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27 juin 2025 5 27 /06 /juin /2025 11:50
L'arlequin de Tolède...

 

Une chanson qui commence sur un magnifique tableau nocturne hispanisant : une guitare ornée d'une rose, un rayon de lune qui éclaire la scène, et qui "joue sur la peau brune" d'un "arlequin de Tolède"...

 

Le tableau s'anime avec ce rayon de lune qui "joue", l'arlequin qui "passe dans la nuit tiède" et qui chante "la sérénade des amants de Grenade."

 

Et déjà dans ce premier couplet, on perçoit plusieurs fragilités : celle de la "rose", symbole de beauté fugace et éphémère, celle que suggère que le verbe "passer" pouvant évoquer aussi le temps qui passe inexorablement, celle de l'amour enfin.

 

Et on retrouve plus précisément et plus intensément ce thème de la fuite du temps dans le refrain avec de nombreuses indications de temps : "hier, printemps, hier, vingt ans, le temps d'un instant", avec une anaphore insistante de l'adverbe de temps "hier".

L'imparfait vient souligner aussi le temps qui a passé : "le printemps, les vingt ans" qui se sont enfuis... et l'amour paraît fragile face au temps qui s'écoule. Cette idée est scandée avec intensité dans le refrain :

"Hier, il avait vingt ans
Mais cela ne dure
Que le temps d'un instant
Car la vie est dure
Pour les jeunes amants
Qui veulent croire aux serments"

Les noms propres qui ponctuent le texte : "Tolède, Grenade, Estrémadure" confèrent un charme exotique à la chanson.

 

Dans le couplet suivant, l'arlequin de Tolède fait naître sur son instrument des images :

"Un écho de mandoline
Il revoit Colombine
Vibrant à la sérénade
D'un Pierrot de Grenade"

Des personnages de la Commedia dell'arte surgissent : Pierrot épris de Colombine, Pierrot qui chante une sérénade, chanson d'amour pour sa Colombine...

 

Le refrain vient briser cette douce ambiance amoureuse avec encore l'évocation du temps qui passe et emporte les serments des amants. On perçoit toute la mélancolie du musicien dans cette phrase : "Hier, c'était lui l'amant, Mais cela ne dure Que le temps d'un serment."

 

Voilà l'arlequin de Tolède qui "avec cette leçon En a fait une chanson", une sorte de mise en abyme, la chanson évoquée étant aussi celle que nous écoutons...

Et l'arlequin de Tolède d'entendre "sous la lune blonde
Tous les amants du monde
Qui chantent la sérénade
Des amants de Grenade"

Une généralisation de cette sérénade qui apparaît ainsi universelle....

 

Et le refrain de scander encore le thème mélancolique de la fuite du temps : le printemps, les vingt ans, la jeunesse enfuis...

 

Pourtant, la chanson s'achève brusquement sur ces mots, comme une urgence :

"Aujourd'hui c'est l'été
Et vive la liberté!"

C'est le présent qui importe, c'est le présent qu'il faut savourer avec bonheur... La mélancolie s'efface pour laisser la place à un message différent : jouir de l'été, de la liberté qu'il offre, jouir de l'instant... Ce message n'étant au fond que la conséquence du message contenu dans toute la chanson : le temps passe très vite, il faut savoir le savourer...

 

Magnifique chanson qui délivre un message simple mais essentiel !
 

La mélodie très douce, mélancolique s'intensifie dans le refrain comme pour souligner la dureté du temps qui passe...

 

Pour mémoire :

Cette chanson parue en 1960 a été écrite par Jean Dréjac et composée par Hubert Giraud.

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/compagnons-de-la-chanson/paroles-l-arlequin-de-tolede

 

 

 

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13 juin 2025 5 13 /06 /juin /2025 12:03
Le marchand de bonheur...

 

Un bel  hymne à la générosité...Distribuer du bonheur ! Tout un programme ! Tel est le thème de cette chanson célèbre dans le répertoire des Compagnons de la Chanson : Le marchand de bonheur...

 

Le texte se présente sous la forme d'un discours direct à la première personne :

"Je suis le vagabond, le marchand de bonheur,
Je n'ai que des chansons à mettre dans les cœurs"

Le personnage qui s'exprime nous paraît ainsi aussitôt familier et proche, même s'il n'est qu'un "vagabond" sans fortune mais il nous offre le réconfort de ses "chansons" et on sait que la musique génère nombre de bienfaits.

 

Le vagabond s'adresse à chacun d'entre nous, annonçant son passage "au bon vent de l'amour", belle expression imagée et poétique qui associe la nature à un sentiment bénéfique et précieux.

 

Et que possède ce vagabond ? Rien, si ce n'est la nature environnante : "le vent, les quatre saisons, le ciel, la mer". Et c'est comme s'il nous offrait et nous faisait découvrir cette nature qui lui permet de "semer des moissons de baisers", belle image qui suggère toutes les richesses de la nature, et les bonheurs infinis qu'elle peut nous procurer.

Le bonheur n'est pas ici associé à l'argent, à des biens matériels, mais à la beauté, la diversité de la nature.

Ainsi, les saisons, les éléments de la nature sont présentés dans une énumération, une façon d'en souligner l'abondance, la richesse :

"J'ai l'automne et l'hiver, le ciel et la mer,
Le printemps et l'été pour chanter."

La nature apparaît aussi comme une source d'inspiration inépuisable pour "chanter" et elle offre l'occasion de célébrer toutes ses beautés.

 

Et le vagabond de s'adresser à la foule :

"Vous êtes des enfants qui vous donnez du mal
Du mal pour vous aimer et du mal pour pleurer"

Le mot "mal" répété souligne la détresse humaine, et le terme "enfants" renvoie à une forme d'immaturité car ce mal vient des hommes eux-mêmes qui ne savent pas bien gérer leurs sentiments...

Mais le marchand de bonheur est là "Pour aller réparer ce que vous déchirez." Et de rappeler : 

"J'ai les quatre saisons pour sécher vos pleurs
Et changer l'horizon de vos cœurs"

Les saisons, leur variété, la nature sont convoqués pour apporter un réconfort à tous ceux qui sont dans la peine.

 

Dans le couplet suivant, c'est le "rire" qui est offert en partage, et c'est une invitation à l'optimisme qui est lancée :

"Je donne à bon marché de quoi rire de tout
De quoi rire de tout plutôt que d'en pleurer"

Le verbe "donner" utilisé au début et à la fin du dernier couplet souligne bien la générosité du personnage. La musique, le chant sont présentés comme ayant un pouvoir réconfortant et apaisant... l'art étant une source de bonheur.

 

Voilà une belle critique de nos sociétés de consommation matérialistes : le bonheur y est envisagé comme un don et un partage de musique, d'émotions, de rires.

 

La mélodie rythmée, entraînante nous emporte dans une ambiance joyeuse.

 

Pour mémoire :

 

Cette chanson sortie en 1959 a été écrite par Jean Broussole, la musique a été composée par Jean-pierre Calvet.

 

Les paroles :

 

https://lyricstranslate.com/fr/les-compagnons-de-la-chanson-le-marchand-de-bonheur-lyrics.html

 

 

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 09:19
Bras dessus, bras dessous...

 

 

Fred Mella, c'était une voix chaleureuse dont tout le monde se souvient... Fred Mella était le soliste de ce célèbre groupe, les Compagnons de la chanson, fondé en 1941.

Fred Mella nous a quittés le 16 novembre, à l'âge de 95 ans.

 

Le répertoire des Compagnons était composé de jolies mélodies populaires...

On se souvient plus particulièrement de cette chanson intitulée : Bras dessus, bras dessous...

 

Une chanson optimiste, une chanson pleine de gaieté... une chanson d'amour, bien sûr, qui évoque des gestes affectueux de tendresse : "Bras dessus, bras dessous, Bras dessous, joue contre joue"...

 

Des bras qui s'enlacent, des joues qui se frôlent... et on perçoit aussitôt une proximité amoureuse dans ces corps qui se rejoignent.

 

D'ailleurs, la labiale "b" réitérée, la sifflante "s" très douce semblent suggérer le désir amoureux et la tendresse.

 

La joie est au rendez-vous de ce couple d'amoureux. Trois comparaisons viennent souligner ce bonheur : les personnages sont assimilés à "deux oiseaux sur la même branche....", puis à "deux amants" qui se retrouvent "au bal du dimanche", enfin à "deux écoliers, le jour des vacances".

On entrevoit une simplicité et une évidence dans ces évocations, une impression de liberté et d'insouciance...

 

La chanson évoque, aussi, un bonheur quotidien qui se renouvelle : "Tous les jours que Dieu fait, nos joies recommencent."

 

L'amour est associé, d'abord, à une sensation olfactive : Et quand nous nous aimons, Notre amour sent bon, comme un drap séché au vent des lavandes..."

Des images du sud surgissent, des images de mistral, sur un champ de lavandes de Provence.

 

L'amour fait naître, aussi, une sensation gustative : "Bon comme un fruit croqué au vent des vendanges", évoquant cette fois des grappes de fruits abondantes et généreuses.

On entrevoit des joies simples de la vie liées à la nature...

 

Ainsi, l'amour semble procurer une plénitude de sensations, puisqu'on peut percevoir également une sensation tactile avec ce vent qui emporte et propage des parfums de lavandes et de fruits...

 

L'amour apporte, enfin, une plénitude de bonheur, comme le suggère cette expression : "tant qu'il durera, nous n'en demanderons pas plus...."

 

Le futur est ainsi envisagé, toujours de manière optimiste : "Quand nous aurons cent ans, Tous les deux comme à vingt ans..." Il révèle un amour qui s'inscrit dans la durée et la permanence.

 

La mélodie dansante nous entraîne dans le sillage de ces amoureux qui goûtent un bonheur idyllique.

 

Jean Broussolle a écrit les paroles, R.Marcucci, P. de Angelis ont composé la musique de cette chanson sortie en 1960.

L'interprétation des Compagnons de la chanson apporte tendresse et enthousiasme à cette mélodie....

 

 

 

 

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