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10 septembre 2025 3 10 /09 /septembre /2025 09:51
Quand la big tech investit l'école...

"Les écrans et leur impact sur les plus jeunes... On connaît de plus en plus les effets négatifs de l'addiction aux écrans.

On connaît beaucoup moins la stratégie de l'industrie numérique... une stratégie pour faire rentrer à tout prix les écrans dans les écoles.

Des start-up bénéficient de millions d'euros de subventions publiques pour développer des applications, des logiciels pour l'école, parmi lesquels Didask. En 2015, l'entreprise décroche un appel d'offre pour créer une plateforme pour les enseignants.

Et pour cela, l'état a déboursé près d'un million d'euros. Mais la plateforme n'a jamais été mise à disposition de l'Education nationale. L'argent a surtout permis de développer des formations en ligne vendues à des entreprises privées.

Aucune plateforme donc pour l'Education nationale et pourtant la start-up a de nouveau remporté un nouvel appel d'offres publiques en 2023 cette fois de 7 millions d'euros de subventions publiques qui profitent à des entreprises de la tech mais aussi à des laboratoires universitaires censés garantir l'efficacité des outils numériques, des laboratoires, en fait, proches eux-mêmes de géants de la tech comme Facebook et Google et aussi Microsoft.

Un autre projet visant à créer une application pour aider les élèves à écrire, Kaligo, un projet officiellement porté par une petite entreprise bretonne qui a en réalité pour partenaire Microsoft.

Pour développer cette application, l'état au total a dépensé plus de 6 millions d'euros et mille élèves de maternelle ont été testés en présence d'ingénieurs dans des salles mises à disposition par Microsoft pour faire des exercices.

"Dans ces exercices, on leur proposait de tracer des lettres, cela permettait aussi de prendre des empreintes pour améliorer les moteurs d'intelligence. A partir de ces travaux, on a continué à améliorer les moteurs d'IA." explique celui qui est à l'origine du projet.

Dans les documents d'appel à projet, on découvre aussi que les tests menés sur les enfants dans la salle Microsoft ne visaient pas seulement à créer une application pour aider les élèves mais aussi à comprendre "comment capter leur attention et comment améliorer les outils industriels."

Un extrait de ces documents : "La diffusion de la solution doit générer progressivement un taux d'équipement des écoles en tablettes. Les années d'expérimentation doivent également permettre aux constructeurs de développer ou d'affiner leur gamme de produits dédiés à l'éducation. Elles permettront également de tester de nouveaux produits répondant aux exigences de l'Education nationale : tablettes robustes, coques de protection, stylets ergonomiques, charriots de rangement et de chargement."

Finalement, l'application Kaligo est surtout commercialisée à l'étranger. Microsoft confirme avoir été partenaire technologique mais assure que les données ont été captées uniquement par la start-up.

Des géants de la tech derrière de plus petites entreprises pour faire entrer les tablettes dans les écoles : cette stratégie ne surprend pas...

"Ce secteur déploie les formes les plus agressives et les plus manipulatrices de lobbying. Nous avons montré qu'ils passent par des fonds d'investissement derrière lesquels on trouve la Big Tech, et souvent, pour avoir une bonne image, ces fonds représentent de plus petites entreprises, des start-up mais les messages que portent ces start-up, ce sont ceux des lobbies de la Big Tech comme Google ou Meta." dit un spécialiste.

"Christophe Cailleaux, responsable du groupe numérique du Snes-FSU met en garde : "D'un côté le gouvernement dit qu'il faut protéger les enfants des écrans, mais d'un autre il subventionne le développement des outils numériques à l'école. Il y a des enjeux financiers parce que c’est de l’argent public investi dans des solutions privées, mais aussi des enjeux cognitifs pour les élèves, et en termes de liberté, de surveillance des données...Avec l'intelligence artificielle, c’est une évolution fulgurante, et en tant que responsables des générations futures, nous avons la responsabilité de dire stop. Il faut faire pause".

 

16 minutes, 4 secondes

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/l-iran-promet-les-portes-de-l-enfer-a-israel-3282860

 

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/secrets-d-info/secrets-d-info-du-samedi-14-juin-2025-7569333

Quand la big tech investit l'école...
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commentaires

A
Sur le lien que tu as partagé il est fait état d'une progression rapide de 7 à 11% des ados qui ont un comportement problématique d'addiction aux écrans avec tous les graves problèmes que ça suppose.<br /> Par ailleurs l'humanité a démontré depuis des millénaires qu'on pouvait apprendre à lire et à écrire sans écrans, et avec de bien meilleurs résultats académiques...<br /> Tous les penseurs de l'école de demain devraient avoir comme priorité de penser de quelle manière il faut stopper l' addiction des élèves aux écrans et de quelle manière il faut ancrer les jeunes dans le réel.<br /> PS/ Un peu hors-sujet.<br /> Aujourd'hui est une journée très difficile pour les forces de l'ordre agressées par des minorités violentes qui s'organisent à partir de réseaux de messageries comme telegram. Pour faire simple on se retrouve avec une nouvelle génération assez analphabète mais qui sait utiliser les nouvelles technologies de l'information pour détruire, pour casser du flic,etc... Nouvelles technologies et néobarbaries ne sont malheureusement pas antinomiques...On retrouve le problème de toujours, le pb de l'emploi qu'on fait d'un outil: un marteau c'est prévu pou planter des clous, mais ça peut servir à des fins bien plus destructrices.
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R
Il y a les addictions, en effet... et aussi tout cet argent public qui est investi dans ces technologies, alors qu'elles sont néfastes... du gaspillage, alors que l'on connaît les problèmes d'endettement de la France... c'est le résultat d'un lobbying féroce de la big tech.<br /> Les réseaux sociaux font aussi des ravages : la violence, la barbarie, l'impulsivité gagnent du terrain...