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24 juillet 2024 3 24 /07 /juillet /2024 09:34
Ecole : de plus en plus de contestations...

De plus en plus de contestations dans les écoles : une tendance qui s'aggrave au fil des années... contestation des notes, contestation des sanctions, de la discipline...

"Les contestations augmentent à l'école, voilà le constat de la médiatrice de l'Education Catherine Becchetti-Bizot dans son rapport annuel. Ses services ont traité l'an dernier plus de 20 000 saisines, en hausse de 12% sur un an.


Les récriminations émanant des élèves et de leurs familles concernent notamment les conflits relationnels, les mesures disciplinaires ou les notations. Du côté des enseignants, les questions de laïcité suscitent un "sentiment croissant d'insécurité", note le rapport.

 

Autre fait remarquable dans ce rapport : les notes données par les professeurs sont de plus en plus contestées... une attitude que l'on retrouve en grande partie dans les familles qui ont choisi des filières élitistes, et qui s'est même aggravée avec la réforme du baccalauréat, d'autant que le contrôle continu compte désormais pour 40% dans la note finale...

 

Un professeur de mathématiques témoigne : "Depuis l'instauration du nouveau bac avec le contrôle continu, on est confronté effectivement à des contestations régulières de parents d'élèves, d'élèves parce que ces notes évidemment ont une importance pour la délivrance du diplôme, et aussi pour parcours sup... c'est la réalité que l'on vit quotidiennement dans les classes à partir du moment où on rend une note qui est un peu en dessous des attentes de l'élève."

Une hausse des contestations qui s'est également accrue avec la dégradation du climat scolaire et certaines prises de parole politique, estiment les enseignants qui demandent donc plus de moyens humains pour accompagner les élèves.

 

Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE-Unsa déclare :

"Quand on dit qu'on manque d'assistants d'éducation, de  psychologues de l'Education nationale qui contribuent beaucoup par leur rôle et leur mission à améliorer le dialogue entre les familles, les équipes pédagogiques, quand ces personnels font défaut, forcément on a une rupture de dialogue entre l'école et les familles, et donc la confiance ne peut pas se restaurer... au contraire, elle ne peut que se dégrader."

Mais il semble que le malaise soit plus profond : on assiste à une contestation de l'autorité dans bien des domaines...

 

Afin d'apaiser le climat entre les élèves, les parents et les enseignants, les syndicats espèrent donc que le ou la future ministre de l'Education travaillera mieux avec les partenaires sociaux ainsi que les fédérations de parents d'élèves qui, ces dernières années, se font de plus en plus déborder par certains collectifs de parents d'élèves..."

 

Chacun son rôle : les parents interviennent de plus en plus auprès des professeurs pour contester, qui une note, qui une punition, qui une question pédagogique, qui une appréciation...

ça suffit !

Les parents ne sont pas à même de juger de la qualité d'un devoir, ou de la pédagogie à adopter face aux élèves.

Les parents, c'est certain, font preuve de partialité face à leurs chérubins. Pour eux, ils sont souvent pourvus de toutes les qualités, et dans ce domaine, le règne de l'enfant roi fait des ravages.

 

La mode est à la contestation de l'autorité des professeurs : ceux-ci sont dévalorisés par leur fonction même, une fonction qui a perdu de son prestige d'autrefois, qui n'est plus valorisée dans son rôle : les enseignants sont ainsi très mal payés.

Comme l'écrit Alain Finkielkraut "le discours social ne traite plus les enfants en élèves, mais en clients. Des clients, au demeurant, mécontents, frustrés et à qui on explique qu'ils ont toutes les raisons de l'être..."

 

Source :

 

à 6 minutes, 8 secondes

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/journal-de-18h-emission-du-mercredi-17-juillet-2024-9129177

 

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4 juillet 2022 1 04 /07 /juillet /2022 11:03
Bidouillages au Baccalauréat...

 

 

"On connaîtra bientôt les résultats du Bac, le temps pour les professeurs de terminer de noter les copies et le temps d'harmoniser ces notes.

Cette harmonisation a toujours existé, la nouveauté, c'est que c'est un logiciel qui en est chargé aujourd'hui.

 

Est-ce donc Noël en plein été pour les bacheliers ? Certaines de leurs notes aux épreuves du Bac auraient été massivement relevées, d'un, deux, voire trois points, selon des correcteurs qui dénoncent un tripatouillage informatique.

 

Pour percer le secret des notes du Bac, il faut aller sur Santorin, non ! pas l'île grecque ! mais un logiciel de l'Education nationale : sur cette application réservée aux correcteurs, une prof de français découvre que les 35 copies de spécialité qu'elle avait corrigées ont toutes été relevées d'un point.

 

"J'ai des collègues qui avaient déjà des moyennes de 12, 5 /13 sur un paquet, ce qui est tout de même une grosse moyenne, qui ont vu remonter leurs copies de un à deux points, ça devient énorme, ça perd un peu son sens, je trouve cela méprisant pour notre travail. Cela veut dire qu'on considère que l'on n'a pas corrigé correctement nos copies..."

 

Mais d'où viennent tous ces points en plus ?

Ceux qui les accordent sont les inspecteurs d'académie... Leur objectif ? Rattraper les écarts de moyennes entre différents sujets ou différents correcteurs, en modifiant les notes.

 

L'Education nationale appelle cela l'harmonisation et la pratique depuis longtemps.

Mais la nouveauté, cette année, c'est que cette opération peut désormais se faire en deux clics, sur des dizaines de milliers de copies à la fois. Il peut y avoir 30 000 copies !

 

De quoi inquiéter un inspecteur syndicaliste.

"Cela va très loin, parce qu'il n'y a pas de contrôle. On pourrait très bien cibler une moyenne à l'avance, par exemple, de manière qu'une discipline soit affichée à telle ou telle hauteur de notes, pour être plus présentable."

Contacté, le Ministère de l'Education nationale conteste tout ciblage de résultats, et insiste sur la transparence du processus.

"Auparavant, les correcteurs n'étaient pas automatiquement prévenus sur leur lot de copies, lorsqu'il y avait une harmonisation des notes. Alors que, maintenant, via Santorin, ils ont la possibilité d'en voir le détail."

 

Le Ministère ajoute que l'harmonisation peut se faire autant en ajoutant des points qu'en en retirant aux candidats.

Pas tout à fait vrai, en pratique selon un syndicat d'enseignants : "En théorie, l'harmonisation peut se faire autant vers le haut que vers le bas. En pratique, elle se fait vers le haut, il s'agit d'éviter des redoublements massifs qui coûtent  très cher au système. Et aujourd’hui on est sur des taux du bac qu’il faut maintenir très haut."

L'an dernier, le bac général affichait un taux de réussite supérieur à 97 %. Soit 21 points de plus qu’il y a 25 ans."

 

Encore une fois, c'est l'économie qui prime ! Triste réalité ! Une économie qui s'impose à l'hôpital, à l'école, dans les EHPAD...

 

 

Sources :

 

https://www.francetvinfo.fr/societe/education/reforme-du-bac/video-baccalaureat-polemique-sur-un-logiciel-pour-relever-les-notes_5229499.html

 

https://lagedefaire-lejournal.fr/le-logiciel-santorin-nest-pas-une-farce/

 

 

 

 

 

 

 

Bidouillages au Baccalauréat...
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9 juillet 2021 5 09 /07 /juillet /2021 08:42
Baccalauréat général : un taux de réussite de 95 % !

 

Baccalauréat général : 95 % de réussite, avant même les épreuves de rattrapage !

Que valent désormais les diplômes ? Le DNB ou diplôme national du brevet est devenu une formalité : ainsi, plus besoin d'obtenir ce brevet pour le passage en classe de seconde.

Certains parlent même de brevet national de la bienveillance : c'est ainsi que le nomme Patrice Romain, dans son ouvrage intitulé Requiem pour l'Education Nationale.

 

Que dire du Baccalauréat ?

Lors d'un épisode du feuilleton "Un si grand soleil" diffusé sur France 2, on voit des étudiants en train d'attendre les résultats du BAC : c'est révélateur ! Ces étudiants ne sont pas dupes...

"On n'a toujours pas les résultats", dit l'une des protagonistes. Et un garçon leur répond : "Arrêtez de stresser..."

"Mais, on ne stresse pas pour le BAC, on stresse pour la mention." répond une jeune fille.

"Tout le monde l'a maintenant, le BAC..."

"Surtout avec 91, 5 %  de réussite, l'année dernière... pour pas l'avoir, il faut vraiment pas le vouloir !"

Ils ont tout compris, ces jeunes gens !

 

Examens de plus en plus faciles, notes de plus en plus positives, sanctions de plus en plus rares : notre système scolaire a tendance à gommer les difficultés et les obstacles...

On crée ainsi des générations qui ne connaissent pas l'échec et qui ne sont pas confrontés aux difficultés.

Comment ces adolescents pourraient-ils apprendre le sens de l'effort et de l'humilité ?

 

Cette année, en raison de la pandémie, l'épreuve de philosophie du BAC a été délaissée par nombre de candidats.

C’est la meilleure note qui devait être retenue, entre celle obtenue à l’épreuve de philosophie et celle du contrôle continu, à condition que le candidat ait rendu sa copie.

Une mesure décidée par Jean-Michel Blanquer pour tenir compte des perturbations dans les lycées provoquées par la crise sanitaire. Du coup, le jour de l’épreuve, le 17 juin dernier, de nombreux témoignages faisaient état du départ précipité de nombreux candidats bien avant la fin de l’épreuve." Comme nous le craignions, beaucoup de copies ont été rédigées très rapidement par des élèves qui n’étaient pas motivés par l’épreuve, car l’enjeu était trop faible", a déclaré Nicolas Franck, président de l’Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public.

Beaucoup de candidats ont bâclé leurs copies.

Comment pourrait-on s'en étonner ?

 

De plus, depuis des années, des recommandations d'indulgence sont données aux correcteurs par les inspecteurs.

Depuis des années, les taux de réussite au Baccalauréat s'envolent !

 

Mais est-ce rendre service aux élèves ? Un grand nombre d'entre eux se retrouvent sur les bancs de l'université sans avoir les compétences requises pour poursuivre des études.

Le Baccalauréat devient une grande braderie et perd de plus en plus de sa valeur. On vit ainsi dans une société des faux-semblants : le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a même envoyé un message de félicitation pour les nouveaux bacheliers : 

"Je voulais vous féliciter, vous êtes la première génération à avoir passé le nouveau Baccalauréat. C'est un Baccalauréat qui vous prépare pour votre entrée dans l'enseignement supérieur ou dans le monde du travail."

 

Tout va bien ! Pas de vagues !

 

 

 

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23 juin 2021 3 23 /06 /juin /2021 08:10
Grand oral du Baccalauréat : des couacs inadmissibles...

 

 

Les premiers élèves de terminale ont passé le grand oral, lundi 21 juin, le jour de la fête de la musique... Quel choix judicieux !

C'est la grande nouveauté du Baccalauréat, version 2021.

 

Cette nouvelle épreuve avait été mal préparée et suscitait des inquiétudes de la part des élèves, mais aussi des enseignants qui prévoyaient des difficultés pour mettre en oeuvre cet oral.

Pourquoi n'ont-ils pas été écoutés ?

Encore une fois, le ministère ne tient pas compte de l'avis des enseignants qui sont pourtant sur le terrain et connaissent bien leur métier.

 

 Cette nouvelle épreuve n'était déjà pas évidente à organiser, et toute une série de couacs est venue ajouter du stress pour les lycéens. 

Pour certains élèves de Terminale, l'examen a été reporté, car le jury était absent.

 

Un lycéen témoigne : "Je n'ai pas passé cet oral, j'avais bien travaillé, et en apprenant ce matin que je n'allais pas passer, ça été un choc, ça m'a rajouté du stress."

Ce n'est pas le seul cas.

Sur les réseaux sociaux, d'autres témoignages significatifs :

"Convoqués à 8 heures, pas de jury, attendre jusqu'à 12 heures, pour finalement nous dire de rentrer chez nous et revenir demain à 7h 30."

"1 heure 20 que ma fille est au lycée. Les élèves attendent. Les surveillants ne savent rien. Il ne se passe rien. Où est le jury ?"

 

En cause, selon les syndicats : des enseignants prévenus au dernier moment, des convocations jamais arrivées, deux professeurs d'une même spécialité, alors que le jury doit être composé de deux professeurs de matières différentes...

Des signes d'un manque d'organisation, dénonce une syndicaliste.

 

"Tout au long de l'année, on a dit : Attention, cet oral est très complexe, au regard de la situation de cette année, il ne peut pas se tenir... le ministre, Jean-Michel Blanquer, a voulu maintenir l'épreuve, quoi qu'il en coûte... on voit ce soir le bilan : quoi qu'il en coûte, c'est au détriment des personnels et des élèves."

 

Sollicité, le ministère de l'Education nationale n'était pas en mesure au soir du 21 juin de fournir un bilan chiffré des dysfonctionnements !

Ce fiasco était, hélas, prévisible : on a ajouté aux quatre écrits des épreuves terminales du bac une 5e épreuve orale passée par tous les candidats. On entrevoyait tous les problèmes d'organisation que cela pouvait poser. Il était question de simplifier et d'alléger le Baccalauréat, et avec cette nouvelle épreuve, on l'a complexifié.

Chaque fois, pour chaque élève, deux examinateurs devaient être mobilisés.

On voit le résultat... des couacs inadmissibles !

 

 

Sources :

https://www.francetvinfo.fr/bac/baccalaureat-des-dysfonctionnements-en-serie-pour-la-premiere-journee-du-grand-oral_4673271.html

 

https://www.marianne.net/societe/education/jurys-convocations-greve-couacs-en-serie-au-grand-oral-du-bac

 

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17 mai 2021 1 17 /05 /mai /2021 10:54
Baccalauréat : des inquiétudes pour le Grand Oral...

 

L'oral a toujours été la grande angoisse de nombreux candidats au Baccalauréat : une épreuve difficile pour certains....


Alors que le Grand Oral du Baccalauréat, qui représente 10 % de la note finale, doit se tenir pour la première fois en juin, les élèves et les professeurs s'interrogent et s'inquiètent... C'est la grande nouveauté du Bac 2021.

Comment s'y préparer en temps de pandémie, avec des conditions d'apprentissage limitées ?

 

"L'épreuve consiste en une préparation de 20 minutes qui porte sur deux questions qui ont été travaillées pendant l'année par l'élève, qu'il a lui-même choisies, qu'il va ensuite présenter à l'oral sur un temps assez précis : d'abord 5 minutes pendant lesquelles il expose ses questions, la manière dont il les a traitées et les réponses qu'il apporte, ensuite 10 minutes d'entretien, pendant lesquelles le candidat répond aux questions du jury et 5 minutes pendant lesquelles le candidat échange avec le jury concernant son projet d'orientation et le lien de ce projet avec les spécialités qu'il a choisies."

 

Obligatoirement, un des deux enseignants du jury est un professeur d'une des spécialités. Et l'autre est, on pourrait dire, un néophyte, un naïf. L'intérêt de cette épreuve est d'être capable pour l'élève de présenter son projet à quelqu'un qui n'en est pas nécessairement spécialiste.

 

Le problème, c'est qu'avec la pandémie, la communication est limitée par le port du masque et par l'enseignement à distance.

Le confinement a ralenti la progression : beaucoup de lycées sont passés en mode hybride.

Des pétitions ont donc été initiées contre l'instauration de ce Grand Oral : les lycéens estiment ne pas avoir été bien préparés.

 

De fait, instaurer une nouvelle épreuve lors d'une pandémie, est-ce vraiment pertinent ? Les élèves ont été privés d'une préparation adaptée.

 

Eviter la monotonie, ne pas parler trop vite, soigner sa conclusion : des conseils qui peuvent être utiles.

Mais comment évaluer cet oral ? Tenir compte des arguments, bien sûr, mais faut-il évaluer un certain vocabulaire, une certaine posture ?

 

Pour le ministre de l’Education nationale, le futur grand oral serait paré de toutes les vertus : préparer les élèves à "une compétence fondamentale" de la vie, les amener à réfléchir à leur projet d’orientation, "compenser les inégalités entre élèves en préparant tout le monde à la réussite de l’examen."

 

Pourtant, il sera difficile de mettre en oeuvre cette nouvelle épreuve : 

La première difficulté est qu’il s’agit d’ajouter aux quatre écrits des épreuves terminales du bac une 5e épreuve orale passée par tous les candidats. On entrevoit tous les problèmes d'organisation que cela peut poser. Il était question de simplifier et d'alléger le Baccalauréat, et avec cette nouvelle épreuve, on le complexifie.

Chaque fois, deux examinateurs sont mobilisés.

De plus, aucune préparation spécifique n'a été prévue pour ce Grand Oral :  les parents diplômés de l’enseignement supérieur vont pouvoir conseiller leurs enfants. À l’inverse, les enfants d’origine populaire ne pourront guère profiter d’un tel accompagnement parental.

 

Une telle épreuve risque donc d'accroître un peu plus les inégalités, contrairement à ce qu'affirme le Ministre de l'Education Nationale.

 

Sources :

 

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/03/02032020Article637187291563966493.aspx

 

 

https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/grand-oral-du-futur-bac-face-aux-difficultes-des-eleves-l-ecrit-glissons-la

 

https://www.franceculture.fr/emissions/le-temps-du-debat/les-francais-a-lepreuve-de-loralite

 

 

https://www.franceculture.fr/emissions/etre-et-savoir/etre-et-savoir-du-lundi-12-avril-2021

 

 

 

 

Baccalauréat : des inquiétudes pour le Grand Oral...
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13 juillet 2020 1 13 /07 /juillet /2020 08:32
BAC 2020 : encore des chiffres record !

 

 

Qui dit mieux ? Le taux de réussite au baccalauréat atteint, cette année, le chiffre record de 95, 7 % ... soit 7,6 points de plus qu'en 2019 !

En raison de la crise du coronavirus, les épreuves finales ont été supprimées et seules ont compté les notes des premier et deuxième trimestres pour la délivrance de l'examen.

 

Un baccalauréat réduit à sa plus simple expression... un baccalauréat dont on perçoit de plus en plus les limites : un examen qui n'a plus de valeur et qui perd sa signification.

Un baccalauréat bradé, devenu une formalité à la fin des années d'études au lycée.

 

Chaque année, les consignes d'indulgence venant des inspecteurs jouent un rôle non négligeable : il faut veiller à atteindre une certaine moyenne et corriger éventuellement les notes si cette moyenne n'est pas atteinte.

 

Mais est-ce rendre service aux élèves ?

Arrivés à l'université, nombre d'entre eux sont incapables de mener à bien des études supérieures.

Des lacunes en grammaire, en langue française, des difficultés en orthographe, certains élèves arrivent en classe de seconde sans avoir le niveau requis.

Il faudrait remettre à l'honneur ces disciplines trop longtemps négligées dans le primaire et les classes de collège : apprentissage rigoureux de l'orthographe et de la grammaire.

 

Il est d'usage, au début de chaque année, de se réjouir, dans les établissements scolaires, des résultats mirobolants du baccalauréat : congratulations aux enseignants, autosatisfaction, publication et commentaires élogieux des résultats.

Quel cirque ! Quel battage !

 

Les lycées sont ainsi dirigés comme des entreprises : il s'agit pour chaque lycée d'obtenir les meilleurs résultats au baccalauréat, quitte à fausser les résultats, car de plus en plus on incite les professeurs à valoriser les copies, à être indulgents.

Les enseignants eux-mêmes sont en concurrence : ils doivent se battre pour obtenir les meilleures classes quitte à faire la cour aux chefs d'établissement.

Ils doivent lutter entre eux pour attirer un maximum d'élèves vers des enseignements optionnels, quitte à faire preuve de démagogie...

Ils se transforment même parfois en publicitaires chargés de faire l'éloge de leur discipline devant les parents d'élèves.

 

On oublie l'essentiel : la formation des élèves, la rigueur des apprentissages.

A quand le bac universel donné à tous les élèves ? Cette année, on n'en est pas loin...

 

 

 

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/bac-2020-le-ministere-annonce-un-taux-de-reussite-de-95-7-apres-rattrapage-20200711

 

 

 

BAC 2020 : encore des chiffres record !
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21 juin 2019 5 21 /06 /juin /2019 10:30
Destination : arbre, un poème signé Andrée Chedid... un sujet du bac Français trop difficile ?

 

Bac de français "trop difficile", une pétition recueille plus de 25.000 signatures ! L'épreuve de français 2019 aura donné matière à converser sur les réseaux sociaux pour les élèves de première en série S et ES. 

Les candidats ont été invités à composer sur le thème de la poésie à partir d'un corpus de quatre poèmes d'Alphonse de Lamartine, Anna de Noailles, Yves Bonnefoy et enfin Andrée Chedid.

Et le commentaire portait sur le texte de la poétesse Andrée Chedid, intitulé Destination : arbre.

Ce poème a été jugé trop complexe par nombre d'élèves : et, pourtant, même si le texte n'est pas de facture classique, il fait intervenir un thème traditionnel, un lieu commun de la littérature : le lien entre le poète et la nature.

 

Voici l'analyse qu'on pouvait en faire :

 

La nature est un sujet d'inspiration inépuisable pour les poètes : on songe ainsi à tous les auteurs romantiques pour qui le spectacle de la Nature est souvent un reflet de leur état d'âme : mélancolie, tristesse, sentiment de la fuite du temps...

 

On retrouve ce thème de la nature dans un poème de Andrée Chedid intitulé Destination : arbre... mais ce n'est pas de mélancolie dont il est question dans ce texte, bien au contraire : la nature semble donner des leçons de vie et de vitalité.

 

L'auteur nous livre ici un magnifique hommage, elle évoque une fusion possible entre l'homme et la nature, et nous montre que l'arbre peut représenter notre humanité.

 

 

Andrée Chedid fait d'abord un éloge de l'arbre : le mot est mis en vedette dans le titre du poème, où l'arbre devient "une destination", un pays, un monde à découvrir...  il s'agit ainsi de "parcourir l'Arbre..."belle image d'un voyage qui conduit l'être humain vers la nature. Ce thème du voyage est d'ailleurs repris à la fin du texte avec les verbes "cheminer, explorer."

 

L'Arbre est aussi magnifié, dès le premier vers, grâce à l'emploi de la majuscule... Le mot employé au singulier lui confère une sorte d'individualité.

 

Dans la suite du poème, les différentes parties de l'arbre sont évoquées et détaillées, les "racines, le fût, la charpente, les branchages, les feuilles, l'écorce, les sèves, les bourgeons".... , avec une progression dans le vocabulaire, comme si on pénétrait, au fil du texte, l'intimité de l'arbre.

 

De nombreuses expressions sont valorisantes : "l'éclat des feuilles" qui permet "d"embrasser l'espace", de "résister aux orages", de "déchiffrer les soleils". L'arbre semble ainsi doté d'une force, d'un pouvoir mystérieux...

N'est-il pas à la fois symbole de "l'éphémère et de la durée" ? Suivant le cycle des saisons, il perd ses feuilles en hiver et les retrouve immuablement au printemps... L'arbre semble donner des leçons de persévérance et de courage permettant "d'affronter jour et nuit" ou encore de "résister aux orages."

 

 

Andrée Chedid suggère aussi dans le poème une fusion possible et une union de l'homme et de la nature...

Le vocabulaire de l'union est particulièrement présent, dès le début du texte : "se mêler, se lier, plonger", et plus loin "s'unir, rejoindre". On remarque que les verbes sont à l'infinitif, traduisant une sorte de recette pour retrouver une harmonie perdue avec la nature.

Au fil du texte, l'union se fait fusion au point de :

"Sentir sous l'écorce 
Captives mais invincibles 
La montée des sèves 
La pression des bourgeons..."

 

Et cette fusion permettra de "renaître"...

Ainsi, la nature apparaît comme une force bienveillante, à laquelle l'homme doit s'unir, et qu'il doit protéger. Ce poème exprime la simplicité du rapport qui unit l’homme et l’arbre, une envie de fusion, une sensualité, comme le montre l'emploi des verbes "embrasser, écouter, sentir."

 

L'arbre ne peut-il pas aussi représenter notre humanité ?

C'est un condensé de vie : il est associé à des verbes de mouvement et d'action : "gravir, envahir, se greffer, embrasser..." L'arbre est personnifié...

Comme l'être humain, il a besoin de contacts, son environnement naturel est essentiel : il est, dès le début du poème, associé à des "jardins, des forêts".

Et lorsqu'il est transplanté "au coeur d'une métropole, éloigné des jardins", il devient "orphelin", prisonnier, comme le suggère l'expression "enclos dans l'asphalte."

Il perd alors sa vitalité, "son tronc est rêche, ses branches taries, ses feuilles longuement éteintes."

De la même façon, l'homme qui vit dans les villes se retrouve souvent seul, il perd le contact avec la nature, avec la terre, et même avec les autres hommes.

 

Ce poème nous invite à mieux regarder ces êtres encore si étranges pour nous : les arbres. Ils semblent inertes, et pourtant, en eux, bouillonnent la vie, le renouveau. Les arbres sont bien un monde à découvrir, ils nous donnent des leçons de vie et il convient de les préserver.

 

Le poème :


Parcourir l'Arbre 
Se lier aux jardins 
Se mêler aux forêts 
Plonger au fond des terres 
Pour renaître de l'argile

Peu à peu

S'affranchir des sols et des racines

Gravir lentement le fût

Envahir la charpente

Se greffer aux branchages

Puis dans un éclat de feuilles 
Embrasser l'espace 
Résister aux orages 
Déchiffrer les soleils 
Affronter jour et nuit

Evoquer ensuite 
Au cœur d'une métropole 
Un arbre un seul 
Enclos dans l'asphalte Éloigné des jardins 
Orphelin des forêts

Un arbre

Au tronc rêche

Aux branches taries

Aux feuilles longuement éteintes

S'unir à cette soif 
Rejoindre cette retraite 
Ecouter ces appels

Sentir sous l'écorce 
Captives mais invincibles 
La montée des sèves 
La pression des bourgeons 
Semblables aux rêves tenaces 
Qui fortifient nos vies

Cheminer d'arbre en arbre 
Explorant l'éphémère 
Aller d'arbre en arbre 
Dépistant la durée.

 

 

Destination : arbre, un poème signé Andrée Chedid... un sujet du bac Français trop difficile ?
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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 08:08
Mais que devient la philosophie avec la réforme du Bac ?

 

Les professeurs de philo sont inquiets : la réforme du baccalauréat qui s'annonce laisse peu de place à cette discipline essentielle qu'est la philosophie.

Voudrait-on supprimer une certaine faculté de penser ? Voudrait-on amoindrir la réflexion ?

C'est préoccupant...

Il est utile de le rappeler : les élèves n'ont qu'une seule année pour se familiariser avec cet enseignement, l'année de terminale.

 

 Jusqu’à présent, les élèves de terminale S avaient trois heures de philosophie, ceux de ES quatre heures et ceux de L huit heures par semaine. Désormais, ce sera quatre heures pour tout le monde.

 

On imagine le désarroi des professeurs de philo : ils pouvaient dans les sections littéraires approfondir l'enseignement de leur discipline pour des élèves qui se destinent à des études littéraires.

Ils pouvaient aussi susciter des vocations et inciter ces élèves à entrer dans la carrière de l'enseignement, afin d'alimenter le vivier des professeurs de philo.

C'est terminé avec cette nouvelle réforme.

 

De plus, le programme a été amputé de plusieurs notions fondamentales : d’abord, la notion de "bonheur", qui avait l’avantage de capter l’attention des élèves tout en posant les problèmes fondamentaux du sens de la vie et de la condition humaine. 

Pourquoi donc évincer cette notion ? Certains y voient une façon de laisser libre cours au totalitarisme de la consommation... Ne pas réfléchir au vrai bonheur, n'est-ce pas la possibilité de se laisser entraîner dans une frénésie de consommation ?

 

Disparue aussi la notion de travail... Pourtant, on a tendance à vouloir faire de plus en plus travailler les gens : nombre d'heures, recul de l'âge de la retraite...

Suicides, burn out, flexibilité,  on en demande toujours plus aux salariés.

Voudrait-on éviter un sujet qui fâche ? Le travail est un sujet qui concerne chacun d'entre nous : pourquoi refuser de l'évoquer ?

 

Enfin, "conscience et inconscient", "autrui", "la perception" disparaissent également... des sujets pourtant essentiels à notre époque.

La philosophie a pour but de développer l'esprit critique et la réflexion et elle devient presque accessoire dans cette nouvelle réforme : voilà qui est très inquiétant...

 

 

 

 

 

Source :

 

https://www.lemonde.fr/campus/article/2019/04/17/reforme-du-bac-la-philosophie-est-en-peril_5451330_4401467.html

 

 

 

 

Mais que devient la philosophie avec la réforme du Bac ?
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18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 08:59
L'épreuve de philo...

 


 

Ce lundi 18 juin, se déroule l'épreuve de philosophie du Baccalauréat : traditionnellement, c'est cette discipline qui ouvre cet examen de fin de cycle... une épreuve particulièrement importante pour les élèves de la série Littéraire, puisque le coefficient est de 7.

 

On a tous en mémoire cette discipline réservée à l'année de Terminale... une discipline exigeante, complexe, qui nous faisait découvrir de nouveaux horizons.

 

Platon, Montaigne, Descartes, Nietzsche, Kant, Marx, Freud, Alain, autant d'auteurs variés qu'on nous invitait à analyser.

La philo ! C'est l'occasion de se livrer à une réflexion approfondie sur une question : l'épreuve dure 4 heures au cours desquelles la concentration doit être intense.

 

Et la philosophie est bien une merveilleuse école d'attention, de concentration à une époque où ces qualités ont tendance à se perdre, où l'attention se disperse en tous sens, face à toutes sortes d'écrans.

La philosophie nous invite à la réflexion...

 

Pour ma part, j'avoue ne pas avoir apprécié, à sa juste valeur, cette discipline, au cours de cette année de Terminale... J'étais, sans doute, trop jeune, encore immature pour bien comprendre combien la philosophie peut être importante pour trouver des voies, des chemins de vie, des solutions à certaines difficultés.

Et ce doit être le cas de beaucoup d'élèves : à 18 ans, on ne comprend pas bien les enjeux de la philosophie.

 

Avec le recul du temps, il me prend l'envie de me remettre à la philo, d'étudier les grands philosophes du passé, de me questionner sur toutes sortes de sujets.

Car la philosophie est avant tout interrogations, questionnements pour essayer d'avancer vers une certaine sagesse.

Plus de lucidité, plus de sérénité, de bonheur, de liberté : c'est ce que peut nous apporter cette discipline.

Combattre les préjugés, la bêtise, progresser vers la connaissance, s'enrichir tous les jours de nouveaux savoirs, faire des choix...

 

La philosophie doit s'accompagner d'efforts : ce sont ces efforts qui nous procurent aussi satisfaction et joie.

Et toutes sortes de sujets peuvent nous inviter à la réflexion : j'ai lu, ainsi, cet ouvrage d'André Comte-Sponville, paru récemment, L'inconsolable et autres impromptus.

Il y évoque tour à tour la joie de vivre, l'ennui, la musique, la littérature, la poésie, la nature, les droits des animaux, les croyances, les religions, des sujets qui nous concernent tous.

Une philosophie qui est à la portée de tous, sans érudition, sans technicité...

Il n'est jamais trop tard pour redécouvrir cette discipline et pour apprendre à philosopher...

 

 

 

 

 

L'épreuve de philo...
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12 février 2018 1 12 /02 /février /2018 15:24
Un grand oral pour le Baccalauréat ?

 

 

 

C'est certain : il faut réformer le Baccalauréat devenu un examen trop lourd, trop complexe à organiser.

Une simplification s'avère sans doute nécessaire : davantage de contrôles continus, moins  d'épreuves de fin d'études.

 

Une autre nouveauté est aussi envisagée : en 2021, le Baccalauréat pourrait comporter un grand oral.

Cet oral de 30 minutes aurait lieu au mois de juin, devant un jury de trois personnes : un professeur du lycée d'origine, un enseignant d'un autre lycée et un non enseignant.

L'examen porterait sur un dossier préparé par l'élève dans deux matières principales pendant l'année de terminale.

Un exercice difficile pour des lycéens de 18 ans, confrontés à un jury de 3 adultes...

 

Toutes les grandes écoles ont ainsi leurs grands oraux d’entrée, et les formations à la prise de parole en public se multiplient notamment dans les entreprises. 

Le verbe est, ainsi, à l'honneur !

Il s'agit de valoriser l'oral... mais quand on connaît les difficultés des élèves à l'écrit, il serait d'abord judicieux de renforcer cet enseignement dès l'école primaire...

Renforcer l'apprentissage de l'orthographe, des conjugaisons, de la grammaire...

Les conjugaisons devraient être apprises dans leur intégralité, dès l'école primaire... or, ce n'est pas le cas... on néglige l'apprentissage du passé simple, du mode subjonctif.

 

Il est vrai que l'oral est à la mode, à notre époque, ceux qui s'imposent, ce sont ceux qui ont le verbe haut, la parole facile...

Si l'oral doit avoir sa place dans les épreuves du Baccalauréat, il ne devrait pas s'imposer au détriment de l'écrit.

Certains élèves sont facilement intimidés à l'oral, certains perdent leurs moyens, ont des difficultés à réagir, à s'exprimer et ne sont pas à l'aise.

De grands hommes connaissent aussi des défaillances à l'oral : il suffit d'écouter Patrick Modiano ou Michel Houellebecq pour comprendre qu'ils n'ont pas une éloquence facile.

Patrick Modiano est passé maître dans l'art de la phrase inachevée.

Michel Houellebecq est, quant à lui, un adepte de la lenteur dans l' élocution.

 

Ainsi, l'oral ne doit pas être un critère de sélection trop important : il a déjà sa place dans les épreuves du Baccalauréat, notamment en français.

Pourquoi vouloir lui donner une place plus importante ?

Un effet de mode, sans doute...

 

 

 

 

 

 

 

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