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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 16:39

 

école 4

 

Un article paru sur le journal Le point porte ce titre péremptoire : "Oui, il faut abolir les notes..." Le journaliste qui a écrit cet article, Idriss Aberkane paraît convaincu de la nocivité des notes : celles-ci provoqueraient "le dégoût de la connaissance, castreraient la créativité et le libre arbitre des élèves..."

 

L'article commence par des amalgames pour le moins curieux : évoquant "l'abolition des sacrifices humains, de l'esclavage, de la peine de mort, le droit de vote accordé aux femmes", le journaliste du Point considère que la suppression des notes apparaît comme une évolution et un progrès évidents !

 

On est, là, en pleine confusion et les exemples cités montrent bien la démesure de l'argumentation.

 

Si on considère la note comme stigmatisante, il faudrait, aussi, supprimer les appréciations de ce type : " le sujet n'est pas compris, l'expression est confuse ou incorrecte, le devoir est souvent incompréhensible etc."

 

"L'école tue", affirme, encore, le journaliste du Point et, de citer l'exemple extrême du Japon où la pression scolaire est maximale.

Comment rendre les notes responsables de ce phénomène ? Une simple appréciation pourrait suffire à destabiliser certains élèves, sans doute.

 

Aucune note, aucune appréciation ne sont, en fait, infamantes : c'est ce qu'il faut expliquer à de jeunes élèves : la note leur permet, d'ailleurs, de comprendre leur progrès, leur régression, elle leur permet de mieux se connaître.

 

Qui n'a jamais eu de mauvaises notes ? On pourra dire que certains y sont abonnés et ne dépassent jamais la moyenne, est-ce pour autant, infamant ?

 

Faut-il conforter les élèves dans l'illusion de la facilité ? Aucun obstacle sur la route, aucune embûche...

L'école ne doit -elle pas être l'apprentissage de la vie et de ses nombreuses difficultés ?

 

Je suis enseignante et je suis, moi-même, notée par ma hiérarchie : tous les ans, je reçois une note administrative, un inspecteur m'attribue, aussi, une note pédagogique, tous les 5 ans environ.

Ces notes sont, parfois décevantes, c'est vrai, mais elles font partie du parcours de chacun d'entre nous : un salarié, même s'il n'est pas noté, est jugé et jaugé par ses employeurs...

 

L'auteur de l'article fait, également, l'éloge de la coopération dans le travail : or, à l'école, toute coopération, lors d'un devoir, est appelée tricherie !

Mais peut-on, ainsi, comparer l'apprentissage, avec le travail fait par une équipe d'adultes ?

On sait ce qui se passe, souvent, dans les travaux de groupes accomplis en classe : ce sont les élèves travailleurs qui oeuvrent pour les autres... Est-ce efficace pour ceux qui n'ont pas fourni l'effort nécessaire ?

 

"Vittorino da Feltre ne notait pas, Socrate ne notait pas, Bouddha ne notait pas", affirme, également, l'auteur de l'article !

Les exemples cités remontent à l'antiquité ou à la Renaissance, mais comment Socrate aurait-il pu noter ? 

Son enseignement n'avait rien à voir avec celui d'un directeur d'école philosophique ; son "école", c'était l'agora, la place publique où il se promenait au milieu des gens ordinaires, bavardant avec tous et les interrogeant, en prenant comme sujets de méditation les mille et un problèmes de la vie quotidienne.

L'enseignement de Socrate s'adressait à des adultes.

 

Ultime amalgame : l'auteur de l'article compare les notes attribuées aux élèves à celles données par les agences de notation : peut-on, ainsi, mettre en parallèle des notes accordées par des agences concernant l'économie d'un pays avec les notations scolaires ?

Rappelons que les notes scolaires sont multiples, étayées par des appréciations détaillées : la note n'est pas le seul repère pour les élèves...

 

Il suffit de voir toutes les annotations, inscrites sur une copie, pour percevoir que la note n'est pas le seul critère : d'ailleurs, le professeur note, aussi, une progression, des efforts, une volonté de réussir : la note a cette valeur positive : l'élève qui obtient une meilleure note sent ses efforts récompensés et, forcément, est encouragé à avancer.

 

Abolir les notes, abolir les difficultés, les aspérités de la vie, est-ce rendre service à des jeunes qui seront confrontés, plus tard, au monde du travail ?

 

Tout cela est-il vraiment sérieux et fondé en raison ?

 

 

L'article du Point : 

 

http://www.lepoint.fr/invites-du-po...

 

 

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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 17:59

 

ecole

 

De plus en plus, les autorités sont contestées, et notamment, celle des enseignants...

 

Un article paru sur le journal Marianne a attiré mon attention. Intitulé : Parents d'élèves, restez à votre place, cet article rapporte le cas d'une mère d'élève qui a publié un billet de blog indigné, sur le Huffingtonpost.fr, parce que l'enseignante de son enfant de 5 ans a osé écrire sur son bulletin scolaire : "Votre fille voudrait être son propre chef".

 

La mère n'a pas accepté cette remarque adressée à son enfant... C'est, manifestement, là, une remise en cause de l'autorité des enseignants.

 

Sans arrêt, cette autorité est battue en brèche, à tel point que les élèves, eux-mêmes, en viennent à revendiquer des droits qu'ils n'ont pas et ne peuvent avoir.

Ainsi, c'est à l'enseignant de décider des notes, ces notes étant justifiées par une appréciation ne devraient pas donner lieu à des contestations.

 

Et pourtant, on voit de plus en plus d'adolescents qui se mettent à revendiquer de meilleures notes.

 

Cela m'est arrivé, lors d'une interrogation orale en cours de latin : la leçon portait sur des révisions de déclinaisons : l'élève interrogé avait appris cette leçon, malgré quelques lacunes, il ne maîtrisait pas un des modèles à apprendre et d'autres mots de vocabulaire : je lui attribue la note de 17 sur 20, ce qui est, tout de même, une excellente note !

Aussitôt, contestation des autres élèves qui affirment que la note est trop sévère ! Je n'en reviens pas ! 

 

Je leur dis que bientôt, ils exigeront d'assurer le cours à ma place, mais ils perçoivent qu'ils en sont bien incapables...

En tout cas, ils se jugent capables de noter à la place du professeur et d'imposer des notes qui doivent atteindre la perfection !

 

Voilà un comportement nouveau qu'on ne voyait pas, il y a quelques années : les élèves se permettent, dorénavant, de contester certaines décisions, de remettre en question les notes.

 

La mode est, effectivement, à un manque d'exigences, un certain laisser aller : il faut faire preuve de toujours plus d'indulgence, pour rassurer les élèves.

Mais ces élèves devront, un jour, être confrontés à des difficultés bien plus grandes, passer des entretiens d'embauche, trouver du travail...

 

Non, les enfants ne peuvent pas être leur propre chef : nier les autorités, c'est faire croire à l'enfant que ces autorités n'ont aucune valeur, et c'est l'exposer à des difficultés, dans sa vie d'adulte.

Chacun doit rester dans son rôle : si les enseignants mettent des notes, c'est qu'ils ont une expérience, un savoir-faire.

 

Les élèves, eux, ne sont pas à même de délivrer des notes, des appréciations, mais on voit bien la tendance qui se dessine : dans nos sociétés, tout est contesté, et notamment le travail et l'autorité des enseignants : ceux-ci ont, pourtant, des compétences, ils ont poursuivi de longues études, leur tâche est souvent complexe : satisfaire les parents, les élèves, l'administration, ce n'est pas simple !

Baisser le niveau d'exigences est, aussi, dangereux : on donne alors à l'élève l'illusion que tout est facile.

 

Pour ma part, je m'y refuse et je pense, ainsi, rendre service à mes élèves : un enseignement de qualité doit s'accompagner d'une certaine rigueur dans la notation...

 

 

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