ROSEMAR

Avec le nouveau classement Pisa, voilà l'école, une fois de plus, mise en accusation : la France vient de récolter une très mauvaise note dans le cadre du Programme international pour le suivi des élèves, organisé par l'OCDE... Non, l'école n'est pas responsable de tout ! Certes, on sait que les premières années sont déterminantes dans la formation des élèves...
Mais, le niveau des élèves dépend d'une multitude de facteurs : le milieu social, l'éducation donnée par les parents, l'importance qu'ils accordent à l'école, le logement, le chômage, la crise, le développement des divorces...
Comment compenser ces manques ? L'école peut-elle gommer toutes les difficultés ? Est-ce possible ?
L'école aurait-elle tous les pouvoirs alors que la société se délite, que la famille s'effondre, que la crise bouleverse tout ?
Non, les enseignants ne sont pas responsables de tout : que dire des parents qui ne montrent pas à leurs enfants l'importance de l'école, que dire des parents qui font de leurs enfants des rois, qui leur accordent tous les privilèges, qui ne leur inculquent pas les règles du savoir-vivre en société ?
Que dire du rôle des médias qui perturbent l'attention, que dire des portables qui sont l'unique centre d'intérêt des adolescents d'aujourd'hui ?
Que dire du mépris dans lequel est tenue la culture ? Que dire du discrédit des enseignants qui sont rendus responsables de tous les échecs des élèves ?
Les enseignants, face à tous les problèmes de société, ne peuvent accomplir des miracles, ils ne disposent pas de baguettes magiques : ils ne sauraient compenser la tendance à la paresse de certains élèves, le laisser-aller de certains parents : les professeurs n'ont pas tous les pouvoirs sur les enfants et les adolescents.
Si l'école joue un rôle important, les parents sont indéniablement, les premiers éducateurs de leurs enfants : ils doivent se montrer solidaires des enseignants, ils doivent inciter les enfants à travailler, leur inculquer le respect du travail...
Les enseignants ne peuvent, en aucun cas, se substituer aux parents : chacun doit remplir sa fonction.
On rencontre, dans les classes de lycées, de plus en plus d'élèves qui ne savent pas se concentrer, écouter, qui ont des difficultés à s'intéresser aux cours, qui sont dans la distraction permanente, le jeu...
Que faire face à ces élèves ? Quand un élève refuse de travailler, qu'il ne perçoit pas l'intérêt du travail scolaire, quelle est la solution ?
On peut, certes, le punir ou essayer de le raisonner mais souvent, ces méthodes sont inefficaces...
On voit de plus en plus d'élèves qui manquent d'autonomie dans le travail : ils sont, parfois, incapables de rédiger une phrase et ils demandent, sans arrêt, une aide....
D'où vient ce manque d'autonomie ? N'est-il pas dû, aussi, à une démission des parents qui accordent tous les droits à leurs enfants ?
L'école joue un rôle très important mais sans les parents, l'école ne peut résoudre tous les problèmes.
Non, l'école n'est pas responsable de toutes les difficultés qui sont bien réelles et qui ne cessent de s'aggraver : on vit dans une société où l'argent est roi, où les valeurs semblent, sans cesse, s'inverser, où le travail n'est même plus valorisé...
On vit dans un monde en crise : une crise de société dont l'école fait aussi les frais, une crise des valeurs qui se propage partout, sur internet, dans les familles, dans tous les médias...
La plupart des Français de l'époque n'étaient pas informés, quand ces faits se sont produits, mais notre pays s'est couvert d'infâmie par le sort qui a été réservé aux Harkis : dans les années 60, parqués dans des camps, traités comme des animaux, les Harkis ont subi les pires humiliations.
Comment la France et son gouvernement ont-ils pu traiter de manière aussi indigne des populations auxquelles nous étions redevables ?
Les camps de Harkis étaient de véritables ghettos, entourés de barbelés, privés de tout confort, sans eau chaude, pourvus seulement de douches communes. Ces lieux ont été la honte de la France, une façon d'exclure, de mettre au rebut ces populations dont le seul tort avait été de servir et d'honorer la France.
Face à ces injustices criantes, des révoltes légitimes ont vu le jour dans les années 70 et certains se sont dressés pour réclamer la fermeture de ces ghettos.
Le temps a passé et le sacrifice des Harkis n'est toujours pas reconnu à sa juste valeur : après avoir quitté leur pays, après avoir été déracinés, ils ont dû affronter le mépris, le désarroi, la misère...
Ces gens ont perdu leur famille, leurs amis... Beaucoup ont été massacrés en Algérie, 20 000 familles ont été sauvées clandestinement et rapatriées en France...
Minorité oppressée, abandonnée de tous, les Harkis méritent notre respect et notre considération...
Honneur à eux, à leur courage, leur ténacité, face au rejet et au mépris dont ils ont été les victimes !
Des camps tristement célèbres, l'Ardoise dans le Gard, Rivesaltes, dans les Pyrénées orientales, restent dans les mémoires : des enfants, des familles y ont été parqués dans des locaux réduits, exigus, abandonnés de tous... des camps qui ressemblaient à de véritables prisons.
Voilà bien le déshonneur de la France qui ne s'est pas souciée de remercier ceux qui l'ont soutenue et aidée dans des temps difficiles.
Voilà bien la honte de la France qui n'a pas su être reconnaissante à l'égard d'amis qui l'ont accompagnée...
Ces épisodes peu glorieux de notre histoire restent comme une ombre, une tache indélébile, à jamais inscrite dans notre passé : gardons-les en mémoire pour éviter à l'avenir de telles errances, de tels égarements...
Les harkis sacrifiés, abandonnés ont droit à notre reconnaissance, à notre considération et méritent de notre part bien des hommages...
Comment la France a-t-elle pu trahir ces amis, ces frères ? Comment a-t-elle pu se livrer à de tels abandons ?
Il est temps de rétablir la vérité , il est temps de rendre hommage aux harkis, de les remercier pour leur soutien, de leur rendre justice...
Ces événements ont été occultés, cachés : il est temps de voir le sort qui a été, longtemps, réservé aux Harkis, il est temps de prendre conscience de l'acharnement dont ils ont été les victimes...
Il est temps d'honorer ceux qui ont fait preuve de tant courage...
La prostitution n'est-elle pas une des dernières servitudes réservées aux femmes ?
Une servitude, car elle impose aux femmes de répondre aux désirs des hommes, à leur attente, moyennant finances. Une servitude, car la plupart des prostituées sont des femmes et que les hommes leur demandent un plaisir qu'elles ne partagent pas, le plus souvent.
C'est, là, essentiellement, une prérogative masculine : ce sont les hommes qui obtiennent des relations sexuelles auprès des femmes : la relation inverse est plutôt rare et exceptionnelle.
Quels sont les hommes tentés par la prostitution ? Où sont-ils ? Combien ?
Pourquoi ce décalage ? Pourquoi les femmes seraient-elles vouées à la prostitution ?
Quelle est cette injustice venue de la nuit des temps ? Viendrait-elle de l'antique soumission de la femme à l'homme ?
La femme destinée au plaisir de l'homme, la femme vivant sous le joug des hommes, la femme servante depuis toujours, la femme maudite, rabaissée, un jouet dans les mains de l'homme...
La femme, une chose dont on dispose, un être inférieur destiné à être avili...
La femme, objet de plaisirs qui doit répondre aux besoins des hommes...
On pourra dire que certaines prostituées gagnent beaucoup d'argent mais sont-elles, pour autant, heureuses de la soumission qui leur est imposée ?
La prostitution est une contrainte inadmissible : si elle apporte des revenus, la vie qu'elle fait supporter aux femmes va dans le sens d'une dégradation.
D'ailleurs, si le travail permettait à toutes les femmes de gagner un salaire confortable, la prostitution disparaîtrait : aucune femme ne voudrait s'y soumettre...
La prostitution est bien une soumission à l'homme, une forme de servitude qui remonte à la nuit des temps : le moment n'est-il pas venu de voir qu'elle appartient à un monde ténébreux, obscur, fait pour l'homme, pour combler ses désirs ?
Le moment n'est-il pas venu de dire aux hommes que la femme n'est pas un objet, qu'elle ne mérite pas d'être achetée, vendue pour leur plaisir ?
La prostituée destinée à être exposée aux regards, aux caprices des hommes, à leur volonté n'est-elle pas rabaissée, avilie ? Où est la dignité humaine ? Que devient-elle ? N'est-elle pas foulée aux pieds ?
La prostituée se réduit le plus souvent, à un corps, à un sexe, "scortum", "une peau" comme le disaient les anciens romains, elle en perd son âme, sa qualité d'être humain...
La pluie tombe et verse ses empreintes sur la terre, les pins, les cèdres, les cyprès : les couleurs de verts s'épanouissent, les odeurs de la terre s'exacerbent, senteurs de feuilles d'automne, de géraniums, de brins d'herbes...
Les nuages gris, bas, lourds défilent dans le ciel et les pins s'assombrissent.
Les nuées se bousculent, tourbillonnent, forment des enroulements, des vagues tumultueuses...
L'air humide emplit tous les espaces, les nuées s'accumulent, noircissent l'horizon...Tout est gris et froid soudain, mais le pavé resplendit de lumières... des senteurs d'écorces, d'arbres se réveillent.
Les feuilles rousses à terre prennent des teintes de pourpre, se vernissent d'un glacis de lumière, les feuilles semblent revivre sous la pluie.
Des teintes de feuilles jaunes explosent et éclatent sous le jour blafard, une note de couleur resplendissante...
Le pin frémit et frissonne : des vagues le parcourent de frémissements légers...
Les touffes de pin s'agitent, se bousculent, chavirent sous le vent : des plaques de nuages recouvrent l'horizon, escadres obscures et épaisses de nuées...
Des bourgeonnements de gris envahissent le ciel, des houles se hérissent aux écumes sombres, lourdes, ténébreuses...
La pluie dense envahit le paysage, les écorces des pins se marbrent, se lézardent de taches brunes, formant de nouveaux motifs, des coulures de pluies, longs serpents qui parcourent les branches.
Les rocailles prennent des teintes de pluie, plus grises, plus sombres, la terre imbibée d'eau exhale des parfums prégnants.
Les pins répandent leurs odeurs de résine, d'ambre, d'écorces...


L'infidélité a toujours existé : c'est Dom Juan qui en fait l'éloge dans la célèbre pièce de Molière, il vante les mérites de l'inconstance qui permet une forme de liberté, qui offre l'occasion de faire de nombreuses conquêtes... Avec beaucoup de talent, Molière fait parler son personnage en des termes poétiques et séduisants :
"Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J'ai beau être engagé, l'amour que j'ai pour une belle n'engage point mon âme à faire injustice aux autres ; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige. Quoi qu'il en soit, je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je vois d'aimable ; et dès qu'un beau visage me le demande, si j'en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l'amour est dans le changement..."
L'infidélité n'en demeure pas moins une forme de trahison, pensent certains, et pourtant, voilà que l'infidélité est, désormais promue, encadrée, institutionnalisée grâce à des sites de rencontres spécialisées sur internet.
Des femmes et des hommes mariés peuvent se mettre en quête de nouveaux partenaires. Les rencontres sont, même, organisées dans nombre d'hôtels qui ouvrent leurs chambres pendant la journée...
Vive l'infidélité ! Elle semble même valorisée, pleine d'imprévus, de charmes.
L'infidélité est présentée, dans un reportage du journal de 20 heures sur France 2, comme une façon de mieux vivre en couple : c'est une respiration, une ouverture, une possibilité de ne pas s'enfermer dans un couple.
On peut, donc, désormais, choisir, sur un site, la femme ou l'homme infidèle qui nous convient.
On peut considérer que, dans les faits, l'infidélité a toujours existé mais, désormais, elle devient un véritable business, elle est arrangée, favorisée, même, par certains sites.
Il fallait bien que des commerçants s'emparent de ce créneau, de cette nouvelle opportunité, et apparemment ces sites de rencontres se multiplient et connaissent un certain succès...
Finalement, on en vient à favoriser le mensonge, la trahison : certains sites fournissent même des alibis aux amants infidèles, leur offrant une forme de tranquillité d'esprit...
On voit bien que nos sociétés ont tendance à inverser certaines valeurs : mentir, trahir, ce n'est pas grave, conquérir plusieurs partenaires, c'est possible et assez facile.
Tout devient monnayable, même l'infidélité : pourra-t-on, un jour, acheter l'amitié, la fidélité, le bonheur ?
Non, il semble que ces vraies valeurs-là ne sont pas monnayables, encore que tout est possible !
Des gens avides d'argent pourraient bien imaginer des sites consacrés à l'amitié, au bonheur... et même des sites pour rencontrer des gens attachés à la notion de fidélité !