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18 juillet 2025 5 18 /07 /juillet /2025 12:14
Cécile, ma fille...

Une merveille de tendresse et de poésie ! Une  magnifique chanson dédiée par un père à sa fille, Cécile : on la doit à Claude Nougaro...

 

La chanson nous montre comment naît l'amour d'un père pour son enfant, sa fille, tout simplement dans un face à face, une rencontre...

Car curieusement, dès le début de la chanson, le poète déclare son désir ancien de ne pas avoir d'enfant :

"Elle voulait un enfant
Moi je n′en voulais pas"

L'emploi des pronoms "elle", "moi, je" donne une valeur universelle à cette chanson, car les personnages ne sont pas nommés : une femme, un homme avec des volontés qui s'opposent... et en même temps, le texte est très intime et personnel avec l'emploi de la première personne...

Et le père de s'adresser directement à sa fille :

"Mais il lui fut pourtant facile
Avec ses arguments
De te faire un papa"

Voilà une paternité non désirée que la mère sait transformer en un rôle bien assumé...

 

Le temps de la maternité est évoqué alors avec un certain humour :

"Quand son ventre fut rond
En riant aux éclats
Elle me dit "allons, jubile
Ce sera un garçon""

On assiste là à une scène familière avec le recours au discours direct de la mère qui annonce la venue d'un garçon, aussitôt démentie par le refrain : "Et te voilà Cécile, ma fille"...

 

On perçoit malgré tout l'émerveillement de ce père devant la naissance de cet enfant, devant cette rencontre unique avec un nouvel être :


"Et te voilà et me voici, moi
Moi, j'ai 30 ans, toi, 6 mois
On est nez à nez, les yeux dans les yeux
Quel est le plus étonné des deux"

 

Et curieusement le poète fait alors un retour dans le passé, un passé fait de rencontres féminines faciles, d'amours fugaces, contrastant avec l'amour profond qu'un père peut éprouver pour son enfant , comme un regret :

"Bien avant que je t′aie
Des filles j'en avais eues
Jouant mon cœur à face ou pile
De la brune gagnée
À la blonde perdue"

 

Puis, c'est un bond en avant dans l'avenir qui est évoqué, avec l'emploi du futur, et de l'adverbe de temps "bientôt". Et cette fois, ce sont les "idylles", les amours de la future jeune fille qui sont suggérées :

"Et je sais que bientôt
Toi aussi tu auras
Des idées et puis des idylles
Des mots doux sur tes hauts
Et des mains sur tes bas
Cécile, ma fille"

On perçoit là le thème du temps qui passe inexorablement, car ce père imagine les premiers émois amoureux de sa fille, éprouvant déjà une nostalgie de ce présent qu'il vit  auprès de son enfant...

 

Et on voit toute la sollicitude et l'affection d'un père dans les vers suivants :


"Moi, je t'attendrai toute la nuit
T′entendrai rentrer sans bruit
Mais au matin c′est moi qui rougirai
Devant tes yeux plus clairs que jamais"

Le souhait qui termine la chanson est empli de délicatesse :


"Que toujours on te touche
Comme moi maintenant
Comme mon souffle sur tes cils
Mon baiser sur ta bouche
Dans ton sommeil d'enfant"

Des gestes tendres, pleins de douceur apparaissent, gestes d'amour pour son enfant...

On aime ce texte poétique adressé à sa fille,  qui reste proche de la conversation, ce qui renforce l'intimité du discours.

 

La mélodie et la voix de Claude Nougaro traduisent un amour infini...on a l'impression d'écouter une  douce berceuse adressée à son enfant.

 

Pour mémoire :

 

Cécile, ma fille est une chanson de Claude Nougaro sortie en 1963. Dans la chanson, Nougaro, devenu père en 1962, s'adresse à sa fille de six mois. Il a composé la mélodie a cappella et c'est Jacques Datin qui a finalisé les arrangements.

 

Les paroles :

 

https://www.musixmatch.com/fr/paroles/Claude-Nougaro/C%C3%A9cile-ma-fille

 

 

 

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 12:11

toulouse libre sumolariB25 es

 

Qui n'est pas attaché à sa ville natale ? Chacun de nous garde en sa mémoire des lieux de l'enfance : paysages, maisons, arbres, collines... Et Claude Nougaro en écrivant cette chanson, intitulée :" Toulouse" rend ainsi un hommage tendre et émouvant à ses racines, à une ville qu'il connaît bien...

 

La chanson s'ouvre sur l'idée de l'éloignement de la ville natale qu'il faut parfois quitter, dans une vie, pour d'autres lieux.

Et les souvenirs surgissent avec des couleurs vives et fortes : "l'eau verte du canal du Midi", "la brique rouge" du quartier des Minimes : ces sensations visuelles nous éblouissent...

 

L'enfance est évoquée d'abord : "l'école, le cartable bourré de coups de poing" : un monde de révolte où règne la "castagne", joli mot du sud associé aussi aux "mémés" qui doivent avoir le verbe haut à Toulouse et qui ne se laissent pas faire...

 

L'accent de Toulouse est comparé à un "torrent de cailloux", belle image tumultueuse de la langue natale ! Et l'on entend bien la mélodie du parler toulousain. La ville devient symbole de violence, une violence généreuse qui transparaît dans la couleur des violettes et aussi dans les mots prononcés.On perçoit de l'"orage dans l'air."

Le paysage de la ville ressemble par ailleurs à "une fleur de corail", superbe métaphore pour évoquer la ville rose !

 

Claude Nougaro nous fait voir un trottoir éventré , signe de révolte, une rue où pousse "la corne de l'Espagne", pays du sud, pays de lumières, de soleil, d'enthousiasme, pays proche de Toulouse... une rue où pousse peut-être "une bulle de jazz" !

 

Enfin les pas du poète l'emmènent vers le Capitole de Toulouse où il entend la voix de son père, chanteur d'opéra, magnifique souvenir d'un enfant qui admire "l'écho de la voix" de celui qui lui a donné le jour.

 

La chanson s'achève sur le présent de la ville qui a changé : les "buildings" ont poussé, immenses et l'auteur s'inquiète de ne plus retrouver dans sa ville une" pincée de tuiles" d'autrefois. Quelle tendresse dans cette expression ! La nostalgie est bien présente à la fin de ce poème !

 

Claude Nougaro ponctue son texte de quelques noms propres évocateurs : aux sonorités pleines de charmes : "le canal du Midi, les Minimes, l'église Saint Sernin, Blagnac."

 

Le refrain fait de la ville un personnage à part entière, grâce à la double apostrophe :"o Toulouse" souligné par les mots "mon païs" prononcé à l'ancienne, avec l'accent de Toulouse. Le poète s'adresse plusieurs fois à sa ville, en employant la deuxième personne, il la tutoie familièrement et lui parle en la personnifiant.

 

Chacun est forcément sensible à ces souvenirs d'enfance associée à une ville, chacun est sensible au temps qui passe et bouleverse les paysages d' autrefois.

La mélodie entre tendresse et force transmet bien l'émotion du poète face à la beauté de la ville rose.

 

http://youtu.be/jU8Tg1cRZh

 

 
 


 

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