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7 avril 2018 6 07 /04 /avril /2018 13:50
Pour fêter le début du printemps : un champ de pommiers en fleurs...

 

 

Pour fêter le début du printemps...

 

Dans un extrait de son roman Sodome et Gomorrhe, Proust décrit un champ de pommiers en fleurs... A la manière d'un peintre, il compose un véritable tableau empli de charme et de séduction.

Le champ de pommiers est évoqué à travers un réseau d'images qui font songer à une rencontre amoureuse : la première phrase est révélatrice : " Dès que je fus arrivé à la route, ce fut un éblouissement..."

Proust semble suggérer un coup de foudre, une séduction brutale, inattendue qui le saisit : cette soudaineté se traduit par la brièveté de la phrase, par l'emploi du passé simple à valeur ponctuelle et du mot "éblouissement"

Les pommiers sont présentés à travers des personnifications, des métaphores qui transfigurent le paysage : ils sont "d'un luxe inouï", "en toilette de bal", "ne prenant pas de précautions pour ne pas gâter le plus merveilleux satin rose qu'on eût jamais vu..."

Toutes ces évocations font songer à une beauté féminine, parée pour aller au bal... Le style hyperbolique restitue un émerveillement : "luxe inouï, le plus merveilleux satin rose."

Plus loin, la personnification se poursuit et fait penser encore à une séduction amoureuse : "une brise légère mais timide faisait trembler légèrement les bouquets rougissants". Le verbe "trembler", le terme "rougissant" évoquent des émois amoureux.

Enfin, la description s'achève sur la vision d'une "beauté fleurie et rose."

Le narrateur semble ébloui par le spectacle qu'il a sous les yeux, comme on pourrait l'être au cours d'une rencontre amoureuse. Ce procédé restitue toute l'émotion qu'il éprouve devant ce tableau...

De fait, cette description nous fait songer à un tableau, d'abord grâce à la composition de cet extrait : au premier plan, le champ de pommiers, en arrière plan, le fond du tableau, avec "l'horizon lointain de la mer".

On perçoit aussi des éléments du tableau : "des bouquets, des mésanges, des branches" qui se juxtaposent selon la technique impressionniste, avec des touches de couleurs successives.

Proust fait aussi référence, au cours de la description, à "une estampe japonaise", certains détails correspondent bien à un tableau oriental : "les mésanges, les bouquets de fleurs" étant des thèmes récurrents souvent reproduits dans les estampes japonaises.

Le tableau est coloré dans des tons assez doux : "satin rose, le bleu du ciel, les bouquets rougissants, des mésanges bleues, le gris de la pluie".

La dernière phrase de l'extrait, dans sa brièveté pourrait constituer le titre du tableau : "C'était une journée de printemps..."

Les références artistiques sont bien présentes dans le texte : "estampe japonaise, amateur d'exotisme et de couleurs, artificiellement, effets d'art.."

On perçoit le grand sens artistique de Proust et sa sensibilité : la musique, la peinture occupent une place essentielle dans son oeuvre, ici, la beauté du champ de pommiers a des effets extraordinaires sur le narrateur qui en est ému jusqu'aux larmes, l'impression artistique se traduisant par un effet physique.

La nature devient une véritable oeuvre d'art.

Le champ lexical de la nature est particulièrement développé : "feuilles, pommiers, boue, soleil, mer, ciel, azur, brise, bouquets, mésanges, pluie"... et les 4 éléments y sont représentés : la terre, l'eau, l'air, le feu...

Et cette nature semble elle-même participer à la création du tableau, grâce à l'emploi réitéré du verbe "faire" : "satin rose que faisait briller le soleil, les fleurs qui faisaient paraître son bleu rasséréné.. une brise légère faisait trembler les bouquets rougissants..."

La nature semble vouloir embellir le tableau, par la lumière, par le contraste des couleurs, par le mouvement.

Ainsi, la nature se fait art, elle semble imiter l'art.

La réalité est tellement belle qu'elle semble presque composée artificiellement, tout en restant naturelle....

 

 

 

 

Le texte :

 

 

"Mais, dès que je fus arrivé à la route, ce fut un éblouissement. Là où je n’avais vu, avec ma grand’mère, au mois d’août, que les feuilles et comme l’emplacement des pommiers, à perte de vue ils étaient en pleine floraison, d’un luxe inouï, les pieds dans la boue et en toilette de bal, ne prenant pas de précautions pour ne pas gâter le plus merveilleux satin rose qu’on eût jamais vu et que faisait briller le soleil ; l’horizon lointain de la mer fournissait aux pommiers comme un arrière-plan d’estampe japonaise ; si je levais la tête pour regarder le ciel entre les fleurs, qui faisaient paraître son bleu rasséréné, presque violent, elles semblaient s’écarter pour montrer la profondeur de ce paradis. Sous cet azur, une brise légère mais froide faisait trembler légèrement les bouquets rougissants. Des mésanges bleues venaient se poser sur les branches et sautaient entre les fleurs, indulgentes, comme si c’eût été un amateur d’exotisme et de couleurs qui avait artificiellement créé cette beauté vivante. Mais elle touchait jusqu’aux larmes parce que, si loin qu’on allai dans ses effets d’art raffiné, on sentait qu’elle était naturelle, que ces pommiers étaient là en pleine campagne comme des paysans, sur une grande route de France. Puis aux rayons du soleil succédèrent subitement ceux de la pluie ; ils zébrèrent tout l’horizon, enserrèrent la file des pommiers dans leur réseau gris. Mais ceux-ci continuaient à dresser leur beauté, fleurie et rose, dans le vent devenu glacial sous l’averse qui tombait : c’était une journée de printemps."

 

 

   

 

 

Pour fêter le début du printemps : un champ de pommiers en fleurs...
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25 mars 2018 7 25 /03 /mars /2018 12:41
Courses de cygnes...

 

 

L'eau déborde, elle envahit les berges du bassin où caracolent les cygnes...

 

L'eau verte, aux teintes moirées, argentées, se fait miroir profond où les cygnes paradent et exultent.

 

La joie, le bonheur de l'eau abondante, claire, limpide...

 

Un cygne se redresse sur l'onde, étend son long cou, déploie ses ailes, tout en disant son bonheur, avec des cris rauques.

 

Un autre déploie ses plumes en corbeille, somptueuse robe aux frissons de blancs...

 

Soudain, une course folle s'engage entre les cygnes... ballet de remous et de vagues, sillons majestueux sur les flots...

 

Soudain, les cygnes sillonnent l'eau avec tant d'élégance, dans des remous bouillonnants...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos et vidéo : rosemar

Courses de cygnes...
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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 11:20
L'oiseau sur le tilleul...

 

 

 

 

Rouge-gorge, rubiette, plumage chamarré, l'oiseau célèbre la douceur de l'été qui arrive...

 

Sur une branche de tilleul, il dit le bonheur de la douce saison, il chante la verdure environnante, les frondaisons nouvelles...

 

Il fait vibrer son chant vers le ciel.

 

Sa voix flûtée et mélodieuse rayonne, le soleil caresse les feuilles, un air doux et serein fait frissonner le feuillage.

 

C'est la saison des oiseaux sauvages, des brises légères, c'est la saison de la nature triomphante...

C'est la saison des ivresses de l'été...

 

L'oiseau s'émerveille de toutes ces feuilles de tilleul  aux nuances de verts, aux fleurs naissantes, il chante son éblouissement...

 

Il chante la liberté, une nature accueillante, des senteurs nouvelles...

 

Soudain, l'oiseau s'envole et disparaît dans les feuillages...

 

Bel instant de bonheur, vision fugitive, fragile et gracieuse...

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Pixabay

 

Vidéo : rosemar

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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 10:43
Les premières cigales...

 

 

 

Les premières cigales sont là : je les ai entendues dans le lointain vers la cime des arbres...

 

Cyprès, pins, cèdres, buissons ont retenti de leur appel...

 

Voix secrètes et mystérieuses, voix de l'été qui arrive, voix des chaleurs intenses du midi !

 

Les premières cigales nous invitent aux bonheurs de l'été : légers bruissements dans les pins, murmures des oiseaux, claquements d'ailes, lumières qui s'attardent, nuits éclairées d'étoiles...

 

Les arbres se peuplent de voix nouvelles.

 

Dans le lointain, les cigales appellent l'été, elles le chantent, le célèbrent, elles annoncent des brises légères, des clartés renouvelées, elles disent l'été rayonnant, elles racontent les senteurs exacerbées de pins sous la chaleur du midi.

 

Elles racontent les aiguilles lourdes de pignes aux teintes de verts...

Elles racontent les collines de Provence aux effluves de thym.

 

Elles disent la mer toute proche, ses embruns vivifiants, ses teintes auréolées de lumières...

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

 

Les premières cigales...
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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 11:28
Un léger murmure dans le pin...

 

 

 

Un léger murmure dans le pin... quelques éclats qui tourbillonnent dans l'air du printemps...

Un frisson dans les aiguilles du grand pin...

 

Dans les entrelacs des branches, un écureuil savoure une pigne avec délectation... silhouette brune et rousse, ombre chinoise dans les branches...

 

On entend la lente dégustation de l'animal, on entend un léger frémissement dans l'arbre.

 

Des éclats de pigne s'envolent dans l'air... doux papillons fragiles...

 

Dans la chaleur intense de l'après-midi, un écureuil fait entendre une musique imperceptible.

 

Soudain, sa queue en panache apparaît sur l'arbre...

Vif, il bondit de branche en branche, dévale le pin, tourbillon de lumière rousse sur le gris de l'arbre...

 

Soudain, l'écureuil virevolte dans les branches et s'évanouit derrière l'arbre.

 

Vision fugitive, éclair de roux...

Vision éphémère et fugace, tourbillon de vie !

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 13:04
Premiers bains pour les petits cygnes...

 

 

 

Deux jours après leur naissance, voilà déjà les petits cygnes sur l'eau : ballottés par les flots, fragiles, graciles, ils apprennent à apprivoiser les remous et les vagues...

 

 

L'un s'endort et se laisse bercer par les flots, l'autre, curieux goûte l'eau, découvre le monde.

 

La mère les accompagne dans leur périple et surveille attentivement leur baignade.

 

Un bonheur de voir les poussins suivre leur mère...

 

Un bonheur de les voir découvrir l'eau, ses transparences, ses ondoiements, ses reflets, ses teintes changeantes...

 

Sur le bleu de l'eau, leur silhouette ronde, aux teintes douces dessine des arabesques...

 

Sur le bleu de l'eau, leur duvet soyeux attire tous les regards...

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 09:23
Voici venu le mois de Junon...

 

 

Voici venu le temps de Junon... Voici venu le temps des fleurs qui s'épanouissent et nous offrent leur renouveau...

Junon, la céleste, Junon, la reine, déesse de la lune, de la fécondité, est associée au mois de Juin.... Junon nous annonce l'été flamboyant, des clartés nouvelles, des jours plus doux, des lumières qui s'attardent à l'infini....


Le mois de Juin nous promet les langueurs de l'été, des paysages de ciels d'embruns lumineux, des aubes apaisées, des couchers de soleil étonnants aux teintes de rose rouge éclatant...

Junon, la sélénite, nous promet des nuits sereines aux lunes flamboyantes...


C'est le mois du renouveau, des chaleurs accablantes qui s'installent, des bonheurs somptueux...


La liberté retrouvée, la nature offerte aux regards, l'air transparent, les odeurs de genêts qui emplissent les jardins...


C'est le mois des ardeurs qui commencent, des parfums qui s'épanouissent, dianthus, géranium, menthes ensoleillées...


Juin nous emporte vers le bel été, ses caresses, ses bonheurs, le plaisir des baignades, de la mer aux doux replis, des calanques irisées de lumières....


Juin nous transporte vers des sensations perdues et retrouvées : les parfums enivrants de l'onde salée, le murmure des vagues, les ondoiements de l'eau de mer qui nous emmènent vers le large, loin du monde ordinaire et banal, l'insouciance renouvelée, le bonheur des mouvements sur les flots...


Juin nous permet de nous fondre dans la nature, de nous en imprégner, de percevoir l'harmonie du monde dans de nouvelles fusions...


Mois de la souveraine des dieux, mois divin, mois de la lumière ! Juin nous apporte un bien-être, un plaisir des sens, il chante les retrouvailles avec la nature....


Il ouvre le cycle des mois de l'été, nous emporte vers un monde renouvelé : il nous donne envie de nous enivrer de parfums, d'observer une nature épanouie, la variété du monde, d'écouter sa voix, de goûter les couleurs nuancées du soir qui s'attarde....


De voir des paysages de lune, des obscurités pleines de douceurs, des nuits d'étoiles...

De dormir sous la voûte céleste, d'admirer les clartés de rayons de lunes...

De goûter à des ciels épris de liberté, des ciels plus purs, plus lumineux....

De nous enivrer de sensations !







 

Photos : rosemar

Voici venu le mois de Junon...
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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 12:44
Les oisillons viennent à peine d'éclore...

 

 

 

Fragiles, évanescents, gestes désordonnés, hésitants, les deux petits cygnes apparaissent à peine dans le nid...

 

La mère les protège, les repousse de son bec dans le creux du nid, pour les empêcher de s'évader.

 

Les oisillons viennent à peine d'éclore : à côté, une coquille d'oeuf laisse voir ses contours brisés.

 

Boules grises, chétives, informes, tremblantes, au bec sombre, les oisillons penchent leur tête lourde et s'endorment dans la torpeur du printemps...

 

Les deux parents veillent près du nid...

 

Les poussins au duvet soyeux méritent tous leurs soins et toutes leurs attentions.

 

Les poussins chancelants, délicats doivent être préservés de toute atteinte...

 

La mère attentive les protège de toute sa tendresse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 09:03
Joli chat roux sur la colline...

 

 

 

Robe rousse, tablier blanc, le chat a surgi soudain sur mon chemin, il a suivi mes pas sur la colline : bondissant dans les taillis, il m' a accompagnée, fidèle et plein de fougue jusqu'au sommet...

 

J'entendais sa course furtive dans les buissons : vif, complice, il précédait parfois mon pas.

 

Il ne m'a pas quittée, un seul instant, s'arrêtant quand je je m'arrêtai, reprenant sa course quand j'avançais de nouveau...

 

Il me guettait derrière les fourrés, le regard aiguisé et bienveillant.

 

Au sommet, il s'est posé dans les herbes hautes, savourant le bonheur de goûter les tiges, de les humer, moustaches au vent.

 

Le sphinx marbré de roux s'est posé sur le terre plein... 

Le sphinx, oreilles dressées, m'observait de loin...

 

Aux aguets, attentif, il m'a offert cette vision d'un bonheur simple, dans une nature sauvage...

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo : rosemar

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 12:59
Papillon au vent...

 

 

 

 

Fragile, palpitant, un papillon posé sur une feuille au brillant vernissé... 

 

Ses ailes s'ouvrent peu à peu pour laisser voir leurs parures brunes aux teintes de chrysanline, des motifs arrondis, des dessins géométriques aux contours hésitants...

 

Des ocelles dorés, des fleurs lumineuses sur ses ailes dentelées...

 

Des festons ornent ses ailes et soulignent d'un liseré blanc les couleurs brunes de sa robe...

 

Le vent fait frissonner la feuille et le papillon...

Le vent tourbillonne...

 

Fragilité, élégance... le papillon replie ses ailes face au vent qui l'emporte, puis les déploie lentement pour goûter le soleil et la lumière du printemps...

Tircis rayonnant, modeste Tircis !

 

Papillon au vent, aux ailes arrondies...

Papillon au vent, léger, fragile...

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo : rosemar

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