Branche lavée, roulée, emportée par les eaux, aux mille reliefs, aux aspérités qui dessinent des hachures, des brisures, des rectangles, des formes diverses : cercles, rainures, éclats...
On trouve, parfois, dans les lits des rivières, ces bois malmenés et polis par les eaux...
On voit, encore, les noeuds du bois, on voit des couleurs de roses qui laissent des traînées, des impressions multiples : ocres, bruns, roses, rouges vineux se mêlent sur la branche.
Le bois est, à la fois, rude et lisse : rude de brisures, de chocs, lisse de l'érosion de l'eau.
La branche suit une courbe et dessine comme des ruisseaux de roses, des courants de bruns, des enluminures d'ocres...
Le bois cassé, fracturé à certains endroits, laisse voir une rugosité, des cratères, fait songer à une pierre striée et meurtrie.
La branche devient objet d'art, comme sculptée par les eaux : couleurs, formes, motifs, impressions de lumières, la branche devient sculpture, oeuvre d'art.
Elle déroule des ruisseaux de couleurs, elle dessine des reliefs, des ombres, des éclats...
Elle devient, elle-même, rivière lumineuse, mimant le fleuve qui l'a portée.
On y décèle des emportements, des colères, des violences infinies, on y observe la transparence des ondes, leur limpidité...
On y voit tout un monde d'harmonie et de révoltes. Le bois cassé, brisé, emporté par les eaux nous laisse entrevoir un monde, à la fois, tourmenté et serein, un monde fait de contrastes inouis.
Le bois revêt des formes, des couleurs variées, il se pare des splendeurs du ruissellement de l'eau, devient fluidité, transparences...
Photos : rosemar


