La nuit exacerbe souvent les peurs, les angoisses, les sentiments : l'obscurité accentue les douleurs... et, dans les ténèbres, l'absence d'un être aimé peut même devenir une obsession...
Adamo évoque cette absence dans une de ses plus célèbres chansons, intitulée La nuit... une chanson qui restitue le désarroi amoureux, les souffrances de la séparation, le manque créé par l'absence...
Le texte, à la première personne, revêt une dimension lyrique, dans l'évocation des sentiments : le jour est opposé à la nuit, car il permet l'oubli, avec le retour à une vie active.
L'utilisation de la deuxième personne, dans un discours direct, donne vie au texte, et montre, aussi, l'omniprésence de l'absente, puisque le poète s'adresse à elle, comme si elle était là.
Le mot "nuits", employé au pluriel ou réitéré, souligne le temps passé à "maudire" celle qui est partie.
La lune est le seul témoin de cette solitude et de ce désarroi, souligné par un vocabulaire affectif :"l'âme vide et le coeur lourd". L'antithèse des deux adjectifs "vide, lourd" vient aggraver la douleur.
Le couplet suivant restitue bien une amplification des sentiments dans cette expression : "La nuit tu m'apparais immense
Je tends les bras pour te saisir..."
Les rêves s'intensifient, deviennent, alors, réalité, dans le geste conquérant de l'amoureux.
Mais la "belle" se joue de son amant : le vocabulaire du jeu et du rire apparaît comme un défi : "plaisir, se jouer, ton rire"... On perçoit une sorte de délire amoureux dans ces visions nocturnes.
Le refrain lancinant évoque le thème de la folie amoureuse "La nuit, je deviens fou..."
Le rire personnifié de la jeune femme "fend le noir", une belle image contrastée, où s'opposent la gaieté et l'inquiétude symbolisée par la couleur noire de la nuit.
Une négation traduit le désarroi :"Je ne sais plus où chercher"... Mais le silence ramène l'espoir : le texte nous fait vivre, alors, cette alternance entre désespoir et bonheur, associée au sentiment amoureux.
Après avoir maudit la jeune femme, le poète lui affirme à nouveau son amour : "Je me reprends à t'aimer".
Mais cet amour ne peut se concrétiser, car l'amante disparaît encore, son rire se fait narquois et exaspère le poète.
Enfin, le jour apparaît et "dissipe" l'image de la jeune femme, qui s'évanouit et dont l'amoureux sait qu'elle ne lui appartient plus et qu'elle vit près d'un autre.
La mélodie lancinante restitue bien la jalousie et l'obsession de l'amoureux qui n'arrive pas à oublier son amour perdu...
Le thème de la folie amoureuse est particulièrement bien mis en relief avec des répétitions dans le vocabulaire, des effets de contrastes, et une musique qui souligne douleur et hantise.




