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17 avril 2026 5 17 /04 /avril /2026 11:43
Fais comme l'oiseau...

Dans un monde de technicité croissante où l'homme éprouve des difficultés à trouver des repères, voici une chanson interprétée par Michel Fugain,  qui nous invite à un retour vers la nature, une belle ode à la liberté et à la simplicité... et c'est réconfortant...

 

La chanson s'ouvre sur le refrain avec un conseil sous la forme d'un impératif : "Fais comme l'oiseau"... l'oiseau symbole de beauté, de liberté, d'insouciance représente bien  un modèle de cette nature que nous avons tendance à oublier...

Associé à "un air pur, à une eau fraîche", à "un peu de chasse et de pêche" l'oiseau n'est-il pas le meilleur symbole d'une nature intacte ?

Symbole aussi de liberté et d'élan car il peut toujours "aller plus haut".

Le mot "oiseau" réitéré à quatre reprises dans ce refrain, le plus souvent à la rime, est ainsi magnifié...

 

Dans le premier couplet, on perçoit les paroles d'un locuteur qui répond aux propos énoncés dans le refrain : 

"Mais je suis seul dans l'univers
J'ai peur du ciel et de l'hiver"

Solitude, peur des éléments, ce locuteur évoque bien la condition de l'homme sur la terre... et les peurs sont multiples : le mot "peur" est ainsi employé à quatre reprises dans ce couplet : "peur des fous, de la guerre, du temps qui passe"...

Dès lors, une question existentielle est posée : "Comment peut on vivre aujourd'hui
Dans la fureur et dans le bruit"... les mots sont violents et les sonorités de gutturales "r" qui les composent le sont aussi...

Le désarroi se traduit alors par des négations et par ce rythme ternaire insistant :

"Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu"

 

Dans un deuxième couplet, c'est l'amour qui est évoqué, et notamment celui de "ce sauveur de l'humanité" que recherche en vain le locuteur... un amour souvent loué, "chanté"... Ainsi est abordé le thème religieux... Et le désarroi se traduit encore par des questions qui marquent aussi le doute :

"Comment peut on vivre sans lui ?
Sous quelle étoile, dans quel pays ?"

Des négations viennent désespérément mettre en doute la foi religieuse :

"Je n'y crois pas, je n'y crois plus, je suis perdu"

 

On perçoit encore du désespoir dans le dernier couplet où le personnage se lamente encore et exprime son exaspération de manière directe avec un vocabulaire familier :

"Mais j'en ai marre d'être roulé
Par des marchands de liberté"

L'utilisation réitérée de la consonne gutturale "r" pleine de dureté vient souligner le propos....

On retrouve ce langage familier dans les vers suivants :

"Et d'écouter se lamenter
Ma gueule dans la glace..."

Dès lors, reviennent des questions qui insistent sur le désarroi : quelle attitude adopter ? La lutte ou le renoncement ? Et à nouveau, c'est le vocabulaire familier, courant qui est utilisé donnant une tonalité réaliste à ce discours :

"Est-ce que je dois montrer les dents ?
Est-ce que je dois baisser les bras ?"

Le refrain vient à nouveau répondre à cette angoisse avec l' exemple de l'oiseau, symbole de liberté, de légèreté, de paix, d'harmonie...

Certes, cette réponse peut paraître utopique, mais comme elle fait du bien ! Voilà une chanson remplie d'espoir qui prône le détachement et la simplicité...

 

La mélodie oscille entre mélancolie dans les couplets et joie, élan vital dans le refrain comme pour mimer la liberté et le bonheur infini de l'oiseau...

 

Pour mémoire :

 

"Au tout début de l’année 1972 Michel Fugain se trouve au Brésil où il participe au festival de la chanson à Rio de Janeiro. Michel Fugain y représente la France.

Après sa prestation devant plus de 20 000 au Maracanã, le plus grand stade de football du Brésil, Michel Fugain reste en coulisses pour profiter de la suite du spectacle.

Et c’est ainsi qu’il entend la chanson Voce Abuso interprétée par me duo Antonio Carlos et Jocafi. C’est le tube local du moment.

Il est immédiatement séduit et décide de reprendre ce titre.

Il obtient les droits et demande à son ami Pierre Delanoë d’en faire la version française."

Les paroles :

https://www.lacoccinelle.net/1018831.html

 

 


 

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commentaires

M
M. A. Selosse l’Origine du monde.
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R
Voici le lien de Babelio :<br /> <br /> <br /> https://www.babelio.com/livres/Selosse-Lorigine-du-monde/1358877<br /> <br />
M
Marc André Selosse vous expliquerait que notre évolution dans les premiers temps n’est déroulée dans une nature où les oiseaux étaient omniprésents et en très grande quantité.
Répondre
R
Merci pour cette référence :<br /> <br /> <br /> https://infonature.media/a-voir-a-lire-a-ecouter/a-lire/2026/15/a-lire-de-la-biodiversite-comme-un-humanisme-marc-andre-selosse/<br /> <br />
M
Bonjour Rosemar, le monde des oiseaux est particulièrement perturbé par notre empreinte dévastatrice et pourtant, chose étrange, ceux-ci nous permettent d’avoir des rêves plutôt positifs . Bonne journée à tous.
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R
C'est bien vrai : les oiseaux nous font rêver grâce à leur élégance, leur beauté, leurs chants...<br /> <br /> Bonne soirée
L
Chanson connue, mais jamais fait attention aux paroles, c'est fait, j'adore... <br /> <br /> Ça m'a rappelé une autre chanson, de Manu Chao, qui semble avoir repris une ligne de la chanson de Fugain :<br /> <br /> ¿Qué voy a hacer? Je ne sais pas<br /> ¿Qué voy a hacer? Je ne sais plus<br /> ¿Qué voy a hacer? Je suis perdu<br /> <br /> https://www.google.com/search?q=manu+chao+me+gustas+tu+lyrics&oq=manu+&gs_lcrp=EgZjaHJvbWUqDAgAEAAYQxiABBiKBTIMCAAQABhDGIAEGIoFMg8IARAuGEMYsQMYgAQYigUyCggCEC4YsQMYgAQyBggDEEUYOTIKCAQQLhixAxiABDIKCAUQLhixAxiABDIMCAYQLhhDGIAEGIoFMgYIBxBFGDwyBggIEEUYQTIHCAkQABiABDIHCAoQLhiABDIKCAsQABixAxiABDIKCAwQLhixAxiABDIKCA0QABixAxiABDIHCA4QABiABNIBCTE3MTA5ajBqOagCAbACAQ&client=ms-android-samsung-ss&sourceid=chrome-mobile&ie=UTF-8#ebo=1
Répondre
L
Merci AJE !
R
Un bel hymne à la nature symbolisé par l'oiseau : j'adore aussi !<br /> <br /> Merci pour le rapprochement étonnant avec cette autre chanson de Manu Chao que je ne connaissais pas...
A
A L'Hatem<br /> Toi tu n'as pas besoin de traduction pour la chanson Sidi h'bibi que j'ai mise en lien...même si c'est du dialecte maroco-algérien...
A
A L'Hatem<br /> Bien observé le "Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu".<br /> Ce qui est probable c'est que Manu Chao pensait que c'était de lui alors que c'est ressorti de sa mémoire sans même qu'il ne s'en rende compte.<br /> <br /> Puisque tu parles de ME GUSTAS TU de Manu Chao.<br /> <br /> https://www.youtube.com/watch?v=rs6Y4kZ8qtw<br /> <br /> Cette chanson ( que j'adore) a été plagiée par d'autres. <br /> Voici les points clés :<br /> Condamnation pour plagiat : En 2009, le Tribunal supérieur de justice de Barcelone a condamné une agence de publicité (The Love Comes) et un journal gratuit (ADN) à indemniser Manu Chao à hauteur de 90 000 euros.<br /> Détails du cas : Ces entités avaient utilisé, sans autorisation, une chanson dans une publicité qui imitait le rythme, la mélodie et la structure de "Me gustas tú", en changeant les paroles pour "Me gusta mi ADN".<br /> <br /> <br /> <br /> J'au vu MANU TCHAO à Valencia dans une petite salle dans les années 90 avec son groupe de l'époque MANO NEGRA....C'était chaud, chaud, chaud...Complètement à fond de bout en bout...une débauche d'énergie sur scène. Du délire..<br /> L'un des meilleurs moments du concert avait été ce morceau-ci: <br /> <br /> https://www.youtube.com/watch?v=kRAPGJul65c
A
C'est une adaptation très réussie de Pierre Delanoe qui garde la mélancolie mais qui s'éloigne complètement des paroles brésiliennes qui parlent d'une déception amoureuse et d'un abus de confiance ( Voce abusou = tu as abusé de moi).<br /> <br /> La musique du duo brésilien est absolument superbe. <br /> <br /> https://www.youtube.com/watch?v=S2JUyVFnG_s<br /> <br /> <br /> Voici ce que dit Gemini de la facture musicale<br /> <br /> <br /> Style et Genre : La chanson est profondément enracinée dans le samba, tout en intégrant des éléments de la musique baiana et des incursions dans des sonorités afro-brésiliennes. Elle est connue pour son rythme entraînant, parfois qualifié de joyeux, qui contraste fortement avec la mélancolie des paroles.<br /> <br /> Structure et Mélodie : Le morceau est bâti sur une structure de plainte amoureuse, s'ouvrant sur une accusation directe ("Você Abusou, tirou partido de mim"). Elle alterne des passages mélodiques fluides avec des refrains répétitifs qui renforcent l'aspect lancinant de la déception amoureuse.<br /> <br /> Harmonie : La chanson utilise des accords qui naviguent entre tonalités majeures et mineures, créant une tension entre la tristesse du thème et la chaleur de la mélodie.<br /> <br /> Instrumentation et Ambiance : Dans sa version originale, la chanson dégage une sonorité dense, typique des productions de Antônio Carlos & Jocafi du début des années 70, avec un usage marqué de la guitare acoustique, de percussions subtiles et souvent d'arrangements de cuivres ou de cordes, créant une atmosphère à la fois intime et festive.<br /> <br /> La Plaintes "Breguetada" : Le duo a apporté une touche particulière en incorporant des sonorités et des termes issus du langage populaire de Salvador (gírias, "presepada", "breguetes"), ce qui lui donne un caractère authentique et accessible
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R
Le thème de la chanson originelle est à l'opposé de la version française qui est tout de même pleine d'espoir, d'élan...<br /> Merci pour la vidéo du duo brésilien.<br /> Je vois que tu es désormais un fidèle client de l'IA Gemini... <br /> <br /> Belle soirée, AJE
A
Intéressant aussi le travail d'adaptation musicale sur la version française qui gomme un peu certains aspects ethniques de la version originale. Le thème mélodique est maintenu mais musicalement on revient aux standards de la grande variété internationale ( orchestre+ thème repris par les cuivres + les notes du piano qui viennent se détacher délicatement + choeurs..etc...)...Techniquement c'est très réussi, avec beaucoup de goût et de savoir-faire et ça colle très bien à ce beau texte signé Delanoë qui a une vocation universaliste...<br /> Au final c'est une très belle réussite cette version française.