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3 juin 2024 1 03 /06 /juin /2024 11:51
Esclavage en Corée du Nord...

 

Non, l'esclavage n'a pas disparu : des Coréens du Nord sont envoyés en Chine pour y être exploités dans des conditions de vie déplorables...

"La Corée du Nord est le pays le plus secret, le plus fermé au monde... Pour ses habitants, il est officiellement impossible d'en sortir. Pourtant, on retrouve aujourd'hui des dizaines de milliers de Nord-Coréens employés à travers le monde.

Grâce aux réseaux sociaux chinois et coréens, aux images satellites, des journalistes ont enquêté sur le sort de ces dizaines de milliers de Nord-Coréens : comment sortent-ils, comment vivent-ils à l'étranger, comment le régime de Pyongyang récupère-t-il des millions grâce à leur travail ?

 

Vêtus de leur costume caractéristique, des Nord-Coréens se dirigent vers la Chine en passant par un pont. Tous présentent un passeport, il leur a été délivré uniquement parce qu'ils partent travailler pendant au moins deux ans. Ce pont a été géolocalisé : il s'agit du pont de TUMEN, il relie la Corée du Nord à la Chine.

Sur un autre pont, on identifie la douane chinoise et de l'autre côté, la douane nord-coréenne. Sous l'oeil des militaires, de chaque côté, des travailleurs traversent au grand jour. Tous ont été triés sur le volet, sélectionnés par une mystérieuse organisation qui se trouve au cœur de Pyongyang, appelée bureau 39.

3 pour troisième étage, 9 pour neuvième pièce. C'est dans un bunker étatique que s'organise le départ des travailleurs nord-coréens vers l'étranger.

 

Des journalistes ont identifié un groupe d'hommes Nord-Coréens dans la ville chinoise de Dandong : tous arborent un pin's patriotique à l'effigie du grand-père et du père de l'actuel dirigeant. Même chose pour un groupe de femmes qui arrivent, là encore, elles portent le pin's.

Tous ont l'obligation de le porter. Pour suivre la route de ces travailleurs, des journalistes ont étudié la photo satellite de la frontière : on y voit un mur ponctué de tours de guet : la frontière est quasi hermétique mais il y a une quinzaine de ponts... ce sont ceux qu'empruntent les ouvriers Nord-Coréens pour aller travailler en Chine.

 

Les journalistes ont collecté de très nombreuses vidéos postées par des internautes chinois, elles montrent cette main d'oeuvre au travail à travers la Chine, dans des usines textiles, alimentaires ou encore dans des restaurants nord-coréens. Les journalistes ont localisé près de 70 de ces restaurants nord-coréens en Chine, essentiellement situés dans deux provinces frontalières.

"Pyongyang", le nom d'un de ces restaurants : avec des tenues traditionnelles, les serveuses Nord-Coréennes se produisent sur fond d'images de scènes de guerre. On remarque que toutes jouent différents instruments de musique, un des critères de sélection du bureau 39 : elles sont la vitrine du régime.

Les journalistes ont retrouvé des dizaines de petites annonces comme celle-ci : elles proposent de la main d'oeuvre nord-coréenne bon marché : 

"20 000 ouvriers Nord-Coréens disponibles. Hommes et femmes disponibles rapidement. Pas sérieux s'abstenir."

Une autre offre vante une gestion de type militaire, une main d'oeuvre proposée comme une marchandise.

Pourtant, depuis 2019, employer des Nord-Coréens est interdit par l'ONU : leur travail servirait à financer le programme nucléaire de Pyongyang.

Les journalistes ont retrouvé un intermédiaire chinois : ils se présentent comme des entrepreneurs Chinois à la recherche de main d'oeuvre...

"Oui, effectivement, je fais l'intermédiaire entre les usines chinoises et la Corée du Nord. Nous faisons des contrats de 5 ans, vous avez besoin de combien de personnes ?"

Réponse : "Une centaine, peut-être plus. Comment on doit les payer ? On paie directement les ouvriers ou on passe par un tiers ?"

-"Le salaire est versé à un tiers en Corée du Nord. Tout est légal et réglementé."

-"Et comment doivent-ils être logés ?"

-"En général, 6 à 8 personnes par dortoir. C'est comme en pension, les Nord-Coréens ne peuvent pas sortir. Après le travail, ils doivent aller directement au dortoir. S'ils veulent sortir, ils doivent être accompagnés."

 

Les journalistes ont retrouvé une image rare de ces dortoirs où s'entassent les employés Nord-Coréens : des lits collés les uns aux autres dans un espace exigu, aucune intimité, ils sont surveillés par un chaperon 24 heures sur 24. Des conditions de vie et de travail très difficiles, jusqu'à 14 heures par jour. Un jour de repos par mois !

Comme l'a indiqué l'intermédiaire chinois, le salaire de ces employés est intégralement versé en Corée du Nord : l'état coréen en ponctionnerait 60%..."

 

Comment une telle exploitation de l'être humain est-elle encore possible à notre époque ?

 

Source :

 

https://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/coree-du-nord-des-dizaines-de-milliers-d-habitants-sont-employes-a-travers-le-monde_6573215.html

 

 

 

Esclavage en Corée du Nord...
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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 08:34
Bien sûr, il faut commémorer !

 

Bien sûr, il faut commémorer le bicentenaire de la mort de Napoléon ! Il est important de se souvenir de notre histoire. Il ne faut pas réduire le personnage de Napoléon au seul rétablissement de l'esclavage...

Il faut regarder en face notre passé, en voir le côté obscur, et aussi les aspects positifs.

A cette occasion, on peut lire ou relire l'ouvrage de Dimitri Casali, "Napoléon sur le Divan".

Cet auteur était venu présenter son ouvrage, lors du Festival de la Biographie, à Nîmes.

Voici l'article que j'avais rédigé alors :

Une première psychanalyse de l’Empereur comme s’il s’allongeait sur le divan… avec toutes ses facettes : les plus obscures comme les plus lumineuses, bref l’homme comme vous ne l’avez jamais vu...

 

Dimitri Casali rappelle d'abord qu'il a été professeur d'histoire en Zone d'éducation prioritaire, pendant 10 ans :

"J'ai cette envie de transmettre l'histoire au plus grand nombre et surtout aux jeunes qui n'y ont pas accès.... vous savez, aujourd'hui, l'histoire tombe en désuétude... il y a une véritable répulsion que les moins de 18 ans éprouvent envers l'histoire, et mon âme de professeur d'histoire en ZEP est complètement scandalisé par ce fait...

 

J'ai écrit aussi de nombreux manuels scolaires, et ce livre "Napoléon sur le divan" présente ma façon d'apprendre l'histoire, c'est à dire comme disait Hérodote, l'histoire, c'est avant tout des histoires... c'est raconter des histoires..."

 

Dimitri Casali rappelle à l'occasion qu'il a été l'élève de Jean Tulard, le plus grand spécialiste napoléonien :

"Il a toujours su raconter l'histoire... Je me souviens de ses cours à la Sorbonne : c'était extraordinaire quand il nous faisait Robespierre, il n'hésitait pas à monter sur sa chaise et à déclamer les discours de Robespierre, d'une manière unique... et hélas, cette manière d'enseigner l'histoire part en lambeaux, a disparu aujourd'hui.

La plupart des historiens sont des spécialistes et l'histoire est devenue ennuyeuse et poussiéreuse."

 

"Comment écrit-on un ouvrage de vulgarisation ?", interroge alors le journaliste qui mène l'interview.

"Je suis un vulgarisateur dans le sens noble... le mot n'est pas très beau mais je le revendique et je l'accepte, parce qu'aujourd'hui, il faut savoir passer la transmission de notre histoire aux nouvelles générations."

"Napoléon était un insaisissable caméléon,  quel homme Napoléon était-il vraiment ? Était-il raciste ? Homophobe ? Mégalomane ? Pillard ? Islamophile ? Anglophobe ? Restaurateur de l'esclavage ?" 

"200 ans après sa mort, ce livre passe au crible toutes les facettes du personnage."

 

"Napoléon est le français le plus populaire au monde, encore aujourd'hui. Le seul pays où il n'est pas en odeur de sainteté, c'est la France, alors que les Chinois, les Coréens, les Américains sont fous de notre Napoléon... seule la France le boude.

76 000 livres ont été écrits depuis 1821 date de sa mort, un livre par jour !

C'est un personnage qui fascine le monde entier.

 

J'ai décidé d'écrire ce livre pour essayer de mieux le comprendre, de mieux le cerner, avec toutes ses faces sombres, tous ses défauts et il  en a beaucoup, mais aussi toutes ses faces lumineuses et géniales, et il en a beaucoup aussi.

Tous les grands hommes ont ainsi une face sombre et une face lumineuse."

Dimitri Casali évoque ensuite une scène drôle et rigolote : "Napoléon arrive à son mariage avec Joséphine à la mairie du 2ème arrondissement, il arrive avec 4 heures de retard, le maire s'est endormi, le chandelier est sur le point de s'éteindre, tout le monde en a marre, il arrive comme une furie, comme il est toujours extrêmement dynamique, il réveille tout le monde, il dit au maire : "Réveillez-vous, mon brave !"

Le maire sursaute, se réveille et va marier Napoléon.

Il s'est vieilli pour que sa femme Joséphine qui a 7 ans de plus que lui ne paraisse pas si vieille, il a rajeuni Joséphine dans l'acte de mariage et il s'est vieilli..."

Dimitri Casali évoque aussi le traumatisme de son divorce avec Joséphine, cette femme qu'il a tant aimée.

"Il a aimé deux femmes dans sa vie Joséphine et Marie Walewska, il a dû se séparer de Joséphine parce qu'elle ne pouvait pas lui donner l'héritier qu'il espérait tant. Il fallait absolument un héritier pour lui succéder sur le trône impérial.

Et, pendant longtemps, Joséphine a fait croire que c'était lui qui était stérile. Elle disait parfois : "Le sperme de l'empereur, c'est de l'eau." Elle avait cette formule assassine, pour essayer de conserver son rang d'impératrice.

Napoléon se laissait un peu embobiner par Joséphine, il a fini par le croire.

Mais, un beau jour d'octobre 1806, une de ses nombreuses maîtresses (car le pouvoir agit comme un aphrodisiaque... au début, Napoléon ne s'intéressait pas au sexe, et à la fin de sa vie, il était pratiquement obsédé par le sexe...) une de ses maîtresses Eléonore Denuelle lui a donné un fils, le comte Léon, c'est le fils de la chanson :

"Napoléon est mort à Sainte Hélène,
Son fils Léon lui a crevé l'bidon.
On l'a r'trouvé, assis sur une baleine,
En train d'bouffer les fils de son caleçon."

 

Il a compris alors qu'il n'était pas stérile et là, le sort de Joséphine fut scellé.

Napoléon fut bien sûr un grand génie militaire, mais ce qui compte le plus, ce sont les institutions qu'il va donner à la France, les institutions dont  la République va se saisir : le conseil d'état, les préfets, la légion d'honneur, le code du commerce, le code civil...

On ne réalise pas tout ce que Napoléon a apporté à l'Europe, à la France.

C'est aussi Napoléon III son neveu qui a instauré le droit de grève..."

Dimitri Casali rappelle enfin que l'iconographie qui accompagne son livre est capitale : il a utilisé des tableaux, des oeuvres de Picasso, de Salvador Dali, de Magritte, de Turner... Napoléon est ainsi le personnage le plus représenté dans les arts, après le Christ...

 

 

https://editions.flammarion.com/napoleon-sur-le-divan/9782081444690

 

 

 

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