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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 16:09
La triste réforme des collèges...

 

 

C'est fait : la réforme du collège a été inscrite au Journal officiel, quelques heures seulement, après les manifestations d’enseignants contre le projet, lors de la journée de grève du 19 mai...

Une triste réforme, une de plus, qui va entériner, encore, une baisse du niveau des collégiens : comment pourrait-il en être autrement puisque le projet vise à supprimer des heures de cours au profit d'EPI, enseignements pratiques interdisciplinaires ?

Encore une fois, les principaux intéressés, les acteurs de l'éducation, les enseignants, qui sont sur le terrain, ne sont même pas écoutés ni entendus.

C'est comme si des robots ou des ordinateurs dirigeaient le ministère de l'Education nationale... D'ailleurs, la gestion des personnels se fait de plus en plus grâce à l'informatique.

Dans une démocratie, les principaux intéressés, les professeurs devraient, tout de même, avoir leur mot à dire sur une réforme qui impacte leur métier et l'avenir des adolescents.

Les enseignants savent mieux que d'autres quelles sont les difficultés et les besoins des élèves : ils sont, tous les jours, confrontés à ces problèmes.

Pourquoi le pouvoir en place méprise-t-il les inquiétudes du corps enseignant ? Comment expliquer cette attitude rigide et irresponsable ?

Depuis des années, des réformes ont été menées dans le secteur éducatif  : elles ont consisté à reduire les programmes, à aplanir les difficultés par l'affaiblissement des enseignements de la grammaire et de l'orthographe.

Ce sont ces disciplines qu'il faudrait rétablir et renforcer...

Sous le prétexte de rendre l'enseignement plus attractif, on a, pendant des années, sacrifié des apprentissages fondamentaux : il ne faut pas s'étonner de la baisse du niveau des élèves.

Oui, cette réforme proposée par Najat Vallaud-Belkacem est triste, contrairement à l'impression qu'elle veut donner...

Elle est triste, parce qu'elle va aggraver les difficultés croissantes des élèves, elle est triste, car elle ne tient pas compte de l'avis même des enseignants qui connaissent leur métier.

Elle est triste, parce qu'elle fait fi des mécontentements qu'elle suscite un peu partout... Une réforme menée contre les enseignants eux-mêmes peut-elle être efficace et pertinente ?

Cette réforme inquiète : elle tend à supprimer des enseignements optionnels, pourtant très formateurs, comme le latin et le grec, elle sacrifie les classes bi-langues, et surtout, elle ne restaure pas la place essentielle que doit occuper le savoir, dans une société moderne.

Nous ne voulons pas d'une société robotisée : le ministère doit entendre ce que disent les enseignants...

Alors que cette profession connaît des difficultés grandissantes, le gouvernement semble faire la sourde oreille et ne pas vouloir comprendre le message.

Sommes-nous donc gouvernés par des robots aveugles et sourds ?

C'est l'impression qu'ont les enseignants depuis des années : des réformes successives ont laminé l'éducation, et malgré les grèves, les mouvements de protestation, on ne les entend pas, on les méprise, même.

La crise sert de prétexte pour réaliser toutes sortes d'économie : classes surchargées, accompagnement personnalisé devant des groupes de 36 élèves, suppression d'options jugées peu rentables.

Oui, on peut dire que cette réforme est triste : elle ne tient plus compte des êtres humains qui oeuvrent pour l'éducation, elle en vient à nier leur opinion, elle risque d'aggraver les inégalités, en supprimant des enseignements qui peuvent hisser les élèves vers un niveau d'excellence...

 

Cette réforme provoque un nouveau malaise dans le monde éducatif : elle ne répond pas aux difficultés rencontrées par les élèves dans la maîtrise de la langue... Encore une fois, les gens du ministère ne voient pas du tout les réalités, ils sont comme déconnectés du monde...




 Un article du journal Le Monde sur le sujet :

 

 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/05/20/reforme-du-college-vallaud-belkacem-ne-veut-plus-perdre-de-temps_4636645_823448.html

 







 

 

La triste réforme des collèges...
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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 16:48
Pour sauver le latin et le grec...

 

 

C'est bien d'un sauvetage dont il est question, ici : les humanités, le latin et le grec, ont été, depuis des années, sacrifiées, au nom de la rentabilité...



Les professeurs de lettres classiques ont dû se battre, pour défendre leurs droits à enseigner ces disciplines : sans cesse concurrencées par de nouvelles options, les humanités ont été reléguées, mises au rebut, placées, dans les emplois du temps des élèves, en fin de journée....
 

De plus en plus, dans les établissements scolaires, les enseignements optionnels sont mis en concurrence : portugais, occitan, théâtre, arts plastiques, cinéma, danse,  latin, grec...

Les enseignants usent de tous les subterfuges, pour attirer les élèves  : des réunions sont même organisées, des "shows médiatiques", au cours desquels, les professeurs se livrent, devant les parents d'élèves, à une promotion de leur propre discipline...


La démagogie est à l'oeuvre : il faut "capturer" le plus grand nombre d'adeptes :  pour atteindre le public le plus large possible, il convient de faire preuve de la plus grande indulgence, séduire les élèves par un enseignement attractif, facile, par des bonnes notes...


Les lycées se transforment, ainsi, en entreprises commerciales où il s'agit de vendre les produits les plus attractifs...

Pour ma part, je me refuse à entrer dans ce jeu qui transforme le métier d'enseignant en une activité commerciale.

Il devrait être évident, pour tous, que le grec et le latin sont le substrat de notre culture, nos sources premières, que ces disciplines sont le fondement de notre langue : d'une certaine façon, nous parlons, tous, grec et latin, en utilisant notre propre langue, le français...

Vocabulaire familier ou scientifique, la plupart des mots que nous employons nous viennent du latin et du grec.
La plupart des termes de la stylistique, de la grammaire sont issus de ces langues.

Notre littérature, dans son ensemble, s'inspire des auteurs de l'antiquité : les grands genres littéraires ne sont-ils pas nés en Grèce ? Théâtre, comédie, tragédie, poésie, fable, discours, éloges.....

Dès lors, peut-on passer sous silence et occulter ces enseignements ?

Il est vrai que la culture n'est plus valorisée dans nos sociétés, elle devient, même, parfois suspecte, alors qu'elle permet à chacun un épanouissement et une ouverture.

La culture littéraire est essentielle pour comprendre le monde qui nous entoure, elle suscite critique, réflexion, rigueur, esprit d'analyse...

La culture classique constitue un apport capital, dans un monde de technicité grandissante, où les mathématiques sont triomphantes.


Il faut, sans doute, rétablir des équilibres perdus : la filière littéraire a été, depuis des années, laissée à l'abandon, mise au rebut, il faut lui redonner toute sa valeur, en offrant des perpectives à ceux qui choisissent cette voie...


Il paraît, aussi,  normal d'offrir à chacun la possibilité d'apprendre conjointement le latin et le grec dans tous les établissements... or, cette possibilité n'existe pas dans nombre de lycées et de collèges.

Pour sauver le latin et le grec, il convient de revaloriser ces enseignements, d'en montrer toutes les richesses, tous les apports.

Oui, ces disciplines sont exigeantes, elles demandent des efforts, de la persévérance, de l'ambition, une volonté d'apprendre, et c'est pourquoi elles doivent être préservées, une façon, sans doute, de combattre une certaine facilité, un laisser-aller qui envahissent nos sociétés.


Dans ce but, voici un appel de l'Association des Professeurs de Lettres au président de la République pour l'avenir des langues anciennes et de l'école...

 

 

 

 

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/coignard-latin-la-lettre-a-hollande-04-05-2015-1925962_2134.php

 

 

Pour sauver le latin et le grec...
Pour sauver le latin et le grec...
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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 16:43
Le parti socialiste : de l'art de perdre un électorat précieux...

 

 



La réforme des collèges, préparée à la hâte, prévue pour la rentrée 2016, n'en finit pas de susciter des contestations et des controverses : les lettres classiques menacées de disparition, l'enseignement de l'allemand et les sections européennes mis en péril, l'histoire tronquée dans ses programmes...


Les enseignants, on le sait, ont tendance à voter à gauche, et ils constituent une partie conséquente de l'électorat du parti socialiste et de la gauche...


Avec ces réformes qui soulèvent tant de problèmes, qui mécontentent nombre d'enseignants, on peut le dire : le gouvernement en place est en train de miner la confiance des enseignants dans les décisions qui sont prises...

Les vacances scolaires, elles-mêmes, sont adaptées à la volonté et aux diktats des lobbies du tourisme.

Comment les enseignants peuvent-ils ne pas s'alarmer face à toutes ces mesures qui vont à l'encontre du bon sens ?

Les professeurs d'histoire s'inquiètent, à juste titre, des nouveaux programmes fixés par l'éducation nationale : on y distingue les sujets obligatoires et des sujets facultatifs, ces derniers étant laissés à l’appréciation des enseignants... "Ainsi, l'étude de l'Islam sera obligatoire, mais celle du christianisme médiéval facultative - ceux qui choisiront de l'enseigner devront le faire uniquement sous l'angle de l' "emprise de l'Eglise sur les mentalités rurales. "

On est sidéré de constater que nos propres racines, en l'occurrence, le christianisme médiéval, deviennent un enseignement facultatif.

Faut-il donc avoir honte de notre passé, faut-il renier nos origines ?

Cette réforme des collèges a été, une fois de plus, bâclée, faite dans la précipitation et sans aucune concertation préalable, puisqu'elle provoque tant de rejets et de réactions négatives.

Vers quel gouffre se dirige le gouvernement ? Le secteur éducatif devait être la priorité et il est sacrifié à des intérêts commerciaux, à une idéologie de la culpabilité, de la repentance...

L'histoire, notre histoire est faite d'errements, de fautes, d'erreurs, mais peut-on la réduire à cela ?

La réforme privilégie, aussi, les enseignements interdisciplinaires, méthode qui paraît séduisante, mais l'interdisciplinarité, si elle peut comporter occasionnellement, un intérêt, ne saurait être systématisée sans danger : éparpillement, morcellement, dispersion et dilution des connaissances...

L' enseignement qui est proposé se veut, avant tout, ludique, amusant, mais peut-on sacrifier, dans ce domaine, la notion d'effort, la valeur des apprentissages ?

On ne peut construire une réforme, sans le consentement des acteurs principaux de l'éducation : les enseignants...

Le parti socialiste est-il en train de scier la branche sur laquelle il s'est appuyé ?

A n'en pas douter, c'est ce qui risque de se produire : la gouvernance de Nicolas Sarkozy avait laminé l'éducation nationale par des suppressions de postes, par la suppression de l'année de stages pour les nouveaux enseignants, et ce gouvernement est en train de prendre le même chemin.

Les socialistes veulent-ils renoncer au pouvoir ? 

S'agit-il de préparer une nouvelle alternance ?

Encore une fois, on a cette fâcheuse impression, mais c'est peut-être le but de nos politiques que de se passer alternativement la balle du pouvoir ?

L'alternance devient une sorte d'habitude, dans le monde politique, et il semble que l'on veuille nous soumettre à cette loi...

L'éducation devait être une priorité du gouvernement en place : de toute évidence, la réforme des collèges ne satisfait personne. Les vacances scolaires sont, même, réajustées pour favoriser le secteur touristique...


Où est la priorité ? 





 

Le parti socialiste : de l'art de perdre un électorat précieux...
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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 16:25
Les humanités vont-elles disparaître ?

 



La nouvelle réforme des collèges entérine, bel et bien, la disparition du latin et du grec qui deviennent des Enseignements Pratiques Interdisciplinaires, mis en concurrence avec tous les autres projets de l’établissement, qui aura la charge de faire le « choix » entre ceux-ci, selon les moyens qui lui auront été accordés...


Ainsi, se trouve programmée la disparition de l’enseignement des Langues et Cultures de l’Antiquité, là où elles sont présentes aujourd’hui, car leur maintien ne tiendra qu’au bon vouloir local, après une mise en concurrence avec d’autres nouveaux projets. 


Que chacun en prenne conscience : les humanités sont essentielles, dans la formation intellectuelle, elles apportent une culture de base qui permet une réflexion sur notre monde, elles offrent une meilleure compréhension de notre langue et de notre culture...


Comment peut-on prétendre que le latin et le grec sont des "langues mortes", alors qu"elles vivent à travers la plupart des mots que nous utilisons ?


Alors que la langue anglaise exerce, un peu partout, une suprématie triomphante, il est temps de réagir et de défendre notre propre langue, composée essentiellement de latin et de grec.

Alors que l'anglais nous envahit de ses "like", de ses "hashtags", il faut préserver cet héritage précieux que nous avons reçu de l'antiquité.

Certaines réactions me font bondir, notamment, celle d'un commentateur parue sur le Journal Le Point, à la suite d'un article intitulé : Les humanités, avenir de l'humanité.

 

Voici ce qu'il écrit :

"Je suis passionné par Rome, mais...
Au XXIème siècle, la langue universelle est l'anglais, et non plus le latin, langue morte depuis des siècles. 
Apprendre une langue que plus personne ne parle sur Terre est absurde : il vaut mieux apprendre des langues... Latines, comme l'Espagnol, l'Italien ou le Portugais. 
Il vaut mieux étudier les passionnantes civilisations Grecques et Romaines que dégoûter les enfants en leur imposant des langues mortes. 
Dans leur collège, mes enfants me disent que tous les élèves latinistes détestent cette matière : on ne la conserve que pour la carrière des professeurs de grec et de latin !"

 


Tout d'abord, le fait de présenter l'anglais comme une langue universelle me semble pour le moins dangereux. Il faut, justement, lutter contre cette tendance qui fait de l'anglais une langue de référence.

Le langage informatique nous impose ce jargon, alors qu'on pourrait fort bien s'en passer.

Par ailleurs, utiliser l'expression "langues mortes" pour évoquer le latin et le grec est une hérésie, ce sont des langues anciennes qui restent présentes dans la plupart du vocabulaire que nous utilisons !

L'étymologie, ne l'oublions pas, permet de comprendre le sens essentiel des mots, elle offre un retour aux sources et souvent, elle restitue la définition même du mot.

Affirmer de manière péremptoire que la plupart des élèves détestent les langues anciennes est totalement abusif et absurde.

De nombreux élèves s'intéressent non seulement aux civilisations antiques, mais aussi à l'étude de la langue, qui apporte rigueur, solidité, ou encore à l'étymologie qui leur permet de maîtriser des notions essentielles : comment comprendre les spécificités du théâtre, de la poésie, sans se référer à l'étymologie de ces mots ?

Comment ne pas évoquer l'origine de nombre de mots littéraires qui remontent à l'antiquité ?

Le terme même d'humanités associé à ces disciplines nous en montre toute l'importance : dans un monde de technicité accrue, il est essentiel de ne pas perdre contact avec nos propres racines, avec ce qui constitue notre humanité et notre passé.

Dans un monde où la violence s'impose, où triomphe, parfois, la barbarie, les humanités nous permettent de retrouver un humanisme qui se perd et se délite, elles sont sources d'épanouissement et de réflexion, elles consolident les connaissances, elles montrent l'importance de l'effort, de la rigueur.

Elles constituent tout un passé, qui est le fondement de notre propre culture : le théâtre, la tragédie, la comédie, la fable, la philosophie sont nés en Grèce, tous ces mots viennent du grec.

Les mots "rhétorique, éloquence, grammaire, lettre" sont issus du grec et du latin, comme de nombreux mots de notre vocabulaire.

Les humanités vont-elles disparaître ? Seront-elles, désormais, réservées à une élite éprise de curiosité et de savoir ? Comment ne pas percevoir tout l'apport culturel, intellectuel, humain qu'elles nous délivrent ?

Comment peut-on envisager de réduire à neant ces enseignements aux multiples facettes qui sont les sources mêmes de notre culture ?


 
Une pétition à signer pour le maintien de l'étude du latin et du grec :

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Madame_la_Ministre_Latin_et_grec_ancien_pour_tous_les_eleves_dans_tous_les_etablissements/?tiPHxbb

 

Deux articles sur le sujet :
 
http://www.lepoint.fr/chroniques/les-humanites-avenir-de-l-humanite-04-04-2015-1918618_2.php


 
http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/coignard-education-nationale-la-haine-de-l-excellence-13-04-2015-1920587_2134.php

 



 

La fresque du pêcheur

La fresque du pêcheur

Le début de l'Iliade

Le début de l'Iliade

Muse jouant de la cithare

Muse jouant de la cithare

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 17:36

 

ecole

 

Pastille rouge ? Pastille jaune ou verte ? Voilà le nouveau système d'évaluation prévu en collège par notre ministre de l'éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem...

 

On a, ainsi, l'impression de faire régresser les élèves vers la maternelle, où l'on distribuait, autrefois, des bons points.

 

Si les notes disparaissent, elle seront, aussi, remplacées par des cahiers d'évaluation...

Ces livrets d'évaluation ont, déjà, été mis en place dans les écoles primaires et ressemblent à de véritables labyrinthes dans lesquels tout le monde se perd : les enseignants y consacrent un temps précieux qu'ils pourraient réserver à d'autres missions plus efficaces.

 

Nous-mêmes avons testé, il y a quelques années ces cahiers d'évaluation, en lycée, en début de seconde : ces livrets ont été finalement mis au rebut : le système de codage très compliqué ne permettait pas, d'ailleurs, une évaluation précise et cohérente... les enseignants y passaient beaucoup de temps, pour une efficacité très réduite.

 

Ce n'est, certes, pas en supprimant les notes que l'on va résoudre les multiples difficultés des élèves en grammaire, en orthographe : il faut, surtout, accorder plus de temps à ces disciplines fondamentales : certains élèves arrivent en classe de seconde avec des lacunes importantes : par exemple, des confusions entre le futur et le conditionnel... ces confusions sont graves, car elles révèlent une méconnaissance de la langue.

Certains ne maîtrisent pas du tout l'orthographe élémentaire : accord du verbe avec le sujet, du nom avec l'adjectif.

 

Par ailleurs, si on supprime les notes en collège, faudra-t-il les conserver en lycée ? Il faut imaginer le "traumatisme" des élèves, quand il seront notés, pour la première fois, en lycée !!

Il faut imaginer leur "désarroi" s'ils obtiennent une note inférieure à 6, alors qu'ils étaient évalués antérieurement avec une pastille rouge !

 

Comment pourra-t-on évaluer le baccalauréat, sans notes ? Les pastilles rouges, vertes ou jaunes ne permettent, en aucun cas, d'affiner l'évaluation.

 

Arrêtons les faux semblants, les fausses solutions : on les a déjà testées et on en a vu les limites et les insuffisances !

Arrêtons de prendre les enseignants pour des pantins chargés de remplir des cahiers d'évaluation complexes, mal ficelés, inadaptés à une multitude de manques et de difficultés !

 

Les notes restent un repère essentiel pour les élèves, les parents, les enseignants, elle sont accompagnées de commentaires précis qui figurent sur la copie et qui soulignent les lacunes à combler.

Elles permettent de mettre en évidence une progression, parfois d'encourager l'élève ou de lui montrer qu'il lui faut travailler davantage !

 

Supprimer les notes, c'est donner l'impression à l'élève que certaines carences n'existent pas : les notes permettent vraiment de graduer l'évaluation avec justesse.

Supprimer les notes, c'est aussi faire croire abusivement que certaines compétences sont acquises définitivement, alors qu'elles ne le sont pas...

 

 

 

Voici des exemples de cahiers d'évaluation : difficile de juger globalement certaines compétences...

http://www.sauv.net/evaluationprim.php

http://cache.media.eduscol.educatio...

 

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 enseignement reuters

 

 

école 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 16:39

 

école 4

 

Un article paru sur le journal Le point porte ce titre péremptoire : "Oui, il faut abolir les notes..." Le journaliste qui a écrit cet article, Idriss Aberkane paraît convaincu de la nocivité des notes : celles-ci provoqueraient "le dégoût de la connaissance, castreraient la créativité et le libre arbitre des élèves..."

 

L'article commence par des amalgames pour le moins curieux : évoquant "l'abolition des sacrifices humains, de l'esclavage, de la peine de mort, le droit de vote accordé aux femmes", le journaliste du Point considère que la suppression des notes apparaît comme une évolution et un progrès évidents !

 

On est, là, en pleine confusion et les exemples cités montrent bien la démesure de l'argumentation.

 

Si on considère la note comme stigmatisante, il faudrait, aussi, supprimer les appréciations de ce type : " le sujet n'est pas compris, l'expression est confuse ou incorrecte, le devoir est souvent incompréhensible etc."

 

"L'école tue", affirme, encore, le journaliste du Point et, de citer l'exemple extrême du Japon où la pression scolaire est maximale.

Comment rendre les notes responsables de ce phénomène ? Une simple appréciation pourrait suffire à destabiliser certains élèves, sans doute.

 

Aucune note, aucune appréciation ne sont, en fait, infamantes : c'est ce qu'il faut expliquer à de jeunes élèves : la note leur permet, d'ailleurs, de comprendre leur progrès, leur régression, elle leur permet de mieux se connaître.

 

Qui n'a jamais eu de mauvaises notes ? On pourra dire que certains y sont abonnés et ne dépassent jamais la moyenne, est-ce pour autant, infamant ?

 

Faut-il conforter les élèves dans l'illusion de la facilité ? Aucun obstacle sur la route, aucune embûche...

L'école ne doit -elle pas être l'apprentissage de la vie et de ses nombreuses difficultés ?

 

Je suis enseignante et je suis, moi-même, notée par ma hiérarchie : tous les ans, je reçois une note administrative, un inspecteur m'attribue, aussi, une note pédagogique, tous les 5 ans environ.

Ces notes sont, parfois décevantes, c'est vrai, mais elles font partie du parcours de chacun d'entre nous : un salarié, même s'il n'est pas noté, est jugé et jaugé par ses employeurs...

 

L'auteur de l'article fait, également, l'éloge de la coopération dans le travail : or, à l'école, toute coopération, lors d'un devoir, est appelée tricherie !

Mais peut-on, ainsi, comparer l'apprentissage, avec le travail fait par une équipe d'adultes ?

On sait ce qui se passe, souvent, dans les travaux de groupes accomplis en classe : ce sont les élèves travailleurs qui oeuvrent pour les autres... Est-ce efficace pour ceux qui n'ont pas fourni l'effort nécessaire ?

 

"Vittorino da Feltre ne notait pas, Socrate ne notait pas, Bouddha ne notait pas", affirme, également, l'auteur de l'article !

Les exemples cités remontent à l'antiquité ou à la Renaissance, mais comment Socrate aurait-il pu noter ? 

Son enseignement n'avait rien à voir avec celui d'un directeur d'école philosophique ; son "école", c'était l'agora, la place publique où il se promenait au milieu des gens ordinaires, bavardant avec tous et les interrogeant, en prenant comme sujets de méditation les mille et un problèmes de la vie quotidienne.

L'enseignement de Socrate s'adressait à des adultes.

 

Ultime amalgame : l'auteur de l'article compare les notes attribuées aux élèves à celles données par les agences de notation : peut-on, ainsi, mettre en parallèle des notes accordées par des agences concernant l'économie d'un pays avec les notations scolaires ?

Rappelons que les notes scolaires sont multiples, étayées par des appréciations détaillées : la note n'est pas le seul repère pour les élèves...

 

Il suffit de voir toutes les annotations, inscrites sur une copie, pour percevoir que la note n'est pas le seul critère : d'ailleurs, le professeur note, aussi, une progression, des efforts, une volonté de réussir : la note a cette valeur positive : l'élève qui obtient une meilleure note sent ses efforts récompensés et, forcément, est encouragé à avancer.

 

Abolir les notes, abolir les difficultés, les aspérités de la vie, est-ce rendre service à des jeunes qui seront confrontés, plus tard, au monde du travail ?

 

Tout cela est-il vraiment sérieux et fondé en raison ?

 

 

L'article du Point : 

 

http://www.lepoint.fr/invites-du-po...

 

 

 ecole-3.JPG

 



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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 16:48

 

ensi ret

La mort a frappé une jeune enseignante de 34 ans, la mort a frappé une institutrice, alors qu'elle se trouvait à l'intérieur de son établissement... C'est une mère d'élève, connue des services de police, qui a agressé au couteau la jeune femme.

 

Les faits se sont déroulés ce vendredi 4 juillet, le matin, à l'ouverture des classes, dans l'école primaire publique Edouard Herriot, situé dans le quartier Lapanouse, près du Stadium municipal de la préfecture du Tarn.

 

Mourir alors qu'on accomplit son travail, dans une salle de classe, être attaquée au couteau devant de jeunes enfants, voilà des faits graves, intolérables.

 

La violence de nos sociétés est partout, mais elle gagne, de plus en plus, les établissements scolaires : violences verbales, agressions physiques, mise en cause des enseignants...

 

Il faut le rappeler : l'enseignement est un métier majoritairement féminin : difficile d'être confrontée à la violence ordinaire de certains élèves ou de certains parents...

Difficile de se rendre au travail, la peur au ventre dans une angoisse permanente de ce qui peut se passer.

 

Difficile de concevoir qu'une telle peur puisse exister dans un métier de transmission, de partage, dans une fonction où l'on est en contact avec des enfants ou des adolescents.

 

Difficile de l'admettre, mais cette peur existe : certaines enseignantes peuvent en témoigner... la peur de se retrouver face à des classes difficiles, devant des élèves sans motivation, en butte à des insultes, à des propos déplacés et malveillants.

 

La peur d'entrer en classe alors que les effectifs sont pléthoriques, que certains élèves n'ont nulle envie de travailler...

 

Les parents s'immiscent, de plus en plus, dans le travail fourni par l'enseignant : certains contestent les notes, les sanctions, parfois même la pégagogie des professeurs, ce qui est un comble, car, en matière de pédagogie, les parents ne sont pas vraiment à même de donner des conseils.

 

On parle, parfois, de la tyrannie des parents d'élèves : ils pratiquent une ingérence inadaptée, dans le monde éducatif.

 

Bien sûr, on est, avec ce fait divers, dans une dimension dramatique : cette violence qui aboutit à la mort d'une enseignante est exceptionnelle. Mais force est de constater que le climat est parfois délétère, que les enseignants sont contestés dans leur rôle même, alors que leur tâche est de plus en plus complexe.

 

Le contexte, la crise font que les parents rejettent toute la responsabilité de l'échec de leurs enfants sur le personnel enseignant : les professeurs n'ont pas les compétences pour régler tous les problèmes inhérents à cette société, ils sont, avant tout, des pédagogues, mais ne peuvent jouer tous les rôles : assistante sociale, conseiller d'orientation, éducation à la morale etc.

 

De la violence verbale qui devient fréquente, à la violence physique, qui est plus rare, mais qui existe, le pas peut être vite franchi.

 

Une enseignante est morte, à la veille des vacances, le dernier jour de l'année scolaire : ce fait est intolérable....

ecole 5reut



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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 16:39

ecole

 

Faut-il supprimer les mauvaises notes ? A quoi servent, donc, les notes ? Après tout, ce serait sympa si les profs ne mettaient que de bonnes notes, à tous leurs élèves...

 

La moyenne pour tous, quels que soient le contenu, les fautes d'orthographe, les erreurs de raisonnement ! Il s'agit, selon les textes officiels de pratiquer "l'évaluation positive".

 

Il faut positiver ! L'essentiel est de ne pas traumatiser les jeunes, de leur éviter des déceptions trop dures...

 

Ainsi, le ministère de l'Education nationale souhaite installer, en primaire et au collège, un nouveau barème de notation pour la dictée. Le principe ? "Se baser sur la compétence des élèves et non sur la sanction."
 
Une grille proposera trois types de compétences : "l'accord des noms, l'accord des verbes et l'orthographe des mots... Il s'agit de valoriser certaines de ces compétences."
 
"L'élève ne doit pas perdre l’estime de soi, ni la confiance en soi qui font souvent défaut."
 
Mais, l'école n'est-elle pas, aussi, un apprentissage de la vie ? N'est-il pas utile de rencontrer des obstacles, pour les dépasser ?
 
Tout le monde est amené à surmonter des déceptions, des difficultés dans la vie courante, dans l'univers du travail, par exemple.

Par ailleurs, la note est un repère qui permet de voir une progression, ou, à l'inverse, des difficultés croissantes : faut-il simplement se contenter de préciser : telle compétence est atteinte, telle autre ne l'est pas ?

 

Comment l'élève pourra-t-il percevoir son niveau ?

 

Nos sociétés ont tendance, dans le domaine éducatif, à vouloir aplanir toutes les difficultés : on a allégé, pendant des années, les cours de grammaire et d'orthographe, jugeant que ces disciplines étaient trop rebutantes.

 

Or, les résultats sont là : à force de raboter certains cours, de nombreux élèves se retrouvent en difficulté...

 

Certains ne maîtrisent plus les conjugaisons, notamment les emplois du passé simple, ne savent plus reconnaître les différentes valeurs des subordonnées, ou encore ont des hésitations sur la voix active, la voix passive, notions pourtant essentielles.

 

Peut-on ainsi sacrifier des disciplines qui permettent de mieux s'exprimer, de mieux réfléchir, de mieux organiser ses idées ?

 

Cette année, au cours de la session 2014 du baccalauréat, les correcteurs ont été invités à noter généreusement les épreuves de mathématiques et de physique, les sujets ayant été jugés trop difficiles !

 

Après une pétition lancée par les élèves, l'inspection générale a demandé aux correcteurs de remonter les notes de l'épreuve de physique-chimie du bac S !

Quand les élèves, eux-mêmes, interfèrent sur la notation, quelle crédibilité peut-on accorder aux résultats ? A force de lénification, le baccalauréat est en train de perdre toute sa valeur.

 

Quand tous les élèves auront obtenu le bac, quand ils auront tous de bonnes notes, on pourra se poser cette question : quelle est la crédibilité des enseignants ? Quel est leur rôle ? Valoriser, sans vraiment mettre en évidence les carences et les difficultés, relève de la pure démagogie.

 

Le redoublement a, déjà, été supprimé : sauf exception, la plupart des élèves passent dans la classe supérieure, cet enjeu, pourtant essentiel, a disparu....

Quels repères donnons-nous aux élèves, si nous éliminons, devant eux, tous les obstacles ?

 

L'effort, la persévérance, la volonté, le mérite sont des vertus essentielles : en faisant disparaître les notes, le redoublement, en voulant aplanir les difficultés, on en vient à nier ces vertus...

 

D'ailleurs, nos sociétés ont tendance à magnifier d'autres valeurs : l'argent-roi, les apparences, le clinquant... 

Dans tous les cas, la sélection se fait et se fera de plus en plus dans les universités où arrivent des élèves qui n'ont, parfois, pas les compétences requises.

 

http://youtu.be/n0lpvvyKyeI

 

 

 

 

 

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