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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 13:23
Bayrou ou l'art du revirement...

 

 

François Bayrou président du Modem a proposé, hier, une alliance à Emmanuel Macron et renonce donc à se présenter à la présidentielle.

 

C'est, pourtant, ce même François Bayrou qui déclarait, il y a quelques mois, qu' Emmanuel Macron était le candidat des forces de l'argent.

 

 François Bayrou voulait, disait-il, faire barrage "aux puissances de l'argent qui orchestrent selon lui en sous-main la montée en puissance de l'ancien employé de banque Rothschild."


"Je suis absolument sceptique sur cette affaire, et quand je dis sceptique, c'est le mot le plus modéré que je puisse choisir. Ça ne marchera pas, parce que les Français vont voir ce que cette démarche signifie, ce qu'il y a derrière tout ça, derrière cet hologramme", affirmait François Bayrou...

 

Et il rajoutait : "D'ailleurs c'est très simple: posez-vous la question du pourquoi ces heures et ces heures de télévision en direct? Pourquoi ces couvertures de magazines, pourquoi ces pages et ces pages autour de photographies ou d'histoires assez vides ?"

Quel revirement !

 

Les hommes politiques ressemblent de plus en plus à des girouettes : François Bayrou propose une alliance à un candidat qu'il a fortement critiqué, en septembre 2016...

 

La cuisine et la tambouille électorale se poursuivent...

Emmanuel Macron s'est empressé, bien sûr, d'accepter l'alliance qui lui est proposée...

 

Mais, comment les français peuvent-ils réagir face à tels revirements ?

 

Comment les hommes politiques peuvent-ils être encore crédibles ?

 

Même si François Bayrou pose ses exigences, on voit bien que cette alliance est problématique...

On ne peut pas avoir étrillé un candidat, comme l'a fait Bayrou, et lui proposer, ensuite, une alliance...

 

De toutes façons, on ne s'étonnera pas de ce revirement de François Bayrou : on se souvient du bilan déplorable du président du Modem à la tête du ministère de l'Education nationale.

 

Réforme avortée en faveur de l'enseignement privé, suppressions de postes, baisse de l'allocation de rentrée scolaire,  tentative pour réduire drastiquement les allocations de logement social perçues par les étudiants, un bilan catastrophique...

 

François Bayrou, ancien enseignant, n'avait pas hésité à trahir le personnel éducatif par des reniements inadmissibles...

François Bayrou, sous ses dehors bravasses, est un faible : il n'a jamais eu la stature pour devenir président de la république...

L'alliance proposée à Macron signe encore un aveu de faiblesse : c'est un reniement de plus, de la part d'un homme politique dont la carrière est entachée d'échecs...

François Bayrou rejoint le parti des banquiers, et même s'il impose ses conditions, il se rallie à un candidat du monde de la finance...

 

Loi de moralisation de la vie publique, défense des salaires, introduction de la proportionnelle... Emmanuel Macron a aussitôt répondu favorablement à ces exigences.

 

Mais, qui peut être dupe de cette alliance ? Emmanuel Macron reste le candidat de l'ubérisation, de la dérégulation, du démantèlement des droits sociaux...

 

 

 

 

Bayrou ou l'art du revirement...
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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 14:37
Un encouragement à la paresse : le Uber des devoirs...

 

 


Internet nous offre le meilleur et le pire... c'est une ouverture sur le monde, une opportunité pour se cultiver, et pour éveiller la curiosité. Mais quand un site propose à des élèves de faire des exercices à leur place, ces exercices ne perdent-ils pas tout intérêt ?

 

De plus en plus, les adolescents font des copiés-collés sur internet, les professeurs qui sont vigilants repèrent facilement ces usages et les sanctionnent : on demande aux élèves une réflexion et une construction personnelles, lors d'exposés par exemple.

 

Désormais, le site Bonnenote.fr vend des devoirs tout prêts : on peut lire sur cette application :

"Commander un devoir en 2 minutes... Bonnenote apporte un service sur-mesure et unique d’aide à la rédaction de devoirs dans toutes les matières, destiné aux étudiants francophones, du Collège au Master.".

"Un rédacteur spécialisé, un devoir sur mesure..."

 

Voilà ce que l'on peut appeler du "prêt à penser". Il n'est plus besoin de réfléchir, de passer du temps à faire un plan, à rédiger, le devoir est livré à domicile moyennant finance, bien sûr.

 

Le site propose même une réduction promotionnelle de 20 % !

 

On est sidéré par de telles offres : alors que de toutes parts, par tous les moyens, on lutte lors des examens contre la fraude, des sites sont autorisés à produire des corrigés de devoirs.

 

Où est la cohérence ? C'est ce que l'on peut appeler une tricherie organisée et une incitation scandaleuse au laisser-aller et à la paresse.

 

Dans nos sociétés, trop souvent, le travail n'est-il pas de plus en plus dévalorisé ? L'effort devient même suspect.

 

Le latin, le grec sont jugés trop difficiles : on évince ces disciplines, la grammaire, elle même, est expurgée, simplifiée, les programmes sont allégés.

 

Comment former les jeunes à l'effort, si on aplanit devant eux toutes les difficultés ?

Comment les inciter à la réflexion si on leur propose de faire leurs devoirs et leurs exercices ?

 

Tricherie, mensonge, dissimulation : ces sites Uber entraînent les élèves vers la mauvaise pente.

 

L'apprentissage à la réflexion personnelle disparaît, se délite : une façon de réduire à néant l'enseignement délivré par les professeurs, une façon de discréditer leur travail et le travail en général.

 

Une aide aux élèves doit pouvoir s'organiser de manière plus subtile : par exemple, donner des pistes de recherches, poser des questions...

Mais un tel site qui annihile toute notion d'efforts et de réflexion n' a aucun intérêt pédagogique et se révèle même dangereux pour les élèves.

 

 

Source :

 

http://www.lepoint.fr/societe/le-uber-des-devoirs-fait-hurler-les-profs-15-02-2017-2105184_23.php

 

 

 

Un encouragement à la paresse : le Uber des devoirs...
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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 13:40
Le prédicat sur la sellette...

 

 

 

 

Connaissez-vous cette notion : "le prédicat" ? Ce terme étrange utilisé dans la linguistique moderne désigne "une partie de la phrase qui dit quelque chose à propos du sujet..."

 

Ainsi, dans la phrase : "Le chat boit le lait", le sujet est "le chat", et le groupe "boit le lait" est le prédicat.

 

Voilà qui paraît à la fois simple et vague, mais pourquoi vouloir introduire cette nouvelle notion à l'école à partir du CM1 ?

 

Les professeurs ont découvert cette innovation apportée à l'enseignement, au cours de stages de formation, en vue des réformes initiées dès cette année.

 

Pourtant, on ne perçoit pas l'utilité d'une telle terminologie pour de jeunes élèves, d'autant que, en parlant de prédicat, on efface les termes de COD et COI qui ne seront appris qu'à partir de la classe de 5ème.

 

Encore une innovation qui permet de "réformer" l'enseignement de la grammaire... Encore une lubie de pédagogue qui donne l'impression d'une nouveauté performante et efficace...

 

Pourtant, les notions de COD et COI sont fondamentales dans l'apprentissage de la grammaire et de l'orthographe.

 

On sait que le COD est déterminant pour l'accord du participe passé dans notre langue : peut-on évacuer ce complément, jusqu'à la classe de cinquième ?

 

C'est absurde : est-ce que les concepteurs de la réforme veulent mettre, aussi, au placard, les règles d'accord du participe passé ? Veulent-ils définitivement réformer l'orthographe et certaines structures de notre langue bien installées ?

Par démagogie, on tend de plus en plus à vouloir simplifier la grammaire, afin de la rendre plus facile, plus accessible, mais cette notion de prédicat, on le voit bien, vient brouiller la perception des élèves.

 

Les enseignants ont été mis devant le fait accompli : la notion de prédicat est instaurée dans les nouveaux programmes, dès cette année.

Aucune concertation, un mépris total de l'avis du personnel éducatif...

 

Pourtant, les enseignants sont les premiers concernés par ce changement de terminologie...

 

Est-ce que les concepteurs de cette innovation côtoient des élèves de primaire ? Est-ce qu'ils connaissent leurs difficultés ?

Totalement éloignés du terrain, ils font des réformes à l'aveuglette et se donnent l'illusion d'avoir oeuvré pour l'école : ils justifient, ainsi, leur salaire.

 

Cette notion de prédicat utilisée à l'université dans l'enseignement de la linguistique n'a pas sa place à l'école primaire : les élèves ont besoin de termes clairs, précis, pour analyser des phrases et en comprendre le fonctionnement.

 

Innover pour innover n'a pas de sens : les notions de COD et de COI méritent d'être apprises dès l'école primaire, pour être ensuite révisées et bien assimilées...

 

 

 

 

 

Le prédicat sur la sellette...
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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 10:54
De curieux stages de formation pour les enseignants...

 

 

 

Lorsqu'une réforme est engagée dans l'éducation, on impose souvent aux enseignants des stages de formation : les inspecteurs qui se chargent de mener à bien ces journées donnent, alors, de nouvelles directives aux professeurs.


 
Certains témoignages concernant ces stages sont particulièrement consternants : le jargon grammatical préconisé par les inspecteurs devient, ainsi, de plus en plus alambiqué et inadapté.


 
Utiliser des termes nouveaux pour des notions grammaticales ne permet, en aucun cas, de résoudre les difficultés des élèves... bien au contraire.


 
On tend à substituer un terme à un autre, pour donner l'impression d'innover, mais le résultat est le plus souvent catastrophique...


 
Selon les recommandations des inspecteurs, le terme "prédicat" pourrait, donc, remplacer le "complément d'objet" ou le"complément circonstanciel"...


 
Pourtant, le mot "complément" est indubitablement plus clair et plus parlant que le terme "prédicat", car les élèves comprennent aussitôt que le "complément" complète le verbe.

 

Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué ?
Encore une fois, le langage jargonnant plaît aux inspecteurs et aux instances de l'éducation nationale ! 
On imagine le désarroi des élèves face à cette nouvelle terminologie !


 
Autre aberration et non des moindres : pour un stage portant sur la grammaire, on invite les enseignants à travailler sur une interview de Kev Adams, cet acteur et humoriste plébiscité par les jeunes.


Une façon de mettre en évidence un niveau de langue familier, certes, mais, on perçoit la démagogie d'un tel exercice : pourquoi ne pas travailler plutôt sur des textes de théâtre, plus littéraires ?


 
Autre fantaisie qui confère à l'élève le droit de se tromper et de persister dans son erreur : s'il justifie une réponse erronée par une explication convaincante, on considérera qu'il a raison.

L'exemple cité est le suivant :
« S’il écrit “Les cadeaux que Lucie a reçue lui ont plue”, nous sommes en droit (ô généreuse inspection) de lui demander des comptes sur ses accords défaillants des participes passés. Mais si l’élève répond “Ben on parle de Lucie, or Lucie est une fille, donc j’ai mis des E”, eh bien cet élève, qui a fait preuve d’une capacité à justifier ses erreurs… a finalement raison ! »


 
Culture amoindrie, laxisme dans les exigences demandées aux élèves : c'est bien la tendance générale impulsée par la dernière réforme des collèges, que l'on retrouve dans les consignes données par les inspecteurs au cours de ces stages.


 
La ministre de l'éducation, Najat Vallaud-Belkacem qui vient de présenter ses voeux aux personnels de l'enseignement est, encore une fois, dans un déni de réalité : elle persiste et signe, affirmant que sa réforme va dans le bon sens, alors que les professeurs la jugent inadaptée et inconséquente.


 
Les stages auxquels les enseignants doivent se soumettre sont, également, la preuve de l'ineptie de ces réformes engagées en dépit du bon sens, des réformes qui tendent à amoindrir les connaissances de base, pourtant indispensables à la formation des élèves.

 

 
 
 

 

 

Source : un article de Marianne 

 

http://www.marianne.net/quand-profs-francais-planchent-interview-kev-adams-100248973.html

 

L'exercice sur l'interview de Kev Adams

L'exercice sur l'interview de Kev Adams

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 12:56
Des leurres de profs...

 

 

 


Depuis des années, l'enseignement traverse une crise des recrutements : ce métier difficile, exigeant, peu attractif, mal rémunéré n'attire plus les jeunes. Dans certaines académies, la pénurie d'enseignants est préoccupante, si préoccupante que les rectorats n'hésitent pas à faire appel à des contractuels qui n'ont aucune compétence pour exercer ce métier.

 

Un reportage diffusé lors de l'émission Envoyé Spécial, sur France 2, le 3 novembre, ne peut que provoquer stupeur et indignation : on y voit un jeune homme obtenir un poste de professeur de français, puis de mathématiques, après un bref entretien avec un inspecteur : interrogé sur son savoir, le jeune contractuel est incapable de répondre aux questions qui lui sont posées...

 

Il ignore, par exemple, ce qu'est une proposition relative, il hésite sur l'orthographe de certains mots.

Ses connaissances en mathématiques se limitent au théorème de Pythagore...

 

Et pourtant, il est engagé dans l'académie de Créteil, pour exercer des fonctions de professeur, et pour prendre en charge des classes de collège.

 

Au bout de quelques jours seulement, il déclare à la principale de l'établissement qu'il se sent inapte à enseigner, qu'il n'a pas le niveau requis, et qu'il renonce à son poste.

Malgré tout, la principale essaie de le retenir, lui dit qu'il va prendre peu à peu confiance et trouver ses marques, elle l'assure de son soutien, se dit prête à lui donner des conseils.

Mais le malaise du jeune homme est évident : il ne parvient même pas à capter l'attention de sa classe et il s'épuise après deux heures de cours.

 

Bien sûr, tout cela est orchestré par les journalistes, pour mettre en évidence des défaillances dans le recrutement de certains enseignants dans des académies déficitaires.

Cette expérience est édifiante : elle montre les difficultés du ministère pour engager des enseignants.

Elle montre que des enseignants sont nommés, alors qu'ils n'ont aucune qualification pour exercer ce métier.

 

Ce sont des "leurres" : ils sont finalement chargés de "garder" les élèves et de donner l'impression que les collégiens sont pris en charge par un enseignant.

Le système devient absurde et dommageable : certaines classes, certains élèves sont, ainsi, lourdement pénalisés.

Mais si les enseignants restent sur leur poste, les apparences sont sauves : on a trouvé quelqu'un pour les "garder."

 

Une école en pleine crise de recrutement : comment en est-on arrivé là ?

25 000 contractuels sont recrutés chaque année, après un simple entretien d'embauche...

 

Si ce métier connaît une telle désaffection, ce n'est pas un hasard : dans une société où les enseignants sont déconsidérés, méprisés, mal payés, le métier n'attire plus les vocations.

Il ne suffit pas de créer des postes, les enseignants, les vrais, ceux qui ont fait de longues études pour passer des concours méritent estime, soutien, considération, reconnaissance : il serait temps d'en prendre conscience.

 

 

 

 

 

 

 

Des leurres de profs...
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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 08:24
L'échec de François Hollande : l'éducation...

 

 

 


L'Education : c'était la priorité annoncée au début du quinquennat de François Hollande... c'était un grand espoir pour les enseignants, après les années Sarkozy qui avaient été marquées par des suppressions massives de postes, la disparition de l'année de stages, pour les jeunes enseignants...

 

Espoirs déçus, vaines promesses... Trois ministres de l'éducation se sont succédé : Vincent Peillon qui a réussi l'exploit de désorganiser les écoles primaires, avec sa réforme des rythmes scolaires...

 

Benoît Hamon a fait une brève apparition : 147 jours, un record de brièveté ministérielle ! Son action a été plutôt limitée et inadaptée : il se proposait de supprimer les notes pour "adoucir" l'école.

 

Quant à Najat Vallaud-Belkacem, elle a été l'initiatrice d'une réforme des collèges contestée par une majorité d'enseignants, une réforme qui a anéanti des disciplines comme le latin et le grec, une réforme qui a fragilisé les enseignements fondamentaux.

Résultat : les enseignants souffrent encore, trop souvent, dans leur travail, les classes restent surchargées, malgré les promesses de postes annoncées.

 

L'Education Nationale, secteur essentiel dans un pays moderne, se retrouve face à des difficultés insurmontables : de jeunes enseignants démissionnent, devant la lourdeur de la tâche, alors qu'ils ont passé et réussi des concours qui exigent de longues années d'études.

 

On le sait : traditionnellement, les enseignants votent à gauche, mais on imagine leur déception face aux réformes engagées...

 

Le quinquennat de François Hollande n'a pas amélioré la condition des professeurs.

"J'ai voulu que l'école dispose des moyens indispensables, ceux-là même qui lui avaient été ôtés dans la période précédente, parce que l'école, c'est le pilier de la République", a affirmé François Hollande lors de sa déclaration du 1er décembre où il annonçait sa volonté de ne pas briguer un second mandat.

 

Or, si des postes de professeurs ont été créés, les réformes engagées ne répondaient pas du tout aux aspirations du corps enseignant.

 

L'échec de François Hollande, c'est le chômage qui n'a pas vraiment cessé de croître, mais c'est aussi l'éducation, si importante, si essentielle.

 

Certains commentateurs insistent sur la lucidité du président de la République, une lucidité écornée par le bilan qu'il dresse de son action dans le domaine éducatif : l'école a souffert et souffre encore lourdement des réformes engagées sous le quinquennat de François Hollande.

 

 

 

 

 

 

 

L'échec de François Hollande : l'éducation...
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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 14:14
L'orthographe en perdition...

 


 

Une évaluation de l'orthographe en CM2  montre une baisse inquiétante du niveau des élèves dans cette discipline : réalisée par le ministère en 2015, cette évaluation met en évidence des résultats qui ne surprendront personne.

 

L'enseignement de l'orthographe a été sacrifié, depuis des années : on a fait semblant de "faire" de l'orthographe, mais cet enseignement s'est peu à peu effacé.

 

L'évaluation permet de constater que les élèves ont essentiellement des difficultés dans l'orthographe grammaticale : règles d’accord entre le sujet et le verbe, accords dans le groupe nominal, accords du participe passé...

On ne s'en étonnera pas, quand on sait que l'enseignement de la grammaire a été, lui aussi, mis au rebut.

 

La grammaire jugée rébarbative, l'orthographe considérée comme trop difficile ont été délaissées par les pédagogues qui dirigent l'Education nationale.

 

Pourtant, la grammaire est essentielle dans la compréhension d'une langue, de son fonctionnement, de ses structures...

Pour maîtriser une langue, il faut en connaître tous les ressorts, toutes les nuances, toutes les subtilités.

 

Certains élèves ne savent pas distinguer un futur de l'indicatif et un conditionnel, beaucoup ne connaissent pas la conjugaison du passé simple, ce qui donne lieu à des barbarismes grossiers. Les fautes d'accord élémentaires sont fréquentes. Les confusions entre participe et infinitif se multiplient.

Il serait temps de redonner leur place à l'orthographe et à la grammaire : les élèves ont besoin qu'on leur enseigne les règles essentielles pour un bon usage de leur langue.

Non, les élèves ne peuvent pas tout découvrir par eux-mêmes : il faut leur enseigner des règles précises qui les aideront à structurer leur pensée.

 

Il faut revaloriser, aussi, la notion d'effort, indispensable dans tout apprentissage et dans la vie de chacun d'entre nous.

C'est vrai : l'orthographe française est difficile, compliquée, avec des exceptions, mais cette complexité fait aussi la richesse de notre langue et de notre vocabulaire.

 

Cette langue est un héritage précieux qui nous vient du passé : nous devons la préserver, l'aimer, la respecter.

Ce respect passe par une bonne connaissance de son fonctionnement.

 

Assez de faux semblants ! Même si l'on peut envisager d'assouplir certaines règles très compliquées de l'accord du participe passé, on ne peut admettre des erreurs dans les accords élémentaires du sujet et du verbe, par exemple.

Il paraît indispensable de rétablir l'enseignement des conjugaisons qui doivent être apprises avec rigueur, qui doivent être révisées constamment.

 

Le renoncement à l'orthographe est dommageable pour les élèves : difficile pour eux de rattraper un retard qui s'est accumulé depuis des années.

Il est urgent de défendre notre langue qui subit les assauts d'anglicismes envahissants : la meilleure façon de la défendre est, sans doute, de l'enseigner avec la plus grande rigueur...

 

 

 

 

 

Voici le texte de la dictée : on peut remarquer sa brièveté, et sa simplicité.

 

« Le soir tombait. Papa et maman, inquiets, se demandaient pourquoi leurs quatre garçons n'étaient pas rentrés.

- Les gamins se sont certainement perdus, dit maman. S'ils n'ont pas encore retrouvé leur chemin, nous les verrons arriver très fatigués à la maison.

- Pourquoi ne pas téléphoner à Martine ? Elle les a peut-être vus !
Aussitôt dit, aussitôt fait ! À ce moment, le chien se mit à aboyer. »

 

Evaluation du ministère et résultats :

 

http://www.education.gouv.fr/cid23433/les-performances-en-orthographe-des-eleves-en-fin-d-ecole-primaire-1987-2007-2015.htm

 

 

L'orthographe en perdition...
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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 11:56
Comment propager l'ignorance ?

 

 

 

 

Comment propager l'ignorance ? De plus en plus, les enfants, les adolescents ne maîtrisent plus la grammaire française, l'orthographe, disciplines tombées en disgrâce depuis nombre d'années.

Or, la langue, tout le monde le sait, est le support de la pensée, elle est essentielle pour exprimer des idées et comprendre le monde.

 

Les élèves d'aujourd'hui disposent, pourtant, d'outils merveilleux pour accéder à la connaissance : internet, les ordinateurs, les tablettes, les portables... Ils peuvent très rapidement se connecter et trouver toutes sortes d'informations sur toutes sortes de sujets.

Mais encore faut-il comprendre ces informations, les trier, les analyser.

 

Chaque année, le taux de réussite du baccalauréat bat des records : on a tendance à brader ce diplôme de fin de cycle.

Chaque année, les inspecteurs donnent des consignes d'indulgence très strictes aux enseignants chargés de corriger le baccalauréat.

 

Dès lors, ce diplôme est considérablement dévalorisé : on donne aux jeunes gens l'illusion de la connaissance, mais arrivés sur les bancs de l'université, un grand nombre d'entre eux échouent dans leurs études.

Une façon, encore, de propager et de cultiver l'ignorance.

 

Les adolescents, sûrs de maîtriser le savoir grâce à internet, en viennent à refuser toute notion d'effort et d'apprentissage.

Et le système les encourage dans ce sens.

Il faut de plus en plus aplanir les difficultés qui se présentent devant eux : l'orthographe est trop complexe et difficile, on va la simplifier.

La grammaire est trop rébarbative, il suffit de la passer sous silence.

Le latin et le grec, jugés très ardus, seront purement et simplement sacrifiés sur l'autel de la facilité et de la paresse.

Par ailleurs, dorénavant, les enseignants sont invités à pratiquer l'évaluation positive : il faut, à tout prix, valoriser les copies, éviter les notes "humiliantes".

Il faut donc donner l'illusion de la connaissance et du savoir.

Et c'est bien ainsi qu'on propage l'ignorance, c'est bien ainsi que l'on asservit les individus, qu'on les rend passifs.

C'est ainsi que les gens ne réfléchissent plus, se soumettent au règne des machines.

 

L'ignorance serait-elle devenue un moyen pour annihiler la volonté des peuples, pour les transformer en robots sans âme ?

La nouvelle réforme des collèges va accorder une large place aux EPI, enseignements pratiques interdisciplinaires qui se veulent attractifs et ludiques.

Mais on voit bien que des élèves qui ne maîtrisent pas les connaissances de base ne peuvent tirer profit de ces pratiques interdisciplinaires.

On sert aux élèves de la poudre aux yeux, une illusion de savoir : comment mêler plusieurs disciplines quand on ne les a pas vraiment assimilées ?

 

On va inéluctablement entraîner un émiettement des savoirs, préjudiciable aux "apprenants". J'utilise volontairement ce néologisme, synonyme jargonnant du mot "élèves".

Et, au fond, ce vocabulaire est très révélateur : il ne s'agit plus de hisser les jeunes vers la connaissance, il faut qu'ils apprennent d'eux-mêmes.

 

Mais comment apprendre si l'on ne maîtrise pas les outils élémentaires de la connaissance : une syntaxe élémentaire, un vocabulaire riche et varié ?

La pratique raisonnée de la langue est essentielle pour comprendre des textes et en percevoir toutes les subtilités : si l'on ne sait pas reconnaître le mode conditionnel, le subjonctif, l'impératif, on ne peut analyser correctement des textes littéraires.

Comment avoir envie d'apprendre quand tous les obstacles sont aplanis ?

Notre système éducatif doit être réformé, afin de redonner une véritable place à la culture, à la notion d'effort indispensable pour tous les apprentissages.

 

 

 

 

Comment propager l'ignorance ?
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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 15:29
Nicolas Sarkozy et le temps de travail des enseignants...

 


 

Interviewé sur France Inter, ce mardi 18 octobre, Nicolas Sarkozy a évoqué le temps de travail des enseignants en des termes surréalistes... Il a, ainsi, osé déclarer :

"Je veux dire aux enseignants qu’on ne peut pas continuer comme ça. Un agrégé, c’est à dire le sommet en matière de compétences, c’est 15 heures d’obligation de service par semaine, six mois de l’année. Un certifié, c’est 18 heures d’obligation de service par semaine, six mois de l’année. Et un professeur des écoles, c’est 24 heures d’obligation de service, six mois de l’année."

Ce délire verbal frise l'indécence : c'est une provocation pure et simple.

On voit, avec cette déclaration, la totale déconnexion des hommes politiques avec le monde du travail.

 

Le temps de travail des enseignants ne se réduit pas au temps de présence devant les élèves : préparation des cours, des devoirs, correction des copies, rendez-vous avec des parents, mise à jour du cahier de textes, réunions...

Si on ajoute toutes ces tâches, les enseignants travaillent, souvent, plus de 40 heures par semaine...

 

De plus, réduire l'année d'un enseignant à 6 mois de travail est une caricature pure et simple : une année comporte 52 semaines, et les enseignants disposent de 16 semaines de vacances, au total.

Comment pourrait-on se fier à un homme politique qui déforme, ainsi, la réalité ?

Comment peut-on mépriser le travail fourni par les enseignants ?

 

Non, les enseignants ne sont pas ces privilégiés, des boucs émissaires que l'on peut montrer du doigt pour les livrer à la vindicte populaire. 

Non, les enseignants ne sont pas des paresseux : il semble que Nicolas Sarkozy joue sur des clichés éculés, et il donne, ainsi, une image totalement erronée de la fonction enseignante.

 

Nicolas Sarkozy ose, aussi, au début de l'entretien, évoquer son expérience, une volonté de prudence dans la prise de paroles.

Or, il se livre, avec cette déclaration, à un déni total des réalités.

 

Il stigmatise les enseignants, les accusant d'être des privilégiés qui ne font rien pendant la moitié de l'année... c'est, encore une fois, une stratégie, déjà maintes fois utilisée : semer la division, la discorde, monter les gens les uns contre les autres, désigner des boucs émissaires.

Les enseignants travaillent dur, dans des conditions difficiles : classes surchargées, hétérogènes, indiscipline de certains élèves, insécurité.

Nier cette réalité, refuser de comptabiliser toutes les tâches accomplies par les professeurs, c'est une grave erreur de la part d'un homme politique qui se dit expérimenté et qui veut encore se présenter aux élections présidentielles...

 

 

http://www.marianne.net/prof-cette-grosse-feignasse-aux-yeux-sarkozy-100247165.html

 

 

 

 

Nicolas Sarkozy et le temps de travail des enseignants...
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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 09:46
La gauche a-t-elle trahi l'école ?

 

 



Des réformes successives ont affaibli notre système scolaire : renoncement à de véritables cours de grammaire, à l'orthographe, à l'enseignement de connaissances au profit d'une pédagogie de la découverte...

Au nom de l'égalitarisme, on a sacrifié des disciplines essentielles.

Ces réformes avaient pour but de mettre l'élève au centre de l'école, comme s'il pouvait, de lui-même, construire des savoirs, comme s'il était apte à tout découvrir par lui-même.

Mais, enfin, l'enseignant n'a-t-il pas pour mission première de transmettre des connaissances, d'en montrer l'importance, de donner une structuration à la pensée ?

Et cette pensée passe forcément par l'apprentissage de la grammaire et du vocabulaire.

Comment pourrait-on penser quand on n'a pas les mots à sa disposition pour le faire, comment pourrait-on réfléchiir quand on ne maîtrise pas sa langue ?

Pendant des années, on a imposé aux enseignants des évaluations, en début d'année de sixième, de seconde, des évaluations complexes, particulièrement difficiles à corriger, avec des codages très compliqués.

Des évaluations qui n'avaient pas grand intérêt : en fait, un enseignant perçoit très rapidement les défaillances et les lacunes d'un élève, quand il corrige une première rédaction...

Ces évaluations ont été, ensuite, remisées au placard, on les a abandonnées sans tambour ni trompette, car de toutes façons, elles n'avaient pas grande utilité....

L'école a été un champ d'expérimentation à large échelle : on a voulu la réformer à tout prix, sans arrêt, sans vérifier la valeur des réformes mises en place.

L'innovation, la rénovation étaient les maîtres mots dans le domaine éducatif et le gouvernement actuel a poursuivi dans cette voie...

La réforme des collèges menée par Najat-Vallaud Belkacem parachève cette oeuvre de destructuration de l'école : amoindrissement des enseignements fondamentaux, mise en place des EPI, enseignements pratiques interdisciplinaires, quasi-suppression du latin et du grec.

Les EPI qui croisent les disciplines ont pour but de rendre l'enseignement plus attrayant et plus ludique pour les élèves, mais ils risquent de conduire à un affaiblissement des savoirs fondamentaux, ils empiètent sur les apprentissages de base.

La suppression annoncée du latin et du grec sonne aussi le glas de l'enseignement des savoirs : notre culture est fondée sur ces langues, notre littérature doit beaucoup aux auteurs anciens.

On ne peut, ainsi, mépriser notre passé sans dommage : nous devons nous appuyer sur ce passé commun pour garder des repères...

La gauche a-t-elle trahi l'école ? Hélas, les bonnes intentions ne suffisent pas pour remettre l'école sur pied : une réflexion profonde s'impose pour faire en sorte de remettre le savoir au coeur de l'école.

Les faux-semblants sont terrifiants, et ils conduisent au pire : il serait temps de réfléchir aux conséquences de toutes les réformes engagées et d'en dresser un bilan.



 

 

 

La gauche a-t-elle trahi l'école ?
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