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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 09:04
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"Un joli bois de pins tout étincelant de lumière dégringole devant moi jusqu'au bas de la côte", c'est ainsi qu' Alphonse Daudet évoque les paysages de Provence, dans Les lettres de mon moulin, au début de son récit...
 
Le verbe "dégringoler" nous étonne par ses sonorités de gutturale répétée, par ses voyelles variées dont l'une est nasalisée : le mot semble mimer le geste maladroit de celui ou de celle qui tombe brusquement ! Aussitôt, on voit une chute brutale qui nous fait sourire...
 
Joli mot que la dégringolade ! Un mot sympathique malgré la réalité qu'il évoque !
 
Ces termes "dégringoler, dégringolade" semblent avoir pour origine l'ancien français "gringole" qui désignait une colline. Avec le préfixe dé- ajouté à ce radical, on voit le point de départ de la chute et sa rapidité...
 
Ces mots nous emportent vers les collines de Provence, aux chemins pentus et caillouteux, vers des "gringoles" parfumées de thym, de romarins, aux senteurs de pins du midi !
 
Le nom"gringole" fleure bon le sud, le mistral, les calanques qui descendent vers la mer.
 
Aussitôt, les parfums iodés et ambrés de la mer nous montent à la tête !
 
Voilà aussi des oliviers qui dégringolent les collines !
 
Ces mots nous emmènent vers les rivages du sud, vers la Méditerranée aux mille lumières, aux éclats de vents, aux ondes lumineuses...
 
On sent la garrigue, les fleurs de thym, les odeurs de fenouil, de lauriers...
 
Des images de bonheurs, de vacances, de rires défilent sous nos yeux, des images de bleu, de blanches collines de calcaires !
 
On dégringole des chemins de campagne, on découvre les collines du sud chères à Cézanne, la Sainte Victoire, la chaîne de l'Estaque, on dévale des sentiers.
 
On lézarde au soleil, on se gorge de lumières, de senteurs de la terre, on voit des mas, des champs de lavandes tout bleus.
 
On s'imprègne d'odeurs, de ciels lumineux, de mistral !
 
On avance vers des calanques bleutées, vers la mer aux mille reflets de vagues bruissantes, on s'enivre de l'odeur des pins mêlée à celle de l'onde amère...
 
On admire des paysages lumineux, des "gringoles", où ruissellent des pins, des oliviers, où s'accrochent du thym, de la menthe sauvage.
 
On respire un air de liberté...
 
 
 
 
 
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Premières photos en haut de l'article et sous l'article : Sébastien Thébault  Creative commons
Autres : Christelle et rosemar
 


 

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 17:51
coccinelle auteur cayron gilbert
 
Coccinelle ! Adalie ! Ecarlate, corallines, éclats de rouge, amarante, sur le vert des feuilles, elle brille de lumières, elle rutile et s'embrase de spinelles sombres...
 
Cascatelle de rouge ! Ruisselet de feu !
 
Aspiole, génie des feuilles, fée des arbres, la coccinelle s'empourpre de rouges et de noirs...
 
Nymphe des bois et des fleurs, subtile, divine pointille de lumières de pourpre !
 
Poinçon de flammes sur les feuillages, on ne voit qu'elle, si petite, si légère, si rouge ! 
 
Pétales brillants, perles d'aubes rougeoyantes, embrasements de feux !
 
Lucioles rouges, étincelles d'éclats, les coccinelles ! Surprises de vermillon, de kermès, les coccinelles s'éblouissent de lumière !
 
Brillances, vivacités, lueurs de rouges ! Embruns de rouille sur les fleurs du printemps, les coccinelles mettent des couleurs vives sur le monde...
 
Rouge, noirs, lucidité, transparence de l'air, leurs teintes diffusent le bonheur, la vénusté, l'éclat...
 
Finesse, légèreté de coccinelle !
 
Humilité, étoile ardente de pourpre sur le vert des feuillages, coquelicot, incarnat, corail, sang de lumières !
 
Douce et vive, lumineuse et noire, subtile et flamboyante coccinelle !
 
 
 
 
 
 
 
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Coccinelle en haut de l'article  auteur : Cayron Gilbert   creative commons  



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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 17:47

 

Photo0676

 

Des chaloupes de nuages envahissent le ciel, de leurs ombres de gris et de blancs....

Belles chaloupes de nuées sur le bleu du ciel, beau foisonnement d'écumes sur l'azur !
 
Chaloupes de vagues, chaloupes de verdures au printemps, quand les rameaux ondoient sous le souffle des vents.
 
Chaloupes de clartés matinales au rougeoiement de l'aurore !
Le mot chaloupe désigne, d'abord, une embarcation, un grand canot de transport : issu de l'ancien français, "chaloppe", "coquille de noix", c'est un dérivé du nom "eschale ou écale, écaille" qui est une enveloppe de certains fruits, noix, noisette, amande, formant une sorte d'écorce coriace, une coquille...

 

Ce mot aux sonorités de chuintante, de labiale, de voyelles variées évoque aussi, par association d'idées, les flots de la mer, ses plis et ses replis, son tangage et ses roulis.

 

La mer toujours en mouvement fait "chalouper" les navires, elle fait virevolter les embruns... la mer, toujours bercée de flux et de reflux, danse sous nos yeux...

On voit des moutonnements, des foisonnements de vagues, des veloutines d'écumes, des brouées de bleu, de verts.

 

Le verbe "chalouper" désigne, également, une démarche ondulante et ondoyante, on peut marcher ou danser en se balançant latéralement, comme pourrait le faire une chaloupe.

 

Le mot "chaloupe" peut être employé, aussi, de manière figurée : une chaloupe de nuages suggère un paquet, un groupe de nuages dans le ciel... une façon de restituer l'ondoiement des nuages dans le ciel qui font songer à des navires à la dérive...

 

Ce mot nous emporte dans des tourbillons d'écumes, de mouvements, un balancement inlassable, celui de l'onde amère, celui des tempêtes de la mer !

 

Ce mot nous fait chavirer, nous enivre de turbulences, de flottements... il nous fait entendre des enroulements de vagues, le bruissement incessant des flots... des ondes hérissées ou plus douces...

 

Ce mot nous bouscule, nous fait tanguer, nous fait percevoir le roulis des vagues, il nous berce de rêves de voyages....

 

Il nous emporte sur les flots tumultueux de la mer vers de nouvelles rives.

 

Coquille, chaloupe, deux mots qui semblent éloignées par le sens mais dont on perçoit la parenté grâce à l'étymologie, deux mots qui se rejoignent : la chaloupe se laisse emporter par les flots comme une coquille de noix...

 

 

 

http://youtu.be/Xj0jFsxhgCc

 

 

 

 

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Photos : Christelle et rosemar
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


 

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 16:17

-Dianthus-andy-Mabett.JPG

 

Spinelles éclatantes de rouge sombre, perlées de roses ! Canetilles de carmin éclaboussé de blanc ! Des effluves subtils s'épanchent des fleurs froissées... 

 

La fleur des dieux répand une douce odeur sucrée : petite fleur divine, aux pétales diaprés et veloutés de rose-rouge, le Dianthus nous éblouit de ses couleurs de flammèches éclatantes, de ses pampres de feux...

 

Quelles teintes d'amarante ! quels parfums subtils !

 

Les feuilles légères, souples, minces filets de verts entourent les fleurs et les boutons de leurs flots d'opaline...

La fleur rayonne de pointes pourprées et empourprées, les pétales dessinent des trames de velours aux teintes nuancées...

 

La fleur devient satin et velours de soie, elle se pare de brouées de rose, de rouges flamboyants.

La fleur devient pétales de feux, éclats de cinabre, un assemblage inoui de couleurs où le blanc s'illumine de pourpres...

 

Les pétales serrés, denses forment un tourbillon de teintes qui s'enroulent, volubiles...

Des senteurs enivrantes se volatilisent dans l'air, des senteurs de printemps envahissent l'espace...

 

Fleur de Zeus, fleur des dieux, fleur du jour rayonnant, le dianthus nous exalte de ses éclats !

Fleur divine ! Fleur de rouges vifs ! Nuées et écumes rougeoyantes ! Parviflore aux teintes éblouissantes !

 

Des vagues de rose-rouge déferlent sur la fleur et laissent leur empreinte de couleurs estompées sur les pétales...

 

Des vagues de parfums s'enroulent autour des fleurs !

 

http://youtu.be/w8LL1x6J2rU

 

 

 http://youtu.be/eaPJKz1o0R4

 

 

 

-Dianthus auteur nordzee23

 

 

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 16:17
Laisse tomber l'éventail !

   

 

Qui n'a jamais rêvé de laisser tomber l'éventail ?

 

Suivre le vent, se laisser emporter par un souffle de liberté, échapper aux contraintes de ce monde : qui n'en a jamais rêvé ?

 

Dans cette chanson de liberté, d'évasion, Angelo Branduardi lance un invitation à suivre le vent, symbole même de délivrance et d'une certaine audace...

 

Le poème s'adresse à une femme, désignée par le terme "belle" : on perçoit un éloge appuyé de la beauté féminine... La jeune femme, présentée "dans la poussière de rails" qui représentent une voie toute tracée, mille fois empruntée, est sommée de laisser tomber son éventail, image de l'artifice, de la vie sociale, faite de masques et de représentations.

 

Elle est invitée à "danser la vie", à se libérer du poids des mots, ceux qui enchaînent, ceux qui pèsent de leurs faux semblants : il faut suivre le rythme du monde, se laisser aller.

 

Il faut, aussi, sur les ondes, ne pas se laisser guider par un gouvernail qui peut représenter une forme de carcan, car il impose une direction.

Le poème est, enfin, une incitation à l'aventure de l'amour : "Serre le bien fort dans tes bras, le premier qui te sourira..."

 

Il faut vivre l'amour, comme un espoir, ne pas le laisser passer, et en accepter les incertitudes, voilà ce que suggère le poème.

 

Le refrain, avec ses verbes de mouvements répétés : "Va où le vent te mène" insiste sur l'idée de liberté.

 

Les nombreux impératifs adressés à la jeune femme sont autant de conseils pour l'inviter à s'évader, sortir des sentiers battus.

 

La mélodie, légère, enlevée, virevoltante nous entraîne dans ses tourbillons ! Les sonorités de fricatives "v" dans le refrain contribuent à cette légèreté... Les verbes de mouvement incitent à une évasion, une délivrance, un élan...

 

Mais, on peut se demander si nous sommes encore capables de suivre le vent dans notre monde encadré, surveillé.

Sommes-nous assez libres pour suivre nos instincts ? Souvent, c'est la prudence qui nous guide, qui nous paralyse...

 

Suivre le vent ! Est-ce encore possible ? Il faudrait l'espérer !

 

Dans un monde de surveillance, de précautions, est-il permis de suivre le vent et d'oublier toutes les contraintes de nos sociétés ?

 

Belle chanson rythmée, hymne à la liberté, ce texte d'Angelo Branduardi nous donne envie de larguer les amarres, de fuir les servitudes étouffantes de la vie ! 

 

 

http://youtu.be/wNnQi5RIjEc

 

 

 

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 16:17

 

 

- Arbres et maisons cézanne

 

La vie humaine n'est-elle pas ponctuée par les saisons ? Ne nous sommes-nous pas tous soumis à cette alternance bienheureuse associée à des senteurs, des couleurs différentes et variées ?

 

Dans une de ses chansons, Jean Ferrat écrit un véritable hymne aux saisons : le texte s'ouvre sur deux exclamations, deux apostrophes qui personnifient les saisons et en montrent toute l'importance. L'auteur les magnifie et souligne le bonheur qu'il éprouve dans cette variété : il aime à en "rêver les odeurs", en "vivre les couleurs", en imaginer "les raisons" .

 

Le mystère des saisons ! Comment ne pas être sensible à leur diversité, leurs beautés ?

Le poème se transforme, aussi, en chanson d'amour adressée à la femme et Jean Ferrat, par une inversion subtile, devient alors, lui même,"automne aux pieds de la jeune femme."

L'amante est assimilée au goût de l'été pour la bouche du poète, puis à l'hiver" aux doigts bleus." Le printemps les réunit, enfin, dans une étreinte, dans une belle expression où le printemps est personnifié et devient "fou à lier" !

 

Les saisons deviennent les personnages du poème et Jean Ferrat se plaît à les évoquer, sans se lasser, dans une attente faite de bonheurs, auprès de la femme aimée...

 

Le poète nous fait percevoir toute la force, la puissance de ces saisons qui nous emportent et qui sont pleines d'ardeurs différentes.

Il faut savoir guetter ces moments aux "ardeurs" si changeantes,"voler" ces instants fugaces liés aux saisons de la vie...

 

L'hiver est associé à la faim, l'été à l'épanouissement, le printemps à un embrasement de flammes, l'automne au rire de la jeune femme ! A chaque saison, correspondent un univers et des sensations diverses.

 

Et l'auteur exprime son contentement, ses joies dans ce déroulement infini des saisons dont il ne "se lasse pas'" et dont "il distille les fleurs". L'image traduit bien ce bonheur patient et renouvelé des saisons qui recommencent avec, chaque fois, des plaisirs différents.

 

L'auteur affirme son bonheur d'en savourer chaque heure, chaque instant auprès de la femme qui l'accompagne, et il ne regrette pas de voir le temps passer , il ne se lasse pas de mourir un peu, chaque fois qu'une saison en remplace une autre...

 

Ce texte d'une grande poésie nous montre toute l'importance des saisons qui rythment nos vies. Il délivre, aussi, un message plein de sagesse : il faut essayer de profiter des plaisirs offerts par chaque moment de la vie : hiver, automne, printemps nous apportent des bonheurs infinis et si différents.

 

La nature personnifiée devient une entité, un personnage à part entière qui nous accompagne à chaque instant... Les différentes sensations liées aux saisons transparaissent à travers des couleurs, des parfums, des échos divers.

 

 

https://youtu.be/IYlKpiazKkA

 

 

 

 


 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 18:56


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"Ecris quelque chose de joli..." 

 

Dans ce texte superbe de simplicité, intitulé L'embellie, Jean Ferrat évoque tous les charmes de la poésie et de l'écriture, les bonheurs simples de l'amour... la poésie qui vient interrompre et adoucir "le tumulte de la vie ", devient une embellie teintée de "bleu et de rose".

 

L'embellie n'est-elle pas le symbole même de la beauté, du renouveau, de l'espoir ?

La poésie liée à la beauté, à l'harmonie, au beau temps est bien une façon de nous libérer du monde ordinaire, d'en oublier les laideurs et les horreurs... elle permet de métamorphoser les réalités banales. Il suffit de peu, de" l'odeur des lilas et des roses" pour oublier les tracas de la vie... Il suffit de "chanter la beauté des choses", de la nature, des fleurs, car la poésie est avant tout chanson, elle est associée à la musique des mots et des sons... liée aussi aux sensations, aux couleurs somptueuses des fleurs, à leurs parfums.

 

La poésie peint souvent des sentiments, un certain lyrisme la caractérise.

 

Elle fait appel à la beauté des images qui suggèrent l'amour : "L'aube entre nos bras qui repose". Ainsi, l'aurore personnifiée devient compagne des amants, leur complice, leur plaisir.

 

Les mots deviennent "murmures", le temps est aboli dans cette évocation benheureuse de l'amour, le temps est oublié..."Le temps sur nous s'est refermé" écrit le poète... Le temps n'existe plus...

 

Le refrain, avec la répétition insistante du nom "l'embellie", vient ponctuer la chanson de ce mot rempli de douceur, de splendeur.

 

L'emploi du conditionnel dans la dernière strophe semble suggérer les difficultés du poète à restituer toute la beauté de l'instant magique qui réunit les deux amants : "je l'aurais voulu si joli, ce poème en bleu et en rose "...et le poème s'achève par une affirmation pleine de tendresse : la femme aimée est, pour le poète, une véritable "embellie", même si les mots semblent encore trop faibles pour exprimer les sentiments ressentis...

 

La mélodie pleine de douceur, les sonorités de sifflantes, en fin de vers viennent encore souligner cette harmonie "choses, roses, lèvres mi closes, la métamorphose, instant de rêve et de pause."

 

En quelques mots simples, Jean Ferrat retranscrit, là, l'essentiel de la vie : la beauté du monde, de la nature, l'amour, sa tendresse, le bonheur des choses simples... l'embellie d'un instant fragile...
 
 
 
 
 
 
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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 16:46

misère                

 

Jean Ferrat a chanté, maintes fois, des textes d' Aragon, la douleur de vivre... la douleur des gens miséreux qui souffrent, vagabonds du monde.

 

Aragon évoque, ainsi, dans un de ses poèmes intitulé : "J'entends", mis en musique par Jean Ferrat, la résignation des pauvres, leur absence de colère, leur peu d'exigences, car ils savent se contenter d' un simple "feu" de bois pour se réchauffer.

 

Le poète entend, écoute leurs voix, leurs propos familiers et ordinaires et porte un regard attentif sur eux : ils ne sont que" pierres tendres tôt usées", "aux apparences brisées". L'image traduit bien la violence et les dures conditions de vie de ces êtres exclus, rejetés hors du monde : les voilà transformés en objets, pierres sur le chemin que l'on peut fouler aux pieds.

 

Le regard que porte le poète sur ces pauvres êtres lui "arrache l'âme" jusqu'au désespoir : on perçoit une détresse partagée par l'auteur qui ne supporte pas la vision de ce malheur absolu et injuste.

 

Par la triple répétition de l'adjectif "profond" associé au malheur, Aragon souligne l'abîme insondable de misère et de détresse de ces exilés du monde.

 

Et pourtant, tous voudraient espérer un avenir meilleur représenté par "un ciel bleu" d'azur, vaines espérances qui ne sont que "miroirs aux alouettes".

 

Le poète, lui-même, se berce d'espoirs, et il voit alors combien tous ces êtres lui ressemblent, sont à son image : celle d'une humanité souffrante, misérable comme le suggèrent des comparaisons : nous sommes tous des"grains de sable" insigifiants, nous sommes "sang versé et doigts blessés", images même de la douleur humaine...

 

Malgré ces ressemblances, la rencontre semble, pourtant, impossible entre le poète et ces êtres perdus : une trop grande distance les sépare, et c'est bien ce qui se passe, aussi, dans la réalité : on a l'impression de mondes parallèles qui se côtoient sans jamais communiquer vraiment, comme si tout dialogue était impossible à cause du fossé qui sépare les êtres.

 

Et pourtant, l'humanité vit sous les mêmes régles : parfois un enfer de douleurs, la mort, le port commun des hommes...mais l'impuissance à aider les plus pauvres est bien réelle et le poète affirme sa volonté d'être utile tout en constatant une forme d'incapacité..."un rêve à la fois modeste et fou"...un rêve qui semble irréalisable et qu'il faudra enterrer avec le poète comme "une étoile au fond du trou."

 

L'image finale de l'étoile traduit bien l'idée d'un rêve impossible : aider les plus humbles qui sont à notre image se révèle souvent une mission difficile, tant le fossé qui sépare les gens est grand.

 

Pourtant, ce rêve apparaît comme une lumière, il est "modeste" et devrait, de fait, être accessible à tous.

 

Ce poème d'Aragon plein d'humanité, d'humanisme, évoque à la fois le malheur de la condition des hommes, mais aussi les difficultés d'aller au devant des plus pauvres comme si un abîme séparait les uns et les autres...

 

On peut constater toute l'actualité de ce texte : avec la crise, le nombre de miséreux ne cesse de croître et ils vivent dans un un monde à part comme si un fossé les éloignait de nous.

 

La mélodie qui accompagne le texte oscille entre espoir et désespérance par sa limpidité, ses notes désabusées...

 

Vidéo : Jean Ferrat

 

https://youtu.be/LUb7uIYUHCo

 

 

 
 
 
 
 
 

 

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 19:53

 

 

 
amorgos-5

La mer et ses paysages infinis ont souvent inspiré les poètes : "Homme libre toujours tu chériras la mer ! "écrivait Baudelaire... Comment ne pas être sensible à la beauté infinie des flots bleus, aux rivages escarpés, aux déroulements des vagues ?
 
La mer, chanson de Charles Trénet nous emporte près de ces rives d'azur et nous fait rêver : une chanson pleine d'émotions dans sa simplicité....
 
La mer est personnifiée : on la voit danser, virevolter, elle devient une "bergère d'azur", on perçoit ses reflets d'argent.... 
 
La mer et le ciel se confondent en une harmonie de bleus... Le poète nous invite à observer l'infinie variété de la mer, de ses couleurs... Il emploie de manière insistante l'impératif "voyez !"
 
Les paysages évoqués, les "golfes clairs", l'été, les étangs font penser au sud mais peuvent suggérer aussi des rivages du nord... On y voit des "roseaux mouillés", "des maisons rouillées " "des oiseaux blancs"....
 
Le vocabulaire est très simple, avec l'emploi des verbes "avoir, voir" répétés...
 
Pluie et mer se mêlent, ciel et surface de l'eau se confondent en une harmonie de blanc et de bleus et le poète suggére bien ces éléments qui s'unissent à travers l'image des " blancs moutons de la mer qui rejoignent les anges du ciel..."
 
On est sensible à cette harmonie parfaite de couleurs qui berce le poète.
 
"La mer, bergère d'azur infinie " ! Quelle image évidente dans sa simplicité ! La mer moutonnante personnifiée devient celle qui berce le poète de ses mouvements, de ses vagues sans cesse renouvelées...
 
La mélodie pleine de douceur évoque bien le bruissement et le murmure de la mer, elle s'amplifie, s'intensifie au fil de la chanson.
 
Charles trénet nous fait bien imaginer les "reflets changeants" des flots mais aussi les mouvements, les vagues qui semblent redoubler d'intensité....
 
La mer devient "chanson d'amour", elle est un paysage varié de couleurs, elle est déferlement de lumières blanches et bleues...
Photos: Christelle et rosemar
 
 
 
 
 
 
 
 
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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 12:11

toulouse libre sumolariB25 es

 

Qui n'est pas attaché à sa ville natale ? Chacun de nous garde en sa mémoire des lieux de l'enfance : paysages, maisons, arbres, collines... Et Claude Nougaro en écrivant cette chanson, intitulée :" Toulouse" rend ainsi un hommage tendre et émouvant à ses racines, à une ville qu'il connaît bien...

 

La chanson s'ouvre sur l'idée de l'éloignement de la ville natale qu'il faut parfois quitter, dans une vie, pour d'autres lieux.

Et les souvenirs surgissent avec des couleurs vives et fortes : "l'eau verte du canal du Midi", "la brique rouge" du quartier des Minimes : ces sensations visuelles nous éblouissent...

 

L'enfance est évoquée d'abord : "l'école, le cartable bourré de coups de poing" : un monde de révolte où règne la "castagne", joli mot du sud associé aussi aux "mémés" qui doivent avoir le verbe haut à Toulouse et qui ne se laissent pas faire...

 

L'accent de Toulouse est comparé à un "torrent de cailloux", belle image tumultueuse de la langue natale ! Et l'on entend bien la mélodie du parler toulousain. La ville devient symbole de violence, une violence généreuse qui transparaît dans la couleur des violettes et aussi dans les mots prononcés.On perçoit de l'"orage dans l'air."

Le paysage de la ville ressemble par ailleurs à "une fleur de corail", superbe métaphore pour évoquer la ville rose !

 

Claude Nougaro nous fait voir un trottoir éventré , signe de révolte, une rue où pousse "la corne de l'Espagne", pays du sud, pays de lumières, de soleil, d'enthousiasme, pays proche de Toulouse... une rue où pousse peut-être "une bulle de jazz" !

 

Enfin les pas du poète l'emmènent vers le Capitole de Toulouse où il entend la voix de son père, chanteur d'opéra, magnifique souvenir d'un enfant qui admire "l'écho de la voix" de celui qui lui a donné le jour.

 

La chanson s'achève sur le présent de la ville qui a changé : les "buildings" ont poussé, immenses et l'auteur s'inquiète de ne plus retrouver dans sa ville une" pincée de tuiles" d'autrefois. Quelle tendresse dans cette expression ! La nostalgie est bien présente à la fin de ce poème !

 

Claude Nougaro ponctue son texte de quelques noms propres évocateurs : aux sonorités pleines de charmes : "le canal du Midi, les Minimes, l'église Saint Sernin, Blagnac."

 

Le refrain fait de la ville un personnage à part entière, grâce à la double apostrophe :"o Toulouse" souligné par les mots "mon païs" prononcé à l'ancienne, avec l'accent de Toulouse. Le poète s'adresse plusieurs fois à sa ville, en employant la deuxième personne, il la tutoie familièrement et lui parle en la personnifiant.

 

Chacun est forcément sensible à ces souvenirs d'enfance associée à une ville, chacun est sensible au temps qui passe et bouleverse les paysages d' autrefois.

La mélodie entre tendresse et force transmet bien l'émotion du poète face à la beauté de la ville rose.

 

http://youtu.be/jU8Tg1cRZh

 

 
 


 

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