Le verbe "dégringoler" nous étonne par ses sonorités de gutturale répétée, par ses voyelles variées dont l'une est nasalisée : le mot semble mimer le geste maladroit de celui ou de celle qui tombe brusquement ! Aussitôt, on voit une chute brutale qui nous fait sourire...
Joli mot que la dégringolade ! Un mot sympathique malgré la réalité qu'il évoque !
Ces termes "dégringoler, dégringolade" semblent avoir pour origine l'ancien français "gringole" qui désignait une colline. Avec le préfixe dé- ajouté à ce radical, on voit le point de départ de la chute et sa rapidité...
Ces mots nous emportent vers les collines de Provence, aux chemins pentus et caillouteux, vers des "gringoles" parfumées de thym, de romarins, aux senteurs de pins du midi !
Le nom"gringole" fleure bon le sud, le mistral, les calanques qui descendent vers la mer.
Aussitôt, les parfums iodés et ambrés de la mer nous montent à la tête !
Voilà aussi des oliviers qui dégringolent les collines !
Ces mots nous emmènent vers les rivages du sud, vers la Méditerranée aux mille lumières, aux éclats de vents, aux ondes lumineuses...
On sent la garrigue, les fleurs de thym, les odeurs de fenouil, de lauriers...
Des images de bonheurs, de vacances, de rires défilent sous nos yeux, des images de bleu, de blanches collines de calcaires !
On dégringole des chemins de campagne, on découvre les collines du sud chères à Cézanne, la Sainte Victoire, la chaîne de l'Estaque, on dévale des sentiers.
On lézarde au soleil, on se gorge de lumières, de senteurs de la terre, on voit des mas, des champs de lavandes tout bleus.
On s'imprègne d'odeurs, de ciels lumineux, de mistral !
On avance vers des calanques bleutées, vers la mer aux mille reflets de vagues bruissantes, on s'enivre de l'odeur des pins mêlée à celle de l'onde amère...
On admire des paysages lumineux, des "gringoles", où ruissellent des pins, des oliviers, où s'accrochent du thym, de la menthe sauvage.
On respire un air de liberté...