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30 juin 2025 1 30 /06 /juin /2025 11:45
Démonstration de force de l'Iran...

 

Après l'intervention armée des Etats-Unis en Iran, chacun des deux camps se déclare vainqueur ! Rodomontades et fanfaronnades de part et d'autre... Quel cirque ! Où est la vérité ?

 

"La guerre des 12 jours entre Israël et l'Iran a démontré la fragilité de la République islamique. Mais le pouvoir des Mollahs ne veut laisser aucun doute. Leurs partisans ont fait bloc lors des funérailles de hauts responsables, samedi 28 juin.

Le char de parade mortuaire fendait la foule... Dans les cercueils, des dignitaires iraniens tués par des frappes israéliennes. Ils étaient hauts gradés de l'armée ou scientifiques nucléaires. Ils sont désormais considérés comme des martyrs par les Mollahs et leurs soutiens.

"Nous vengerons le sang de nos martyrs, soyez assurés que nous priverons Israël de sommeil" dit une femme voilée membre du "corps des gardiens de la révolution islamique".

"La meilleure réponse à Israël, c'est poursuivre le chemin de ces martyrs..." dit un Iranien...

Pour la cérémonie, Téhéran a convoqué tous les symboles du régime, à commencer par le drapeau iranien orné d'écritures religieuses et adopté lors de la Révolution islamique. Autre symbole : le portrait de l’ayatollah Khomeini brandi par tous, et les appels à la vengeance omniprésents :

"Mort aux Etats-Unis !"


Le pouvoir a fait une démonstration de force, mais ce serait un trompe-l’œil.

"Il y a évidemment les proches du régime qui ont été rassemblés. Mais ce n'est pas représentatif de l'adhésion de la population. Les soutiens réels du régime, c'est autour de 15-20 % de la population maximum", explique Dr David Rigoult-Roze, enseignant-chercheur et spécialiste du Moyen-Orient.

Depuis la guerre initiée par Israël et sous prétexte d'une chasse aux espions le régime de Téhéran est intraitable : 3 hommes accusés de collaboration ont été pendus et un rappeur iranien arrêté, preuve que Téhéran serait fébrile.

"Le régime était déjà fragilisé par les mouvements sociaux et il est davantage fragilisé par les bombardements israéliens, et là ils tentent de se maintenir au pouvoir..." explique Azadeh Kian, professeure de sociologie, spécialiste de la société iranienne..

L'Iran est sous pression : les Etats-Unis alliés d'Israël restent menaçants, comme l'a rappelé Donald Trump :

"On ne peut pas les laisser avoir la bombe nucléaire..."

"Et si les services de renseignement concluent que l'Iran peut enrichir de l'uranium, envisagerez vous de bombarder ?" interroge une journaliste.

"Bien sûr, absolument.", répond Trump.

 

Pour l'heure, la trêve entrée en vigueur il y a quelques jours entre l'Iran et Israël est respectée."

 

Source :

https://www.franceinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/guerre-iran-israel-la-republique-islamique-tente-une-demonstration-de-force_7343964.html

Démonstration de force de l'Iran...
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commentaires

C
Très bonne analyse de Jacques Sapir <br /> <br /> https://www.youtube.com/watch?v=rrZRjktLzbM
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R
Merci, Caius, pour cette vidéo intéressante : "un conflit qui relève de la société du spectacle..." dit d'entrée Jacques Sapir, c'est bien l'impression que l'on peut avoir...
C
Je poste le témoignage d'un Iranien qui me semble authentique :<br /> <br /> L'attaque israélienne que j'ai célébrée le plus follement<br /> F**k les Basij !<br /> Shay Khatiri<br /> <br /> <br /> Scène 1 : Je suis en 3e . Un de mes professeurs recrute pour les Basij, la milice du Corps des gardiens de la révolution islamique, et il essaie de me convaincre de rejoindre l'organisation. C'est une organisation de voyous qui bénéficient de privilèges du gouvernement et, en échange, font le sale boulot, notamment en réprimant les manifestations. Tout le monde à l'école sait que mes parents étaient tous deux prisonniers politiques et que mon père était un intellectuel anti-régime assez connu. Le recruteur me désire ardemment. Je serais sa plus grande réussite : le fils d'un célèbre opposant au régime de la ville rejoint les rangs des forces répressives du gouvernement. Il me vend ce privilège éducatif.<br /> <br /> L'Iran organise un examen national d'admission à l'université, une fois par an, pour lequel les lycéens doivent étudier plus de 10 heures par jour pendant une année entière. En cas d'échec, il faudra attendre l'été suivant pour le repasser, ce qui représente une année supplémentaire d'études, soit plus de 10 heures par jour. En revanche, si vous êtes un membre actif du Bassidj , vous bénéficierez d'une admission prioritaire à tous les programmes d'excellence. Même en cas d'échec, vous serez admis.<br /> <br /> Il m'explique également que, contrairement aux autres membres, je n'aurai même pas à participer à toutes les pratiques religieuses. « Inscris-toi pour l'instant et vois si ça te plaît. Tu pourras toujours partir. »<br /> <br /> Il y a un avantage supplémentaire. Je suis dans une école de garçons (toutes les écoles iraniennes sont non mixtes) et j'ai commencé l'école un an plus tôt que tout le monde. Je suis donc coincé avec des centaines de garçons, tous plus grands que moi. Je suis la cible préférée des tyrans. Rejoindre les Basij me rendrait intouchable, avec la protection de l'État. Bon sang, je pourrais même devenir un tyran.<br /> <br /> L'offre est vraiment tentante, mais je dois finalement la décliner. Mon père ne me le pardonnerait jamais.<br /> <br /> Scène 2 : Je suis en première année dans une grande université, dans un programme STEM de premier ordre. Étudier jusqu'à 17 heures par jour a porté ses fruits. Les universités sont mixtes, alors je rencontre des filles pour la première fois. Je suis sur le campus et je flirte avec une fille. Une femme membre du Basij passe et nous regarde d'un air désapprobateur. Nous nous retrouvons séparément au bureau de sécurité du campus. Elle nous a dénoncés. Je dis sécurité, mais ce n'est pas pour protéger les étudiants. C'est pour protéger le gouvernement des étudiants, pour nous espionner, pour réprimer les manifestations si nécessaire et pour s'assurer que nous ne violons pas les valeurs islamiques sur le campus – exactement ce que je venais de faire. On s'en est sortis avec un avertissement : on pourrait être expulsés si on ne se comportait pas bien. Je me suis dit : « Putain, les Basij ! »<br /> <br /> Scène 3 : C'est l'été 2009, et le Mouvement Vert bat son plein. Nous marchions pacifiquement depuis des jours, exigeant un recomptage des voix pour l'élection présidentielle frauduleuse de quelques semaines plus tôt, mais les Bassidj ont commencé à nous tabasser et à ouvrir le feu. En retour, nous avons déclenché des émeutes. Il fait nuit à Téhéran, et la situation s'échauffe. Les Bassidj sont là, en tenue anti-émeute, et j'entends des coups de feu de temps en temps, pas trop. Je ne sais pas si ce sont de vraies balles ou des balles en caoutchouc. On n'a que nos poings et des pierres pour les attaquer. On parvient à former un groupe et on se bat à coups de poing. Une fois qu'ils ne peuvent plus utiliser leur équipement, ils ne font plus peur du tout. Je reçois quelques coups, mais vous devriez voir l'autre type ! La bagarre est terminée, et on humilie ces salauds comme il faut, les faisant ramper sur un boulevard escarpé. C'est mon plus grand moment de fierté.<br /> <br /> Scène 4 : C'est la nuit d'après. Nous sommes là pour réitérer notre triomphe de la veille. Ils sont là pour se venger. Ce n'est plus une émeute. C'est une zone de guerre. Des coups de feu retentissent à nouveau, mais ce soir, je les entends toutes les deux ou trois secondes. Quelque chose touche mon poignet. Je suis presque sûr que c'est une balle en caoutchouc. Je n'ai jamais ressenti une telle douleur, même lorsque ma peau a été ouverte et que le sang a jailli comme une fontaine en jouant au foot. Ça m'avait fait beaucoup moins mal. Je ne peux même pas bouger mon poignet. Serait-il cassé ? Je ne peux pas aller à l'hôpital non plus, car ceux qui viennent se faire soigner sont arrêtés sur-le-champ pour avoir protesté.<br /> <br /> Ils sont bien plus nombreux qu'hier soir, et nous ne pouvons plus nous échapper lorsqu'ils nous poursuivent, car ils sont partout. Mais il faut courir, que faire d'autre ? Ils finissent par nous coincer des deux côtés. Nous appelons à l'aide, et les gens nous ouvrent leurs maisons. Nous entrons, sachant qu'ils attendent dehors. Je ne peux toujours pas bouger ma main. Une fois en sécurité, je vois qu'elle est enflée et couverte d'un énorme bleu. Mais nous ne sommes toujours pas en sécurité, car les Basij tentent de forcer l'entrée. Nous devons tenir la porte. Ils essaient même d'escalader les murs – heureusement, ils sont assez hauts. Laa propriétaire nous apporte des bâtons pour les frapper par-dessus le mur. Nous tenons bon, mais nous savons qu'ils attendent que nous quittions la maison et nous arrêtent.<br /> <br /> Il est largement passé minuit. Nous sommes coincés depuis des heures. Notre hôtesse nous a nourris. Mais nous ne pouvons toujours pas partir. Nous compatissons pour elle et nous excusons auprès d'elle, tandis qu'elle nous assure que nous sommes des héros et que c'est l'honneur de sa vie. Finalement, deux par deux, trois par trois, nous sautons par-dessus les toits et nous échappons. Sérieusement, qu'ils aillent se faire foutre les Basijs .<br /> <br /> Scène 5 : Nous sommes le 18 juin 2025. Il est 6 h 30 du matin à Scottsdale, en Arizona, où je vis. Je suis aux États-Unis depuis 11 ans, tellement habitué à la vie ici que je me demande parfois si ce n'est pas quelqu'un d'autre qui a vécu tout cela.<br /> <br /> Israël attaque l'Iran depuis des jours. Soudain, mon téléphone se met à sonner. Ça doit être une grosse cible qui a été touchée. Je consulte mes messages. Israël a frappé le quartier général des Bassidj . Non, ce n'était pas une autre personne qui avait traversé tout ça. Toutes ces expériences défilent devant mes yeux. Ma fierté d'avoir rejeté leur offre monte en flèche. Mon ego blessé d'avoir été tabassé par des ordures sans valeur déguisées en humains est guéri. Israël me venge, et je suis euphorique. Mais sérieusement, qu'ils aillent se faire foutre les Bassidj
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R
Merci, Caius, pour ce témoignage très intéressant d'un Iranien, maintenant réfugié aux USA...
A
La réaction d'orgueil du régime iranien était aussi prévisible que 2 et 2 font 4 mais ne traduit en rien un affermissement du pouvoir des mollahs. Effectivement tout ça est un théâtre destiné à masquer l'ampleur de l'humiliation. Les israéliens et les américains peuvent pénétrer l'espace aérien iranien comme si c'était du beurre. Ils ont démontré qu'ils peuvent frapper où ils veulent et quand ils veulent.<br /> Rarement dans l'histoire on aura vu une situation aussi atypique, à savoir qu'un pays acquiert une grande capacité de puissance destructrice tout en étant complètement incapable de se protéger lui-même.<br /> Rarement on aura vu un grand pays avec une politique de défense aussi aberrante, voire absurde...vraiment des malades du ciboulot ces mollahs centrés sur la destruction à l'exterieur mais complètement ineptes au niveau interieur.<br /> Un message important est passé durant cette guerre des 12 jours et c'est le suivant: "Ou vous vous calmez un peu ou on vous décapite"...et les mollahs ont reçu le message 5 sur 5 bien qu'ils s'en défendent.<br /> Les iraniens n'ont pas de vrais alliés de poids...et surtout pas la Russie empêtrée avec l'Ukraine, ou la Chine...aucun risque de 3 ème guerre mondiale.
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C
Bonjour Alea Jacta Est, l'aviation iranienne n'a en effet joué aucun rôle dans la défense de l'espace aéerien et n'est d'ailleurs pas en mesure de le faire, du fait des sanctions l'Iran ne dispose que d'une flotte d'avions dépassés dont le taux de disponibilité est inconnu. <br /> <br /> Ce n'est pas encore officiel mais l'Iran serait en train de négocier l'achat auprès de eté de Sukhoi Su-57 "Felon". cela pourrait marquer le début de retour de l'aviation de combat de ce pays sur la scène mais cela prend entre 3 à 4 ans pour former un pilote pleinement opérationnel sur Su-57.<br /> <br /> L'iran ne peut donc compter que sur ses missiles anti-aériens pour défendre un pays faisant trois fois la taille de la France. Les plus redoutables sont les S-300PMU-2 russes mais seules 4 batteries ont été livrées en 2016.
A
PS: on peut penser que le fait que les services d'intelligence occidentaux ont complètement infiltré l'appareil militaire iranien fait qu'ils peuvent les lire à livre ouvert. C'est un avantage considérable.<br /> On ne peut pas affirmer la même chose avec les russes
A
A Caius<br /> Cette domination du ciel iranien dont je parle et qui serait dû à une supériorité technologique a été reprise dans tous les médias occidentaux, et non des moindres, comme la BBC.Si c'était un mensonge ce serait une vaste opération d'intoxication et d'enfumage impliquant tous les grands médias occidentaux: pas impossible bien sûr mais ça me semble hautement improbable. La chasse iranienne peut être considérée comme quasiment inexistante( en terme de capacités), jusqu'à preuve du contraire.<br /> https://www.bbc.com/afrique/articles/cgk3j2p1377o<br /> <br /> A Rosemar<br /> on savait que le bombardement américain ne pouvait détruire 100% des capacités iraniennes mais s'il a permis de ralentir durant des mois ou des années le programme nucléaire iranien ce sera un succès indéniable. La suite nous le dira. Le bombardement avait au moins une double fonction: détruire les capacités le plus possible et aussi envoyer un signal fort de ce qui n'est pas négociable.<br /> Montrer qu'on ne bluffe pas et donc faire du préventif...Trump a bien expliqué que si c'était nécessaire il peut remettre ça, comme il veut et quand il veut.<br /> Merci pour le lien. Je regarderai en replay cette émission lors de mon retour chez moi.
R
Un documentaire intéressant sur les maîtres de l'Iran :<br /> <br /> <br /> https://www.arte.tv/fr/videos/RC-027057/gardiens-de-la-revolution-les-maitres-de-l-iran/<br /> <br />
R
De l'orgueil dans les deux camps, AJE... Il semble aussi que les bombardements américains n'aient pas anéanti le programme nucléaire de l'Iran ??
C
Je suis loin de partager votre avis sur cette prétendue pénétration "comme dans du beurre" de l'espace aérien iranien :<br /> <br /> "Les affirmations d'Israël selon lesquelles il aurait établi une « supériorité aérienne » totale sur l'Iran sont frauduleuses : les avions israéliens ne survolent pas l'Iran - il n'y a aucune preuve à l'appui de cette affirmation.<br /> <br /> Israël a utilisé une panoplie de frappes de drones pour lesquelles il existe une montagne de preuves. Les drones UCAV sont moins détectables et moins coûteux, ce qui permet à Israël de les pousser vers Téhéran tout en subissant des pertes dues à des tirs qui n'affectent pas son image publique.<br /> <br /> Toutes les vidéos de frappes diffusées jusqu'à présent par Israël montrent des images provenant d'UCAV ou de drones de surveillance.<br /> <br /> (...)<br /> Il n'existe pas une seule vidéo d'un avion israélien dans l'espace aérien iranien, mais des tas de vidéos montrant des premiers étages de missiles israéliens récupérés en Syrie et en Irak, ce qui indique qu'Israël continue de tirer des missiles comme le Blue Sparrow depuis l'extérieur des frontières de l'Iran.<br /> <br /> D'autres vidéos de frappes montrent la caméra du missile Delilah, qui a une portée de plus de 250 km et peut atteindre de nombreux sites de l'ouest de l'Iran, même lorsqu'il est tiré avant la frontière.<br /> <br /> (...)<br /> <br /> Je n'ai personnellement vu qu'une seule séquence qui pourrait indiquer que les jets israéliens sont légèrement entré en territoire iranien, où il semble que des JDAMS aient été largués sur Kermanshah, qui se trouve à peine à plus de 100 km de la frontière iranienne :<br /> <br /> (...)<br /> Il semble probable que l'Iran ait retiré une grande partie de ses systèmes de défense antiaérienne a plus longue portée et plus redoutables plus à l'est, vers Ispahan et au-delà, en prévision de bombardements américains à grande échelle. Cela correspondrait à un rapport réel sur le retrait des lanceurs de missiles lourds dans la même région, qui sont également visés par les frappes israéliennes.<br /> <br /> Rappelons qu'Israël n'a jamais été capable de survoler le territoire syrien, dont les DA étaient bien plus faibles que celles de l'Iran - Israël bombardait la Syrie depuis le Mont-Liban. Ce n'est qu'après la prise de contrôle de Jolani qu'Israël a finalement pu détruire le réseau de défense aérienne syrien, abandonné et sans pilote. En outre, rappelons qu'Israël a dû faire voler ses F-35 à quelques mètres du sol en Jordanie lors de précédentes frappes contre l'Iran, comme l'affirment certains rapports "<br /> https://simplicius76.substack.com/p/iranian-abyss-will-us-take-the-plunge
A
Au sujet de l'accès de l' Iran à l'arme nucléaire. Difficile de savoir si cette guerre de 12 jours est un succès ou un fiasco mais l'opération israelo-américaine a au moins le grand mérite de démontrer aux mollahs que les USA et Israël ne bluffent pas et qu'ils peuvent remettre le couvert si c'est nécessaire. Ces opérations ont pu être menées grâce au fait que le régime iranien est complètement infiltré par des éléments hostiles au pouvoir en place...un pouvoir qui ne tient que par la terreur. Dans un tel contexte l'obstination de Khamenei à poursuivre son programme nucléaire serait assez suicidaire. Trump peut les frapper mortellement sans avoir à engager de troupes au sol
C
Un article qui donne à penser : <br /> <br /> "Presque du jour au lendemain, les « amis ennemis » de l'Iran dans le Golfe Persique et dans les pays arabes ont pris conscience que leur désir, vieux de plusieurs décennies, de voir la puissance iranienne neutralisée devait être réévalué. Ils avaient prospéré grâce au parapluie sécuritaire offert par Téhéran et, sans lui, ils risquaient de devenir des pions dans le programme hégémonique d'Israël.<br /> <br /> Pendant des décennies, un équilibre fragile des forces a défini l'Asie occidentale. Ni l'Iran ni Israël ne pouvaient dominer pleinement, car tous deux risquaient de payer un lourd tribut à une agression. Le réseau d'alliés de l'Iran – du Hezbollah au Liban aux forces armées alliées à Ansarallah au Yémen – a servi de contrepoids aux visées américano-israéliennes. Cet équilibre a offert aux États arabes du Golfe une marge de manœuvre, même s'ils s'opposaient verbalement à Téhéran.<br /> <br /> Aujourd'hui, ce calcul a changé . Le cessez-le-feu soutenu par Trump a peut-être mis fin au pire des affrontements, mais il a aussi souligné à quel point Israël était proche de remodeler unilatéralement la région. Une victoire israélienne bouleverserait l'équilibre existant et élèverait Tel-Aviv au rang de puissance hégémonique unique de la région.<br /> <br /> À sa place émergerait un État d'occupation, enhardi à agir en toute impunité. La résistance de l'Iran n'est pas seulement une préférence stratégique : c'est une nécessité pour préserver les derniers vestiges de l'action arabe dans la région.<br /> <br /> Cela représente une menace directe pour les États voisins. La Jordanie est confrontée au spectre d'une annexion de la Cisjordanie et à un éventuel afflux massif de réfugiés en provenance de Gaza. L'Égypte s'inquiète de la possibilité que des Palestiniens soient poussés vers le Sinaï, un scénario que le président Abdel Fattah el-Sissi a qualifié de ligne rouge.<br /> <br /> Au niveau régional, l'affaiblissement de l'Iran réduirait la capacité de Téhéran à financer et à armer les factions de résistance palestiniennes, réduisant ainsi le besoin israélien et occidental d'une médiation égyptienne – et qatarie – lors de futurs conflits. L'Égypte dépend du gaz israélien, qui représente environ 15 à 20 % de sa consommation ; Tel-Aviv a déjà interrompu ses approvisionnements après la fermeture de ses gisements gaziers de Léviathan et de Kreish lors de la récente escalade, privant les usines égyptiennes de carburant . De ce fait, l'Égypte pourrait se retrouver contrainte de négocier en position de faiblesse sur les questions de frontières, d'énergie et de sécurité.<br /> <br /> Le Liban reste sous la menace constante des provocations israéliennes, dont les frappes israéliennes se multiplient depuis la guerre avec l'Iran. Ce n'est un secret pour personne que Tel-Aviv rêve depuis longtemps d'annexer le territoire libanais pour accéder au fleuve Litani. Pourquoi s'arrêter là, alors que tous les obstacles sont levés ?<br /> <br /> La Syrie a déjà vu de vastes zones de son territoire méridional occupées par les forces d'occupation israéliennes. Des rapports de terrain confirment que Tel-Aviv s'est étendu à l'ensemble du plateau du Golan (environ 1 200 km²) et à environ 500 km² dans le sud-ouest de la Syrie. Les forces israéliennes ont également pris le contrôle du barrage de Mantara, principale source d'eau de Quneitra, ce qui leur confère un avantage stratégique important face à toute menace potentielle.<br /> <br /> Plus grave encore, les États du Golfe perdraient leur importance stratégique . Si l'Iran était neutralisé, Washington n'aurait plus besoin des Saoudiens, des Émiratis ou des Qataris pour contenir Téhéran. Leur utilité en tant que partenaires stratégiques s'éroderait. Ce qui le remplacerait serait un nouvel axe de puissance américano-israélien où les États du Golfe persique ne seraient que des clients, et non des partenaires.<br /> <br /> Leur influence à Washington chuterait, tout comme leur capacité à obtenir des garanties de sécurité, des contrats d’armement ou un soutien diplomatique.<br /> <br /> Entre dissuasion et domination<br /> <br /> La guerre contre Gaza et l'escalade israélo-iranienne ont contraint les capitales du Golfe Persique à une réévaluation qui donne à réfléchir. Si ces États ont longtemps considéré l'Iran comme un rival et une menace, le spectre de la suprématie israélienne a révélé la valeur dissuasive de Téhéran. La capacité de l'Iran à armer les factions de la résistance, à défier la domination américaine et à entraver l'expansion israélienne a donné aux États arabes une marge de manœuvre. Sans cela, leurs options se réduisent considérablement.<br /> <br /> C'est pourquoi, en coulisses, de nombreux responsables du Golfe espèrent désormais en catimini une issue qui préserverait le rôle de l'Iran. Non pas par admiration pour Téhéran, mais par crainte d'un avenir dicté par Tel-Aviv. Un Israël affaibli – freiné par un Axe de la Résistance résilient – ​​garantit aux monarchies arabes un pouvoir de négociation et une pertinence durables.<br /> <br /> En effet, plusieurs analystes du Golfe ont déjà averti que l'ordre post-cessez-le-feu pourrait marquer la fin de toute indépendance stratégique arabe. La vague de normalisation avec Israël, autrefois perçue comme une protection économique, est désormais perçue comme un handicap. Ce sentiment est de plus en plus répandu parmi les élites arabes, qui considèrent désormais l'équilibre – et non la domination – comme la seule voie vers la sécurité."<br /> https://thecradle.co/articles/for-arab-states-an-enduring-iran-is-far-better-than-a-victorious-israel
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R
Merci pour cet article, Caius : une situation complexe qui risque de profiter à l'Iran ?
L
Le cercle infernal... On recommence dans quelques mois.<br /> <br /> Sans troupes au sol, comme en irak, je ne vois pas.
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R
Une trêve qui peut ne pas durer, en effet, LH
C
Israël at-t-il encore les moyens d'une nouvelle agression ? <br /> <br /> "Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré lors d'une conférence de presse que le coût total de la guerre pourrait atteindre 12 milliards de dollars , tandis que le gouverneur de la Banque d'Israël, Amir Yaron, a estimé ce chiffre à environ la moitié lors d'une interview accordée à Bloomberg TV mercredi. Quel que soit le chiffre final, cela représente un défi pour une économie déjà mise à rude épreuve par 20 mois de conflit généralisé.<br /> <br /> <br /> Ce chiffre ne concerne qu'une période de 12 jours ; imaginez si la situation avait duré des mois, voire un an. On nous avait dit que la guerre coûtait entre 200 et 300 millions de dollars par jour, rien qu'en dépenses militaires. Si l'on ajoute le chiffre plus élevé de 12 milliards de dollars de dommages non militaires, le total représente 1,3 milliard de dollars par jour, au maximum. Le budget de la défense d'Israël est d'environ 45 milliards de dollars, ce qui signifie que la guerre engloutirait la totalité du budget en un mois seulement, et le PIB du pays tout entier en un an et demi.<br /> <br /> « C'est le plus grand défi auquel nous avons été confrontés : il n'y a jamais eu une telle ampleur de dégâts dans l'histoire d'Israël », a déclaré aux journalistes Shay Aharonovich, directeur général de l'Autorité fiscale israélienne, chargé du versement des indemnisations.<br /> <br /> L'article confirme en outre qu'Israël était presque entièrement paralysé économiquement pendant toute la durée de la guerre, comme nous l'avions signalé la dernière fois :<br /> <br /> Durant les 12 jours de campagne, l'économie israélienne a été presque entièrement paralysée , les écoles et les commerces étant fermés, à l'exception de ceux jugés essentiels. Le gouvernement versera des indemnités aux entreprises, estimées par le ministère des Finances à 5 milliards de shekels.<br /> <br /> Il admet également que la plus grande raffinerie de pétrole d'Israël à Haïfa a été « gravement endommagée » et que la brève guerre contre l'Iran a coûté bien plus cher que les deux conflits contre le Hamas et le Hezbollah à partir d'octobre 2023, ce qui est choquant quand on y pense.<br /> <br /> En bref, l’Iran a causé bien plus de dégâts qu’on ne le laissait entendre."<br /> https://simplicius76.substack.com/p/israel-iran-the-denouement