Elle se prénomme Olessia. "Son fils a disparu dans le naufrage du Moskva, le vaisseau amiral probablement coulé par une frappe ukrainienne et les autorités russes lui demandent de se taire.
"Tout se passe comme prévu", c'est ce que répète jour après jour le Kremlin, depuis le début de l'offensive russe en Ukraine. Les pertes sont minimisées, sinon dissimulées et les victoires ukrainiennes n'existent pas dans la version officielle.
Le naufrage du Moskva est une parfaite illustration de cette désinformation russe.
Le 14 avril, le vaisseau amiral a coulé en Mer Noire, endommagé, affirme Moscou, par une explosion à bord. Or, un enregistrement vient confirmer les affirmations ukrainiennes et américaines selon lesquelles le bateau a été en réalité touché par des missiles ukrainiens.
Les Russes, que l'on entend appeler à l'aide dans cet enregistrement, mentionnent bien deux impacts.
En ce qui concerne le bilan, tout a été fait pour étouffer la vérité.
La mère d'un jeune marin de 20 ans est sans nouvelles de son fils et veut savoir ce qu'il est devenu. On imagine sa douleur, sa rancoeur et son désespoir.
"Il m'est impossible d'exprimer ce que je ressens, je suis dévastée par une douleur permanente.", déclare cette mère.
Olessia est inconsolable, cette mère de famille est sans nouvelles de son fils de 20 ans, Nikita qui faisait partie de l'équipage du Moskva, fleuron de la marine russe.
Recruté avant le début de la guerre, il a donné signe de vie, une fois, en mer au large des côtes ukrainiennes.
"Le 13 mars dernier, il m'a appelée avec le téléphone de quelqu'un d'autre, il m'a dit : "Maman, c'est moi, ne me pose pas de question, je n'ai rien le droit de te dire, j'ai reçu l'interdiction de parler et de dire où nous sommes et ce que nous faisons." Puis il a raccroché, et un mois plus tard, nous avons eu connaissance de la tragédie.
Depuis, la mère de ce soldat se démène pour connaître la vérité, elle fait partie d'un collectif de familles de marins disparus, très actif sur les réseaux sociaux.
En vain, jusqu'à la semaine dernière et une réunion avec les autorités qui laisse entrevoir le pire.
"Un jour, on nous a soumis un document et on nous a demandé de le signer. C'était une déclaration préparée à l'avance : je devais reconnaître la mort de mon fils, en échange d'une indemnisation à hauteur de 7 millions de roubles, soit 100 000 euros environ." affirme Olessia.
Une proposition qu'elle refuse catégoriquement de signer. Olessia rejette la version officielle, selon laquelle les 500 membres d'équipage ont été évacués.
"Tout le monde ment. Nous sommes toujours à la recherche de nos fils : on ne sait rien de ce qui s'est passé, il ne figure sur aucune liste de disparus. C'est la faute du capitaine du navire et de tous ses supérieurs : ce sont eux les responsables, car ils ont donné les ordres. Ce que je souhaite, c'est que tous les coupables de ce drame soient punis."
Et qui est donc le principal responsable ? Bien qu'elle ne le cite pas, c'est Vladimir Poutine qui a décidé d'envahir un pays souverain et d'attaquer un peuple frère...
En l'absence de communication officielle, il est impossible, à ce stade, de chiffrer les pertes réelles, ce qui plonge cette mère de famille dans le désarroi, mais Olessia est déterminée à faire éclater la vérité dans une Russie où les médias sont censurés.
Source :
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