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9 septembre 2024 1 09 /09 /septembre /2024 11:45
Rentrée scolaire : 3000 postes non pourvus...

 

"Rentrée scolaire... principal changement cette année (chaque année, des réformes s'empilent et se succèdent) : des groupes de besoins mis en place en français et en maths dans les classes de sixième et de cinquième... une mesure voulue par Gabriel Attal mais appliquée avec souplesse et pragmatisme, selon les propos de Nicole Belloubet.

Mais, il n'y a toujours pas un professeur en face de chaque élève. Les syndicats d'enseignants pointent la crise d'attractivité du métier avec plus de 3000 postes non pourvus aux concours d'enseignement cette année.

Le manque de professeurs, c'est justement ce qui préoccupe le plus la FCPE.

"Cela va être comblé au fil de l'eau par du bricolage, comme Madame Belloubet et ses prédécesseurs savent le faire." déclare le président de la FCPE.

"Comment expliquer de telles inerties reconduites ?" interroge un journaliste.

"Parce que cela fait des années qu'on dit qu'il faut revaloriser le métier d'enseignant, le rendre plus attractif, remettre les IUFM en route pour la formation pérenne des enseignants. C'est cela qu'on demande. Nous on demande là maintenant une convention citoyenne parce que ça ne va pas du tout. Il faut que l'ensemble de la population puisse se prononcer pour qu'on ait une Education nationale digne de ce nom, une Ecole publique digne de ce nom. On sort des mesurettes pour cacher la forêt et les enseignants vivent un mal être avec des classes surchargées, avec des conditions de travail qui ne sont pas dignes d'un pays comme la France.

Et c'est au bout du bout les enfants et les parents qui en pâtissent. Cela a d'autant plus d'incidences dans la mesure où il n'y a pas de capitaine dans le navire... il n'y a pas de vision d'avenir, de vision claire pour l'avenir de nos enfants."

 

D'autant que les réformes se succèdent au fil des différents gouvernements, des réformes précipitées, sans aucune concertation avec les principaux concernés : les professeurs. Cela fait des années que le métier d'enseignant connaît une crise de recrutement. 

Déjà en 2014, j'écrivais cet article : 

 

Malgré des campagnes visant à recruter des enseignants, le ministère peine à trouver des candidats pour les concours d'entrée dans la profession : la crise ne cesse de s'aggraver, notamment en mathématiques et en lettres classiques...

 

La moitié des postes de professeur de mathématiques n’ont pas été pourvus, lors de la séance exceptionnelle 2014 du concours externe du Capes, selon les chiffres officiels.
 
Le précédent ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, avait, en effet, décidé d’intercaler une session exceptionnelle des concours des professeurs entre les sessions annuelles 2013 et 2014, pour relancer le recrutement des enseignants.
 
Pour le Capes externe de lettres classiques, on compte presque deux fois moins d’admissibles (156) que de postes à pourvoir (300). Le nombre des admis, c’est-à-dire ayant réussi les oraux, n’est pas encore connu.
 
Au fond, qui peut s'étonner de ces chiffres ? Dans une société où les enseignants sont déconsidérés, rendus responsables de tous les maux du monde moderne, le métier connaît une désaffection grandissante.
 
L'indiscipline des élèves devient le quotidien de beaucoup d'enseignants, dans les écoles, les collèges et les lycées : bavardages, insolences répétées, démission et comportement de certains parents qui en viennent à contester des punitions...
 
Ce métier exigeant n'attire plus les vocations : le travail s'alourdit, les copies à corriger se multiplient, dans des classes de plus en plus chargées...
 
Certains élèves se retrouvent en lycée, alors qu'ils n'ont ni le niveau ni la volonté de poursuivre des études : quel gâchis !
 
Des réformes improvisées ont été engagées pendant des années et elles ont produit des effets désastreux !
 
La situation en devient ubuesque : on crée des postes, on l'annonce à grands renforts de publicités, on se livre même à des campagnes coûteuses de recrutement, mais on n'arrive pas à pourvoir ces postes, alors que le chômage s'accroît !
 
Apparemment, cette profession n'est pas le paradis que décrivent certains, puisqu'on trouve si peu de candidats pour l'exercer !
 


 

 

 

Source à 4 minutes 26 :

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/journal-de-18h-emission-du-lundi-02-septembre-2024-7065759

 

L'article de 2014 :

http://rosemar.over-blog.com/article-crise-de-recrutement-dans-l-education-nationale-123487918.html

 

 

 

Rentrée scolaire : 3000 postes non pourvus...
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13 septembre 2023 3 13 /09 /septembre /2023 10:45
Rentrée scolaire : on manque de profs !

 

Le syndicat Snes-FSU révèle, par le biais d’une enquête réalisée dans 500 établissements, qu’il manque au moins un enseignant dans la moitié des collèges et des lycées.

 "Un professeur devant chaque classe." Cette double promesse d’Emmanuel Macron et du ministre de l’Éducation Gabriel Attal pour la rentrée était visiblement de la communication. Une semaine après la reprise des cours, des professeurs manquent à l'appel.

 

Comme l’année dernière, l’académie de Créteil est la plus touchée, avec, au 7 septembre, au moins un professeur manquant dans 60 % des établissements. "En ce moment, il y a des élèves qui ont des trous dans leur emploi du temps, a rappelé la présidente du syndicat Sophie Vénétitay sur Franceinfo lundi 11 septembre. On a distribué des emplois du temps à nos élèves avec écrit M. X, Mme Y. C’est un véritable scandale."

L'académie de Créteil, qui s'étend sur trois départements (le Val-de-Marne, la Seine-et-Marne et la Seine-Saint-Denis) fait pourtant déjà appel à de nombreux contractuels. Les académies d'Orléans-Tours, de Normandie ou la ville de Nantes sont également concernées. Cette pénurie d'enseignants touche particulièrement les mathématiques, mais aussi l'anglais et les sciences de l'ingénieur.

 

Evidemment, ce métier n'est plus attractif comme il pouvait l'être autrefois.

Une crise des vocations qui ne s'explique pas que par le salaire...

Un métier de plus en plus exigeant, avec toujours plus de tâches administratives, une pression des parents, un manque de perspectives, et un manque de considération de la part de l'administration, des classes de plus en plus chargées...

 

La pédagogie du moindre effort a fait aussi des ravages : oui, apprendre demande des efforts, un travail soutenu, de la concentration... et il n'est pas incongru d'exiger l'attention des élèves.


L'école subit, depuis des années, un assaut de la part de pédagogues qui visent à nier la notion d'effort : pendant des décennies, a régné la pédagogie de la découverte : l'enfant devait découvrir, par lui-même, le savoir, sans trop d'efforts...


On a voulu simplifier l'orthographe, alléger la grammaire, la rendre attractive, on a gommé des difficultés pour que l'élève se sente plus à l'aise.

Mais à force de gommer et d'effacer les obstacles, les élèves perdent aussi le goût de l'effort et de la persévérance.
 

Ainsi, de plus en plus d'enseignants renoncent à exercer ce métier et tentent de se reconvertir.

En dix ans, le nombre de départs volontaires dans l'enseignement a été multiplié par quatre. 

 

 

 

https://www.huffingtonpost.fr/life/article/rentree-2023-un-prof-absent-dans-pres-de-la-moitie-des-colleges-et-lycees-selon-une-enquete-du-snes-fsu_222893.html

 

https://www.lepoint.fr/education/rentree-il-manque-un-enseignant-dans-la-moitie-des-etablissements-francais-11-09-2023-2534930_3584.php

Rentrée scolaire : on manque de profs !
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4 septembre 2023 1 04 /09 /septembre /2023 11:40
Mais qu'ont-ils fait de ce métier admirable : le professorat ?

 

Qu'ont-ils fait de ce métier admirable : le professorat ?

Salaires trop faibles, réformes absurdes, mal pensées, incessantes, charges de travail de plus en plus lourdes, avantages supprimés...

Il n'est pas étonnant que les jeunes se détournent de ce beau métier...

Il n'est pas étonnant que certains enseignants démissionnent...

Disparus les IPES qui permettaient à de jeunes étudiants de s'engager dans la voie du professorat, tout en percevant un petit salaire, disparue la CPA qui offrait la possibilité, dès l'âge de 55 ans, de travailler à temps partiel avec 80% du salaire... sans parler de la retraite à 60 ans qui a disparu pour tous les salariés...

Un métier harassant, qui mobilise la pensée...

Et bien sûr, cette rentrée s'annonce difficile : de nombreux postes ne seront pas pourvus malgré les promesses d'Emmanuel Macron. Le chef de l’État a promis de mettre un "professeur devant chaque classe" dès la rentrée. Les Français n’y croient pas, vraiment pas.

Une promesse  irréaliste, au regard de la pénurie d’enseignants dont souffre le secteur, mais qui a été réitérée lors de sa conférence de rentrée par le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal.

Le gouvernement est dans la communication, comme souvent.

Il reste tant à faire pour restaurer l'attractivité de ce métier...

Les réformes se sont succédé au rythme des changements de gouvernement : aucune vue d'ensemble, aucune perspective à long terme...

 

On a connu Luc Chatel et ses suppressions de postes de fonctionnaires, mal réparties, mal pensées, on a connu Vincent Peillon et sa réforme chaotique des rythmes scolaires, on a connu Najat Vallaud-Belkacem et sa réforme désastreuse du collège...  l'enseignement du latin et du grec avait été amoindri et réduit à peau de chagrin car intégré dans les fameux EPI, ou Enseignements pratiques interdisciplinaires.

 

Et plus récemment Jean-Michel Blanquer nous promettait une école de la confiance... Certes, il semblait vouloir donner la priorité à l'école primaire, mais sa réforme du lycée et du baccalauréat se présentait comme un véritable casse-tête : très complexe, elle a été difficile à mettre en place.

 

 Etonnamment, cette réforme du lycée initiée par Jean-Michel Blanquer avait consisté à supprimer les maths en classe de première, sauf pour les élèves qui choisissaient cet enseignement de spécialité.

Curieuse décision, tout de même ! Alors que les mathématiques paraissent essentielles dans notre monde numérisé, cette discipline n'était plus obligatoire au lycée, dès la classe de première !

On a vu aussi comment les épreuves de spécialité organisées au mois de mars démobilisaient les élèves qui séchaient les cours de fin d'année.

 

Face à toutes ces réformes qui se succèdent, se contredisent, les enseignants se retrouvent bien seuls et bien démunis.

Il serait temps de fixer une politique éducative à long terme, sur laquelle les différents partis se mettraient d'accord et qui pourrait être appliquée, quel que soit le gouvernement qui arrive au pouvoir.

Les enseignants ne sont pas des girouettes et on ne peut, ainsi, sans arrêt perturber leur travail si complexe.

Dans un domaine aussi important que l'Education, tant d'expérimentations hâtives sont vraiment intolérables.

 

Sources :

 

https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/un-prof-devant-chaque-classe-les-francais-sceptiques-sur-la-promesse-de-macron-pour-la-rentree-exclusif_222415.html

 

 

https://www.nouvelobs.com/education/20220831.OBS62569/il-y-a-plus-de-benefices-a-s-orienter-vers-une-carriere-dans-le-prive-pourquoi-les-etudiants-en-maths-ne-veulent-pas-devenir-profs.html

 

 

Mais qu'ont-ils fait de ce métier admirable : le professorat ?
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