Dans la famille Le Pen, rien ne va plus : le père, devenu incontrôlable, malgré la désapprobation de son entourage, se livre, encore et toujours, à des déclarations intempestives et tonitruantes, il est, même, intervenu, le premier mai, sur l'estrade, au cours d'un meeting de sa propre fille. Vêtu d'un pardessus rouge, pour être vu de tous, le voilà qui fait le fier à bras et se fait acclamer par la foule...
Le voilà qui devant la statue de Jeanne d'Arc, lance des appels désespérés : "Au secours, Jeanne ! ", s'écrie le père indigne...
Cette dramaturgie prête à sourire, tellement elle apparaît puérile !
Suspendu lundi par le bureau exécutif du Front national, Jean Marie Le Pen n’est, pourtant, pas décidé à se taire. Après avoir dénoncé une véritable "félonie", de la part de sa fille, il évoque un "complot" contre lui.
"Je ne souhaite pas que la présidente du front national s'appelle Le Pen, je ne reconnais pas de lien avec quelqu'un qui me trahit, d'une manière aussi scandaleuse... Je considère que c'est une félonie, une honte qu'elle porte le même nom que moi... Oui, je suis dur, encore plus dur que ça, cela ne fait que commencer. Le bureau exécutif, c'est un peloton d'exécution", a déclaré, encore, Jean Marie Le Pen.
Il ne souhaite pas, non plus, que sa fille remporte les élections de 2017, car "ce serait scandaleux, parce que si de tels principes moraux devaient présider à l’Etat français, ce serait scandaleux."
Il va plus loin, encore : il conseille à sa fille de se marier le plus rapidement possible, et il en vient à répudier sa progéniture. Le torchon brûle, les propos sont féroces de part et d'autre : "complot, félonie, répudiation, mensonge, trahison, malveillance".
La guerre est déclarée : les haines s'affichent, irréconciliables, une famille se déchire, par le biais de la politique.
Ce sont bien des ambitions qui s'opposent : Jean Marie Le Pen, le patriarche de 86 ans ne veut pas céder un pouce de terrain et refuse, au fond, de quitter la place, il tient à jouer, encore, un rôle dans son parti, à ne pas être évincé et privé de parole.
Ce parti familial, fondé sur l'héritage, pouvait-il finir autrement que dans les divisions et la discorde ?
Marine Le Pen doit beaucoup à son père : une carrière politique, des soutiens, une "notoriété", devenue, certes, dorénavant encombrante...
Ce parti, où la filiation joue un rôle si important, avec des héritages successifs, (le père, la fille, la petite-fille), apparaît bien factice et il est en train d'imploser sous nos yeux.
De toute façon, le père et la fille s'opposent-ils, vraiment, sur le fond et sur les idées ? Ce qui les divise, c'est essentiellement la stratégie à adopter, pour remporter le pouvoir...
Immigration, insécurité, peur, tels sont les thèmes de prédilection de Jean Marie Le Pen et de sa fille.
Le Père et la fille développent, depuis longtemps, les mêmes thèses, ce qui les sépare, ce sont des "points de détails", si on peut dire !
Jean Marie Le Pen jure, donc, d'employer tous les moyens, pour conserver la présidence d'honneur, un titre dont sa fille veut le priver, en convoquant une assemblée générale extraordinaire d'ici les trois prochains mois. Il est même prêt à porter l'affaire devant les tribunaux.
Le front national est-il encore un véritable parti politique ? C'est devenu une affaire de famille où s'affrontent des ego exacerbés.
Il suffit de regarder la photo qui illustre l'article et l'on perçoit toute la hargne d'un père qui refuse de céder du terrain, bras levés, triomphant, il réclame, encore, reconnaissance...
La guerre est déclarée dans la famille Le Pen, une guerre sans merci et sans pitié qui déchire inéluctablement un parti dont le fonctionnement est vicié, dès les origines...
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