De plus en plus, les élèves ont tendance à se disperser en cours, et ont des difficultés de concentration : en fait, on a l'impression qu'ils sont comme devant un poste de télévision, alors qu'un cours de lycée réclame une grande attention : les adolescents se livrent à de petits bavardages dont ils ne se rendent même plus compte.
Leur concentration est diffuse, ils semblent avoir, sans cesse, plusieurs pôles d'intérêt et non un seul : ce que dit le voisin, le rire de l'un, les interventions de l'autre... Ils se laissent aussi happer par le moindre bruit extérieur à la classe...
On assiste à une sorte de dissémination de l'attention, comme si les élèves avaient besoin de plusieurs centres d'attraction en même temps...
Ils sont dans le jeu permanent, et en arrivent à oublier qu'ils sont dans un groupe, et que les bavardages nuisent forcément à la compréhension.
Certains ont vraiment envie de participer et de montrer leurs savoirs et leurs connaissances, et c'est encourageant mais les adolescents interviennent parfois à tort et à travers sans lever le doigt, à la volée, pour aller plus vite : certains d'ailleurs ne prennent pas le temps de la réflexion et balancent ce qui leur passe par la tête.
La génération internet est bien là : ces élèves ont, pour certains, des connaissances mais ne savent pas bien les canaliser... ces jeunes ont une volonté de réussir mais ils ont des difficultés à ne se concentrer que sur le cours.
C'est la génération du zapping : ces adolescents aiment la diversité, l'émiettement : or, un cours exige forcément plus d'attention... Dès lors, le professeur doit jongler avec cette attention diffuse, punir parfois, mettre en garde et le travail de l'enseignant se complique... Certains cours en deviennent épuisants quand l'énergie des élèves déborde en dissipation et bavardages...
Certains ne savent pas prendre des notes, oublient de noter le plan du cours.
En cas d'absences, certains ne prennent pas la peine de rattraper les cours et les devoirs.
Certains ne savent pas tout simplement se concentrer sur la simple lecture d'un texte : fou-rire, dispersion...
Face à cette génération du zapping, les professeurs exercent un métier de plus en plus exigeant et difficile : les fins de journée sont épuisantes car il faut jusqu'au bout se mettre en scène, essayer de capter cette attention diffuse...


