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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 11:04
Jardin d'hiver sous la pluie...

 

 



Le jardin, encerclé de nuées sombres, est soudain solitaire... Une pluie fine a chassé les promeneurs. Seules deux ou trois silhouettes lointaines, fugitives, sous de larges parapluies, déambulent sous le ciel gris de nuages....

Le jardin, dès lors, m'appartient : seule, dans les allées du parc déserté, je peux admirer, à loisir, les grands arbres déchiquetés de l'hiver... ils se peuplent de teintes moirées sous la pluie : bruns, noirs, verts de mousse.

Les bancs de marbre, délaissés, étalent des moires d'eaux... sur le sol, des flaques s'animent de fines gouttelettes.

L'herbe resplendit de verdeurs, et semble, soudain, revivre sous la pluie.

Sur le plan d'eau, près des grands cygnes blancs, flottent des vapeurs mystérieuses qui s'enroulent et se déroulent, créant un tableau irréel, comme si ces brumes venaient, à dessein, embellir et envelopper, de leurs volutes majestueuses, les somptueux volatiles...

Le jardin est à moi, il m'appartient tout entier, il m'offre un cadre champêtre digne d'un conte de fée : les grilles dorées de l'entrée, les bancs de marbre, le manège pour enfants, avec son carrosse et ses chevaux.

La pluie, sur le plan d'eau clapote, fait des ronds, elle encercle le paysage et le sublime de ses lueurs moirées.

La pluie exacerbe les teintes des arbres : plus noirs, plus dorés, plus verts...

Des éclats d'eau scintillent sur les fumerolles noires des branches, contraste étonnant de teintes !


Une statue de Diane semble pleurer les larmes de l'hiver, tandis que les arbres déploient leurs ombres brunes sur le ciel gris...




 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Jardin d'hiver sous la pluie...
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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 10:06
La trottinette...

 

 

 

Une photo d'autrefois...


Ma soeur et mon frère sont photographiés, devant la maison de l'Estaque : c'est l'hiver, comme en témoignent les tenues, un petit manteau à capuche pour ma soeur, un bonnet, une cache-nez pour mon frère, vêtu d'une veste épaisse...

Mon frère, qui doit avoir 2 ou 3 ans, tient une trottinette et ma soeur, d'une dizaine d'années, maintient les mains de mon frère sur le guidon de l'engin, afin de l'aider dans sa progression.
Tous deux sont en pantoufles, pour une sortie de courte durée devant le portail de la maison.

A l'arrière, le portail en bois, le mur de briques crues, la barrière qui le surmonte et du linge étendu sur la terrasse...

Un décor modeste, pour une distraction tout aussi modeste : la trottinette connaissait, à l'époque, un grand succès et les garçons jouaient volontiers, en se déplaçant avec une trottinette...

Mon frère paraît visiblement ravi de ce moment de bonheur et de découverte, il sourit malicieusement et se plaît à regarder l'objectif pour la photo.

L'objet est simple : un guidon, une tige, un plateau, deux roues et le plaisir de rouler en douceur, pendant quelques instants, en patinant d'un pied...


Un jouet d'autrefois, qui avait été abandonné et oublié un certain temps, et qu'on a redécouvert, puisqu'il connaît encore un certain succès, auprès des jeunes.
On voit, de plus en plus, dans les parcs, les jardins et même les rues, des enfants et des adolescents se déplacer en trottinette.

On voit même des adultes, des personnes âgées utiliser ce moyen de transport...

La trottinette revient à la mode et il n'est pas rare de croiser un de ces engins, sur les trottoirs des villes.

Le mot lui-même évoque une certaine simplicité, avec ses deux suffixes de diminutifs qui renvoient à l'enfance.

Voilà un joli mot enfantin, avec sa consonne dentale réitérée, ses voyelles variées qui chantent, sa terminaison "-ette", pleine de charmes...

Un mot d'enfance, empli de tendresse, aux sonorités éclatantes et douces, à la fois...

La photo révèle, en tout cas, la joie de mon frère.
Elle montre un moment de détente partagé, une complicité entre ma grande soeur et mon frère.

 

Cette photo en noir et blanc est, aussi, empreinte de poésie, par ses teintes feutrées, par une sorte d'harmonie entre le décor et la trottinette...

Tout y est simple : les sourires pleins de naturel, le geste protecteur de ma soeur, le décor.

Tout y est évident, tendre, sans artifices...


 

 

 

 

 

La trottinette...
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14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 10:27
Je chante un baiser... osé...

 

 


Les poètes du 16 ème siècle célébraient le corps de la femme, dans des blasons où ils faisaient l'éloge d'un détail anatomique du corps féminin : les yeux, la bouche, les cheveux, le beau tétin...

Alain Souchon, poète du XXI ème siècle, quant à lui, chante, dans un texte célèbre, un baiser inattendu, au hasard d'une rencontre, sur une plage du Nord, en hiver...

Le mot "baiser" réitéré magnifie ce moment magique qu'a connu le poète, ce terme scande, comme un leit-motiv, le refrain de la chanson.

Le décor embellit, de sa "brume" incertaine, le bonheur de cet instant fugace : on entrevoit des "dunes, une plage, la mer du Nord"..., bonheur d'autant plus fort que le personnage qui s'exprime semble sortir d'une aventure douloureuse, comme le suggère l'expression : "le coeur démoli par une..."

Le paysage s'anime sous nos yeux, puisque la mer est personnifiée dans cette expression :"elle sortait ses éléphants gris, verts". On perçoit une mer moutonnante et démontée, aux teintes variées, et l'image restitue bien le déchaînement des flots de la mer du Nord, en hiver.

La plage accueille des passants sympathiques, des "Adamos" bien couverts, une référence au chanteur célèbre dont le nom devient, à cette occasion, un nom commun pour désigner des gens à l'allure débonnaire qui rendent le décor agréable...

Le vent de Belgique personnifié, lui aussi, contribue à une ambiance de fête, puisqu'il "transporte des flonflons à la française, des fancy-fair à la fraise"...
Les sonorités de fricative "f"  et de sifflante "s" viennent souligner cette atmosphère de douceur et d'harmonie dans laquelle se trouve le poète.

Soudain ELLE apparaît, sans avoir été décrite, un geste affectueux et tendre accompagne le baiser : "Autour de moi, elle a mis ses bras croisés..."

Le poète interpelle, alors, le lecteur et l'auditeur, avec une certaine familiarité : "Jugez ma fortune", car il est soudain enveloppé par une "écharpe de boucles brunes", une belle image qui traduit une douceur, un réconfort, tandis que le poète affirme, avec humour : "en blondes, j'ai des lacunes..."
Et aussitôt, le vent se met à tournoyer, comme pour restituer l'éblouissement de cet instant : "Oh le grand air
Tournez le vent la dune à l'envers
Tournez le ciel et tournez la terre
Tournez tournez le grand air.."
Le poète est comme emporté et transporté dans un tourbillon : le vent se fait le complice de son émotion et de son trouble, le personnage s'adresse, alors, familièrement à la jeune inconnue pour la remercier de ce moment de liberté, et de bonheur partagé :

"Toi qui a mis
Sur ma langue ta langue amie
Et dans mon cœur un décalcomanie
Marqué liberté liberté chérie
Je donne des parts
Pour ce moment délicieux hasard..."

Les répétitions de mots semblent restituer un accord parfait entre le poète et sa belle inconnue, et le chanteur affirme donner des "milliards de dollars", pour avoir vécu un tel instant de partage.

Le poète encense cet instant de grâce fugitive, dans une vie où "tout est moyen".

La jeune femme s'éloigne, telle "une reine alanguie", belle comparaison qui sert à la magnifier, elle devient "un petit point parti dans l'audi de son mari..."

"Ah son mari ! ", ne peut s'empêcher de s'exclamer, alors, le poète, non sans un peu de regret et de légère amertume !

La mélodie nous berce doucement et vient souligner ce moment unique de bonheur, lors d'un jour d'hiver, sur la plage de Malo Bray-Dunes...


La modernité du style, du vocabulaire, une forme de discrétion et d'élégance, le paysage qui s'anime et se met à l'unisson du poète, la liberté du ton donnent à ce baiser une dimension à la fois légère et intense, un moment inoubliable...


https://youtu.be/P5weqdVaChQ


 


https://youtu.be/1W8VskzeLuM


 

 

Illustration : Photo de Marie-Jo L    creative commons

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 14:26
Un petit chapeau plein de poésie...

 

 



L'accent circonflexe, ce petit signe qui orne de nombreuses voyelles en français, est indéniablement un indice étymologique et une spécificité de notre langue : il participe, aussi, à un certain goût de la culture, de l'étymologie, de l'origine des mots...

Le mot pêcheur vient du verbe latin "piscari", "pêcher", en relation avec le nom du "poisson", "piscis" d'où sont issus les termes "piscine, pisciculture..."

Dans ce cas précis, l'accent circonflexe s'explique par la disparition de la consonne "s".

L'orthographe contribue, également, à la poésie des mots, et l'accent circonflexe en fait partie, car il vient coiffer certaines voyelles pour les souligner, pour les mettre en valeur...

Cet embrun léger confère un certain mystère, un charme à de nombreux mots : que serait le mot théâtre, sans son accent circonflexe ?

Comme l'indique l'étymologie du mot "circonflexe", cet accent entoure une voyelle, l'auréole de mystères et l'on peut, dès lors, s'intéresser à sa signification, sa valeur....

Cet accent double, qui combine l'aigu et le grave attire le regard, il évoque des vaguelettes, des crêtes, des cimes.

Ouverture vers le rêve ! Ce mot porte, d'ailleurs, bien un accent circonflexe...

Ouverture vers la curiosité ! Que signifie cet accent ? D'où vient-il ?

Ouverture vers la poésie ! Car cet accent offre des perpectives, par sa forme évocatrice : un chapeau, une vague, un oiseau, une silhouette fugitive dans le ciel...

Ouverture et goût pour la culture ! Le mot "goût" porte un accent circonflexe et on peut, dès lors, le mettre en relation avec l'adjectif "gustatif"...

"Déguster, gustatif, dégustation, dégoûter, dégoût", tous ces mots ont un rapport avec le goût et ce n'est pas par hasard !

L'accent circonflexe revêt tant de significations, tant de perspectives ! 

Il dessine des auréoles sur les mots, il fait partie d'une forme d'harmonie dans la calligraphie, c'est un supplément d'âme, avec, justement, un accent circonflexe, sur la voyelle "a" qui s'en trouve magnifiée, comme pour souligner l'importance de ce petit mot : l'âme !

Notre langue, le français, a une âme qu'il nous faut préserver, l'âme de ceux qui nous ont précédés, et certains indices orthographiques font partie de cette âme...

Pourquoi y renoncer alors que ces indices entrent, souvent, dans de réseaux de significations essentiels, les familles de mots qui sont autant de repères importants ?

Pourquoi se couper du passé ? Pourquoi se couper de ces liens entre les mots qui permettent de les associer ?

Oui, pour qui aime les mots, l'accent circonflexe est plein de poésie, il ne peut disparaître de nos livres, parce qu'une instance, fût-elle le Conseil Supérieur de la langue française, l'a décidé de manière arbitraire...


 

Pour compléter, un article sur le mot : icône

 

http://rosemar.over-blog.com/article-l-icone-nous-emmene-vers-l-orient-et-la-grece-125496332.html


Le mot "icône" nous étonne par sa voyelle "o", surmontée d'un accent circonflexe, belle graphie qui fait songer à une interjection marquant l'admiration...


 

Un article du Figaro :
 
http://www.lefigaro.fr/livres/2016/02/08/03005-20160208ARTFIG00248-reforme-de-l-orthographe-l-academie-francaise-reagit.php

 

Une pétition : 

 

http://www.mesopinions.com/petition/politique/retrait-forme-absurde-orthographe-fran-ais/18076







 

 

Un petit chapeau plein de poésie...
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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 09:59
La mousse tisse des mailles d'une incroyable douceur...

 



Plante des lieux humides, la mousse nous fait rêver, avec ses sonorités de labiale "m", de sifflante "s", sa voyelle "ou" langoureuse...

Le mot célèbre et souligne la splendeur moelleuse de la texture, les entrelacs soyeux de cette herbe de l'hiver.

Epaisse, légère, la mousse tisse des mailles d'une incroyable douceur, des fils de verdure chatoyants... Elle enlace ses fibrilles aux teintes nuancées, elle répand des senteurs terreuses, des parfums pleins de charme.

Elle dessine des prairies, des étangs, des fleurs, des montagnes, des lacs, elle soulève des vagues, des embruns, des écumes ondoyantes....

Des roulis de verdures s'emparent des arbres et des pierres...

La mousse cache ou révèle des brindilles, des chenilles de verdures, des dentelles, des arabesques, des volutes mystérieuses.

Elle évoque la peau douce, le miel, des senteurs de genêts, de bruyère...

Elle suggère un baiser, un chuchotement, un murmure léger, une onde pure, une fontaine ruisselante....

La mousse fait naître la caresse, le confort, l'apaisement, au coeur même de l'hiver.

Miel de l'hiver, ce nom vient probablement du mot latin "mulsum" qui désigne un vin miellé.

Miel doré, brun, aux reflets de soleil, substance divine !

 

La mousse reflète les éclats ambrés du miel.

J'aime ce mot simple, aux douces sonorités, qui apporte sa tendresse aux rigueurs de l'hiver, qui le tempère, l'adoucit, le rend plus docile...

J'aime les reflets verts de la mousse, ses motifs d'une incroyable variété, ses éclats, ses teintes brûlées ou flamboyantes.

Légers frissons de la mousse, vaguelettes qui la traversent, la soulèvent, l'animent, lui donnent des formes si variées...


 

 

 

 

Photos : rosemar

 

 

La mousse tisse des mailles d'une incroyable douceur...
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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 12:17
Quelle renommée pour ce savon originaire du sud !

 

 

 


Quelle renommée pour ce savon originaire du sud ! Mais aussi quelle modestie ! Quelle humilité dans les couleurs, les formes !

Le savon de Marseille, si connu, doit sa réputation à ses parfums de nature, de campagne provençale, d'oliviers aux rondeurs apaisantes, d'arbres aux fruits de soleil : la savon de Marseille rayonne d'éclats lumineux, ceux du sud, ceux de la Provence !

Ce savon aux allures rustiques, aux couleurs de vert-bronze, s'épanche, répand une mousse voluptueuse pleine de simplicité, de générosité : nul parfum frelaté, nul colorant dans ce galet aux formes carrées...

Le savon se libère dans l'eau et laisse des traces lumineuses de blanc, il fait la peau douce, légère.

Le savon se marbre de traînées blanches : il se nuance de couleurs claires, d'un vert tendre...

L'odeur rustique nous fait voir des paysages du sud, des mas, des collines couvertes d'oliviers, des champs de lavandes, des thyms parfumés et bleutés !


Ce savon fait surgir, aussi, des images du passé : des lessives d'autrefois, des bains dans une bassine, des cuisines au sol recouvert de tomettes.

Oublions ces savons à la blancheur éclatante, souvent trompeuse, ces savons frelatés pleins de colorants, d'ingrédients chimiques ! Retrouvons le naturel de ces savons d'autrefois !

Le savon de Marseille révèle des couleurs de terre, de campagne, de pinèdes : il fleure bon la nature !

Loin de la sophistication des savons d'aujourd'ui, ce savon-là est authentique par ses teintes brunes, ses senteurs ensoleillées d'olives, ses formes brutes.

Retrouvons cette nature qui nous fait vivre, qui nous nourrit, nous abreuve ! Renonçons à ces savons qui polluent, qui laissent leurs traces, leurs empreintes partout...

L'olive, fruit sacré des dieux, donne à ce savon des senteurs uniques, des couleurs de vert et de bronze...

L'olive fruit du sud, du soleil, lui donne toutes les splendeurs de l'azur.

 

 

 

ATTENTION !

"Il faut savoir qu’il n’existe pas d’appellation contrôlée pour le savon de Marseille. De nombreux savons se prétendent donc être « savon de Marseille » sans en avoir les composants naturels et ses caractéristiques écologiques. Ils peuvent pourtant provenir de Chine, de Turquie etc.


Ceux produits industriellement contiennent des additifs (colorants et parfum) contrairement à ceux produits artisanalement et peuvent donc assécher la peau.


Vous pouvez vous procurer du véritable savon de Marseille dans les savonneries qui continuent à le produire de manière traditionnelle dans des chaudrons : Le Sérail, Le fer à cheval, Marius Fabre et Rampal Latour."


On peut se procurer ces vrais savons sur internet...


 

Un lien utile :

 

http://www.aufeminin.com/soins-corps/savon-de-marseille-s696670.html
 

 

Une pétition : sauvons le savon de Marseille !

 

https://www.change.org/p/sauvons-le-savon-de-marseille

 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes/bouches-du-rhone/marseille/une-petition-pour-sauver-le-savon-de-marseille-507247.html

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Quelle renommée pour ce savon originaire du sud !
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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 13:15
Arbre de mousse...

 

 


Les arbres de l'hiver se couvrent, parfois, de mousse, dans des éblouissements de verts : l'écorce se pare, alors, de teintes nuancées d'ocres, de bruns, d'anis.

La mousse s'empare du tronc et des branches, forme des ruissellements de verdure, des écailles somptueuses escaladent l'arbre, le transforment en une toile pleine de douceurs, ouatée et mystérieuse...

Les branches dépouillées, écartelées, pleurent l'hiver, et voilà qu'elles se revêtent d'une légère mantille verdoyante...

L'arbre en détresse, aux teintes de fumées sombres, se nimbe de cette parure de l'hiver si douce.

Noirs et verts se côtoient, formant des tableaux empreints de charmes et de mélancolie...

Des écailles apparaissent, on croirait voir des serpents tortueux qui envahissent les branches.

Des enroulements de bras se dessinent, des torsions, des nuées de brindilles, des résilles sombres se hissent vers le sommet.

L'arbre devient une créature étrange vêtue d'une somptueuse carapace aux teintes variées...

L'arbre reverdit, au coeur de l'hiver, il devient géant de bronze, au torse imposant, aux bras de fumerolles.

La mousse l'enveloppe de sa toison verdoyante, elle le revêt d'une fourrure nouvelle et somptueuse...



 

 

 

 

Photos : rosemar

Arbre de mousse...
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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 09:02
Lorsque descend le crépuscule...

 


"Hue ! Yop !", c'est avec ces interjections qu'on entre dans l'ambiance emplie d'entrain de cette chanson intitulée Reginella Campagnola, interprétée par Tino Rossi.


Un personnage de contrebandier qui tire sa mule, en empruntant des sentiers de montagne, tel est le héros familier de cette mélodie au rythme dansant, pleine de joie.

On croirait suivre le trot et la cadence sautillante de la mule, d'autant que le texte au présent nous donne l'impression d'assister à la scène...

Ce contrebandier s'appelle "Pietro" et grâce à ce prénom, on a l'impression de le connaître, il attire toute notre sympathie.

Pietro est "jeune" et bien sûr, il chante, sur le chemin... Il chante forcément une chanson d'amour dédiée à sa belle.

Dans une apostrophe, il s'adresse à elle, "o bella reginella"... Est-ce un prénom ou un surnom ? En tout cas, le mot "reginella" évoque une petite reine, à qui le contrebandier dédie une prochaine "villanella", destinée à proclamer tout son amour pour la jeune fille, une véritable vénération, en fait, comme le montre l'emploi du verbe "adorer", un terme très fort quasi-religieux...

La villanelle, petite poésie pastorale convient bien au cadre champêtre de cette chanson, elle sert à exprimer des sentiments amoureux dans de douces rêveries.

Les adverbes de temps "encore, toujours" viennent souligner cette déclaration d'amour...

La chanson sera même répercutée par les échos des montagnes, et la "brise" personnifiée pourra redire la force de cet amour à la jeune Reginella : la nature se met, ainsi, à l'unisson de ce contrebandier.

La brise pourra "griser" la belle "de son frisson"... et se transformer en complice de l'amoureux...

Le cadre champêtre est encore évoqué : "Apercevant les campanules /Grimpant le long d'un mur tout blanc /Pietro vient d'arrêter sa mule..." Le personnage semble se rassurer en s'attardant pour admirer ce décor, et il ne se presse pas comme l'indiquent ses propres paroles :

"Chiva piano, piano, piano, piano
Chiva piano, piano, piano, va sano
Chiva sano, sano, sano, sano, va lontano..."

Le refrain fait entendre une nouvelle apostrophe à la jeune fille :"O bella Réginella,
Entends ma villanella !"

Et aussitôt, la belle apparaît, illuminant le cadre : "son front rayonne" et et elle se laisse séduire, comme le suggère l'expression imagée :"son coeur frissonne" .

La chanson s'achève sur une déclaration d'amour réitérée, avec des hyperboles, pour évoquer un amour éternel : " toujours... je t'adore, ma reine des montagnes".

La mélodie entraînante, le sifflet du personnage  parviennent  à restituer le bonheur de Pietro et le cheminement cahotique de sa mule  dans les sentiers des montagnes.



Les paroles ont été écrites par Jean Rodor et Louis Poterat, la musique composée par Di Lazzaro.

 

 

Le texte de la chanson :

 

http://gauterdo.com/ref/rr/reginella.html

 


 

 

Photo : rosemar

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 10:49
Ce soyeux cortège tout en larmes blanches...

 

 

Il suffit, parfois, de peu, d'une inversion du sujet, pour que naisse la poésie d'un texte, pour que l'on perçoive plus intensément, encore, un phénomène...

C'est cette magie des mots que l'on ressent, en écoutant cette célèbre chanson de Adamo... Tombe la neige...

Tombe la neige... et ausssitôt, une certitude apparaît, marquée par le futur de l'indicatif : "Tu ne viendras pas ce soir".

La négation souligne l'absence, le vide, le manque.

Le contraste saisissant entre la blancheur de la neige et le coeur du poète qui "s'habille de noir", vient souligner une infinie tristesse.

La neige devenue "soyeux cortège" semble rythmer la mélancolie et la renforcer par sa beauté immuable, d'autant qu'elle se métamorphose en "larmes blanches", belle image qui restitue un désarroi.

L'expression "soyeux cortège" réunit des sonorités contrastées : gutturales "c", "r", pleines d'âpreté et sifflante "s", chuintante "g" très douces, comme pour mimer, à la fois, la cruauté et l'harmonie créée par la neige.

Un oiseau vient même mêler ses pleurs et sa tristesse à celle du poète.

Cet oiseau n'est-il pas, d'ailleurs, l'image même du poète qui "pleure le sortilège", comme s'il était victime d'un mauvais sort ?

Le refrain s'égrène, avec cette simple phrase réitérée " Tu ne viendras pas ce soir...", phrase lancée par le désespoir du poète, qui est, ainsi, personnifié et qui semble encore plus intense et fort.

Le désespoir devient une entité extérieure qui accable l'auteur, dans une sorte de fatalité inexorable.

La neige se transforme, alors, en un "impassible manège", insensible à la douleur du poète.


Le paysage évoqué restitue, pourtant, l'état d'âme du poète :"tout est blanc de désespoir".

Le froid et l'absence viennent renforcer la douleur, ainsi que le silence qui en devient "odieux"....

Et la "blanche solitude" vient ajouter à la détresse du poète...

On ne peut qu'être sensible à l'harmonie des images utilisées dans ce poème, à une forme d'évidence et de simplicité qui nous touchent.

Effets de contrastes ou de fusion avec le paysage, on se laisse bercer et emporter par la tristesse lancinante de la mélodie....

L'auteur réussit à nous faire ressentir toute la beauté et l'âpreté de la neige associée au froid de l'hiver.
 

Cette chanson, a, de plus, une valeur universelle : elle parle à chacun d'entre nous, grâce à l'emploi du pronom de la deuxième personne,"tu" qui reste très vague.

 

 

 

 

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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 11:42
Clémentine d'hiver...

 

 


Fruit de l'hiver aux couleurs du soleil, la clémentine resplendit de sucs lumineux et chaleureux...

Parfums fruités de la clémentine ! Rondeur de fruit aux feuilles vernissées, oblongues, d'un vert profond !

Couleurs d'orange et de vert s'entremêlent en un tableau contrasté de feu et de houles...


Le fruit révèle ses parfums dès qu'on l'effleure, parfums épicés de soleil, qui s'exaltent, se répandent, adoucissent les rigueurs de l'hiver.


Fruit du soleil, de la lumière, la clémentine se pare de couleurs éclatantes... L'écorce se couvre d'une multitudes de légères aspérités remplies de sucs de lumières.


Les gousses de fruits, juteuses, savoureuses, de la même couleur que l'écorce ont un goût de soleil, de splendeur, de luminosité, d'éblouissements de bonheurs.


Fruit solaire aux éclats odorants, aux teintes qui explosent, au toucher d'âpreté, la clémentine fait revivre l'hiver : elle l'illumine de ses parfums, de ses douceurs de lune rousse et orangée.


Le nom même de la clémentine rayonne, s'épanouit, fait rêver, un nom plein de douceurs aux sonorités de lumières.

 

La gutturale initiale et la dentale "t" nous font voir des éclats, la labiale "m" nous offre sa séduction, la voyelle nasalisée "en" nous grise et nous exalte de senteurs.

Le fruit lance des feux, des éclairs de rondeurs parfumées, de teintes dorées, sous les feuilles verdoyantes...

Le fruit nous fait savourer les parfums enivrants de l'été, au coeur même de l'hiver...



 

 

 

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