Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 15:19
Je passe mes nuits à te maudire...

 

 

 


La nuit exacerbe souvent les peurs, les angoisses, les sentiments : l'obscurité accentue les douleurs... et, dans les ténèbres, l'absence d'un être aimé peut même devenir une obsession...

Adamo évoque cette absence dans une de ses plus célèbres chansons, intitulée La nuit... u
ne chanson qui restitue le désarroi amoureux, les souffrances de la séparation, le manque créé par l'absence...


Le texte, à la première personne, revêt une dimension lyrique, dans l'évocation des sentiments : le jour est opposé à la nuit, car il permet l'oubli, avec le retour à une vie active.

L'utilisation de la deuxième personne, dans un discours direct, donne vie au texte, et montre, aussi, l'omniprésence de l'absente, puisque le poète s'adresse à elle, comme si elle était là.

Le mot "nuits", employé au pluriel ou réitéré, souligne le temps passé à "maudire" celle qui est partie.

La lune est le seul témoin de cette solitude et de ce désarroi, souligné par un vocabulaire affectif :"l'âme vide et le coeur lourd". L'antithèse des deux adjectifs "vide, lourd" vient aggraver la douleur.


Le couplet suivant restitue bien une amplification des sentiments dans cette expression : "La nuit tu m'apparais immense 
Je tends les bras pour te saisir..."
Les rêves s'intensifient, deviennent, alors, réalité, dans le geste conquérant de l'amoureux.

Mais la "belle" se joue de son amant : le vocabulaire du jeu et du rire apparaît comme un défi : "plaisir, se jouer, ton rire"... 
On perçoit une sorte de délire amoureux dans ces visions nocturnes.


Le refrain lancinant évoque le thème de la folie amoureuse "La nuit, je deviens fou..."

Le rire personnifié de la jeune femme "fend le noir", une belle image contrastée, où s'opposent la gaieté et l'inquiétude symbolisée par la couleur noire de la nuit.


Une négation traduit le désarroi :"Je ne sais plus où chercher"... Mais le silence ramène l'espoir : le texte nous fait vivre, alors, cette alternance entre désespoir et bonheur, associée au sentiment amoureux.

Après avoir maudit la jeune femme, le poète lui affirme à nouveau son amour : "Je me reprends à t'aimer".

Mais cet amour ne peut se concrétiser, car l'amante disparaît encore, son rire se fait narquois et exaspère le poète.

Enfin, le jour apparaît et "dissipe" l'image de la jeune femme, qui s'évanouit et dont l'amoureux sait qu'elle ne lui appartient plus et qu'elle vit près d'un autre.

La mélodie lancinante restitue bien la jalousie et l'obsession de l'amoureux qui n'arrive pas à oublier son amour perdu...

Le thème de la folie amoureuse est particulièrement bien mis en relief avec des répétitions dans le vocabulaire, des effets de contrastes, et une musique qui souligne douleur et hantise.


 


 


 

Partager cet article
Repost0
30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 18:43
Entends, ma brune...

 

 



Une invitation à l'amour, pleine de poésie et de charmes, tel est le thème de cette chanson célèbre de Salvatore Adamo.

Cette invitation passe par des impératifs réitérés et insistants : "Viens, viens ma brune, Viens écouter la mer..." Joli prétexte pour persuader une amoureuse...

L'apostrophe "ma brune" restitue une familiarité, une proximité : la jeune femme ne peut que se laisser séduire par cette dénomination pleine de douceur.

La mer offre un cadre propice à la rencontre des amoureux, par son "murmure" et son "chant" : elle est, ainsi, personnifiée et devient la complice du poète qui lance cet appel...

La plage et ses dunes permettent de se "cacher", alors que les "vagues vont célébrer la nuit."

Le moment, l'obscurité de la nuit favorisent, aussi, la réunion des deux amoureux...


L'amoureux incite, alors, sa "belle" à des serments éternels, afin que la passion dépasse "les tourments et les larmes de la vie"...

L'amour mérite combat pour le perpétuer, ce que suggère l'image guerrière "nous prendrions les armes..."

Le poète évoque la fuite du temps, avec simplicité, et montre que l'amour peut en sortir renforcé, avec des comparatifs insistants, "plus beau, plus pur, plus vrai..."

Ainsi, le temps de la jeunesse est passé, mais l'amour n'a pas failli...

L'alternance des temps, présent et passé souligne cet écoulement du temps.


Le poète invite, alors, sa "belle" à entendre "ce doux concert", celui de la mer et celui de ses serments d'amour qui s'entremêlent avec harmonie...

 

Un superlatif  révèle tout l'amour du poète, dans cette expression : "mon bijou le plus cher".

On perçoit une belle déclaration d'amour dans cette confidence : " Tu es toute ma fortune..."

Et le texte s'achève sur une nouvelle invitation à écouter la mer.

La simplicité des mots, le cadre marin, le bruit des vagues nous bercent et nous séduisent : on se laisse emporter par la voix du poète, on est prêt à le suivre dans ce paysage de dunes...

La mélodie restitue toute la tendresse et toute l'émotion de l'amoureux dans sa déclaration...

Les sonorités de labiale "m", "b" ponctuent le texte : on peut y voir l'image même du baiser associé à la douceur de cet amour...

 

 

 

Les paroles :

 

http://www.paroles-musique.com/paroles-Salvatore_Adamo-Viens_Ma_Brune-lyrics,p5839


 


 

Partager cet article
Repost0
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 12:33
C'était charmant, le temps des roses...

 

 

 


Notre monde privilégie et cultive l'artifice : la nature perd ses droits, la technique est triomphante, et comme Adamo le chantait déjà, dans les années 60, on aimerait retrouver "le temps des roses"...

Roses de printemps naturelles, roses qui fleurissent sous les rayons du soleil...

Le texte de la chanson, à l'imparfait, évoque un passé révolu : "Quand les roses fleurissaient, sortaient les filles..."

La floraison des fleurs s'accompagnait, alors, d'envolées de "jupons", ceux des fleurs, et ceux des filles : les jeunes filles sont, ainsi, associées et assimilées à de belles fleurs.

On retrouve, là, une comparaison implicite qui est un lieu commun de la littérature sentimentale : le thème de la femme-fleur qui a pour but de magnifier les jeunes filles.

Le verbe "danser" nous fait percevoir des images de gaieté, évoquant l'arrivée du printemps et ses bonheurs.


Le poète nous dit, ensuite, le flétrissement des fleurs qui se conjugue avec l'hiver où les jeunes filles se cachent, et s'enferment "dans leur doux écrin", comme pour suggérer des vêtements épais et chaleureux.

Les roses et les jeunes filles suivaient, alors, tout naturellement le rythme des saisons...

"C'était charmant, le temps des roses.." commente le poète, avec insistance, puisque l'expression est réitérée à trois reprises.

Opposant le passé au présent, le texte nous fait voir, dans la deuxième partie, les roses d'aujourd'hui, devenues "artificielles", cueillies en toutes saisons, "été, comme hiver".

La nature a perdu ses droits et l'ordre normal semble, dès lors, perturbé.

Les jeunes filles sont devenues, à l'unisson de ces fleurs, images artificieuses et trompeuses : on les voit "se grimer le corps et le coeur"...

On les voit "impatientes", ne supportant plus l'ennui.

On perçoit, dans cette chanson, une nostalgie du temps qui passe à travers une opposition dans les temps employés : imparfait et présent...

On perçoit une altération dans l'attitude des jeunes filles : elles "se griment", terme péjoratif qui dénonce une tromperie.

La mélodie nous invite à la rêverie, avec un crescendo, dans l'expression : "c'était charmant, le temps des roses..."

Les sonorités de fricative"f", de sifflante "s" et de chuintantes "ch" qui ponctuent la chanson suggèrent toute la douceur de ces roses d'autrefois.

La simplicité de ce texte empreint de nostalgie nous touche d'autant plus que l'artifice prend de plus en plus de place dans nos sociétés et que l'on aimerait revenir à plus de naturel, et ce, dans de nombreux domaines.

Et on se prend à rêver, "paupières closes" à ce temps d'autrefois où les bonheurs les plus simples étaient appréciés à leur juste valeur...

 

 

 

Les paroles:

 

http://www.paroles.net/adamo/paroles-quand-les-roses
 

Le clip des années 60 :

 

https://youtu.be/cnpueOFw5aQ




 

Partager cet article
Repost0