Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
27 avril 2026 1 27 /04 /avril /2026 12:25
Un souffle chaud et parfumé d'aromates sauvages...

"Je fus noyé dans un souffle chaud et parfumé d'aromates sauvages qui s'épandait comme un flot plein de la senteur violente des myrtes, des menthes, des citronnelles, des immortelles, des lentisques, des lavandes, des thyms." écrit Guy de Maupassant dans La vie errante, un récit de voyage littéraire en Méditerranée ainsi qu'au Maghreb à la fin du XIXe siècle, Maupassant a réalisé une enquête journalistique, attiré par l'exotisme de ces pays.

 

À bord du "Bel-Ami II", il visite la côte italienne, la Sicile, navigue d'Alger à Tunis puis vers Kairouan. Il découvre avec émerveillement les pays lumineux et accueillants du Maghreb. Sensible à la beauté des paysages et fasciné par la vie quotidienne de ces habitants, il rédige plusieurs chroniques qui seront publiés dans Le Gaulois et La Revue des deux Mondes. Ces chroniques seront réunies dans l'ouvrage La vie errante en 1890.

 

Et c'est avec émerveillement encore que Maupassant découvre l'univers des aromates sauvages...


Le mot "aromate" est issu du grec ancien "ἄρωμα, arôma", "arôme, plante aromatique"...
 

Avec ce mot, on entre dans un monde de senteurs, de plantes, de nature sauvage, de parfums enivrants....

On touche à l'essence du monde, la terre, son absinthe qui emplit l'air, des herbes sur les chemins, des couleurs, des formes diverses, des éclats qui éblouissent...

On goûte à tous les bonheurs de la terre, ivresse des parfums, soupirs d'effluves, murmures, souffles, et profusion de feuilles et de fleurs...

 

Le soleil fait chanter les aromates, leur donne une vérité, une profondeur nouvelles...

Musique et harmonie des aromates qui se fondent, s'entremêlent quand le soleil fait resplendir les parfums de la terre...

 

Parfums qui se répondent, en un rebond de la voyelle "a", parfums qui se complètent avec des consonnes variées, gutturale "r", pour l'essence qui racle la gorge, labiale "m" pour goûter, dentale "t" pour mordre...

 

Les aromates comblent tous les sens ! Les voyelles "a" et "o" suggèrent ce plaisir des sens, cette ivresse de bonheur, une forme de plénitude...

 

Tant de senteurs surgissent, montent à la tête : lavande de Provence, sarriette, thym, romarin, marjolaine, origan...

Que de paysages dans ces mots !

L'aromate est le fruit de la terre, du soleil, des collines de Provence !

 

 

Un souffle chaud et parfumé d'aromates sauvages...
Partager cet article
Repost0
29 mars 2026 7 29 /03 /mars /2026 12:13
Le Mistral, vent magistral !


Le Mistral est bien un vent magistral, c'est d'ailleurs l'étymologie du mot, qui est apparenté à l'adjectif latin : "magnus, grand".

 

Le mistral est le maître des vents, lui qui nous emporte dans ses bourrasques, dans ses tourbillons, dans ses enroulements de poussières !

Lui qui souffle impétueusement sur les terres de Provence, lui qui avec maestria possède la maîtrise du ciel, le grand mistral, le plus célèbre des vents, sa Majesté le Mistral, lui dont le nom peut bien s'écrire avec une majuscule !

 

Mistral, le magnifique ! Mistral, le majestueux !

 

Lui qui nous ouvre des ciels lumineux, lui qui sait balayer les nuages, les emporter, les bousculer, les éloigner...

Lui qui magnifie le ciel, le libère à l'infini, lui qui atteint des forces maximales !

 

Le superbe mistral et son arrogance, son insolence, sa grandeur !

 

Lui qui magistralement purifie l'air du sud, emporte les miasmes, lui qui décuple ses forces, les multiplie à l'infini...

 

Connaissez-vous la magnificence du mistral ? Connaissez-vous ses emportements, ses colères, sa vindicte ?

 

Connaissez-vous la Majesté du dieu Mistral, connaissez-vous sa grandiloquence ?

 

Vent tempétueux certes, vent violent, il sait pourtant apporter des ciels d'un bleu étonnant aux terres de Provence !

 

 

 

Cet article est composé de nombreux mots de la même famille que le nom "Mistral" : saurez-vous les retrouver ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
3 décembre 2025 3 03 /12 /décembre /2025 12:39
L'amitié des saisons...

"Tant que je posséderai l’amitié des saisons, je suis sûr que rien ne pourra faire de la vie un fardeau..." écrivait  Henry David Thoreau...
 
 

Quatre saisons et une seule étymologie : le mot saison vient du latin, satio, action de semer, de planter, les semailles...

 

On le voit, le mot est issu du langage des paysans pour lesquels les saisons sont si importantes, ils en suivent le rythme, écoutent le bruit du vent, regardent l'horizon, les nuages, la couleur du ciel pour prévoir le temps.

 

Le verbe latin "sero", planter, semer est à l'origine du mot "saison" et d'autres mots agicoles : semence, ensemencer, semailles.

 

On sait que les paysans vivent soumis au rythme des saisons, et pour eux, la saison des semailles est une des plus importantes : elle prépare la moisson future, elle annonce ce qui sera le fruit de tout le labeur des paysans.

 

Un roman de Giono, Regain montre bien cette soumission de l'homme à la nature : le paysan Panturle attend le moment favorable pour se livrer à ses activités, il attend le vent de printemps, il est à l'écoute de la nature.

L'automne, l'hiver, le printemps, l'été quatre saisons si différentes reliées et désignées par un même mot !

 

Quatre saisons qui portent bien leurs noms, avec l'automne et ses sonorités sourdes, sa voyelle "o" répétée, on voit toutes les splendeurs rousses et flamboyantes de ce moment de l'année, l'hiver, lui, avec sa voyelle aigue "i", sa gutturale "r" nous emporte vers une atmosphère glacée, faite de rudesse, le printemps et ses voyelles nasalisées sautillantes, "in", "an" nous transporte de joie, nous fait revivre, l'été nous emmène vers des chaleurs lourdes mais dure si peu de temps, semble si rapide dans sa voyelle répétée et sa seule consonne !

 

Les saisons sont bien liées à la terre qui en ressent tous les effets, les saisons sont associées aux paysans, aux cultures, à des végétations si diverses !

 

Les saisons nous accompagnent, nous emportent dans leurs tourbillons de renouveau, elles rythment nos vies et les scandent de leurs couleurs, de leurs formes, de leurs odeurs si diverses !

 

Comment ne pas aimer cette alternance et cette diversité des saisons ? Comment ne pas rechercher l'amitié des saisons ?

 

Rappel :

 

https://rosemar.over-blog.com/article-les-saisons-122821567.html

 

L'amitié des saisons...
Partager cet article
Repost0
15 août 2025 5 15 /08 /août /2025 11:42
Les bonheurs de la sieste...

"Ecouter sa nature, c'est ménager son corps, faire le tri des besoins. Et quel meilleur exercice philosophique que de s'extirper de ce flux incessant (du monde moderne) par la grâce d'une petite sieste ?

Il faut pouvoir s'extraire pour se régénérer. Le repos sonne le tocsin des passions toxiques. Accepter son appel, c'est faire la part belle entre le renoncement et l'espoir, la tyrannie de l'avoir et les raisons de l'être. C'est cette philosophie que nous enseigne la sieste. Etre n'est pas avoir. Savoir se détacher, c'est se donner une chance d'être.

La sieste est le plus sûr moyen de se rendre à l'essentiel.", écrit Sébastien Spitzer dans son ouvrage Petite Philosophie de la Sieste...

Quel bel éloge de la sieste !

 

Le mot sieste nous apaise de ses consonnes sifflantes pleines de douceurs, de ses deux voyelles entrelacées "i" et "e" !

La sieste nous berce et nous enivre d'apaisement, après le repas de midi.. La sieste, est une habitude du sud : au coeur de l'été, quand la chaleur est accablante, la sieste nous offre un répit, une occasion d'échapper aux rayons intenses des soleils redoublés du midi...

 

Dans l'ombre des maisons, des gens s'endorment, ou se reposent, un livre à la main, dans un doux apaisement, une douce torpeur...

La sieste est un moment de recueillement, une pause dans l'étourdissement perpétuel de nos vies, une façon de renaître, de revivre, de se ressourcer..

 

Elle est comme un renouveau, une plongée dans l'obscurité des maisons aux volets clos : elle permet un nouvel élan..

J'avoue ne pas m'endormir vraiment au moment de la sieste, mais aimer le calme, le repos ombragé d'une maison, après le repas de midi, en plein été...

Doux moment consacré au repli sur soi, la lecture, le bonheur de l'enfermement volontaire...

 

Ce mot, plein de simplicité et de charmes vient du latin "sexta (hora)", la sixième heure, la journée étant divisée, chez les romains, en douze heures...

La sieste symbolise donc le milieu du jour, le moment où la chaleur est la plus intense, et parfois insupportable dans les pays du sud....

 

La sieste ou sixième heure nous apporte un bien-être, un instant d'harmonie, du réconfort...

On aime cette douceur et cette volupté à savourer en plein été....un demi-sommeil qui permet de goûter un bonheur infini...

 

La sieste du midi, délicieuse habitude du sud, calice de repos, espace de liberté, pendant les vacances nous éblouit de ses torpeurs, de son insouciance, de sa paresse bienheureuse...

 

 

Les bonheurs de la sieste...
Partager cet article
Repost0
13 octobre 2023 5 13 /10 /octobre /2023 12:01
Une si jolie grenouille...


           "Les hommes,
           Les hommes,
Sont seuls à n’être pas contents.
Pluie ou soleil, tu les entends
Toujours geindre à cause du temps.
Ô mal satisfaits que nous sommes!
Grenouille et cigale ont chanté,
Chacune à son tour, cet été
Mais rien n’a pu mettre en gaité
           Les hommes,
           Les hommes.

           Poète,
           Poète,
Toi, du moins, ne sois pas ainsi.
Au temps, comme il vient, dis merci,
Au soleil, à la pluie aussi,
Et tâche d’être, et le souhaite,
Grenouille et cigale à la fois,
Pour chanter tout ce que tu vois
De bon coeur et de belle voix,"
           

Tel est le conseil donné aux poètes par Jean Richepin dans une de ses chansons...

"La grenouille, la rainette" : il suffit de prononcer ces mots pour voir de vives couleurs de verts, comme des éclats de feuilles...

La grenouille est forcément un mot sympathique, avec avec sa finale de palatale, ses gutturales initiales, le son "ou" plein de douceur...

 

Issu du latin "ranuncula", formation de diminutif, le mot a, anciennement, une valeur affective.

Le nom "rana" désigne, en latin, la grenouille et le terme "ranuncula", la petite grenouille...

 

Ainsi la rainette et la grenouille sont issues d'un même radical, bien que les mots ne se ressemblent guère...

 

En tout cas, ce mot familier "la grenouille" nous fait percevoir des étangs, des plans d'eau, une nature luxuriante, des roseaux.

 

Grenouille verte, rousse, des champs, grenouille rieuse : de jolis noms pour différentes variétés...

 

Les grenouilles sont pleines de vivacité, elles bondissent soudain, dans un élan, elles sont des virtuoses du saut...

 

L'univers aquatique dans lequel elles vivent est rempli de surprises : nénuphars aux fleurs éclatantes, fougères, lianes, roseaux, renoncules, tout un entrelacement de plantes.

Curieusement, le mot "renoncule" est issu du même terme latin "ranonculus", qui désignait la petite grenouille. Pourquoi ce rapprochement et cette association entre le monde animal et celui des fleurs ?

 

La renoncule apprécie, elle aussi les marécages, elle pousse volontiers près de l'eau.

"Grenouille, renoncule", ces deux mots pourtant différents viennent du même vocable latin : l'un (renoncule) est une formation savante où l'on a conservé les sonorités anciennes, l'autre (grenouille) est une formation populaire avec des évolutions phonétiques importantes...

 

Les noms de fleurs ont, ainsi, souvent gardé leurs racines anciennes.

 

La grenouille, elle, affirme une forme de familiarité sympathique, avec des sonorités pleines de bonhommie.

 

Mais les grenouilles sont menacées ! Si les humains poursuivent leurs habitudes de consommation, certaines espèces risquent de disparaître...

 

"L'Union européenne est responsable de l'extinction en cascade des populations de grenouilles" en Europe de l'Est et dans certains territoires d'Asie, fustigent deux ONG. Ainsi, la grenouille des marais d'Anatolie (en Turquie), surexploitée, pourrait s'éteindre d'ici 2032.

 

Des populations entières de grenouilles seraient menacées par la consommation massive, en France et en Europe, des cuisses du petit batracien. Un nouveau rapport établi par deux ONG pointe du doigt cette pratique pouvant s’avérer fatale sur le long terme pour toute une espèce.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
6 octobre 2023 5 06 /10 /octobre /2023 11:54
Le temps d'une chanson...

 

Que serions nous sans les chansons ? Elles nous accompagnent dès l'enfance, avec des comptines, elles nous charment de musiques, de poésie, de rêves, en maintes occasions...

 

Le mot "chanson" lui-même nous entraîne dans une envolée de voyelles nasalisées qui tourbillonnent... La chuintante initiale, la sifflante donnent à ce nom une douceur infinie.

 

Le nom est ancien, bien sûr : comment pourrait-il en être autrement : la chanson appartient à l'histoire de notre monde : la mer ne chante-t-elle pas des ritournelles incessantes, le vent ne murmure-t-il pas des airs apaisants ?

 

Les oiseaux se font, aussi, les chantres et les poètes de la nature...

Les cigales nous murmurent de doux refrains, dès qu'arrive l'été.

 

Le mot "chanson" remonte au latin "cantio", il est issu d'un verbe très ancien : "cano", "chanter".

Et dès les temps les plus anciens, la chanson est associée à la poésie...

 

La "cantio" désignait, aussi, en latin,  l'incantation, le charme, l'enchantement.

Et, de fait, les chansons nous envoûtent souvent, ells suscitent tant d'émotions, de bonheurs et d'hamonies.

Elles relèvent d'une forme de magie, elles nous emportent, par l'imagination, dans des univers oniriques, elles nous séduisent souvent, nous font pleurer ou rire de bonheurs...

Elles délivrent tant de messages qui restent gravés dans nos esprits !

Comment ne pas être transporté par la "Javanaise" ? Comment ne pas être ému par "l'Ame des poètes" ? Comment ne pas tomber sous le charme de cette chanson ; "Un p'tit coin de parapluie" ?

Des joies, des peines, des tourments, des détresses, des désarrois nous sont racontés dans des ritournelles inoubliables...

La chanson nous fait vivre et revivre toutes sortes de moments intenses, toutes sortes d'émotions..

Elle parle à notre sensibilité...

"Chanter, enchanter", ces mots n'ont-ils pas la même origine ?

Oui, la chanson comporte une part de rêve...

Elle est une part essentielle de notre culture, car elle s'adresse à notre sensibilité, elle participe à notre compréhension du monde .

Quoi de mieux qu'une chanson pour dénoncer la guerre et ses horreurs ?

Que de chansons pour évoquer l'amour, ses exaltations, ses souffrances !

Brassens, Brel, Ferré, Ferrat, Béart, Bécaud nous ont offert des mélodies et des textes inoubliables...

 

 http://rosemar.over-blog.com/tag/jean%20ferrat/

 

http://rosemar.over-blog.com/tag/brassens/

 

http://rosemar.over-blog.com/2018/02/quand-on-n-a-que-l-amour-pour-unique-chanson.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2022/08/ma-petite-est-comme-l-eau-elle-est-comme-l-eau-vive.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-les-souliers-121740673.html

 

 

 

Partager cet article
Repost0
10 novembre 2021 3 10 /11 /novembre /2021 11:10
La calligraphie est l'algèbre de l'âme...

 

"La calligraphie est l'algèbre de l'âme tracée par l'organe le plus spiritualisé du corps, sa main droite. Elle est la célébration de l'invisible par le visible."

Voilà une belle définition de la calligraphie que l'on doit à Michel Tournier, dans son roman intitulé La goutte d'or.
 

 

L'art de la calligraphie tend à disparaître : de plus en plus, le clavier remplace l'écriture manuelle, le travail patient de la main qui trace des pleins et des déliés....

Arrondis, boucles, arabesques, l'écriture trace des motifs qui sont, parfois, de véritables oeuvres d'art...

 

Le mot lui-même, plein d'élégance, révèle des sonorités contrastées de gutturales assez dures, "k", "g", "r", qui s'adoucissent en une fricative finale "f".

Les voyelles "a" et "i" bien distinctes peuvent traduire la diversité des formes tracées sur la feuille de papier...

 

Ce mot très ancien remonte au grec, "καλλιγραφία, kalligraphía" étymologiquement, "la belle écriture"... La calligraphie est, dès les origines, liée à l'idée de beauté et d'harmonie...

"Calligramme, calliphlox, callipyge, hémérocalle", tous ces mots contiennent l'idée de beauté et viennent de ce mot ancien : "κάλλος kállos, la beauté..."

 

Calligraphie persane, extrême orientale, ou latine ont donné lieu à des chefs d'oeuvre...

L'écriture déroule et fait tourbillonner des arabesques, de vagues, des volutes, des envols de brumes... Les motifs virevoltent, éblouissants...

On perçoit le trait, toute l'habileté de l'artiste qui a peint ces dessins, écriture et oeuvres d'art se mêlent sur ces pages dignes de la technique d'un peintre...

 

Avant l'apparition de l'imprimerie, les livres étaient des manuscrits, copiés par des moines dans des ateliers, ils étaient aussi décorés par des enlumineurs...

Ainsi, au Moyen-Age, le livre d'Heures connut un immense succès , c'était un ouvrage de piété personnelle, avec un calendrier, des prières, des extraits de l'Evangile, des litanies des saints...

 

Des enroulements de feuilles, des fleurs, des oiseaux accompagnent les calligraphies des copistes, dans un ensemble harmonieux...

Quel travail patient et minutieux ! Que d'heures passées à décorer ces pages, à les illustrer, à les embellir de ces écritures savamment ouvragées !

 

La calligraphie semble appartenir à un temps révolu, surtout avec l'apparition d'internet et son développement...

"Les mains n'ont plus rien à faire dans un monde numérisé... Dans ces conditions, quel destin peut-on imaginer pour nos mains, de plus en plus dépourvues de fonctions ? Avec le visiocasque, il sera possible d'effectuer n'importe quelle recherche et d'établir toutes sortes de communications grâce à des ordres dictés directement par la voix ou par l'oeil, sans le moindre mouvement de la main, ni même du doigt.", écrit Konrad Paul Liessmann dans son ouvrage La haine de la culture.

 

Pourtant, certains passionnés s'adonnent encore à l'art de la calligraphie, il existe des cours de calligraphie qui permettent de retrouver cet art ancien, si riche, si précieux...

 

 

 

 

 

 

La calligraphie est l'algèbre de l'âme...
Partager cet article
Repost0
21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 09:14
Moutons, canaille, sotte espèce !

 

- "Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d'honneur."

 

Tel est le discours du renard dans la fable Les Animaux malades de la peste... 

La Fontaine, dans cette fable,  met en scène un procès truqué au cours duquel on cherche un coupable, une victime expiatoire, lorsqu'une maladie, la peste, se déclare. Le lion, le Roi des animaux vient d'avouer qu'il a dévoré "force moutons" et qu'il lui est même arrivé de manger le berger...

Mais le Renard, en courtisan rusé, le disculpe : il n'a fait que dévorer de "la canaille".

 

"Canaille, racaille, valetaille, marmaille", autant de termes péjoratifs qui comportent la même finale, à valeur dévalorisante...

 

Ainsi, Maupassant écrit au début de la nouvelle intitulée "Aux champs" : "Les deux chaumières étaient côte à côte, au pied d'une colline, proches d'une petite ville de bains. Les deux paysans besognaient dur sur la terre inféconde pour élever tous leurs petits. Chaque ménage en avait quatre. Devant les deux portes voisines, toute la marmaille grouillait du matin au soir."

 

Ces noms ont, de plus, une valeur collective et englobent plusieurs personnes...

Ces mots résonnent, pourtant de sonorités éblouissantes : voyelle "a" réitérée, gutturales variées, dentale, fricative...

Ces mots appartiennent souvent au peuple et désignent parfois, le peuple...

"La canaille" désigne la "vile populace", le petit peuple souvent méprisé par les grands de ce monde...

 

"La marmaille" s'applique à un groupe d'enfants souvent modestes, pauvres, sans ressources.

 

J'aime ces mots familiers et populaires, j'aime leurs éclats, leur gouaille !

 

La canaille est pourtant un terme à l'origine péjoratif : formé sur le mot  latin "canis", le chien, ce terme renvoie au monde animal, par l'emploi de ce mot, l'homme est ravalé au rang d'un animal, méprisé, avili...

Ce terme plein d'expressivité dans son radical, avec le suffixe -aille dit l'essentiel : un certain mépris pour le peuple, la piétaille !!

 

Bien sûr, il existe, aussi, de vraies "canailles", des bandits, des escrocs de bas étage : eux méritent le mépris et le rejet....

 

Ce mot oscille entre sympathie et dégoût : formation populaire, il fait tout de même résonner la voix du peuple, on entend ce langage haut en couleurs qui est celui du peuple !

 

"Bafouille, bâfrer, bastonner, cagnard, clébard, emmouscailler, décarcasser... flicaille, rouste, mariole, mouscaille, etc."

Que de mots évocateurs ! On aime ces sonorités familières, ce verbe populaire, celui de Céline et de Rabelais...

 

On apprécie ce parler qui rayonne, qui nous charme de mots différents : on perçoit, là, une vraie inventivité dans les suffixations, les sonorités....

Ces mots chantent, et disent la voix du peuple.

Ces mots reflètent aussi les difficultés du peuple déconsidéré, mis à mal, déprécié...

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 08:19
Voyage au pays des mots latins...

 

 

De nombreux mots français nous permettent de voyager à travers la langue latine....

 

Ainsi, ce voyage nous permet d'aborder une île, en latin "insula", et ses nombreux dérivés : "l'insulaire, la péninsule", les personnes "isolées", c'est à dire séparées, à part, comme dans une île.

L'île est bien un lieu distinct, qui isole du reste du monde.

 

Le navire qui nous conduit vers cette île vient du latin "navis" : on reconnaît le radical des termes "nautique, nautisme, nautile, nautonier, naviguer, internaute" et pourquoi pas "agoranaute".

 

Nous aurions pu prendre l'avion pour nous rendre dans cette île, et même ce mot qui désigne une réalité très moderne vient du latin "avis, l'oiseau".

 

Le ciel nous invite à le contempler, encore un mot latin, "caelum". Il est coloré d'un bleu profond, "céruléen", et cet univers "céleste" est empli de mystères....

 

C'est un beau voyage qui nous est offert : issu du terme latin "via", la voie, la route, le mot évoque l'idée antique du voyage sur des voies romaines... La Via Appia, la Via Domitia sont les plus renommées...

Le "viatique" nous permet aussi de nous déplacer plus facilement, il s'agit de provisions ou d'argent donnés pour un voyage.

 

Un soleil rayonnant nous accompagne, du latin populaire "soliculus", en latin classique, "sol".

De là viennent "le parasol, le tournesol, le solstice, le solarium, l'ensoleillement" qui peut donner une "insolation"...

 

La mer, "mare" en latin, nous emmène encore vers d'autres pays, d'autres îles, la mer, son air "marin", ses voies "maritimes", ses odeurs salées et iodées.

 

L'odeur "odor" nous transporte vers de nouveaux paysages "olfactifs" : nous découvrons des arbres "odorants", des pins, des cyprès.... en latin "arbor, pinus, cyparissus".

Nous percevons des "essences" parfumées, nous atteignons alors l'essentiel, l'être même de ces végétaux.

 

Nous entendons alors des oiseaux aux ramages somptueux, dans les branches, les rameaux des arbres : le mot est dérivé du latin "ramus", le rameau.

 

Nous visitons de nombreux pays, encore un mot venu du latin "pagensis", "habitant d'un bourg, d'un canton"...

 

Que de mots latins dans la langue française ! Nous oublions souvent que notre langue est constituée de mots très anciens dans tout un réseau de significations.

Nous oublions souvent tout cet héritage latin dont nos sommes redevables...

 

 

 

 

 

 

Voyage au pays des mots latins...
Partager cet article
Repost0
22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 11:08
L'oasis comme un éblouissement...

 

Pour se détendre et rêver... la poésie des mots...

 

Dans le cadre de la Semaine de la langue française et de la Francophonie... du 14 au 22 mars 2020... Dis-moi dix mots : au fil de l'eau.

 

L'oasis ! Il suffit d'entendre ce mot plein d'exotisme pour voir se dérouler des paysages magiques de déserts, des dunes et des barcanes incendiées de soleils et de lumières, et soudain, comme un miracle, apparaît un lieu de verdures, aux palmes alanguies...

 

Le mot lui-même aux douces sonorités de sifflantes "s", réitérée nous apaise, et nous étonne aussi, avec ses voyelles variées qui s'enchaînent dans ce nom très court.

 

L'oasis semble, ainsi, comme un éblouissement, une découverte soudaine et inattendue...

 

L'oasis évoque l'Egypte, des dieux antiques aux sonorités voisines : Isis, Osiris, Apis, Anubis, Sérapis, Satis...

 

Ce mot venu du grec"ὄασις" a, aussi, des origines égyptiennes : issu de langues anciennes, il revêt un caractère mystérieux, étrange, d'autant que ce nom est resté intact au fil des siècles.

Préservé de toute altération, le mot "oasis" nous étonne, et nous éblouit...

 

Havre de paix, de repos et de bonheur, l'oasis sollicite tous les sens : on perçoit des couleurs nouvelles, on entend des clapotements d'eau, la fraîcheur d'une source nous apaise, on peut goûter une eau vivifiante...

 

Repos, détente, harmonie du lieu, brise légère, l'oasis apporte bonheur et réconfort, au milieu d'un désert de solitude.

Une palmeraie, une eau bruissante, des teintes verdoyantes..., l'oasis offre un bonheur longtemps attendu.

 

Un bruit d'eau, des frémissements de palmes agitées doucement, des murmures d'oiseaux, des reflets d'or sur les palmiers dattiers, des bruits d'eau "avec des rayons d'or dans les palmes...

 

Quels apaisements et quelle harmonie ! Miroirs d'ondes où se reflètent les longs fuseaux de palmiers hérissés de buissons ! Roseaux ondoyants !

 

L'oasis nous fait rêver à des lieux de paix, de repos, elle nous fait voyager vers d'autres paysages aux couleurs étonnantes...

Le vert côtoie des ocres aux douceurs de sables, le brun illumine le vert...

L'oasis nous offre un réservoir de sensations : couleurs, fraîcheur du lieu, bruissements de l'eau...

 

 

Les dix mots retenus :

aquarelle (nom)
à vau-l'eau (adv.)
engloutir (v.)
fluide (adj.)
mangrove (nom)
oasis (nom)
ondée (nom)
plouf (interj.)
ruisseler (v.)
spitant (adj.)

 

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/la-thematique-et-les-dix-mots-au-fil-de-leau

 

 

 

L'oasis comme un éblouissement...
Partager cet article
Repost0