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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 13:56
C'est bien joli, tout de même à Göttingen, à Göttingen...

 

 


Göttingen ! tout le monde connaît, désormais, ce nom grâce à la célèbre chanson de Barbara...

La chanteuse rend hommage, dans ce texte, à un public chaleureux et bienveillant, celui qu'elle a rencontré, un soir, au cours d'un concert, dans une ville d'Allemagne, à Göttingen.

Chanson de paix et de réconciliation, Göttingen montre que l'amour n'a pas de frontière, grâce à la musique et la poésie qui rassemblent les peuples.

La chanson s'ouvre sur des références bien françaises qui sont niées : "Bien sûr, ce n'est pas la Seine, ce n'est pas le bois de Vincennes", mais on trouve aussi de jolis paysages à Göttingen : le nom de la ville réitérée insiste sur ce mot qui, bien que rude et étrange dans les sonorités, en devient familier.

D'autres négations interviennent : "pas de quais, pas de rengaines, qui se lamentent et qui se traînent", allusion à certaines de nos chansons pleines de mélancolie... Mais l'amour lié à ces rengaines "fleurit" aussi à Göttingen, nous dit Barbara...

Au passage, elle souligne le goût de l'histoire tant prisée par les allemands, eux qui connaissent parfaitement notre histoire, notamment celle de nos rois.

L'énumération de prénoms qui suit, nous rend familier et sympathique ce public allemand :
"Hermann, Peter, Helga et Hans"...

Puis, faisant référence à nos contes enfantins, Barbara nous rappelle que, sans doute, de nombreuses légendes sont aussi nées à Göttingen, en Allemagne.

La chanteuse revient, ensuite, sur des décors bien français : "Bien sûr, nous avons la Seine, Et puis notre bois de Vincennes." Mais dans une exclamation qui restitue une admiration, Babara souligne la beauté des roses, à Göttingen, à Göttingen... les roses qui peuvent représenter une forme de beauté et d'harmonie.

On retrouve une référence littéraire qui nous est propre, avec l'évocation de Verlaine et de "son âme grise"... Mais, aussitôt, Barbara rappelle que la mélancolie fait aussi partie de la culture allemande.

Elle met en évidence, bien sûr, la barrière de la langue qui peut nuire à la communication, mais souligne un langage universel, celui du "sourire des enfants blonds de Göttingen", des enfants symboles de fragilité et d'innocence, quel que soit leur lieu de naissance : Paris ou Göttingen.

La chanson s'achève sur une sorte de prière, précédée d'une interjection : O faites que jamais ne revienne le temps du sang et de la haine". Barbara fait rimer les deux mots "haine" et "j'aime", pour montrer que l'amour peut triompher.

Enfin, évoquant un possible retour de rancunes, Barbara sait et affirme qu'elle gardera toujours un souvenir ému de cette ville.

On perçoit, dans ce texte, toute la sensibilité de Barbara : son attachement à la France, à Paris et ses paysages, à la culture française, mais aussi une forme de respect pour la civilisation allemande dont elle perçoit tout l'éclat. On est ému, quand elle évoque les enfants blonds, les roses, la mélancolie de Göttingen.

La mélodie, toute en tendresse et douceur, met en évidence tant de délicatesse, et d'émotions.


Et cette chanson prend encore plus de résonances, quand on sait que Barbara, enfant juive, a dû se cacher, pendant la guerre, pour échapper à la persécution et à la barbarie nazie.


 
https://youtu.be/t0sNy1xOhRc




 



Photo : rosemar

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 13:53
Du plus loin qu'il m'en souvienne...

 

 

 


Une chanson d'amour dédiée à un public, c'est rare, et c'est magnifique, surtout quand c'est Barbara qui évoque ce thème dans une de ses chansons les plus célèbres : Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous...


Rappelant ses amours d'autrefois, le "premier rendez-vous, les premières peines", la chanteuse raconte, avec tendresse ses lointains émois amoureux... La jeunesse, l'enfance sont suggérées par des expressions imagées pleines de charme "coeur tout blanc, griffes aux genoux"...

Tendresse et passion alternent dans cette évocation... et les mots répétés "du plus loin" montrent, en fait, que l'empreinte d'un seul amour compte, aujourd'hui, celle du public, ce qui est souligné par le présent de l'indicatif et un superlatif à valeur hyperbolique : "ma plus belle histoire d'amour, c'est vous".


L'emploi de la deuxième personne du pluriel "vous" est une adresse directe à ce public et à chacun d'entre nous...

Avec pudeur, sensibilité, et un peu de provocation, Barbara suggère de multiples amours passées : "c'est vrai, je ne fus pas sage / Et j'ai tourné bien des pages..."

L'image du livre aux pages oubliées est rempli de poésie et de charme, pages devenues "blanches", donc sans importance. Et les amants désignés par l'expression à la fois forte et légère "mes guerriers de passage" se sont évanouis...

Leur visage est éclipsé par l'image du public, maintes fois rencontré, comme le soulignent les imparfaits itératifs : "je refaisais mes bagages et poursuivais mon mirage..."

L'amour est, ainsi, naturellement comparé à un voyage, une route à parcourir :"Sur la longue route qui menait vers vous", d'autant que les tournées d'une chanteuse la contraignent à des déplacements incessants...

L'expression "la longue route" réitérée évoque une quête d'amour qui n'en finit pas, malgré des embûches, le froid, les intempéries : "Le vent de décembre, 
Me gelait au cou, 
Qu´importait décembre, 
Si c´était pour vous..."

Mais "l'amour fou" peut vaincre tous les obstacles, et la route a été franchie : on le perçoit à travers l'emploi des temps variés du passé : "Elle fut longue la route, 
Mais je l´ai faite, la route, 
Celle-là, qui menait jusqu´à vous..."

Toutes les peines et toutes les difficultés importaient peu, face à cette attente et cet amour du public : "quelques mauvais apôtres, ...l'hiver ou la neige à mon cou" ne pouvaient arrêter ce bonheur...

L'énumération qui suit traduit, pourtant, une attente déçue, une sorte de désaffection du public, avec l'emploi de la négation : "Mais tant d'hivers et d'automnes 
De nuits, de jours, et personne, 
Vous n´étiez jamais au rendez-vous". 

Des expressions très fortes restituent, alors, un désarroi :"perdant courage, 
Soudain, me prenait la rage, 
Mon Dieu, que j´avais besoin de vous, Que le Diable vous emporte..."
Dieu et Diable sont, ainsi,  convoqués pour insister sur une forme d'exaspération d'un amour déçu.

La chanteuse renonçait alors, se montrait "infidèle", mais pour revenir vers ce public qui était sa raison de vivre.
Le vocabulaire de l'affectivité fait alterner, ensuite, "larmes et sourire", contraste saisissant qui nous montre les désordres et les tourments de l'amour.

L'adjectif "doux" répété insiste bien sur la force des sentiments associés à un sourire de la foule. Et une "larme" de ce public suscite une sorte de communion puisque la chanteuse elle-même en "pleure d'amour".

Le dernier couplet évoque un moment privilégié, avec l'utilisation du singulier et de l'article indéfini : "un soir, en septembre", la chanteuse a perçu l'attente de ce public, sa confiance "vous étiez venus m'attendre".

Et elle a compris cet amour irrépressible qui était le sien, atteignant une plénitude, un bonheur absolu...

La quête peut, alors s'arrêter "J´avais fini mon voyage, 
Et j´ai posé mes bagages."

La phrase "je vous remercie de vous", dans sa simplicité, son élégance, restitue toute le gratitude de la chanteuse envers son public.

Le refrain revient inlassablement, pour insister sur cette relation d'exception : "ma plus belle histoire d'amour, c'est vous ".

La mélodie légère et douce, et la voix pleine d'émotions de Barbara soulignent toute la force et la tendresse de cet amour...

 

 

Le texte :
 
http://www.paroles.net/daphne/paroles-ma-plus-belle-histoire-d-amour-c-est-vous





 

 

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 09:37
Dis, quand reviendras-tu ?

 

 

L'amour et ses tourments ont inspiré de nombreux poètes depuis Ronsard jusqu'à Aragon, on retrouve ce thème dans une des chansons les plus célèbres de Barbara...

Bien que cette chanson  évoque le départ, l'absence de l'être aimé, le texte se présente comme un discours direct adressé à celui qui est parti, comme le montre l'emploi réitéré de la deuxième personne du singulier... dès le début, la reprise de l'adverbe "combien" traduit la répétition inlassable du temps qui passe, aggravant la distance et l'éloignement.

D'ailleurs, le retour est attendu avec impatience, car les paroles de l'amoureux étaient sans ambiguité : il parlait de "dernier voyage", de retrouvailles au printemps, saison par excellence des amours. Cette saison est esquissée en quelques mots simples : " c'est joli, jardins refleuris". Et l'utilisation du pronom "nous", les verbes au futur semblent annoncer une réunion prochaine des deux amoureux :
"Nous irons voir ensemble les jardins refleuris, Et déambulerons dans les rues de Paris..."

 

Mais le printemps personnifié "s'est 'enfui", l'automne est arrivé avec ses "feuilles qui craquent", image même de la brisure qui semble avoir désuni les amants.... et l'attente se prolonge indéfiniment, malgré la beauté des paysages.

Les saisons rythment les espoirs perdus, elles s'égrènent inexorablement.

Une succession de verbes de mouvements transcrit, alors, les tourments, la souffrance : "Je tangue, je chavire, et comme la rengaine, Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne."

Le terme "rengaine" montre une sorte d'obsession, de tourment perpétuel : l'amoureuse en vient à parler dans le vide à l'être aimé.

Le verbe "hanter" aggrave les souffrances, le désarroi, la solitude. Les expressions "mal de toi, mal d'amour" retracent une douleur accablante, celle de l'amour-maladie qui fait souffrir...

Le dernier couplet, déclaration réitérée d'amour fait intervenir des répétitions insistantes du verbe "aimer", souligné par des adverbes de temps qui marquent une éternité : "J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours, J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour."

Et l'amoureuse revendique, alors, sa liberté : "Je reprendrai la route, le monde m'émerveille, J´irai me réchauffer à un autre soleil." L'emploi du futur, à deux reprises, marque la certitude, l'image du "soleil" restitue une envie de retrouver un nouveau bonheur. 
 
Le chagrin est nié, comme toute volonté de mourir par amour...
 
Mais, le refrain semble à nouveau anéantir cette liberté retrouvée :

"Dis, mais quand reviendras-tu,

Dis, au moins le sais-tu,

Que tout le temps qui passe

Ne se rattrape guère 

Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus."


 
Le refrain scande cette idée inlassable d'un amour attendu : le retour est encore espéré même s'il semble impossible.

D'ailleurs, l'emploi récurrent de la deuxième personne montre que l'amoureuse ne peut s'empêcher de s'adresser toujours et encore à celui qui est parti.

Le thème du temps qui passe irrémédiablement est souligné par les répétitions insistantes du mot "temps", des verbes "dire, rattraper."
 
La mélodie et le texte suggèrent un amour infini, un bonheur de vivre, malgré tout, et une envie de dépasser la tristesse, à travers des notes et des images lumineuses.

La chanson est magnifiée et sublimée par l'interprétation pleine de sensibilité, empreinte d'émotion, de Barbara...
 

 

Cette chanson, écrite et composée par Barbara, est sortie en 1964.
 
 

 
 
 
 

 

 

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