Dans un monde de technicité croissante où l'homme éprouve des difficultés à trouver des repères, voici une chanson interprétée par Michel Fugain, qui nous invite à un retour vers la nature, une belle ode à la liberté et à la simplicité... et c'est réconfortant...
La chanson s'ouvre sur le refrain avec un conseil sous la forme d'un impératif : "Fais comme l'oiseau"... l'oiseau symbole de beauté, de liberté, d'insouciance représente bien un modèle de cette nature que nous avons tendance à oublier...
Associé à "un air pur, à une eau fraîche", à "un peu de chasse et de pêche" l'oiseau n'est-il pas le meilleur symbole d'une nature intacte ?
Symbole aussi de liberté et d'élan car il peut toujours "aller plus haut".
Le mot "oiseau" réitéré à quatre reprises dans ce refrain, le plus souvent à la rime, est ainsi magnifié...
Dans le premier couplet, on perçoit les paroles d'un locuteur qui répond aux propos énoncés dans le refrain :
"Mais je suis seul dans l'univers
J'ai peur du ciel et de l'hiver"
Solitude, peur des éléments, ce locuteur évoque bien la condition de l'homme sur la terre... et les peurs sont multiples : le mot "peur" est ainsi employé à quatre reprises dans ce couplet : "peur des fous, de la guerre, du temps qui passe"...
Dès lors, une question existentielle est posée : "Comment peut on vivre aujourd'hui
Dans la fureur et dans le bruit"... les mots sont violents et les sonorités de gutturales "r" qui les composent le sont aussi...
Le désarroi se traduit alors par des négations et par ce rythme ternaire insistant :
"Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu"
Dans un deuxième couplet, c'est l'amour qui est évoqué, et notamment celui de "ce sauveur de l'humanité" que recherche en vain le locuteur... un amour souvent loué, "chanté"... Ainsi est abordé le thème religieux... Et le désarroi se traduit encore par des questions qui marquent aussi le doute :
"Comment peut on vivre sans lui ?
Sous quelle étoile, dans quel pays ?"
Des négations viennent désespérément mettre en doute la foi religieuse :
"Je n'y crois pas, je n'y crois plus, je suis perdu"
On perçoit encore du désespoir dans le dernier couplet où le personnage se lamente encore et exprime son exaspération de manière directe avec un vocabulaire familier :
"Mais j'en ai marre d'être roulé
Par des marchands de liberté"
L'utilisation réitérée de la consonne gutturale "r" pleine de dureté vient souligner le propos....
On retrouve ce langage familier dans les vers suivants :
"Et d'écouter se lamenter
Ma gueule dans la glace..."
Dès lors, reviennent des questions qui insistent sur le désarroi : quelle attitude adopter ? La lutte ou le renoncement ? Et à nouveau, c'est le vocabulaire familier, courant qui est utilisé donnant une tonalité réaliste à ce discours :
"Est-ce que je dois montrer les dents ?
Est-ce que je dois baisser les bras ?"
Le refrain vient à nouveau répondre à cette angoisse avec l' exemple de l'oiseau, symbole de liberté, de légèreté, de paix, d'harmonie...
Certes, cette réponse peut paraître utopique, mais comme elle fait du bien ! Voilà une chanson remplie d'espoir qui prône le détachement et la simplicité...
La mélodie oscille entre mélancolie dans les couplets et joie, élan vital dans le refrain comme pour mimer la liberté et le bonheur infini de l'oiseau...
Pour mémoire :
"Au tout début de l’année 1972 Michel Fugain se trouve au Brésil où il participe au festival de la chanson à Rio de Janeiro. Michel Fugain y représente la France.
Après sa prestation devant plus de 20 000 au Maracanã, le plus grand stade de football du Brésil, Michel Fugain reste en coulisses pour profiter de la suite du spectacle.
Et c’est ainsi qu’il entend la chanson Voce Abuso interprétée par me duo Antonio Carlos et Jocafi. C’est le tube local du moment.
Il est immédiatement séduit et décide de reprendre ce titre.
Il obtient les droits et demande à son ami Pierre Delanoë d’en faire la version française."
Les paroles :
https://www.lacoccinelle.net/1018831.html