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15 avril 2026 3 15 /04 /avril /2026 09:30
Les dangers de l'infobésité...

Pauline Amiel a donné au Carré d'Art une conférence sur l'infobésité qui nous menace et sur le journalisme de solutions...

 

"Les informations et leur traitement sont souvent sources d'angoisse : le panorama des informations est en effet plutôt sombre, déprimant : guerres, délinquance, changement climatique...

 

Le journal La Croix a mesuré l'intérêt du public pour l'actualité : cet intérêt est très fort, la plupart des gens s'intéressent à l'actualité, mais en même temps, la défiance envers les médias est très élevée. 61 % se méfient, c'est assez paradoxal.

Les médias traditionnels, télévision, radios sont les plus consultés, et quand on connaît un média, on a plus confiance.

 

Le plus souvent, on est submergé d'informations : on peut parler alors d'infobésité.

Les informations viennent à nous sur nos smartphones, avec des alertes incessantes, une info surabondante, à laquelle s'ajoutent tous les contenus de loisir sur les réseaux sociaux : recettes de cuisine, musique, publicités, vidéos, etc.

Tout est mélangé. De plus, notre cerveau dispose d'un temps d'attention limité, la part dédiée à l'info devient plus limitée, et les informations sont noyées dans toutes sortes de contenus.

La ressource rare devient l'attention, notre attention : nous vivons à l'ère de l'économie de l'attention, car les GAFAM ont basé leur économie sur l'attention, ils vendent des publicités.

Et les algorithmes nous proposent ce qui va nous faire rester sur ce qui nous intéresse : on parle d'obésité informationnelle, nous sommes saturés d'informations.

 

Et notre cerveau saturé n'arrive plus à digérer l'info.

De plus, les contenus saillants se basent sur l'émotionnel, sur la simplification, sur la peur, sur le rire, ou la colère. Et la colère est le sentiment qui fonctionne le mieux sur les réseaux sociaux.

Les médias en viennent à produire de plus en plus de contenus émotionnels pour se rendre visibles. On assiste à une fuite en avant : c'est une vision pas tout à fait juste de la réalité.

L'infobésité est une abondance organisée pour capter notre attention. Les médias traditionnels sont les premiers à en pâtir.

Les gens vont garder en tête plutôt les émotions que les faits.

 

La fatigue informationnelle peut pousser les gens à quitter les infos : on parle alors d'exode informationnel...

Il y aussi le risque des biais cognitifs : on va être attiré par les faits qui confortent ce que l'on croit déjà... on va être attiré par des contenus dramatiques : ce sont les biais de négativité, on aura ainsi une vision du monde beaucoup plus négative que ne l'est la réalité.

 

La conférencière nous fait voir alors deux présentations d'un même événement concernant les moineaux.

Sur le journal VERT : "Il était en train de disparaître à Paris : après un déclin brutal, le moineau domestique retrouve un peu d'air"

Sur Europe 1 : "La chute du nombre de moineaux à Paris s'accélère"

Le journal VERT présente les faits mais essaie de donner des solutions en montrant que les choses peuvent être améliorées...

Ainsi, le journalisme de solutions est une pratique du journalisme qui se penche sur les solutions apportées à des problèmes sociaux bien ancrés."

Le fait est que nous passons de plus en plus de temps devant des écrans qui se multiplient : ordinateur, smartphone, télévision... Nous sommes abreuvés d'informations anxiogènes : et avec la guerre en Iran, cette tendance s'aggrave car Trump organise aussi une saturation dangereuse des espaces médiatiques...

 

 

Les dangers de l'infobésité...
Les dangers de l'infobésité...
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commentaires

M
Bonjour Rosemar, ces nouvelles sont une des multiples formes de violence qu’on nous assène au quotidien conjuguée avec grand renfort de trompe-couillon pour voyeurs-curieux et la trop funeste sauce politesse du masque aimable. Bonne soirée à tous.
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R
Il est certain que la toute puissance des GAFAM est dangereuse : une concentration de pouvoir qui pose problème...<br /> <br /> Bonne soirée
A
A te lire j'ai l'impression que je suis un peu atteint de cette fatigue émotionnelle dont parle Pauline Amiel.<br /> Je m'en suis rendu compte ces derniers temps lors des répétitions chorales durant lesquelles il m'arrive de consulter mon smart quand la directrice de chant ne s'adresse pas directement à mon groupe de Basses et retravaille un passage vocal avec une autre corde ( soprano ou alto ou tenor). C'est une très mauvaise habitude dont je vais me défaire. Il faut savoir être à 100% dans ce qu'on fait , ne pas faire 2 choses en même temps et ne pas être hyperconnecté car ça génère de l'angoisse inutile, de la saturation mentale, de la fatigue et de l'épuisement émotionnel.<br /> Qu'il est loin le temps des années 80 quand je prenais des nouvelles du monde en 6 minutes par jour sur le JT résumé de M6.
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R
Nous sommes tous plus ou moins concernés par cette infobésité... pour ma part, je mets le plus souvent mon smartphone en mode avion, mais il n'empêche : j'ai tendance à suivre les infos, à regarder des vidéos, et en ce moment, avec la guerre en Iran, le phénomène s'accélère... Trump est à la manoeuvre...<br /> <br /> Belle soirée, AJE