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24 juillet 2024 3 24 /07 /juillet /2024 09:34
Ecole : de plus en plus de contestations...

De plus en plus de contestations dans les écoles : une tendance qui s'aggrave au fil des années... contestation des notes, contestation des sanctions, de la discipline...

"Les contestations augmentent à l'école, voilà le constat de la médiatrice de l'Education Catherine Becchetti-Bizot dans son rapport annuel. Ses services ont traité l'an dernier plus de 20 000 saisines, en hausse de 12% sur un an.


Les récriminations émanant des élèves et de leurs familles concernent notamment les conflits relationnels, les mesures disciplinaires ou les notations. Du côté des enseignants, les questions de laïcité suscitent un "sentiment croissant d'insécurité", note le rapport.

 

Autre fait remarquable dans ce rapport : les notes données par les professeurs sont de plus en plus contestées... une attitude que l'on retrouve en grande partie dans les familles qui ont choisi des filières élitistes, et qui s'est même aggravée avec la réforme du baccalauréat, d'autant que le contrôle continu compte désormais pour 40% dans la note finale...

 

Un professeur de mathématiques témoigne : "Depuis l'instauration du nouveau bac avec le contrôle continu, on est confronté effectivement à des contestations régulières de parents d'élèves, d'élèves parce que ces notes évidemment ont une importance pour la délivrance du diplôme, et aussi pour parcours sup... c'est la réalité que l'on vit quotidiennement dans les classes à partir du moment où on rend une note qui est un peu en dessous des attentes de l'élève."

Une hausse des contestations qui s'est également accrue avec la dégradation du climat scolaire et certaines prises de parole politique, estiment les enseignants qui demandent donc plus de moyens humains pour accompagner les élèves.

 

Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE-Unsa déclare :

"Quand on dit qu'on manque d'assistants d'éducation, de  psychologues de l'Education nationale qui contribuent beaucoup par leur rôle et leur mission à améliorer le dialogue entre les familles, les équipes pédagogiques, quand ces personnels font défaut, forcément on a une rupture de dialogue entre l'école et les familles, et donc la confiance ne peut pas se restaurer... au contraire, elle ne peut que se dégrader."

Mais il semble que le malaise soit plus profond : on assiste à une contestation de l'autorité dans bien des domaines...

 

Afin d'apaiser le climat entre les élèves, les parents et les enseignants, les syndicats espèrent donc que le ou la future ministre de l'Education travaillera mieux avec les partenaires sociaux ainsi que les fédérations de parents d'élèves qui, ces dernières années, se font de plus en plus déborder par certains collectifs de parents d'élèves..."

 

Chacun son rôle : les parents interviennent de plus en plus auprès des professeurs pour contester, qui une note, qui une punition, qui une question pédagogique, qui une appréciation...

ça suffit !

Les parents ne sont pas à même de juger de la qualité d'un devoir, ou de la pédagogie à adopter face aux élèves.

Les parents, c'est certain, font preuve de partialité face à leurs chérubins. Pour eux, ils sont souvent pourvus de toutes les qualités, et dans ce domaine, le règne de l'enfant roi fait des ravages.

 

La mode est à la contestation de l'autorité des professeurs : ceux-ci sont dévalorisés par leur fonction même, une fonction qui a perdu de son prestige d'autrefois, qui n'est plus valorisée dans son rôle : les enseignants sont ainsi très mal payés.

Comme l'écrit Alain Finkielkraut "le discours social ne traite plus les enfants en élèves, mais en clients. Des clients, au demeurant, mécontents, frustrés et à qui on explique qu'ils ont toutes les raisons de l'être..."

 

Source :

 

à 6 minutes, 8 secondes

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/journal-de-18h-emission-du-mercredi-17-juillet-2024-9129177

 

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 16:19
Plus de stylo rouge !

 

 


C'est bien connu : les corrections des enseignants passent par le stylo rouge qui permet de souligner les différentes erreurs ou fautes d'orthographe commises par les élèves sur leur copie...

Ces erreurs peuvent être nombreuses, notamment, en français : barbarismes, incorrections, impropriétés, maladresses dans l'expression, des non-sens, des oublis, une absence de plan, des problèmes de méthode, des phrases trop longues, mal construites, etc.

Non seulement, il faut souligner les fautes, mais aussi, en indiquer la teneur, dans la marge. Ce travail, long, fastidieux exige minutie et patience.

Inéluctablement, le stylo rouge s'épuise vite, surtout lorsqu'il faut corriger 35 ou 36 copies par classe.

Sans stylo rouge, l'enseignant se retrouve vite démuni, car les copies se suivent et défilent rapidement, au cours d' une année scolaire.

Il est, parfois, impressionnant de voir ces copies d'élèves, saturées de rouge, et, pourtant, une des tâches essentielles de l'enseignant est bien de corriger des copies, pour mettre en évidence toutes les erreurs commises par les élèves.

Et les profs sont toujours à la recherche d'un stylo rouge pour finir la correction de leurs copies.

Pour ma part, j'ai fini par résoudre ce problème : j'utilise des stylos noirs, pour effectuer ce travail, et j'évite, ainsi, tout ce tracas des stylos rouges, qui ont l'air de s'épuiser plus vite que les autres couleurs.

Le noir est moins agressif, il se fond sur la copie et devrait permettre à l'élève de mieux relire son devoir pour en corriger les erreurs !

Que de temps passé à corriger des copies ! 

Et, on se rend vite compte, que nombre d'élèves ne s'attardent pas sur les annotations et la correction, ils se focalisent, le plus souvent, sur la note...

Cette note est, pour eux, un repère essentiel et sans elle, on a l'impression qu'ils se sentiraient perdus.

A l'heure où il est question de supprimer les notes, il convient de s'interroger : les élèves sont, eux-mêmes, attachés aux notes qui constituent une échelle de valeur et qui leur permet de se situer dans un niveau.

Regarderaient-ils mieux les annotations du professeur si la note n'apparaissait pas ? Ce n'est pas certain... Le plus sûr est de leur imposer une correction de leurs propres copies, avec valorisation ou dévalorisation de la note, en fonction de la qualité de correction de leurs rédactions.

L'enseignant se doit, alors, de revoir les copies, pour vérifier si le travail a été bien accompli.

Désormais, je ne suis plus à la recherche de stylo rouge, et les élèves ont pris le pli de cette correction, sans la couleur rouge qui traduit, souvent, un interdit...


Cela ne veut pas dire que je les encourage à commettre toutes sortes d' erreurs, bien au contraire, mais c'est une façon de changer les habitudes, et aussi, de me simplifier la vie....


 

 

 

 

Photo en haut de l'article : Fernando Martello  creative commons

photo de Tom Harpel

photo de Tom Harpel

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 16:39

 

école 4

 

Un article paru sur le journal Le point porte ce titre péremptoire : "Oui, il faut abolir les notes..." Le journaliste qui a écrit cet article, Idriss Aberkane paraît convaincu de la nocivité des notes : celles-ci provoqueraient "le dégoût de la connaissance, castreraient la créativité et le libre arbitre des élèves..."

 

L'article commence par des amalgames pour le moins curieux : évoquant "l'abolition des sacrifices humains, de l'esclavage, de la peine de mort, le droit de vote accordé aux femmes", le journaliste du Point considère que la suppression des notes apparaît comme une évolution et un progrès évidents !

 

On est, là, en pleine confusion et les exemples cités montrent bien la démesure de l'argumentation.

 

Si on considère la note comme stigmatisante, il faudrait, aussi, supprimer les appréciations de ce type : " le sujet n'est pas compris, l'expression est confuse ou incorrecte, le devoir est souvent incompréhensible etc."

 

"L'école tue", affirme, encore, le journaliste du Point et, de citer l'exemple extrême du Japon où la pression scolaire est maximale.

Comment rendre les notes responsables de ce phénomène ? Une simple appréciation pourrait suffire à destabiliser certains élèves, sans doute.

 

Aucune note, aucune appréciation ne sont, en fait, infamantes : c'est ce qu'il faut expliquer à de jeunes élèves : la note leur permet, d'ailleurs, de comprendre leur progrès, leur régression, elle leur permet de mieux se connaître.

 

Qui n'a jamais eu de mauvaises notes ? On pourra dire que certains y sont abonnés et ne dépassent jamais la moyenne, est-ce pour autant, infamant ?

 

Faut-il conforter les élèves dans l'illusion de la facilité ? Aucun obstacle sur la route, aucune embûche...

L'école ne doit -elle pas être l'apprentissage de la vie et de ses nombreuses difficultés ?

 

Je suis enseignante et je suis, moi-même, notée par ma hiérarchie : tous les ans, je reçois une note administrative, un inspecteur m'attribue, aussi, une note pédagogique, tous les 5 ans environ.

Ces notes sont, parfois décevantes, c'est vrai, mais elles font partie du parcours de chacun d'entre nous : un salarié, même s'il n'est pas noté, est jugé et jaugé par ses employeurs...

 

L'auteur de l'article fait, également, l'éloge de la coopération dans le travail : or, à l'école, toute coopération, lors d'un devoir, est appelée tricherie !

Mais peut-on, ainsi, comparer l'apprentissage, avec le travail fait par une équipe d'adultes ?

On sait ce qui se passe, souvent, dans les travaux de groupes accomplis en classe : ce sont les élèves travailleurs qui oeuvrent pour les autres... Est-ce efficace pour ceux qui n'ont pas fourni l'effort nécessaire ?

 

"Vittorino da Feltre ne notait pas, Socrate ne notait pas, Bouddha ne notait pas", affirme, également, l'auteur de l'article !

Les exemples cités remontent à l'antiquité ou à la Renaissance, mais comment Socrate aurait-il pu noter ? 

Son enseignement n'avait rien à voir avec celui d'un directeur d'école philosophique ; son "école", c'était l'agora, la place publique où il se promenait au milieu des gens ordinaires, bavardant avec tous et les interrogeant, en prenant comme sujets de méditation les mille et un problèmes de la vie quotidienne.

L'enseignement de Socrate s'adressait à des adultes.

 

Ultime amalgame : l'auteur de l'article compare les notes attribuées aux élèves à celles données par les agences de notation : peut-on, ainsi, mettre en parallèle des notes accordées par des agences concernant l'économie d'un pays avec les notations scolaires ?

Rappelons que les notes scolaires sont multiples, étayées par des appréciations détaillées : la note n'est pas le seul repère pour les élèves...

 

Il suffit de voir toutes les annotations, inscrites sur une copie, pour percevoir que la note n'est pas le seul critère : d'ailleurs, le professeur note, aussi, une progression, des efforts, une volonté de réussir : la note a cette valeur positive : l'élève qui obtient une meilleure note sent ses efforts récompensés et, forcément, est encouragé à avancer.

 

Abolir les notes, abolir les difficultés, les aspérités de la vie, est-ce rendre service à des jeunes qui seront confrontés, plus tard, au monde du travail ?

 

Tout cela est-il vraiment sérieux et fondé en raison ?

 

 

L'article du Point : 

 

http://www.lepoint.fr/invites-du-po...

 

 

 ecole-3.JPG

 



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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 16:39

ecole

 

Faut-il supprimer les mauvaises notes ? A quoi servent, donc, les notes ? Après tout, ce serait sympa si les profs ne mettaient que de bonnes notes, à tous leurs élèves...

 

La moyenne pour tous, quels que soient le contenu, les fautes d'orthographe, les erreurs de raisonnement ! Il s'agit, selon les textes officiels de pratiquer "l'évaluation positive".

 

Il faut positiver ! L'essentiel est de ne pas traumatiser les jeunes, de leur éviter des déceptions trop dures...

 

Ainsi, le ministère de l'Education nationale souhaite installer, en primaire et au collège, un nouveau barème de notation pour la dictée. Le principe ? "Se baser sur la compétence des élèves et non sur la sanction."
 
Une grille proposera trois types de compétences : "l'accord des noms, l'accord des verbes et l'orthographe des mots... Il s'agit de valoriser certaines de ces compétences."
 
"L'élève ne doit pas perdre l’estime de soi, ni la confiance en soi qui font souvent défaut."
 
Mais, l'école n'est-elle pas, aussi, un apprentissage de la vie ? N'est-il pas utile de rencontrer des obstacles, pour les dépasser ?
 
Tout le monde est amené à surmonter des déceptions, des difficultés dans la vie courante, dans l'univers du travail, par exemple.

Par ailleurs, la note est un repère qui permet de voir une progression, ou, à l'inverse, des difficultés croissantes : faut-il simplement se contenter de préciser : telle compétence est atteinte, telle autre ne l'est pas ?

 

Comment l'élève pourra-t-il percevoir son niveau ?

 

Nos sociétés ont tendance, dans le domaine éducatif, à vouloir aplanir toutes les difficultés : on a allégé, pendant des années, les cours de grammaire et d'orthographe, jugeant que ces disciplines étaient trop rebutantes.

 

Or, les résultats sont là : à force de raboter certains cours, de nombreux élèves se retrouvent en difficulté...

 

Certains ne maîtrisent plus les conjugaisons, notamment les emplois du passé simple, ne savent plus reconnaître les différentes valeurs des subordonnées, ou encore ont des hésitations sur la voix active, la voix passive, notions pourtant essentielles.

 

Peut-on ainsi sacrifier des disciplines qui permettent de mieux s'exprimer, de mieux réfléchir, de mieux organiser ses idées ?

 

Cette année, au cours de la session 2014 du baccalauréat, les correcteurs ont été invités à noter généreusement les épreuves de mathématiques et de physique, les sujets ayant été jugés trop difficiles !

 

Après une pétition lancée par les élèves, l'inspection générale a demandé aux correcteurs de remonter les notes de l'épreuve de physique-chimie du bac S !

Quand les élèves, eux-mêmes, interfèrent sur la notation, quelle crédibilité peut-on accorder aux résultats ? A force de lénification, le baccalauréat est en train de perdre toute sa valeur.

 

Quand tous les élèves auront obtenu le bac, quand ils auront tous de bonnes notes, on pourra se poser cette question : quelle est la crédibilité des enseignants ? Quel est leur rôle ? Valoriser, sans vraiment mettre en évidence les carences et les difficultés, relève de la pure démagogie.

 

Le redoublement a, déjà, été supprimé : sauf exception, la plupart des élèves passent dans la classe supérieure, cet enjeu, pourtant essentiel, a disparu....

Quels repères donnons-nous aux élèves, si nous éliminons, devant eux, tous les obstacles ?

 

L'effort, la persévérance, la volonté, le mérite sont des vertus essentielles : en faisant disparaître les notes, le redoublement, en voulant aplanir les difficultés, on en vient à nier ces vertus...

 

D'ailleurs, nos sociétés ont tendance à magnifier d'autres valeurs : l'argent-roi, les apparences, le clinquant... 

Dans tous les cas, la sélection se fait et se fera de plus en plus dans les universités où arrivent des élèves qui n'ont, parfois, pas les compétences requises.

 

http://youtu.be/n0lpvvyKyeI

 

 

 

 

 

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