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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 18:38

 

pagny 2

 

"Soyons un peu boches !" c'est la phrase prononcée par un de nos artistes exilés, Florent Pagny... lui qui a quitté la France pour des raisons fiscales se permet de donner des leçons au gouvernement français ! Et il fait même l'éloge du modèle allemand, de sa "réussite", discours que l'on a souvent entendu lors du quinquennat précédent...

 

Florent Pagny n'y va pas avec le dos de la cuillère et ses propos font frémir : il se présente, d'abord, comme un précurseur lui qui a dénoncé les taxes, les impôts dans sa chanson : Ma liberté de penser...

 

Parlant du gouvernement actuel, Florent Pagny déclare :"Ils feraient mieux de penser à réduire les taxes et les charges. Je pense qu'ils gagneraient plus d'argent. Les gens consommeraient plus et vivraient un peu mieux. Y'en a une qui vient de se faire élire royalement, c'est Angela Merkel. Son argument c'est de dire : 'je vais réduire les aides sociales et les gens vont aller travailler'. Et l'Allemagne entière s'est levée en disant, 'elle a raison'. Eh! bien soyons un peu boches !"
 
Ce chanteur qui a gagné des fortunes vante donc le modèle allemand, en utilisant même un mot d'un autre temps, d'une autre époque : "les boches", terme associé à une période sombre de l'Allemagne nazie...
 
Que veut-il dire en employant ce mot ? Soyons féroces ? Soyons impitoyables ? Soyons inflexibles ? Soyons inhumains ? Soyons criminels ?
 
Voilà un artiste riche à millions qui fait l'éloge d'un système où le salaire minimum n'existe pas, dans lequel sévissent la pauvreté et la précarité, un pays où la misère des plus pauvres ne cesse de croître....
 
Un sourire triomphant aux lèvres, Florent Pagny propose donc de se conformer à un modèle de pauvreté sociale : il fait bien partie de cette caste des riches sourde et aveugle aux malheurs des autres ! 
 
En proposant de baisser les taxes et les impôts, le chanteur pense surtout à préserver les biens des privilégiés dont il fait partie....
 
Le monde des riches ne vit pas manifestement sur la même planète que les pauvres, les miséreux : les nantis ne songent qu'à protéger leur capital, leurs privilèges, leur bonheur égoïste....
 
Sans doute, Florent Pagny ne voit-il pas la misère de nombreux allemands qui en sont réduits à survivre avec un salaire indigne et indécent, sans doute ne perçoit-il que la réussite extérieure de l'Allemagne, la bonne santé de son industrie mais il refuse de voir toute la misère qu'elle génère et qu'elle engendre...
 
Il semble que ces privilégiés ne perçoivent plus les réalités du monde ordinaire : ils vivent dans une bulle de luxe, de conforts, d'insouciance...
 
Une telle inconscience, un tel mépris des gens humbles sont révoltants, d'autant plus révoltants qu'ils s'accompagnent d'un ton amusé : le rire, le sourire l'emportent alors que les déclarations sont effarantes !
 
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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 16:45

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Charles Aznavour vient de faire des révélations qu'on pourrait juger fracassantes, si d'autres scandales n'avaient déjà éclaté dans le monde des hautes sphères de la politique : le chanteur déclare avoir soudoyé des hommes politiques, pour régler ses problèmes avec le fisc...

 

Et il ajoute : "ça m'a coûté très cher..."Charles Aznavour avoue, ainsi, avoir fait appel à différents hommes politiques de tous bords pour "arranger son coup."

Invité de l'émission de Philippe Vandel, Tout et son contraire sur France Info, le chanteur a révélé qu'il avait payé des responsables politiques « de gauche, de droite et même du centre », pour faire table rase de ses problèmes fiscaux.
 
On peut bien parler de corruption, et on peut supposer aussi que d'autres personnalités ont pu faire appel à ces mêmes moyens pour régler leurs difficultés....
 
S'agirait-il d'une pratique généralisée ? Encore une fois, la politique fait fi de la morale la plus élémentaire : des hommes de pouvoir n'hésitent pas à user de leur influence pour capter l'argent des citoyens...
 
Et par ailleurs, des personnalités en vue peuvent corrompre des politiques pour obtenir différentes faveurs, divers privilèges....
 
De part et d'autre, la morale est bafouée : qui peut, désormais, s'en étonner ?
 
La corruption est présente dans bien des domaines, l'argent domine notre société : tout s'achète et se vend : on peut monnayer certains avantages, on peut même monnayer une forme d'innocence....
 
On peut se payer une virginité, une apparence morale, une tranquillité...
 
Il semble que tout le monde l'accepte, puisque Charles Aznavour ose, lui-même, en parler et se livrer à de telles déclarations.
 
Oui, ces usages semblent acceptés dans le grand monde : on peut tout payer, on peut tout acheter, même une apparence de vertu....
 
Malgré tout, Charles Aznavour déclare qu'il n'a jamais fraudé le fisc, qu'il a d'ailleurs obtenu un non-lieu à ce sujet mais, il a eu de nombreux ennuis avec l'administration et a donc quitté la France.
 
Il continue, pourtant, à payer ses impôts en France et n'est donc pas un exilé fiscal contrairement à beaucoup d'autres : au moins, peut-on lui reconnaître son attachement et sa fidélité à la France.
 
Mais pour autant, il s'est laissé aller au vertige de la corruption et les hommes politiques en ont bien profité.
 
Où est la morale ? Où est l'honneur ? Où est la vertu ? Où est l'honnêteté ? Autant de qualités qui se délitent et s'évanouissent dans notre monde voué à l'argent.
 Tout s'achète et se vend dans ce monde mercantile où l'argent est roi... Tout est possible pour celui qui détient le pouvoir de l'argent...
 
Combien de millions sont ainsi détournés et échappent au fisc ? Combien de profiteurs issus du monde politique font des affaires juteuses par le biais de la corruption ?
 
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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 17:01

 

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Quand un journal choisit de mettre, à la une, une image empreinte de racisme à l'encontre d'une ministre de la République, on ne peut que s'inquiéter des dérives de nos sociétés... La une de Minute est choquante, elle est même scandaleuse, car elle reprend une thématique maintes fois utilisée, faisant appel à un racisme primaire...

 

Christiane Taubira y est, une fois de plus, comparée à un singe dans cette expression : "maligne comme un singe" associée, à nouveau, à une banane....puisque la comparaison est suivie de cette phrase imagée : " Taubira retrouve la banane."

 

On est vraiment, là, dans une thématique indigne et déplorable...

 

Une thématique qui a déjà été employée par une adhérente du front national, par des militants d'extrême droite, qui avaient même utilisé des enfants pour délivrer ce message de haine et de mépris...

 

Les dirigeants de ce journal se montrent-ils responsables ? Est-ce le rôle d'un journal d'attiser, de répandre le racisme et la haine ?

 

Minute, un journal d'extrême droite a voulu, sans doute, jouer sur la provocation mais les réactions sont unanimes pour condamner le procédé : le racisme en vient à s'afficher à la une d'un journal, en France !

 

 Le premier ministre a saisi la justice « en application de l'article 40 du Code de procédure pénale » afin « de porter ces faits susceptibles de constituer l'infraction d'injure publique à caractère racial .»

 

Manuel Valls est intervenu pour exprimer son indignation :" La une de ce journal est révoltante, insupportable." a-t-il déclaré,  il envisage d'interdire la diffusion du journal...

 

Jusqu'à présent, le racisme était le fait d'individus isolés mais, quand un journal le diffuse, le proclame, l'affiche, on peut se poser bien des questions, et percevoir l'irresponsabilité de certains éditorialistes !

 

Un journal ne peut devenir une vitrine ouverte au rejet, à l'exclusion, au racisme...

On voit, aussi, à travers cet incident, combien les autorités sont méprisées, bafouées : une représentante de l'état, ministre de la justice est rabaissée, diminuée, avilie : est-ce digne ?

 

Il faut dénoncer vigoureusement ce racisme, cette volonté de piétiner les autres, de les amoindrir par des moyens ignobles.

 

Alors que la crise sévit partout en Europe, les racismes, les exclusions s'exacerbent : il faut les condamner avec la plus grande virulence...

 

L'invective, l'insulte, le mépris d'autrui sont méprisables dans tous les cas, et quand l'outrage se teinte de racisme, c'est encore plus intolérable : le racisme est un délit, il doit le rester et ne peut ainsi s'afficher à la une d'un journal...

 

Si ce journal a voulu attirer l'attention, le coup est, sans doute, réussi, mais, pour autant, une telle publicité devrait se retourner contre l'hebdomadaire qui a voulu user d'une provocation de fort mauvais goût...

 

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 20:00

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Le titre du Nouvel Obs est aguicheur : il évoque les métiers qui rendent heureux. En tête de la liste : prof, infirmière, agriculteur... On croit rêver : face au nombre de suicides d'agriculteurs qui ne cessent de croître, face au malaise des enseignants qui vivent des situations difficiles, dans certains établissements, face à la fatigue des infirmières surchargées de travail, on est en droit de s'interroger sur un tel sondage...

 

Le sous-titre est lui-même éloquent :" L'enquête réalisée par l'institut Viavoice pour le Nouvel Observateur, 73% des Français sont heureux dans leur vie professionnelle. Un résultat étonnant..."

 

Etonnant, en effet ! Ces chiffres contredisent bien des réalités connues de tous : les difficultés grandissantes auxquelles sont confrontés les agriculteurs, surcharge de travail, problèmes de revenus, les classes hétérogènes qui exigent des enseignants des stratégies complexes, l'engorgement des hôpitaux qui alourdit le travail des infirmières...

 

On a vraiment l'impression d'une idéalisation de la réalité : le monde du travail est souvent pesant dans les professions qui arrivent en tête de ce sondage...

 

Dans un contexte plutôt morose, s'agit-il de remettre du baume au coeur de ces professions qui connaissent des crises ?
 
Le nouvel obs est un journal de gauche : s'agit-il de remonter le moral des troupes par la méthode coué ?
 
En tout cas, les agriculteurs gravement touchés par la mondialisation auront bien des difficultés pour se reconnaître dans ce sondage... les enseignants, s'ils font un métier au service des jeunes, ne voient pas souvent leur travail reconnu, quant aux infirmières, on sait dans quelles conditions elles travaillent dans les hôpitaux...
 
Combien d'enseignants envisagent une reconversion, tant le métier devient ingrat et difficile ! Combien d'infirmières sont au bord du burn out, combien de paysans souffrent et ne parviennent plus à survivre sur leur exploitation !
 
Il faut donc remonter le moral des troupes, à coup sûr...
 
C'est certain : les métiers cités sont magnifiques : ce sont des métiers de service, au service des autres : quelle plus belle activité que de cultiver la terre, de semer la réflexion, de soigner les autres ?
 
Mais, pour autant, les conditions d'exercice sont loin d'être idéales et ces métiers attirent de moins en moins de vocations...
 
On peut rêver d'un avenir meilleur pour ces professions utiles et indispensables, mais il faudrait restituer à chacun des conditions de travail qui évoluent, qui n'aillent pas dans le sens de la régression permanente...
 
 
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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 17:15

 

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Des militants de partis d'extrême doite ont, encore, révélé leur démesure en venant huer le président de la République lors des cérémonies de commémoration du 11 novembre : honte à eux ! Il paraît indigne de venir perturber une cérémonie officielle qui a pour but d'honorer la mémoire de millions de victimes d'une guerre dont les ravages ont marqué une génération...

 

Quand on veut manifester une opposition, on choisit d'autres circonstances : d'ailleurs les bretons, les bonnets rouges ont eux-mêmes condamné ce comportement.

 

Quelles étaient les revendications de ces manifestants ? Une fois de plus, ils étaient venus contester la loi sur le mariage gay... mais quel rapport entre cette loi et la commémoration du 11 novembre ?

 

On voit bien que ces opposants ne respectent pas les lois républicaines : en huant le président lors d'une cérémonie officielle de commémoration, ils se sont rendus coupables d'une insulte à tous ceux qui sont morts, qui ont souffert lors de ce conflit.

 

Ils ont fait preuve de mépris lors d'une journée consacrée au souvenir : c'est là une injure grave que de troubler une cérémonie officielle.

 

L'honneur rendu à des morts ne doit souffrir aucun outrage, aucune insulte...

 

En huant le président, en cette occasion, ces manifestants se sont discrédités eux-mêmes : certains de ces exaltés s'étaient même affublés d'un bonnet rouge pour tromper leur monde et l'opinion publique, mais personne ne s'est laissé abuser !

 

Un porte-paroles du collectif breton à l'origine des "bonnets rouges" en Bretagne, a d'ailleurs condamné vivement la manifestation parisienne dans laquelle se trouvaient de faux "bonnets rouges". "Ils n'ont rien à voir avec notre mouvement", a t-il déclaré...

 

"C'est scandaleux, c'est inacceptable", a-t-il aussi précisé...

 

Dans tous les cas, les extrémistes qui ont usurpé les bonnets rouges se sont bel et bien discrédités par ce geste...

 

Ces manifestants se sont revêtus d'un symbole qui appartient à d'autres contestataires : des bretons qui, eux, défendent leur travail, leur survie...

 

Ces manifestants se sont comportés comme des imposteurs indignes et vils : ceux qui luttent contre le chômage, qui se battent pour continuer à vivre n'ont rien à voir avec des gens qui refusent à certains le droit d'être reconnus par la société...

 

Peut-on se permettre, de toute façon, de troubler une cérémonie qui vise à honorer des morts , à rendre un hommage à ceux qui nous ont précédés et qui ont souffert ?

 

Il est des circontances où un consensus paraît normal et nécessaire : quand on honore des soldats, des combattants, des gens qui ont subi les horreurs de la guerre, le respect s'impose.

 

 

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 18:00


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Cent ans déjà ! La guerre de 14 a provoqué des millions de morts et de victimes... une guerre des tranchées épouvantable où les hommes étaient envoyés à la boucherie : comment pourrait-on ne plus commémorer l'armistice de 1918, la fin de cette horreur qui a marqué, à jamais, une génération ?

 

C'est lors de la guerre de 14 que les allemands ont utilisé, pour la première fois, des gaz de combat, armes redoutables, terribles qui envahissaient les poumons et pouvaient anéantir, en un instant, la vie des combattants.

 

Voilà les débuts et les origines de la guerre chimique moderne et on voudrait ne plus commémorer une guerre si destructrice ?

 

Le souvenir est essentiel, la commémoration aussi : n'oublions pas nos grands-parents qui ont souffert, dont la vie a été anéantie ou frappée, à jamais, par cette guerre...

De nombreux auteurs ont dénoncé l'atrocité de ce conflit qui s'est éternisé pendant 4 ans, Louis Ferdinand Céline, Barbusse, Jean Giono...

 

Dans son roman, intitulé Les Champs d'honneur publié en 1990, Jean Rouaud décrit les effets du gaz ypérite sur les soldats : la scène est horrible.

 

On y voit le brouillard de ces gaz envahir tous les espaces, souiller la nourriture, les réserves d'eau....Ce brouillard associé à des verbes de mouvements est personnifié, devient une arme impitoyable qui s'infiltre partout.

 

On y perçoit l'impossibilité absolue de se protéger et de se préserver de ces émanations...

 

On ressent la douleur des corps attaqués et brûlés par cet ennemi invisible : toute la lâcheté et l'horreur de cette guerre...

La description ressemble à une véritable torture : les yeux, la gorge, les poumons souffrent le martyre.

 

On y voit les cadavres empilés et piétinés par tous ceux qui essaient de sortir de cet enfer de boue : les hommes sont, alors, comparés à "un grouillement de vers". Ce ne sont plus des êtres humains, ils ont perdu toute humanité.

 

L'évocation est pleine de cruauté et de barbarie : les phrases longues, interminables traduisent bien la difficulté, l'impossibilité de se sortir de ce bourbier infâme...

Les êtres humains sont réduits à "des mains, des pieds, des jambes", des corps souffrants qui cherchent un souffle d'air pour survivre.

 

Et quand ils parviennent à s'extraire de la tranchée, ils sont, alors, fauchés par les bombes allemandes.

 

La guerre destructrice, violente, inhumaine est décrite ici avec un réalisme effroyable : folie, barbarie, négation de l'individu réduit à néant...

 

Les armes chimiques, de plus en plus perfectionnées, font encore des ravages dans les guerres du xxIème siècle... Ces armes tuent indistinctement hommes, femmes, enfants, vieillards : elles atteignent une population civile qui ne peut s'en prémunir...

 

Commémorer la guerre, c'est rendre hommage à tous ceux qui ont souffert, qui sont morts, c'est aussi l'occasion de dénoncer et de condamner toutes les guerres et les atrocités qu'elles engendrent.

 

Commémorer, c'est se souvenir de tous ceux qui nous ont précédés, qui ont souffert, qui ont donné leur vie dans une guerre d'une horreur jusque-là inégalée....

 

 

 

Voici l'extrait des Champs d'honneur :

 

Maintenant le brouillard chloré rampe dans le lacis des boyaux, s’infiltre dans les abris(de simple planches à cheval sur la tranchée), se niche dans les trous de fortune, s’insinue entre les cloisons rudimentaires des casemates, plonge au fond des chambres souterraines jusque-là préservées des obus, souille le ravitaillement et les réserves d’eau, occupe sans répit l’espace, si bien que la recherche frénétique d’une bouffée d’air pur et désespérément vaine confine à la folie dans des souffrances atroces. Le premier réflexe est d’enfouir le nez dans la vareuse, mais la provision d’oxygène y est si réduite qu’elle s’épuise en trois inspirations. Il faut ressortir la tête et, après de longues secondes d’apnée, inhaler l’horrible mixture. Nous n’avons jamais vraiment écouté ces vieillards de 20 ans dont le témoignage nous aiderait à remonter les chemins de l’horreur : l’intolérable brûlure aux yeux, au nez, à la gorge, de suffocantes douleurs dans la poitrine, une toux violente qui déchire la plèvre et les bronches, amène une bave de sang aux lèvres, le corps plié en deux secoué d’âcres vomissements, écroulés, recroquevillés que la mort ramassera bientôt, piétinés par les plus vaillants qui tentent, mains au rebord de la tranchée, de se hisser au-dehors, de s’extraire de ce grouillement de vers humains, mais les pieds s’emmêlent dans les fils téléphoniques agrafés le long de la paroi, et l’éboulement qui s’ensuit provoque la réapparition, par morceaux, des cadavres de l’automne sommairement enterrés dans le parapet, et à peine en surface, c’est la pénible course à travers la brume verte et l’infect marigot, une jambe soudain aspirée dans une chape de glaise molle, et l’effort pour l’en retirer sollicite violemment les poumons, les chutes dans les flaques nauséabondes, pieds et mains gainés d’une boue glacière, le corps toujours secoué de râles brûlants, et, quand enfin la nappe est dépassée- Ô fraîche transparence de l’air- les vieilles recettes de la guerre,  par un bombardement intensif, fauchent les rescapés.

 

 

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 18:22


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Des brumes de roux bourgeonnent par dessus les feuillages verts : l'automne resplendit ,enfin, de ses couleurs de roux et d'ocres...

 

Des brouillades d'ocres s'épanouissent et illuminent les verts cendrés de l'automne...

 

On perçoit des jaillissements de bruns, de rouilles, de soleils éblouissants...

 

On perçoit des bouquets de xanthe, des fleurs lumineuses.

 

Des panaches dorés éclairent les verts sombres, des frémissements d'or, de lune éblouissent la campagne...

 

Des éclats de couleurs, des bouquets de roux s'offrent au regard.

 

Les tableaux contrastés de l'automne font naître des senteurs de feuilles séchées, des odeurs de pins ambrées, des fumerolles de jaunes et de bruns, des rouges éclatants...

 

Au dessus de l'océan des arbres, des écumes de roux éclaboussent les paysages et les font rayonner...

 

Des lacs somptueux de couleurs émergent des arbres... Des flocons d'ambre, des embruns de roux et de jaunes se mêlent aux ramures de verts...

 

Des teintes voluptueuses de roux, de miel, de jacinthe doré illuminent l'horizon.

 

Des couleurs de genêts, de jonquilles, de gentianes, de fleurs de rouille et de pourpres jaillissent sur les verts...

 

Roux, verts, ocres s'unissent, se rejoignent, se mêlent sur l'horizon.

 

Des lacs de rouilles et de feux font resplendir la campagne environnante...

 

 

 

http://youtu.be/0MYzkBiJn5Y

 

http://youtu.be/hOA-2hl1Vbc

 

 

 

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 16:36

 

 

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Toute l'oeuvre de Camus se présente comme un hymne à la vie et à la nature : ses romans sont marqués par la passion du soleil et de la mer : en 1938, il célèbre, dans Noces, l'union de l'homme avec la nature... Dès ses premières oeuvres, l'évocation de la mer est très présente : dans un roman de jeunesse, intitulé La mort heureuse, Camus évoque le simple bonheur d'un bain de mer... dans un texte lyrique empreint de sensualité...

 

Le nageur est assailli par des sensations contraires qui l'émerveillent : à la chaleur du premier contact, s'oppose le "courant glacé" qui pénètre ses membres et cette sensation tactile reste agréable. La sensation visuelle est aussi mise en jeu, on voit "des gouttes d'argent en volées" soulevées par le nageur, on entend "un bruit d'eau clapotante, étrangement clair", sensation audititive que met en valeur le silence....

Sensations visuelle et tactile se confondent dans l'expression "la lune et la tiédeur", créant une fusion, une harmonie des éléments, la mer et le ciel semblent se rejoindre...

 

La mer est personnifiée : elle devient une entité pleine de vie : elle est même décrite comme une femme, une amante, elle est "chaude comme un corps", le nageur est attiré irrésistiblement par "le visage d'un monde inconnu", la mer devient aussi "le coeur d'eau et de sel d'une vie inexplorée".

 

L'évocation est, ainsi, particulièrement sensuelle : le nageur prend conscience, dans cette union avec la mer, de son propre corps, il atteint une plénitude de sensations : l'homme perçoit ses mouvements avec une acuité nouvelle, il est conscient de sa force, il éprouve une sorte d'exaltation à sentir la cadence régulière de ses mouvements, il ne peut résister à l'envie d'aller toujours plus vite, il va jusqu'au bout de ses forces, jusqu'à se sentir "merveilleusement las."

 

La joie, le bonheur naissent de la communion avec les éléments, ce bonheur, cette plénitude permettent d'oublier tout, les contingences du monde, le passé.

 

Ce bonheur devient même une sorte de mystique, une exaltation quasi-religieuse : des oxymores viennent, alors, souligner la force de cette exaltation, à la fois "lucide et passionnée", la sensation glaciale qu'éprouve le nageur s'opposant à la brûlure de la mer : on retrouve là les images traditionnelles associées à l'amour : feu et glace, plaisir et souffrance...

La plénitude de l'instant se traduit aussi par des images à valeur symbolique : celles du semeur, du laboureur qui récolte une moisson de bonheurs...

Cette plongée dans la mer devient régénératrice : c'est une véritable renaissance : le nageur aspire même à s'enfoncer dans la mer, à s'y perdre pour s'y retrouver : l'antithèse montre que cette communion de l'homme avec la nature lui permet de se libérer du poids de la vie, de ses soucis, de ses souvenirs, pour retrouver une authenticité.

 

L'homme puise, dans la nature, une nouvelle force, le rajeunissement de tout son être, un espoir qui le régénère...

 

Le nageur ressent aussi la tentation de l'inconnu, le besoin de plonger et de s'effacer dans un monde nouveau comme s'il souhaitait prolonger et éterniser un moment de bonheur. Cependant, cette tentation de s'abandonner à la mer est à peine esquissée et le bonheur, la joie du corps l'emportent sur tout le reste.

 

Ce texte plein de sensualité, de lyrisme nous fait songer à un poème : images, oxymores, rythmes binaires et ternaires confèrent à cet extrait une harmonie qui sert à traduire une plénitude des sens, un bonheur dans l'union avec la nature.

 

Le rire du nageur, à la fin du texte, associé aux dents qui claquent, montre aussi toute l'ambivalence de la vie humaine partagée entre rires et angoisses, entre tourments et bonheurs...

 

Camus est bien l'écrivain de la Méditerranée, l'écrivain de l'humanisme, de l'humanité : il évoque si bien, à la fois, la force et la fragilité de l'homme...

 

 

L'extrait de La mort heureuse :

"Il lui fallait maintenant s'enfoncer dans la mer chaude, se perdre pour se retrouver, nager dans la lune et la tiédeur pour que se taise ce qui en lui restait du passé et que naisse le chant profond de son bonheur. Il se dévêtit, descendit quelques rochers et entra dans la mer. Elle était chaude comme un corps, fuyait le long de son bras, et se collait à ses jambes d'une étreinte insaisissable et toujours présente. Lui, nageait régulièrement et sentait les muscles de son dos rythmer son mouvement. A chaque fois qu'il levait un bras, il lançait sur la mer immense des gouttes d'argent en volées, figurant, devant le ciel muet et vivant, les semailles splendides d'une moisson de bonheur. Puis le bras replongeait et, comme un soc vigoureux, labourait, fendant les eaux en deux pour y prendre un nouvel appui et une espérance plus jeune. Derrière lui, au battement de ses pieds, naissait un bouillonnement d'écume, en même temps qu'un bruit d'eau clapotante, étrangement clair dans la solitude et le silence de la nuit. A sentir sa cadence et sa vigueur, une exaltation le prenait, il avançait plus vite et bientôt il se trouva loin des côtes, seul au coeur de la nuit et du monde. Il songea soudain à la profondeur qui s'étendait sous ses pieds et arrêta son mouvement. Tout ce qu'il avait sous lui l'attirait comme le visage d'un monde inconnu, le prolongement de cette nuit qui le rendait à lui-même, le coeur d'eau et de sel d'une vie encore inexplorée. Une tentation lui vint qu'il repoussa aussitôt dans une grande joie du corps. Il nagea plus fort et plus avant. Merveilleusement las, il retourna vers la rive. A ce moment il entra soudain dans un courant glacé et fut obligé de s'arrêter, claquant des dents et les gestes désaccordés. Cette surprise de la mer le laissait émerveillé. Cette glace pénétrait ses membres et le brûlait comme l'amour d'un Dieu d'une exaltation lucide et passionnée qui le laissait sans force. Il revint plus péniblement et sur le rivage, face au ciel et à la mer, il s'habilla en claquant des dents et en riant de bonheur."

camus
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Photos : Christelle et wikipédia



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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 19:46

 

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Il est des causes pour lesquelles un consensus paraît évident : la dénonciation des injustices, de l'intolérance, du racisme semble aller de soi et ne devrait connaître aucune exception : c'est pourtant, sans aucun état d'âme, que l'UMP n'a pas manifesté son soutien à Christiane Taubira, lors de la séance de mercredi à l'assemblée...

 

Alors que Christiane Taubira a été ovationnée par les députés de gauche et du centre, ceux de l'UMP sont restés de marbre et ne se sont pas associés au soutien et aux applaudissements adressés à la garde des sceaux, après les attaques racistes dont elle a été victime.

 

Même si l'UMP a condamné ces agressions racistes, en ne participant pas à l'hommage rendu à la ministre de la justice, ces députés ont failli : en la circonstance, quand il s'agit de dénoncer des dérapages indignes, des propos scandaleux, un consensus doit se faire : on ne peut se dissocier de la condamnation du racisme et de ses dérives... on ne peut refuser de se joindre à un soutien qui vient conforter une personne victime d'agressions racistes.

 

Même si l'UMP désapprouve l'action de la ministre, ses élus ne devraient en aucun cas déroger à une règle de déontologie : le soutien à une élue de la république qui a subi des moqueries et des attaques inadmissibles liées à sa couleur de peau, à ses origines.

 

Il est vrai que Christiane Taubira reste une des cibles privilégiées de l'UMP : elle concentre toutes les critiques et toutes les haines, malgré le courage dont elle fait preuve.

 

Quand le racisme se fait virulent, il est pourtant essentiel de le dénoncer par un soutien à ceux qui sont victimes de cette plaie.

 

Applaudir, apporter du réconfort, soutenir une personne victime d'attaques verbales, de propos grossiers, d'un racisme primaire, quoi de plus évident et de plus normal ?

Certaines causes n'admettent pas de défection, de reculades : le racisme exacerbé doit être condamné avec la plus grande virulence.

 

Certains propos relèvent de l'inconscience pure et simple, certains mots, certaines images qui servent à dévaloriser, à rabaisser, à déconsidérer doivent être sanctionnés et fustigés...

 

Dans le cadre d'une assemblée politique, il est curieux qu'un accord ne soit pas obtenu dans le fait d'apporter une forme de solidarité, de soutien à une personne qui a été la cible d'injures et d'insultes de type raciste...

 

La France se devrait d'être solidaire dans de telles circonstances... ses représentants ne devraient-ils pas donner l'exemple ?

 

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 17:19

 

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Comme il est facile de critiquer les autres ! Comme il est facile de conspuer, de dénigrer autrui ! Ainsi, les français aiment bien dénoncer les fonctionnaires, les profs qui seraient dotés de mille privilèges comme s'il s'agissait de véritables privilèges, et comme si les vrais privilèges n'étaient pas ailleurs...

 

Face à la crise bretonne, on a vu aussi hurler ces bons français contre la pollution, contre le productivisme, contre les bretons eux-mêmes qui seraient coupables de tous les maux, ces "nigauds de bretons, ces esclaves, ces laquais", a-t-on même pu entendre...

 

Ces bretons sont des gens qui travaillent comme vous et moi, qui ont, parfois, des difficultés pour survivre : certains ont perdu leur travail, tout espoir en l'avenir, certains paysans sont au bord du gouffre : on les accuse de productivisme...

 

En sont-ils responsables ? Qui les a poussés à ce productivisme ? Peut-on les accuser de se révolter contre un système qui les prive de leur travail ? Tout le monde le sait : le travail se fait rare, dans de nombreux secteurs, les machines envahissent notre monde : l'agriculture ne nourrit plus le paysan, la pêche n'est plus rentable, l'élevage ne va guère mieux...

 

Va-t-on redonner du travail aux bretons avec l'écotaxe ? C'est peu probable.... L'écotaxe est un impôt de plus qui va peser sur les prix, qui risque d'aggraver les problèmes.... Les consommateurs paieront le prix fort.... l'écotaxe risque de pénaliser les producteurs locaux dont les produits seront davantage taxés que d'autres venant de l'autre bout du monde par avion.

 

Selon certains, les bretons feraient le jeu des patrons.... défendraient le productivisme à tout prix....

 

Mais ils défendent, avant tout, un travail qui se fait rare : la mondialisation est à l'origine de toutes ces difficultés : comment lutter contre les produits à bas coût qui viennent des pays pauvres , comment empêcher les délocalisations ? Les bretons ne sont pas les seuls concernés par cette concurrence... que faire face à l'Europe, sa dérégulation, face à la mondialisation ?

 

Est-ce que les trains peuvent être utilisés aussi facilement que les camions pour le transport des marchandises ? Est-ce que tout cela n'est pas une pure utopie ?

En période de crise, on accuse souvent les autres de tous les maux, on les accable, on en fait des boucs émissaires de sa propre colère : les bretons souffrent, comme d'autres français : a-t-on le droit de les dénigrer ? Comment pourraient-ils ne pas être inquiets d'une taxe qui va provoquer un accroissement des prix ?

 

Comment ne pas éprouver une angoisse, face à tous ces portiques de surveillance qui sont installés un peu partout ?

 

Partout, le chômage gagne du terrain, les plans sociaux se multiplient... Comment affronter et accepter une crise où on demande toujours des sacrifices aux gens les plus modestes ?

 

Non, les français n'aiment pas les français : au lieu d'être solidaires, ils n'hésitent pas à dénigrer le voisin, l'autre, le breton....

 

Au lieu de voir les difficultés des autres, ils les accablent, parfois, de tous les maux...

 

bretagne
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