ROSEMAR

Dentelles de branches entrelacées... réseaux sombres de mélancolie qui escaladent le fond rose et doré du ciel. L'horizon resplendit de lumières, le pin tisse ses toiles d'araignées sur l'azur, tout un entrelac de branches d'une finesse inouie.
Le pin devient une ombre de vert, on perçoit des délicatesses de branches ténues, des fumeroles noires, des enroulements, des formes mystérieuses.
On perçoit des hérissements de touffes de pins, des brindilles entrecroisées, des résilles.
Des frémissements de noirs apparaissent, cripures légères, mousseuses, vaporeuses.
Le pin majestueux révèle les subtils entrelacs de ses branches. Au sommet, des nuées sombres, échevelées se forment, des volutes arrondies...
L'arbre semble faire exploser ses réseaux de branches en mille ramures, en mille motifs... Le pin est comme transfiguré par les douces couleurs du couchant : il se détache sur l'horizon éblouissant...
Les branches noircies se décomposent, se recomposent, chevelure subtile.
Les branches ressemblent à des faisceaux noirs, à des mantilles sombres sur l'éclat du ciel, clair-obscur étonnant.
L'arbre s'habille d'habits somptueux : le pin étale ses bras devant le halo de lumières.
L'arbre écrit sur le ciel ses brouillons de noirs... L'arbre resplendit, en grand deuil, comme s'il pleurait la fin du jour, comme s'il voulait rejoindre le pays des ombres et de la nuit.
Squelette brûlé sur le rose du ciel, il répand ses ombres noires et ses volutes d'une finesse inouie.
Squelette de mélancolie, il éblouit, de sa silhouette, l'horizon aux couleurs d'or.
Derrière le pin, le soleil s'évanouit dans des teintes douces de bouquets de roses... derrière le pin, un incendie semble dévorer le ciel...
De plus en plus, les élèves ont tendance à se disperser en cours, et ont des difficultés de concentration : en fait, on a l'impression qu'ils sont comme devant un poste de télévision, alors qu'un cours de lycée réclame une grande attention : les adolescents se livrent à de petits bavardages dont ils ne se rendent même plus compte.
Leur concentration est diffuse, ils semblent avoir, sans cesse, plusieurs pôles d'intérêt et non un seul : ce que dit le voisin, le rire de l'un, les interventions de l'autre... Ils se laissent aussi happer par le moindre bruit extérieur à la classe...
On assiste à une sorte de dissémination de l'attention, comme si les élèves avaient besoin de plusieurs centres d'attraction en même temps...
Ils sont dans le jeu permanent, et en arrivent à oublier qu'ils sont dans un groupe, et que les bavardages nuisent forcément à la compréhension.
Certains ont vraiment envie de participer et de montrer leurs savoirs et leurs connaissances, et c'est encourageant mais les adolescents interviennent parfois à tort et à travers sans lever le doigt, à la volée, pour aller plus vite : certains d'ailleurs ne prennent pas le temps de la réflexion et balancent ce qui leur passe par la tête.
La génération internet est bien là : ces élèves ont, pour certains, des connaissances mais ne savent pas bien les canaliser... ces jeunes ont une volonté de réussir mais ils ont des difficultés à ne se concentrer que sur le cours.
C'est la génération du zapping : ces adolescents aiment la diversité, l'émiettement : or, un cours exige forcément plus d'attention... Dès lors, le professeur doit jongler avec cette attention diffuse, punir parfois, mettre en garde et le travail de l'enseignant se complique... Certains cours en deviennent épuisants quand l'énergie des élèves déborde en dissipation et bavardages...
Certains ne savent pas prendre des notes, oublient de noter le plan du cours.
En cas d'absences, certains ne prennent pas la peine de rattraper les cours et les devoirs.
Certains ne savent pas tout simplement se concentrer sur la simple lecture d'un texte : fou-rire, dispersion...
Face à cette génération du zapping, les professeurs exercent un métier de plus en plus exigeant et difficile : les fins de journée sont épuisantes car il faut jusqu'au bout se mettre en scène, essayer de capter cette attention diffuse...
Les boissons énergisantes sont apparues en 2008, elles ont été annoncées à grand renfort de publicités et ont rapidement envahi les rayons des supermarchés : le Red Bull, le Monster ou le Burn, autant de noms révélateurs qui mettent la force, la démesure, la performance à l'honneur...
Et on se rend compte, seulement maintenant, de tous les dangers de ces substances énergisantes et dopantes : elles comportent des risques graves pour la santé : ces sodas sont enrichis de caféine, de ginseng, de taurine.
Depuis juin 2012, une trentaine de cas suspects avaient été signalés, dont deux morts. Une jeune fille de 16 ans est décédée juste après s'être arrêtée de danser en discothèque, elle avait consommé ces boissons et de l'alcool.
Des accidents cardio-vasculaires sont survenus chez des sujets génétiquement prédisposés.
Ainsi, le dopage est encouragé de manière légale dans nos sociétés : il est même banalisé à travers la vente de ces produits qui sont accessibles à tous et qui ont fait l'objet de publicités tapageuses...
On voit bien là tout le paradoxe de nos sociétés : on dénonce le dopage des sportifs et on encourage la consommation de certains produits qui ont pour but d'améliorer les performances de chacun : où est la cohérence ?
On vit bien dans une société de consommation où il faut lancer de nouveaux produits, séduire l'acheteur, l'attirer par tous les moyens.... et tout cela, au mépris de la santé de tous.
Il s'agit donc, avant tout, de générer des profits, de se livrer à des opérations de marketing. Mais on ne prévoit pas les conséquences.
Que devient d'ailleurs notre monde ? Ne sommes-nous pas tous dopés, énergisés par des compléments alimentaires, des médicaments, des boissons ?
On nous incite au dépassement, à la démesure : il faut être de plus en plus compétitif, de plus en plus performant dans tous les domaines, travailler plus, gagner plus, toujours plus...
La mode est à la performance : il faut même s'attacher à dépasser, écraser l'autre, dominer, conquérir, séduire et tous les moyens sont bons même les plus dangereux.
On perçoit, seulement maintenant, tous les risques inhérents aux boissons énergisantes mais les risques étaient prévisibles : on a privilégié, une fois de plus, l'argent qui devient le moteur essentiel de nos sociétés.
On a privilégié l'argent au détriment de la santé : les derniers scandales liés à des médicaments l'ont démontré....
Quand j'ai vu apparaître ces nouveaux produits, je pensais à tort qu'ils ne rencontreraient aucun succès : une fois de plus, la pubiicité a été efficace, les techniques de vente ont parfaitement fonctionné et les jeunes ont été souvent les cibles et les victimes toutes désignées de ces opérations de séduction....

On aura tout vu : un haut responsable de l'état, un préfet, Jean-Jacques Debacq, qui plus est, responsable de la gestion des contraventions routières s'est rendu coupable de fraudes : les infractions qu'il a pu commettre avec son véhicule auraient été acquittées par les contribuables et le trésor public...
Il faut bien reconnaître que ce préfet occupait le poste idéal pour faire sauter ses propres contraventions.... la tentation devait être trop forte.
Loin de montrer l'exemple, ce haut responsable prouve, une fois de plus, que le pouvoir donne tous les droits : le droit de ne pas payer ses amendes, le droit de ne pas voir son permis pénalisé par un retrait de points, le droit de mettre sur le compte des gens modestes des sommes qu'il devait lui-même à l'état.
Pourtant, nul doute que ce préfet avait tous les moyens à sa disposition pour s'acquitter de ses créances mais non, ce sont les contribuables qui ont été ponctionnés à sa place.
L'affaire est grave : elle a été révélée par le site Mediapart... Elle montre bien l'irresponsabilité, le mépris de la morale, le cynisme de certaines autorités...
On peut parler de fraude, d'abus de pouvoir, de détournement de fonds publics pour un usage personnel...
L'affaire est grave, sans doute, mais en même temps elle paraît tellement banale car la plupart des hommes politiques, grâce à leur influence, doivent avoir la possibilité de ne pas acquitter nombre de factures.
Combien bénéficient de passe-droits, combien profitent de privilèges d'un autre âge !
Les gens modestes que nous sommes sont aussitôt sanctionnés pour une contravention impayée, mais les puissants de ce monde outrepassent les lois, et jouissent même d'une impunité totale...
Qu'adviendra-t-il de ce préfet ? On peut parier qu'il ne sera guère inquiété...

Nos sociétés sont, sans arrêt, en train de modifier les règles dans le domaine du travail, notamment... Quand je suis entrée dans l'enseignement, je savais que j'allais devoir effectuer 37,5 annuités, que j'aurais droit à une CPA à partir de 55 ans, que je devrais aussi subir des mutations contraintes et forcées, notamment en début de carrière... je savais aussi que je ne gagnerais pas un salaire mirobolant...
En connaissant tous ces paramètres, j'ai choisi l'enseignement avec ses avantages et ses inconvénients. J'ai donc vécu une mutation, en début de carrière, dans le nord de la France, alors que je suis née en Provence...
Mais, au fil des années, toutes les règles avantageuses ont été modifiées : la CPA, qui permettait au delà de 55 ans d'effectuer un demi-service payé à hauteur de 80 % du salaire, a été supprimée. Le nombre d'annuités a été augmenté de manière conséquente : de 37,5 à 41,5...
Aurais-je choisi la voie de l'enseignement si j'avais su ce qui m'attendait, si j'avais su que de nombreux avantages allaient être supprimés ? Peut-être pas...
Quelle est donc la raison de tous ces changements ? On nous dit que les gens vivent plus longtemps et qu'il est normal d'allonger la durée des cotisations.
Mais si les gens vivent plus longtemps, d'après les statistiques, il n'est pas garanti qu'ils vivent en bonne santé : que de pathologies sont liées à l'âge ! Que de gens sont malades après la soixantaine ou même avant !
On a l'impression d'une vaste tromperie et et d'une manipulation qui visent à nous faire accepter toutes sortes de régressions...
Il est même question, dans l'enseignement, de réduire les vacances d'été.... encore une nouvelle évolution du métier ?
En changeant, sans arrêt, les règles, nos sociétés instaurent une inquiétude, une instabilité qui perturbe et désoriente.
Est-on assuré que d'autres règles ne vont pas être modifiées ? Pas du tout et si les avantages liés à l'enseignement disparaissent, qui voudra désormais se vouer et se consacrer à ce métier ?
Quand on fait un choix de carrière, on pèse les avantages, les inconvénients et on se détermine, aussi, en fonction de ces critères.
Quand on choisit un métier, on ne sait plus maintenant ce qu'il va devenir...
On peut également constater qu'il n'est pas facile de changer d'activité quand on est entré dans la carrière d'enseignant, notamment dans les disciplines littéraires.
En fait, toutes ces évolutions concernent de nombreux métiers et, dès lors, les choix à faire, pour les jeunes, se révèlent difficiles et complexes.
Dans tous les cas, les règles sont modifiées pour des gens qui travaillent et gagnent modestement leur vie, mais on peut observer que les privilèges des élus, des députés, des grands patrons restent, eux, inchangés...
Cherchez l'erreur...

Aube dorée, ce parti néonazi se cache derrière une dénomination trompeuse et pleine de poésie, mais c' est bien un groupe politique d'extrême droite qui n'a eu de cesse de répandre la division et la haine en Grèce...
Dans un pays qui souffre de la crise, où règnent précarité, chômage et désarroi, il est facile d'en appeler à la haine pour s'imposer : Aube dorée s'est attaqué aux immigrés, à des syndicalistes communistes qui collaient des affiches, dans de véritables expéditions punitives.
Aube dorée a propagé une idéologie extrémiste, faisant régner la peur et la terreur....
Aube dorée a voulu stigmatiser les étrangers, les montrer du doigt, en faire des boucs émissaires....Certains responsables politiques ont même développé des idées négationnistes : Nikólaos Michaloliákos, le chef de ce parti, avait remis en cause la mort des six millions de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, au cours d'une interview accordée à une chaîne de télévision...
Enfin, cet homme politique vient d'être sanctionné : la police antiterroriste a arrêté Nikos Michaloliakos ainsi que d'autres députés de ce parti d'extrême droite, après le meurtre d'un rappeur antifasciste.
Ce jeune chanteur avait été agressé et tué par un militant d'Aube dorée dans un véritable guet apens : les violences venant de ce parti se sont succédé sans fin.
Enfin, la démocratie grecque décide de s'attaquer à cette plaie qui blesse et gangrène ce pays : un tel parti qui profère des paroles de haine devrait être interdit...
Un tel parti qui propage une idéologie xénophobe, raciste, des relents de nazisme devrait être éradiqué : aube dorée n'est pas une formation politique démocratique et responsable : c'est un parti rempli de haines, de mépris qui s'est imposé grâce à la crise, profitant du malheur des gens pour progresser dans l'opinion...
Il est temps de voir tous les dangers que recouvre ce groupe, il est temps de prendre conscience des risques qu'il fait courir à la démocratie.
Si ces dirigeants sont enfin sanctionnés, il faut envisager la dissolution et l'interdiction de ce parti fasciste d'un autre temps qui réveille en nous des souvenirs douloureux du passé, qui nous rappelle des périodes sombres et troubles de notre histoire...
En appeler à la haine pour obtenir des voix, répandre la suspicion, user de violences : on perçoit bien que ce parti a dépassé les bornes et qu'on ne peut accepter son existence dans une Europe qui se veut et se dit démocratique...
Vert noir, sombre, vert blanc, pâle, évanescent, vert roux, vert léger, toutes les teintes de verts sont réunies dans mon jardin...
Les aiguilles de pins d'un vert doré frissonnent d'éclats : on peut les compter dans la lumière du soleil, elles brillent et se détachent, plumes légères sur les branches bousculées par le vent...
Les cyprès d'un vert plus sombre, pinceaux compacts et denses alternent ombres et lumières de verts... droits et altiers, pleins de superbe, insensibles au vent ou presque, ils dessinent leurs fuseaux contrastés et majestueux.
Un cèdre vert amande vrille le ciel en paliers successifs d'émeraude... des fougères couleur d'anis s'étagent sur la pente.
Des agaves d'un vert très pâle d'opaline s'accrochent aux rocailles... Des buissons arrondis, épais se hérissent de zones d'ombre, aux petites feuilles d'un vert profond.
Les pins parasols font voir leurs toits en bouquets superposés, couches de verts vernissées ou plus sombres ou même noirs, parfois, sur l'horizon.
Sous le soleil, les verts s'épanouissent, deviennnent lumineux, gris, éclatants...
Les teintes de verts deviennnent ocres, écumes anisées, irisées, les verts rutilent de jaunes piquetés, ils deviennent des tulles aériens d'une légèreté inouie.
Ils se transforment en tissus chatoyants et moirés d'éclats, des résilles diffuses ou des brumes de verts...
On peut saisir toutes les teintes de verts, on peut toucher ces bouquets de verdure au bord du ciel.
On peut s'imprégner de ces tableaux contrastés et harmonieux de couleurs, les teintes se mêlent dans une symphonie éblouissante...
Les teintes se superposent, s'entrecroisent en un vertige de verts, en un tourbillon subtil de couleurs...