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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 12:27
La fin de la lune de miel...

 

 

Fin septembre, début octobre, c'est, souvent, pour les profs, la fin de la lune de miel : les élèves commencent à s'enhardir, à percevoir les faiblesses de l'enseignant... la fatigue se fait sentir, la paresse s'installe...


Le début de l'année scolaire représente une découverte pour les profs comme pour les élèves, puis progressivement, l'enseignant interroge, note, sanctionne, tance, et le rêve s'évanouit.


Certains élèves prennent de mauvaises habitudes : retards, bavardages, travaux non rendus, insolence... et les tensions se multiplient.


La lune de miel est souvent de courte durée, surtout quand l'enseignant doit affronter des classes surchargées : jusqu'à 36 élèves... il est difficile, alors, de capter l'attention d'un public venu d'horizons divers, avec des centres d'intérêts différents.


Certains n'aiment pas les maths, d'autres exècrent la physique, ou encore le français ou l'histoire, certains n'aiment rien, et se retrouvent sur les bancs du lycée sans aucune motivation.
Dès lors, l'enseignant se retrouve bien en peine pour capter l'attention d'un auditoire diffus, déconcentré.

Et la suite de l'année scolaire représente un véritable marathon de longue haleine : succession de devoirs à préparer, à corriger, cours à revoir ou à organiser...
Ce n'est pas de tout repos, contrairement à ce que croient certains.

Parfois, les parents se croient autorisés à contester les décisions des profs, leurs notations, leurs méthodes pédagogiques.

Ainsi, les enseignants doivent non seulement supporter le comportement des élèves, mais aussi celui des parents qui n'hésitent plus à mettre leur grain de sel partout...

Enseigner devant 36 élèves, de nos jours, devient une tâche complexe : la déconcentration des élèves peut facilement intervenir dans des classes surchargées.
Impossible de séparer vraiment les bavards, d'isoler les contestataires, impossible de donner sans arrêt des punitions : l'enseignant y perdrait beaucoup de temps et d'énergie.

Par ailleurs, les élèves sont de plus en plus obnubilés par leur portable qu'ils ne quittent plus, et ils n'ont parfois qu'une hâte : sortir du cours pour consulter l'objet et découvrir des messages, des photos etc.

Il faut les voir, ces nouveaux élèves, se précipiter dans le couloir, le portable à la main. 
Il faut les voir entrer en cours avec une seule pensée en tête : en ressortir le plus vite possible.

Bien sûr, toutes les classes ne sont pas aussi difficiles, mais on constate que, de plus en plus, l'attention se disperse et s'évanouit, justement à cette époque de l'année : début octobre...

Déjà ! Et pourtant, ce n'est que le début de l'année scolaire : on imagine les trésors de patience, de bonne volonté que doivent déployer les enseignants pour essayer de captiver l'attention de ces adolescents.

On imagine le marathon que représente une année scolaire : porter à bout de bras des classes diverses, parfois surchargées... leur inculquer des connaissances, un savoir-vivre, une envie de progresser et d'apprendre...




 



 

La fin de la lune de miel...
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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 11:56
Un cartable de prof...

 

 

 



On parle beaucoup des cartables chargés des élèves et très peu de ceux des enseignants... Pourtant, eux aussi ne peuvent se passer d'un cartable, pour y mettre livres, copies, cours, photocopies, trousse, stylos, feutres, craies, cahier, papiers...

 

Tout un bric à brac nécessaire pour assurer correctement les cours d'une journée...

Impensable, pour moi, de donner un cours de grec ou de latin, sans écrire au tableau et sans avoir à disposition ces outils essentiels : craies ou feutres, livres...


Je me souviens avoir acquis, à mes débuts, un superbe cartable en cuir marron clair, avec des dorures, un cartable aux bonnes odeurs de cuir, qui reflétait la lumière et qui suscitait l'admiration de tous, mais, très rapidement, le cuir s'est élimé, la boucle de fermeture s'est détériorée, la poignée s'est déchirée.


J'ai compris, alors, qu'il fallait privilégier l'achat d'un cartable plus ordinaire, qui, de toutes façons, allait vite se détériorer, sous le poids des livres, des copies, des photocopies....


C'est donc un simple cartable noir qui est devenu mon compagnon de travail, un cartable en tissu ou en nylon, assez ordinaire.


Et bien sûr, il est indispensable de renouveler ce cartable, tous les 4 ou 5 ans, car l'objet est assez vite crevassé, tordu, abîmé, avec une fermeture qui ne fonctionne plus.


Incroyable ! Depuis mon enfance, j'ai toujours possédé un cartable, celui de mes études, puis celui de ma fonction d'enseignante.


Et ce cartable est essentiel dans une vie d'enseignante : une fois, une seule fois, au cours d'une journée de fatigue, j'ai laissé et oublié mon cartable sur un trottoir, pour aller regarer ma voiture sur le parking du lycée.


Lorsque je m'en suis aperçue, en arrivant au lycée, je suis revenue à mon point de départ pour le récupérer, mais le cartable avait disparu !


J'étais saisie d'angoisse et de panique ! J'avais perdu mon outil de travail, mon cahier de notes, mes répertoires d'élèves, mes cours, des livres.

Je suis rapidement passée au CDI du lycée pour prendre les livres qui me manquaient, et j'ai assuré mes cours, sans mes notes habituelles.


J'étais tout de même catastrophée et perdue : mon répertoire de notes ayant disparu, je me trouvais plutôt désemparée... Comment récupérer les notes de tous mes élèves ?

Heureusement, le soir même, un coup de fil miraculeux... une personne avait trouvé mon cartable sur le trottoir, avait lu mon nom sur des documents qui étaient à l'intérieur  et avait cherché mon numéro sur l'annuaire !

Un vrai soulagement et une joie intense de retrouver cet outil de travail ! Mes livres, mes cours et surtout mon répertoire de notes.


Ce fut un bonheur de pouvoir, à nouveau, tenir en mains, ce cartable, de le redécouvrir... 

Depuis ce jour, je n'ai plus jamais oublié mon cartable, et j'en ai pris un soin plus particulier...


    



 

Un cartable de prof...
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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 11:06
Que la force soit avec les enseignants !

 


Oui, décidément le ministère de l'éducation nationale peine, de plus en plus, à recruter de nouveaux enseignants, et la dernière campagne mise en oeuvre, qui se présente sous la forme d'une parodie de la saga Star Wars en surprendra plus d'un...


 "LA PASSION DE TRANSMETTRE AVOIR TU DOIS... UN PROF CONNECTE TU SERAS !"  peut on lire sur l'affiche... Puis, viennent des statistiques : "85 % des profs déclarent être heureux au travail, 79 % jugent leur activité passionnante..."

On s'inquiète de ce tapage médiatique qui passe par une référence cinématographique, venue d'outre atlantique...

Que la force soit avec les enseignants !

Et on oublie d'évoquer toutes les difficultés rencontrées par les professeurs dans nombre d'établissements, on passe sous silence les démissions d'enseignants, les surcharges de travail dans des classes pléthoriques, les problèmes de discipline...

On occulte et on élude l'opposition des enseignants à la nouvelle réforme des collèges, on oublie le mépris envers le personnel de l'éducation nationale qui s'est manifesté, en cette occasion...

Faites silence, Mesdames et Messieurs les enseignants, le ministère décide pour vous, le ministère affirme : "La passion de transmettre avoir tu dois", alors que cette transmission risque de se réduire à peau de chagrin, avec cette nouvelle réforme des collèges : le latin et le grec sacrifiés, devenus dorénavant des EPI, enseignements pratiques interdisciplinaires...

Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi le ministère a des difficultés de recrutement : dans certaines classes, ce sont les élèves qui font la loi, et l'administration ferme les yeux, les enseignants ne disposent plus de l'autorité nécessaire pour endiguer certains débordements, car les sanctions restent limitées et n'ont aucun effet sur des élèves démotivés et récalcitrants...

Les charges de travail s'alourdissent à l'infini : préparations de devoirs communs, de bacs blancs, corrections de copies de plus en plus nombreuses, réunions avec les parents qui se multiplient...

Les parents eux-mêmes, en mal d'autorité ont tendance à surprotéger leur progéniture et à vouloir les exempter de toute punition.

Certains contestent les notes, et prétendent même donner des conseils de pédagogie aux enseignants...

Qui veut affronter, ainsi, des élèves mal éduqués, des parents qui s'immiscent dans le travail des enseignants, une administration qui n'est plus à l'écoute et qui refuse de voir les difficultés des profs ?

Cette nouvelle campagne de recrutement n'est-elle pas bien dérisoire, face au manque de considération que rencontrent les enseignants ?

Il ne faut pas se leurrer : ce n'est pas avec de telles campagnes que le ministère peut parvenir à recruter, la seule solution est de revaloriser ce métier, en accompagnant les enseignants, en leur donnant les moyens d'exercer une véritable discipline dans leurs classes, en favorisant une meilleure orientation des élèves : certains d'entre eux se retrouvent en lycée, sans avoir acquis le niveau nécessaire...

Encore une fois, cette campagne n'est que de la poudre aux yeux et elle n'aura aucun effet : c'est au ministère de prendre conscience, enfin, de la gravité du problème.


 

 

La plaquette de recrutement :

 

http://www.vousnousils.fr/2015/12/16/je-suis-ton-prof-leducation-nationale-detourne-star-wars-pour-sa-campagne-de-recrutement-580496
 




 

Que la force soit avec les enseignants !
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