /> https://www.theiranist.com/p/the-war-on-iranian-women-operation
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C
Pour ma part,je considère que cette guerre faite aux femmes n'est pas spécifique au régime iranien mais inhérente à l'islam
R
Merci pour ces infos, caius : une guerre d'un autre temps menée contre les femmes...
C
test :<br /> <br /> TOUT CE QU'IL FAUT SAVOIR SUR LE RAPPEUR IRANIEN TOOMAJ SALEHI ET SA CONDAMNATION À MORT<br /> Par Khosro Kalbasi Isfahani et Andrea Alice Richardson<br /> <br /> Le 24 avril, un tribunal révolutionnaire iranien a condamné à mort le rappeur dissident Toomaj Salehi, accusé de « répandre la corruption sur la Terre ». En juillet 2023, le même tribunal l'avait condamné à soixante-quinze mois de prison pour les mêmes chefs d'accusation, mais l'avait libéré sous caution pendant une courte période en novembre 2023. La condamnation à mort semble être la réponse du régime au fait que Salehi a parlé publiquement des tortures qu'il a subies pendant sa détention, alors qu'il était en liberté sous caution.<br /> <br /> "Répandre la corruption sur la terre" est une accusation que les tribunaux révolutionnaires iraniens ont toujours utilisée contre les dissidents, notamment ceux qui ont été tués de manière extrajudiciaire lors des exécutions massives des années 1980 - connues sous le nom de massacre de 1988 - et les personnes qui ont été arrêtées dans le cadre du soulèvement “Femme, vie, liberté” de 2022.<br /> <br /> Salehi est surtout connu pour avoir créé des chansons de protestation contre les politiques oppressives de la République islamique, qui ont été au cœur du soulèvement « Femme, vie, liberté » déclenché par la mort en détention de Mahsa Jina Amini en septembre 2022.<br /> <br /> Les informations de source ouverte identifiées ci-dessous ont été préservées et analysées par les archives iraniennes, un effort conjoint mené par le Strategic Litigation Project (SLP) du Conseil Atlantique et Mnemonic, et une coalition d'experts en investigation de source ouverte du Promise Institute for Human Rights de l'Université de Californie, Los Angeles (UCLA) Law, du Centre des droits de l'homme de l'UC Berkeley, du Digital Verification Corps d'Amnesty International, du Centre de documentation sur les droits de l'homme en Iran et des archives Azadi. Les archives ont préservé de manière légale plus de deux millions de preuves numériques faisant état de graves violations des droits de l'homme commises par la République islamique d'Iran à l'encontre des manifestants du mouvement « Femme, vie, liberté », afin de soutenir les efforts futurs de responsabilisation liés aux violations des droits de l'homme en Iran. <br /> <br /> Vous trouverez ci-dessous un résumé de l'enquête de source ouverte sur Salehi, qui fait partie d'un rapport plus large réalisé par le SLP, Iranian Archive et le Centre des droits de l'homme de l'université de Berkeley. Ce rapport analyse les principaux actes de violence perpétrés par la République islamique au cours du soulèvement « Femme, vie, liberté » et devrait être publié cet automne. <br /> <br /> L'arrestation et la détention arbitraires de Salehi ont été mises en évidence dans les conclusions détaillées de la Mission internationale indépendante d'établissement des faits sur la République islamique d'Iran (FFMI), un organe mandaté par les Nations unies chargé d'enquêter sur les violations présumées des droits de l'homme commises dans le cadre des manifestations qui ont débuté le 16 septembre 2022. Son arrestation a été identifiée comme un incident clé des mesures répressives à grande échelle prises par les autorités de la République islamique pour réduire au silence les artistes et les écrivains pendant les manifestations. <br /> <br /> Il est important de noter que la FFMI a constaté que ces arrestations et emprisonnements s'inscrivent dans le cadre d'une attaque généralisée et systématique contre les civils en Iran et qu'ils constituent des crimes contre l'humanité. Bien que le cas de Salehi soit mis en lumière, il est important de rappeler que cela se produit dans tout l'Iran et continue de porter atteinte à des vies à ce jour. <br /> <br /> Le document suivant est une chronologie détaillant la persécution de Salehi pour avoir défié pacifiquement le régime autoritaire de la République islamique par le biais de son art. Le document est basé sur des recherches de sources ouvertes, avec un accent particulier sur les documents publiés par les médias d'État iraniens, y compris les aveux forcés de Salehi diffusés par la télévision d'État. Bien que ces documents soient truffés de propagande d'État et de fausses accusations à l'encontre de Salehi, les détails peuvent être utilisés pour montrer la violence qu'il a subie et l'illégalité des procédures judiciaires.<br /> <br /> Arrestation— 30 octobre 2022<br /> <br /> Le 30 octobre 2022, le radiodiffuseur d'État iranien, l'Islamic Republic of Iran Broadcasting (IRIB), a annoncé l'arrestation du rappeur iranien Toomaj Salehi. Le même jour, dans une vidéo diffusée par l'agence de presse officielle du pouvoir judiciaire, Mizan News Agency, Salehi a été accusé de « planifier et d'organiser » des manifestations en collaboration avec des « dirigeants de la diaspora » et de « menacer » les forces de sécurité. La vidéo comprenait un collage des messages de Salehi sur les réseaux sociaux et une photo censée le montrer en plein jour après son arrestation, les yeux bandés et à bord d'un véhicule.<br /> <br /> Le reportage vidéo a été produit par Ameneh Sadat Zabihpour, « journaliste interrogatrice » de l'IRIB, qui a été sanctionnée par les États-Unis pour son rôle dans la sollicitation et la diffusion de « centaines d'aveux forcés d'Iraniens, de personnes ayant la double nationalité et de détenus internationaux en Iran .<br /> <br /> Première vidéo<br /> <br /> Le 2 novembre 2022, le Young Journalists Club (YJC), un organe de presse affilié à l'IRIB, a publié un court clip montrant Salehi assis sur le sol, les yeux bandés et le visage tuméfié : « [Je suis] Toomaj Salehi. J'ai dit que j'étais désolé. J'ai dit que je vous disais 'en tant qu'ami que vous devriez vous enfuir' ». La vidéo commence par un court extrait d'un message déjà supprimé de Salehi sur les réseaux sociaux, dans lequel il demande aux forces de sécurité de quitter leurs postes et de « s'enfuir » au lieu d'opprimer les gens.<br /> <br /> L'IRIB a ensuite utilisé la vidéo dans un reportage décrivant Salehi comme « l'un des meneurs des récentes émeutes » et « instigateur de sédition en ligne ». Le reportage a été diffusé le 2 novembre 2022 et a été publié sur le site Internet de l'IRIB deux jours plus tard. Le journaliste de l'IRIB Atefeh Godini a produit le reportage.<br /> <br /> - La vidéo montre Toomaj Salehi assis par terre, les yeux bandés et le visage enflé.<br /> <br /> - Il touche le côté de sa tête comme s'il avait mal.<br /> <br /> - S'attendant apparemment à d'autres coups, il lève la main devant son visage.<br /> <br /> - L'emplacement n'est pas clair. La vidéo est enregistrée en plein air et pendant les heures sombres. Un arbre est visible en arrière-plan.<br /> <br /> Seconde vidéo<br /> <br /> Le 6 décembre 2022, les médias d'État iraniens, dont le quotidien gouvernemental Iran, ont publié une nouvelle vidéo intitulée « Toomaj Salehi : je m'excuse auprès de la société pour les violences que j'ai causées ».<br /> <br /> La vidéo s'ouvre sur des segments trafiqués d'un clip vidéo d'une chanson rap de Salehi publiée en octobre 2022, dans laquelle il critique le régime pour sa corruption et son oppression. Dans cette chanson, Toomaj dit qu'il « s'élève du bas » de la société et défie la « tête de la pyramide » responsable de l'oppression. La vidéo publiée par les médias d'État comprend trois séquences dans lesquelles Salehi s'exprime.<br /> <br /> - Le premier segment montre une partie du visage de Salehi disant : « J’ai écrit ça. Il y a une copie de ce texte », une référence apparente aux paroles.<br /> <br /> - Puis, superposée à des vidéos de lui en sourdine, on peut entendre une voix semblable à celle de Salehi disant : « La musique peut engendrer la violence ».<br /> <br /> Dans la troisième séquence, Salehi semble dire : « C'était mon erreur. Je m'excuse auprès de vous pour cela", en désignant l'interrogateur/interviewer dans la pièce, et auprès de la société pour avoir produit de la violence. J'aimerais pouvoir... Je ne peux que m'excuser maintenant. J'aimerais pouvoir produire le contrepoint [de la musique] ».<br /> <br /> La vidéo diffusée par les médias d'État fait largement référence au clip « Faal [Fortune] » de Salehi, diffusé en octobre 2022. <br /> <br /> La vidéo diffusée par les médias d'État est enregistrée sous plusieurs angles avec la caméra en mouvement, apparemment à l'aide d'un chariot de caméra. Les plans enregistrés depuis le haut laissent supposer que la vidéo a été produite dans un studio équipé de manière professionnelle, et les coupes et les montages suggèrent également qu'elle a été réalisée au cours d'un long processus de production.<br /> <br /> Vidéo diffusée par les médias d'État<br /> <br /> La main d'un homme orné d'une bague Aqeeq (NB Mahomet aurait habituellement poré une bague en cornaline/aqeeq sertie d'argent à la main droite, de nombreux musulmans l'imitent, y compris les clergés chiites et sunnites)pousse un papier vers Salehi. Les marques sur le papier sont similaires à celles des documents utilisés pour rédiger les aveux.<br /> <br /> Clip vidéo de Faal<br /> <br /> Dans le clip, Salehi donne à l’autre personne un morceau de papier pour prendre des notes sur ce qu’il dit et,il rappe pour « les laisser passer ».<br /> <br /> Dans la vidéo publiée par les médias d’État, Salehi est montré en train de boire dans une tasse blanche semblable à celle montrée dans le clip.<br /> <br /> Dans le clip, Salehi lit la fortune du régime (« Faal » en persan) dans le marc de café.<br /> <br /> La vidéo publiée par les médias d’État imite même les mouvements de caméra utilisés dans le clip de Salehi.<br /> <br /> La vidéo publiée par les médias d'État comprend également des plans d'ensemble, ce qui implique que la vidéo a été produite dans un studio équipé de manière professionnelle.<br /> <br /> Toutes les techniques cinématographiques utilisées impliquent que la vidéo a été enregistrée au cours d'un long processus au cours duquel Salehi a pu être contraint de répéter des lignes dictées. Le long processus de production et le matériel fortement trafiqué indiquent également que des questions sans rapport avec l'affaire ont pu lui être posées et que ses réponses ont été manipulées et montées pour transmettre un message qui a la préférence du régime.<br /> Déclaration après la libération<br /> <br /> Toomaj Salehi a été libéré de la prison centrale d'Ispahan le 18 novembre 2023, sous caution. Le 21 avril 2023, le porte-parole du pouvoir judiciaire Masoud Setayeshi a confirmé sa libération sous caution et a ajouté que la peine de Salehi était réexaminée sur ordre de la Cour suprême.<br /> <br /> Le 27 novembre 2023, le compte YouTube qui diffuse la musique produite par Toomaj Salehi a publié une vidéo de lui après sa sortie de prison. La chaîne a publié la musique de Salehi dès le 18 octobre 2020, d'après le plus ancien message disponible sur le compte, publié ce jour-là.<br /> <br /> Dans cette vidéo de quatorze minutes et demie, Salehi décrit sa détention et explique ses aveux forcés. Sa description de son calvaire comprend, entre autres, les déclarations suivantes.<br /> <br /> - Des acteurs malveillants tentent d'« assassiner [son] caractère ». Salehi a fait référence aux rapports des médias d'État selon lesquels il aurait « avoué » et « dénoncé » d'autres personnes. « Qui ai-je dû dénoncer ? Qu'est-ce que j'ai dû avouer ? Tout ce que j'ai fait était sur vos téléphones [et public]. Je ne cachais rien à avouer ».<br /> <br /> - « J'ai été gravement torturé au moment de mon arrestation. Ils m'ont cassé les bras et les jambes. Ils me frappaient au visage et à la tête, alors j'ai d'abord essayé de me couvrir avec mes mains, et ils m'ont cassé les doigts. »<br /> <br /> - Salehi raconte également qu'il a reçu une balle dans le cou au moment de son arrestation. « L'un des autres prisonniers politiques m'a dit que l'injection qu'ils m'ont faite dans le cou était très probablement de l'adrénaline pour que je ne m'évanouisse pas, que je sois conscient pendant qu'ils me torturaient et que je ressente pleinement la douleur. »<br /> <br /> - « En ce qui concerne les aveux, je n'ai même pas donné [l'accès à] mes comptes de médias sociaux.<br /> <br /> - Salehi souligne que pendant sa détention, chaque fois qu'il soulevait la question de l'illégalité du comportement des agents de sécurité, « ils riaient et disaient »quelle loi ? Nous pouvons faire ce que nous voulons ».<br /> <br /> - Avant la libération de Salehi, le juge, Morteza Barati, et son chargé de dossier l'ont rencontré pour lui demander d'accéder à ses comptes de médias sociaux, ce qu'il a refusé. (Les forces de sécurité saisissent souvent les comptes de médias sociaux des prisonniers politiques avant leur libération et conditionnent leur libération sous caution au fait qu'ils n'utilisent pas les médias sociaux).<br /> <br /> - Certains comptes anonymes sur les médias sociaux, apparemment liés à l'État, ont souligné son état de santé physique apparent après sa libération sous caution, affirmant que le fait qu'il ait été torturé était une « fausse nouvelle ». Réagissant à ces commentaires, Salehi a déclaré : « Il y a quatre mois, lorsque j'ai été transféré du [centre de détention du] ministère du Renseignement à la prison, ils n'auraient pas dit cela. Mes os ont été cassés il y a un an et un mois. Ils ont naturellement guéri depuis. »<br /> <br /> - Dans la vidéo, Salehi souligne qu'il n'a pas reçu de soins médicaux appropriés pour ses fractures, qu'il ne peut pas marcher correctement, qu'il boite et que la marche lui est parfois douloureuse. Il se plaint également de douleurs chroniques aux mains.<br /> <br /> - « Le ministère du renseignement a produit et diffusé une vidéo dans laquelle il apparaît que je m'excuse auprès de l'interrogateur. Je n'ai pas dit cela. Je ne parlais pas à l'interrogateur. J'ai été interrogé pendant neuf heures. J'ai fait une ou deux gaffes. La personne m'a posé une question, par exemple en me demandant : « Si en ce moment même, la mère de telle ou telle personne qui est sortie [pour manifester] à cause de vous et qui est maintenant en prison, était assise devant vous, que lui diriez-vous ? Et ils ont édité [ma réponse] de manière à ce qu'il apparaisse que je m'excuse auprès d'elle, ce qui est ridicule ».<br /> <br /> - Salehi déclare avoir déposé une plainte pour les tortures qu'il a subies pendant sa détention.<br /> <br /> - Dans la vidéo, Salehi dit qu'il a été détenu « à l'isolement pendant 8 à 9 mois » et soumis à la « torture blanche » en plus de la « torture physique au début » après son arrestation. (La torture blanche est une privation sensorielle).<br /> <br /> - Il a également déclaré que le ministère des renseignements avait « ordonné au chef de la prison d'aggraver ses conditions de détention » parce qu'il avait « déposé une plainte contre eux ».<br /> <br /> Chronologie<br /> <br /> Toomaj Salehi est né le 3 décembre 1990. Il appartient à la minorité ethnique des Bakhtiari d'Iran. Son père a été prisonnier politique pendant huit ans.<br /> <br /> Arrestation précédente - 13 septembre 2021<br /> <br /> Toomaj Salehi a été arrêté le 13 septembre 2021 à son domicile. Il a été accusé d'« insulte au Guide suprême », l'ayatollah Ali Khamenei, et de « propagande contre le régime », en vertu des articles 514 et 500 du code pénal islamique. Le service persan de la BBC a rapporté à l'époque qu'il avait été condamné à six mois de prison et à une amende dont le montant n'a pas été communiqué. Le tribunal a suspendu la peine pendant un an. Le 21 septembre 2021, Salehi a été libéré sous caution.<br /> <br /> Arrestation - 30 octobre 2022<br /> <br /> Salehi a été de nouveau arrêté le 30 octobre 2022. Dans une interview accordée à l'agence de presse Mizan, l'organe officiel du pouvoir judiciaire iranien, le procureur public et révolutionnaire d'Ispahan, Seyed Mohammad Mousavian, a énuméré les charges retenues contre Salehi : « propagande contre le régime, coopération avec des États hostiles et création d'un groupe illégal dans l'intention de perturber la sécurité nationale ». Mousavian a ajouté : « L'accusé a joué un rôle clé dans l'instigation des émeutes et dans l'invitation et l'encouragement à la violence et aux émeutes récentes dans la province d'Ispahan et dans la ville de Shahinshahr ».<br /> <br /> Accusations - 27 novembre 2022<br /> <br /> Le juge en chef de la province d'Ispahan, Asadollah Jafari, a déclaré à Mizan : « Toomaj Salehi est accusé d'avoir répandu la corruption sur Terre en diffusant des mensonges de manière à causer des pertes importantes, d'avoir fait de la propagande contre le régime, d'avoir créé et dirigé des groupes illégaux dans l'intention de perturber la sécurité nationale, d'avoir coopéré avec un gouvernement hostile à la République islamique, d'avoir diffusé des mensonges et d'avoir perturbé l'esprit public par le biais du cyberespace, et d'avoir incité et encouragé les gens à commettre des actes violents. »<br /> Condamnation à mort - 5 juillet 2023<br /> <br /> L'agence de presse semi-officielle Tasnim a rapporté que Salehi « avait été condamné à mort, mais que sa peine avait été réduite à une peine d'emprisonnement ».<br /> <br /> Condamnation à une peine de prison - 12 juillet 2023<br /> <br /> Jafari a déclaré que Salehi avait été condamné à soixante-quinze mois (six ans et trois mois) de prison. Il a également été condamné à une interdiction de quitter le pays pendant deux ans, à une interdiction d'exercer des activités liées à la musique pendant deux ans et à l'obligation de participer à des « ateliers, des cours et des classes d'apprentissage de la vie » organisés par le département de prévention de la criminalité de l'appareil judiciaire. Jafari a ajouté que la condamnation de Salehi à six mois de prison à partir de 2021 serait également appliquée.<br /> Plainte pour torture - 29 octobre 2023<br /> <br /> Le 29 octobre 2023, le compte de Salehi sur X (anciennement Twitter), qui est géré par son responsable des médias sociaux depuis l'extérieur de l'Iran, a écrit qu'il avait déposé une plainte contre le directeur de la branche du ministère du Renseignement dans la province d'Ispahan et les officiers responsables de son dossier pour « torture et comportement illégal pendant [sa] détention illégale ».<br /> <br /> La plainte énumère les comportements illégaux des agents de sécurité, notamment les suivants.<br /> <br /> - Le lieu de résidence de Salehi a fait l'objet d'une perquisition illégale. Les agents de sécurité ont escaladé le mur et n'ont pas fourni de mandat d'arrêt. Deux autres résidents de l'immeuble ont également été arrêtés sans mandat. Le véhicule personnel du père de Salehi a été saisi sans mandat.<br /> <br /> - « Arrestation violente, coups, torture et insultes pendant douze heures (de 3 heures du matin le 30 octobre 2022 à 3 heures du soir le même jour) dans un endroit situé en dehors de la ville, les yeux bandés, et même en filmant ces actions inhumaines, dont certaines ont été diffusées par l'IRIB ».<br /> <br /> - Coups ayant entraîné<br /> <br /> - une fracture de la jambe droite<br /> <br /> - une fracture du quatrième doigt de la main gauche ;<br /> <br /> - de graves lésions aux deux yeux ; et<br /> <br /> - des côtes fracturées.<br /> <br /> - Les agents n'ont pas transféré Salehi au bureau du procureur dans les délais légaux, ni ne l'ont remis au centre de détention, et n'ont pas prodigué de soins médicaux à temps.<br /> <br /> La déclaration ajoute également que Salehi a été arrêté à Gerd Bisheh, un village de la province de Chaharmahal et Bakhtiari, par des agents de la branche d'Ispahan du ministère du Renseignement.<br /> <br /> L'avocat de Salehi, Amir Raeisian, a posté une photo de la plainte officielle sur Instagram le 2 décembre 2023.<br /> <br /> Libération sous caution - 18 novembre 2023<br /> <br /> Salehi a finalement été libéré de prison le 18 novembre 2023 sous caution. Le porte-parole du pouvoir judiciaire, Masoud Setayeshi, a confirmé le 21 avril 2023 que Salehi avait été libéré sous caution et a ajouté que la Cour suprême avait demandé que sa peine soit également modifiée.<br /> <br /> Arrestation - 30 novembre 2023<br /> <br /> L'agence de presse gouvernementale IRNA a rapporté que Toomaj Salehi avait de nouveau été arrêté le 30 novembre 2023 dans la ville de Babol, dans la province de Mazandaran, au nord du pays. <br /> <br /> Le site judiciaire Mizan a également écrit : « Toomaj Salehi a été arrêté sous l'accusation de publication de mensonges et de perturbation de l'esprit public après avoir publié des commentaires faux et non documentés en ligne ». <br /> <br /> Le juge en chef d'Ispahan, Jafari, a déclaré à Mizan que, dans le cas de Salehi, « toutes les procédures, y compris l'arrestation, l'interrogatoire et l'enquête, ont été menées conformément à la loi ».<br /> Condamnation à mort - 24 avril 2024 <br /> <br /> Le 24 avril 2024, l'avocat de Salehi, Amir Raeisian, a déclaré au Shargh Daily, basé à Téhéran, que « la première section du tribunal révolutionnaire d'Ispahan, dans un geste sans précédent, n'a pas appliqué la décision de la Cour suprême dans l'affaire 2022 de Toomaj Salehi ».<br /> <br /> Selon M. Raeisian, la première section du tribunal révolutionnaire d'Ispahan a qualifié la décision de la Cour suprême de « consultative » et, soulignant l'indépendance de la juridiction inférieure, a accusé Toomaj Salehi de « répandre la corruption sur la Terre » et l'a condamné à la peine la plus lourde, la mort.<br /> <br /> Cette décision est sans précédent. La récente décision de la juridiction inférieure est en conflit direct avec une décision antérieure de la même juridiction, conformément aux instructions de la Cour suprême. Alors que des informations faisaient état d'une condamnation à mort de Salehi en juillet 2023, l'affaire avait fait l'objet d'un premier recours devant la Cour suprême. La Cour suprême a demandé au tribunal de première instance d'abandonner certains des chefs d'accusation initiaux. Salehi a donc été condamné à soixante-quinze mois de prison et libéré sous caution en novembre 2023. <br /> <br /> Récemment, le tribunal de première instance a repris sa compétence et, en dépit de la décision antérieure, Salehi a été condamné à mort. Ce tribunal, un « tribunal révolutionnaire » entretenant des liens étroits avec l'appareil de sécurité de la République islamique, a estimé que Salehi était responsable de la « propagation à grande échelle de la corruption sur la Terre » et que la peine de mort était donc appropriée.<br /> <br /> L'avocat de M. Salehi a également fait remarquer que le jugement actuel, outre la condamnation à mort, prévoyait des « peines supplémentaires » pour M. Salehi, notamment une interdiction de voyager à l'étranger et de produire de la musique pendant deux ans.<br /> <br /> M. Raeisian a également indiqué que la Cour suprême avait décidé que M. Salehi devait bénéficier d'une « amnistie ».<br /> <br /> Le même jour, la chaîne semi-officielle Mehr News, liée à l'Organisation de propagation islamique, a confirmé que M. Salehi avait été « condamné à mort pour avoir répandu la corruption sur la Terre ». Il a ajouté que la peine pouvait être réduite à une « longue peine d'emprisonnement et à des peines supplémentaires » si Salehi et ses avocats faisaient appel. La détention arbitraire et les aveux forcés du rappeur Toomaj Salehi n'ont donné lieu à aucune obligation de rendre des comptes. <br /> <br /> Khosro Sayeh Isfahani est un défenseur des droits de l'homme, un journaliste et un chercheur sur Internet qui a des années d'expérience en Iran, notamment en ce qui concerne la communauté LGBTQI. <br /> <br /> Andrea Richardson est chercheuse juridique senior pour les enquêtes au Centre des droits de l'homme.<br /> <br /> <br /> https://menasource.substack.com/p/everything-you-need-to-know-about
Répondre
R
Merci caius pour toutes ces infos et le lien correspondant : terrifiant !
A
Caius m'a envoyé ce message-ci sur mon blog et je te le remets ici:<br /> <br /> "Bonjour rosemar,<br /> <br /> Je vous signale qu'il n'est pas possible de commenter votre article sur le chanteur iranien condamné à mort"
Répondre
R
A caius :<br /> <br /> J'ai signalé le problème à overblog mais je ne sais pas s'ils l'ont résolu... Il est possible de m'envoyer le message en passant par "contact", en bas du blog et j'essaierai de l'afficher...<br /> <br />
A
C'est terrible cette sentence. Tellement inhumain. Je n'ai pas de mots. La barbarie des mollahs ne surprend malheureusement pas.<br /> Non seulement l'Iran fait partie du triste club des pays qui appliquent la peine de mort, mais en plus ils l'appliquent pour de simples délits d'opinion.<br /> Voici ce que dit wikipedia:<br /> <br /> "des personnes ont été exécutées pour des infractions n'étant pas des homicides volontaires, c'est-à-dire pour des infractions ne correspondant pas à la notion de «crimes les plus graves» prévue par les normes internationales pour le recours à la peine de mort. La peine de mort a été appliquée pour des infractions à la législation sur les stupéfiants, pour viol et pour des «infractions» à la formulation vague, comme l'«inimitié à l'égard de Dieu» ou la «corruption sur terre»..."<br /> <br /> Les chiffres délirants d'éxécutions que tu indiques et leur augmentation démontrent que ce régime de terreur ne peut se maintenir qu'en s'enfonçant dans une folie meurtrière.
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R
Merci pour l'extrait de wikipedia : un régime répressif, la population essaie de résister comme elle peut, mais ce régime règne par la peur.<br /> <br /> Bonne soirée de concert, AJE... oui, le monde est merveilleux et si les hommes en avaient conscience, commettraient-ils tant d'horreurs ?
A
rectification: "...on chantera, entre autres, WHAT A WONDERFUL WORLD....etc..etc..."
A
Ce soir à 20 heures on fera notre premier concert de printemps et on chantera entre WHAT A WONDERFUL WORLD de Louis Armstrong...et une des questions qu'on pourrait se poser c'est de savoir comment on a réussi à ce que des fous de Dieu nous pourrissent la vie, pourrissent un monde si merveilleux...<br /> <br /> Voici l'arrangement qu'on va interpréter dans quelques heures.<br /> <br /> https://www.youtube.com/watch?v=7iBsMXgYyaU
L
Courageux, téméraire, restera-t-il dans les memoires ?
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R
Beaucoup de courage face à un régime répressif... j'ai vu cette info :<br /> <br /> "Le sort du jeune Iranien n’est d’ailleurs pas totalement scellé. “En raison de l’expression de remords par l’accusé, la justice a estimé que le chanteur avait le droit à une remise de peine”, rapporte Hamshahri, précisant qu’il pourrait voir sa sentence évoluer en une “longue peine de prison”.<br /> <br /> <br /> https://www.courrierinternational.com/video/video-toomaj-salehi-le-rappeur-le-plus-courageux-du-monde-condamne-a-mort-en-iran<br /> <br />