ROSEMAR
Le nom même de cette organisation "civitas" évoque un passé lointain, le mot "civitas" désignant, en latin, la "cité" : l'association se définit comme un mouvement social et politique du "lobby catholique traditionaliste", un "mouvement dont le but est la restauration de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ."
Les termes utilisés "royauté, tradition" invitent à une régression dans les idées, la pensée.
L'association milite activement contre le mariage homosexuel, prétendant défendre la famille traditionnelle, considérant les homosexuels comme des êtres hors norme, et même comme des malades.
La théorie du genre a, aussi, provoqué un tollé chez ces catholiques intégristes si bien que de fausses informations et rumeurs ont été diffusées sur internet... des photos douteuses ont été relayées sur le site de civitas montrant une professeur d'éducation sexuelle dans des positions scandaleuses. En fait, les photos avaient été prises non pas en France, mais au Canada !
Ces intégristes veulent donc instaurer la cité de Dieu et ont voulu censurer un film plutôt anodin qui évoque la théorie du genre : le temps d'un été, une petite fille se fait passer pour un garçon : tel est le scénario du film "Tomboy", diffusé sur ARTE.
Au lieu de s'insurger contre les sites de pédophilie, de pornographie qui fleurissent sur le net, cette organisation intégriste préfère s'attaquer à un film assez banal, qui ne présente aucune image choquante : le but est surtout de s'attaquer à un gouvernement qui a autorisé le mariage des homosexuels et qui offre à ces gens une reconnaissance.
Avec civitas,on est bien dans un obscurantisme religieux, une intolérance qui appartiennent au passé : Voltaire, en son temps, a lutté contre ce fanatisme qui se cache sous le masque de la religion...
Avec civitas, on retourne au Moyen-âge, dans un monde où les homosexuels étaient montrés du doigt, stigmatisés, dénoncés, ridiculisés, on retourne dans un passé fait de répression, de condamnation, de rejet, on remonte le temps pour tomber dans une idéologie passéiste et régressive, on retombe dans une propagande indigne, trompeuse, inadmissible.
Le temps des tartufferies est révolu : sous prétexte de défendre la foi religieuse, civitas propage une idéologie de rejet, fondée sur des rumeurs : on assiste, ainsi, à une contagion de la haine qui est dangereuse.
Les censeurs de civitas nous font penser à des Tartuffe qui sous couvert de religion, n'hésitent pas, eux-mêmes à répandre de fausses accusations, à semer le doute, à instaurer des divisions, des conflits.
On assiste, de plus en plus, à des résurgences de l'intégrisme, un peu partout dans le monde : il faut les condamner et refuser ces régressions qui portent atteinte à la liberté, à l'épanouissement des individus.
L'intégrisme se nourrit d'ignorance, il vise à rabaisser l'être humain, à le déconsidérer, à annihiler toute pensée et toute réflexion.
L'intégrisme est dangereux : il bride, il censure, il interdit, il fustige, c'est encore une des plaies des temps modernes !
La fossoyeuse, la faucheuse, la camarde, que de termes terrifiants pour évoquer la mort !
Ainsi, dans une de ses chansons à la tonalité moyenâgeuse, Angelo Branduardi nous révèle, d'abord, une image inquiétante de la mort et lui donne la parole : la mort se présente elle-même et délivre son identité : la tête couverte d'une "couronne", elle incarne la toute puissance...
"Maîtresse et patronne" de la vie humaine, elle affirme sa cruauté avec assurance avec des termes très forts : "dure, cruelle, déchirures". La gutturale "r" répétée retranscrit cette violence, cette âpreté.
La mort, représentée sous la forme d'une allégorie, parle à la première personne, elle emploie un futur qui marque la certitude : "rien n'arrêtera mes déchirures".
On perçoit son attribut traditionnel, une faux, symbole de son pouvoir et de sa souveraineté : la mort provoque la peur, elle fait "trembler" les hommes.
Rien de bien nouveau dans cette évocation terrifiante de la mort, pourtant, la réponse de la foule des hommes, face à l'intrusion de la mort, provoque une certaine surprise : aucune peur, mais on entend une invitation à danser, à profiter de la fête.
La mort est invitée à festoyer : on la célèbre, on l'accueille dans les maisons, on essaie de l'apprivoiser et de la flatter : qualifiée de "maîtresse du monde", elle devient la reine de la fête.
La mort, image même de la douleur, de la torture, de l'horreur peut entrer dans le choeur de la danse, après avoir déposé sa faux, une façon d'amadouer la faucheuse et de la dépouiller de toute l'horreur qui l'entoure.
Peut-on voir dans cette chanson une façon de dire qu'il faut apprivoiser la mort pour mieux l'accepter ? Peut-on voir, ici, une manière de braver la mort et de ne pas la redouter ?
En fait, le but est aussi de "tuer" la mort, en la faisant danser et en l'incitant à oublier son ouvrage.
Il faut donc imaginer des stratagèmes pour ne pas se laisser dominer par la peur de la mort : profiter de la vie, danser, s'amuser... une façon de vaincre la mort.
Chanson de mort ou chanson de vie ? L'entrain de la musique, la joie qui préside à la danse sont exaltants, pleins de gaieté et d'élan...
C'est une chanson joyeuse qu' a composée Angelo Branduardi, une chanson qui est, en fait, un hymne à la vie, qui nous invite à'entrer dans la danse, à nous joindre à la fête.
La musique légère, ponctuée de claquements de mains traduit un bonheur, un désir d'effacer toutes les ombres liées à l'idée de mort.

Les oursins ! Nourriture divine ! Nectar coloré au goût d'embruns et d'écumes !
Autrefois, mon grand-père allait, souvent, pendant les mois d'hiver, à la pêche aux oursins : il utilisait la technique de la "radasse", des filets tendus sur une chaîne, qui permettaient de racler les fonds. La pêche, près du petit port de l'Estaque, était souvent fructueuse : une bonne partie était consacrée à la vente, une autre nous permettait de goûter à ce nectar des mers....et c'était, alors, l'occasion d'une savoureuse oursinade ou dégustation d'oursins...
L'oursinade se pratiquait à l'extérieur, au grand air : la famille se réunissait, en cercle, autour du plat d'oursins. Il fallait, d'abord, découper, avec habileté, ces châtaignes des mers aux piquants acérés : des ciseaux affûtés permettaient d'ouvrir ces échinidés et d'en admirer l'intérieur nacré, velouté, aux couleurs dorées, ocres ou orangés.
L'ouverture de chaque oursin était comme une découverte, une surprise ! Parfois, c'était une grande déconvenue, car l'oursin vide de toute substance devait être mis au rebut, mais, le plus souvent, c'était un émerveillement devant les couleurs irisées de la manne offerte, en forme d'étoiles dorées.
Mon père se chargeait de cette tâche qui exige la dextérité et le savoir-faire d'un expert.
La dégustation passait, d'abord, par le regard : on avait le loisir d'admirer les teintes éclatantes de la nourriture fournie par les échinidés : des raies alignées de rouge, d'or, de jaune éclatant, d'orange...
On aimait aussi, au passage, humer les sucs parfumés et iodés de ce nectar divin, aux senteurs de la mer qui fleurait bon les embruns, les algues, le sel...
Saisir l'oursin demandait une certaine habitude pour ne pas se blesser : il fallait prendre l'objet avec délicatesse.
C'est alors que venait la dégustation : on pouvait se délecter de la chair pulpeuse de l'oursin grâce à un morceau de pain.
On s'imprègnait de senteurs marines....On goûtait tous les plaisirs de ces fruits de la mer, car l'oursin ne réclame aucun apprêt et se déguste nature : voilà un mets des plus simples, des plus naturels qui offre tous les bienfaits de la mer...
Ces oursinades étaient l'occasion d'une réunion familiale où l'on commentait les couleurs, le contenu : on s'extasiait devant l'abondance de la nourriture, le goût fruité, les parfums marins de ces oursins...
L'oursinade était un véritable spectacle : on admirait les fruits entourés d'épines de couleur sombre qui faisaient ressortir les teintes éclatantes du contenu...
Les odeurs iodées emplissaient l'espace, les paroles fusaient pour célébrer cette nourriture venue d'un autre monde, aux contours si étranges, aux éclats d'amarante.
La dégustation, en plein air, était une véritable fête des yeux, du goût, des senteurs de la mer.



L'amour, mille fois chanté par les poètes, donne lieu à des oeuvres inoubliables : Jean Ferrat l'a évoqué souvent. Dans un de ses poèmes intitulé "C'est toujours la première fois", il raconte l'amour fidèle, l'amour qui dure malgré la fuite du temps ou la séparation...
La femme est célébrée par des images : elle devient "jeune louve", "eau dormante" qui s'échappe au soleil d'été, elle est "une souveraine" d'un jardin, on la voit disparaître entre deux haies. Ces métaphores transforment la femme et l'associent à la nature, une nature pleine de beauté. Et si la femme semble s'échapper, c'est pour mieux revenir auprès de l'être aimé.
L'amour lui-même est magnifié par une succession d'images : l'amour personnifié "file sa laine entre les doigts parfois désaccordés" des amants, l'amour est assimilé à la "soif", à la" faim", et devient essentiel et vital pour le poète.
L'amour semble tisser des liens de plus en plus forts entre les êtres, comme le suggère l'image de la "laine"qui réunit et rassemble.
L'amoureux sait se faire humble devant la femme, on le voit "plier genoux et bras", la lèvre desséchée, on le voit "trembler". Et la déclaration d'amour n'en est que plus touchante et émouvante... Que de simplicité et de sensibilité dans ce texte !
Le refrain qui vient ponctuer la chanson est aussi, à lui tout seul, une magnifique déclaration : "Tu peux m'ouvrir cent fois les bras, C'est toujours la première fois" ...
Bien sûr, on retrouve dans ce texte des lieux communs de la littérature sentimentale : l'amour qui dévore, consume, qui émeut et fait trembler, mais Ferrat renouvelle ces images, les fait siennes.
Le poème avec ses évocations de la nature donne une impression de bonheur limpide et transparent... L'amour présenté comme un trésor précieux qui fait vivre, espérer apparaît plein d'évidence. Dès lors, le poète s'efface devant cet amour qui le transcende, il devient un simple "pas qu'efface le vent", encore une image empruntée au monde de la nature, pleine de beauté.
La femme aimée est aussi présentée comme un pays à redécouvrir sans cesse, source de bonheurs renouvelés : elle est à la fois "proche et lointaine", elle ne se révèle pas complètement et garde, ainsi, une part de mystère...
La mélodie pleine de douceur souligne merveilleusement les vers et le poète peut bien dire que les mots ne sont pas assez forts pour exprimer tout son amour, mais on ressent toute la tendresse du monde dans sa chanson.
Jean Ferrat, poète de l'amour sincère, de l'amour vrai écrit, là, un texte qui révèle bien toute la force des sentiments, dans un langage plein de pureté et de limpidité. Quant à la musique, elle semble murmurer et s'écouler comme une source transparente.



Un sondage, paru sur le journal Le point, révèle bien la façon dont on regarde et juge les fonctionnaires en France, la question posée était la suivante : "Trouvez-vous que ce soit une bonne idée de geler l'avancement automatique des fonctionnaires pendant 2 ans ?"
A une écrasante majorité, 71% ont répondu oui à cette interrogation. On le voit, pour beaucoup de français, il faut bloquer l'avancement et les salaires des fonctionnaires, même si un grand nombre d'entre eux ne roulent pas sur l'or et ont des difficultés à boucler leur fin de mois.
Non, les fonctionnaires n'ont plus la cote : ils coûtent trop cher, bientôt, on proposera même de raboter leur salaire.
Les fonctionnaires sont encore considérés par certains comme des privilégiés, en raison de la sécurité de l'emploi dont ils bénéficient, dans une période de crise : certes, c'est là un avantage indéniable mais beaucoup de fonctionnaires travaillent dans des secteurs difficiles : l'éducation, les hôpitaux, la police...
Des secteurs justement affectés par la crise : les hôpitaux sont engorgés, saturés...
Les enseignants sont confrontés à toutes les difficultés de la société : chômage, divorces, drogues, les adolescents étant de plus en plus perturbés par tous ces problèmes.
Qui veut, désormais, entrer dans l'enseignement ? Les jeunes qui perçoivent toute la complexité de ce métier, se détournent de cette profession.
Il faut arrêter de considérer les fonctionnaires comme des nantis de la république : si certains le sont, ce n'est qu'un petit nombre, la plupart des fonctionnaires subissent aussi la crise : augmentation des impôts, des prix, stagnation des salaires.
Pourrait-on se passer des écoles, des hôpitaux, de la police ? Tous ces secteurs sont essentiels dans le fonctionnement d'une société.
On dit que l'école n'est pas assez performante, mais elle n'est que le reflet de notre monde avec tous ses problèmes, ses manques, ses tares.
L'hôpital fait aussi les frais de la crise : manque de moyens, de personnels, engorgement des services d'urgence.
Tout le monde est touché par la crise et les fonctionnaires ne font pas exception : et même s'ils ne connaissent pas le chômage, beaucoup rencontrent des difficultés : certains enseignants n'hésitent plus à quitter "le confort de l'éducation nationale" pour entrer dans le privé ou se mettre à leur compte car le professorat devient de plus en plus lourd et ingrat.
Alors que certains parents démissionnent, n'arrivent pas à inculquer des règles de vie à leurs enfants, on demande aux enseignants de jouer aussi le rôle éducatif des parents : est-ce possible alors que les classes sont de plus en plus chargées ?
Jalouser les fonctionnaires est absurde, car tous les gens qui travaillent sont confrontés à des difficultés grandissantes dans une société de plus en plus complexe.
Jalouser les fonctionnaires, c'est là un esprit bien français : on regarde toujours ce qui se passe chez le voisin pour envier ce qu'il possède, sans voir les difficultés des autres...