Le mot "poisson" remonte à l'antiquité : issu du latin "piscis", ce terme générique désigne toutes sortes de variétés : sole, sardine, rascasse, thon, cabillaud, loup, truite, brochet, dorade, girelle, lotte, autant de noms différents et évocateurs pour ces habitants des mers et des fleuves...
Ce terme "poisson" suggère des images marines étonnantes : des poissons irisés de soleil sous l'eau, aux reflets ondoyants, des éclats de couleurs variés, des brillances, des dorures. Le mot lui-même, avec sa labiale initiale "p", ses deux sifflantes "ss", sa voyelle nasalisée "on", nous emmène dans une autre dimension, celle des profondeurs marines, mystérieuses, envoûtantes, secrètes.
Le mot résonne d'éclats grâce à ses deux sifflantes qui nous font percevoir des éclats de soie, des écailles somptueuses. La voyelle nasalisée nous montre les ondoyances de l'animal sous les flots : le poisson ondule, se meut avec souplesse dans l'élément marin.
De nombreux mots sont des dérivés du nom latin "piscis" : le pêcheur, le pescadou, le verbe "pêcher", l'adjectif "piscivore", la piscine, la pisciculture. Et dans certains de ces mots, on retrouve le radical ancien "piscis", non altéré, alors qu'il a subi des évolutions phonétiques notables dans le terme "poisson"...
Le nom "poisson" révèle, ainsi, une formation populaire et familière, ce mot n'en paraît que plus précieux : issu du peuple, il a donné, lui-même, lieu à des dérivés : poissonneux, poissonnier, poissonnerie.
En grec, c'est le terme "ichthys" qui désigne le poisson : il est à l'origine de quelques termes savants : "ichtyophage, ichtyosaure, ichtyologie". Ce mot suggère bien, par sa graphie et ses consonnes aspirées, toute l' étrangeté de cet animal lié au monde marin.
Le poisson revêt toutes sortes de formes et de dimensions : certains de ces êtres aquatiques ressemblent à des galets posés au fond de l'eau, d'autres sont hérissés d'antennes aux reflets d'ocres, d'autres brillent de reflets argentés... Certains s'irisent d'écailles sombres ou luisantes...
Les poissons évoquent, ainsi, le monde de la mer, des odeurs iodées, des embruns, des images de vagues redoublées souvent impétueuses, des images d'infini et de liberté...
Les vagues se hérissent d'écumes, de brumes éblouissantes, la mer fait entendre son chant redoublé, ses murmures infinis, elle déroule ses couleurs variées et nuancées : verts, bleus, ocres, blancs. Les vagues déferlent sur la grève... et sur le bord, on peut entrevoir ce monde marin, où ondoient des muges, des gobies, du menu fretin.
Le poisson lié à la mer, aux fleuves et aux rivières, à l'eau, à la fluidité des ondes, nous laisse entrevoir des transparences, des clartés, des limpidités, il nous emporte dans les replis des flots, il nous fait rêver à un monde ondoyant, plein de mystères...




