ROSEMAR

Le jardin, en automne, sous les brumes du matin, s'éveille lentement : l'air lourd, atone envahit l'espace, les couleurs de vert brun se mêlent tendrement et fusionnent dans des tableaux apaisants.
Les écumes de brumes s'épanouissent, se répandent, estompent les arbres dont on ne perçoit plus que des lueurs vertes et grises... Des poudres de neige envahissent le vert des arbres, chevelures grises aux teintes pleines de douceur.
Des parfums de terre mouillée, de feuilles, de fumée se mêlent et composent une harmonie subtile... L'air rempli de vapeurs exhale des odeurs sourdes, lourdes, chargées d'humidité.
La brume inonde les paysages, les fait disparaître sous une blancheur fantomatique, les arbres, les buissons, les pins s'effacent dans une vapeur douce, les teintes s'estompent, les formes se fondent, se rejoignent et s'évanouissent.
On entre dans un monde ouaté, feutré, vaporeux... où tout se confond...
On entre dans une atmosphère diffuse, dans des volutes de brumes.
Un monde proche du rêve s'offre à nous : des silhouettes mystérieuses apparaissent, des spectres de formes.
On a l'impression de marcher sur des nuées, d'enjamber des nuages, de franchir des espaces célestes d'une beauté inouie...
Des odeurs de brumes et de fumées s'entrelacent... les feuilles brûlées par l'automne répandent leurs senteurs mêlées à des sucs d'écorces embrumées.
Les arbres couverts d'humidité, de rosée matinale nous font voir leur parfum automnal, leurs formes confuses et vaporeuses s'étirent en des rêves de brumes...
Le jardin devient un banc de brumes égaré dans le ciel, il s'élargit à l'infini : on n'en voit plus les bornes... on n'en perçoit plus les limites...
Le jardin devient un monde en soi, un univers illimité...
rosemar

Photos : rosemar

On assiste, c'est indéniable, à une recrudescence des insultes dans le monde politique et journalistique : Christiane Taubira a été visée plusieurs fois par des images et des propos racistes qui ont été repris, répercutés...
Même si ces injures ont été condamnées par une grande partie de la classe politique, elles existent, elles ont été diffusées sans honte et sans vergogne.
Une militante du front national, des adeptes de l'extrême droite, un journal extrémiste n'ont pas hésité à propager ces insultes, à les répandre sur internet ou lors de manifestations.
Partout, les polémiques enflent, s'exaspèrent et n'en finissent plus : le débat se réduit souvent à des bordées d'insultes, et il dégénère : il s'agit de rabaisser l'autre, de le dévaloriser par tous les moyens.
Les débats sur internet, par l'intermédiaire de twitter, ou d'autres sites se réduisent, parfois, à la volonté de rabaisser, d'amoindrir autrui...
On a assisté, ainsi, à des échanges virulents entre Nadine Morano et le directeur du journal Marianne, Joseph Macé-Scaron : l'ex-ministre a osé comparer la une de Minute, qui visait Christiane Taubira, à un article de Marianne intitulé : Le voyou de la République, publié en 2010.
Comparaison n'est pas raison, car l'article qui s'attaquait à Nicolas Sarkozy, s'il était critique, ne comportait aucune connotation raciste...
Le directeur de la rédaction de Marianne, Joseph Macé-Scaron, a aussitôt répliqué dans un article vengeur intitulé : "L'égarée de la République", article paru vendredi sur le site web de l'hebdomadaire. Le journaliste écrit notamment : "L'ancienne ministricule de Nicolas Sarkozy, qui est à la pensée politique ce que Nabilla est à la métaphysique kantienne, compare Marianne à Minute".
Et aussitôt, la surenchère n'a pas tardé à intervenir : sur twitter, la réplique de Nadine Morano a été tout aussi insultante et injurieuse : "Macé-Scaron est au journalisme ce qu'un rat est au caniveau... Ça pue, c'est laid, encore que le rat, lui, est intelligent", a-t-elle déclaré...
Les mots sont dégradants, ils visent à nier la personne : est-ce, là, un débat digne de gens responsables ?
Sans aucun doute, il faudrait veiller à modérer certains propos, à ne pas user de comparaisons approximatives ou infamantes, comme le fait Nadine Morano : elle s'est signalée, maintes fois, par des déclarations tonitruantes : ce n'est pas le rôle d'une responsable politique !
Voilà ce que devient le débat en France : il se réduit, parfois, à des insultes, à des attaques qui n'ont qu'un seul but : rabaisser l'autre... Pour peu qu'une personne ait une influence, un pouvoir, elle est souvent visée par des insultes...
En rabaissant l'autre, on se rabaisse soi-même : le mépris est méprisable.... et quand le débat se réduit à vouloir triompher de l'autre par des insultes, à nier son intelligence, on peut dire que la limite est franchie et que le débat n'a plus aucune dignité : il est facile d'insulter les autres, il est plus difficile d'argumenter de manière raisonnée et raisonnable.
Il est vrai qu'internet a tendance à exacerber ce phénomène : les gens réagissent à l'emporte-pièce, sans réfléchir... ils donnent un spectacle et un exemple assez pitoyables du débat politique...
"Soyons un peu boches !" c'est la phrase prononcée par un de nos artistes exilés, Florent Pagny... lui qui a quitté la France pour des raisons fiscales se permet de donner des leçons au gouvernement français ! Et il fait même l'éloge du modèle allemand, de sa "réussite", discours que l'on a souvent entendu lors du quinquennat précédent...
Florent Pagny n'y va pas avec le dos de la cuillère et ses propos font frémir : il se présente, d'abord, comme un précurseur lui qui a dénoncé les taxes, les impôts dans sa chanson : Ma liberté de penser...