"Alors que Vladimir Poutine vient de reconnaître (et c'est très rare de sa part ) qu'il y a une certaine pénurie de carburants en Russie, un reportage a été filmé dans une région où il est difficile de tourner : La Crimée...
Ce territoire annexé par les Russes est sous le feu nourri des Ukrainiens. La Crimée est asphyxiée, des pénuries d'essence et des pannes d'électricité s'y multiplient et cette région d'habitude très touristique est désertée et isolée comme jamais...
16 heures de route depuis Moscou vers le sud : des journalistes approchent enfin...
Une station service est la dernière avant la Crimée : on y voit une immense file d'attente, car plus loin, il n'y a plus de carburant.
Tout le monde remplit des jerricans et certains revendent à la sauvette :
"De combien vous avez besoin?"
"Vingt litres" dit une journaliste.
A l'origine de cette pénurie, une nouvelle stratégie de Kiev : isoler la Crimée par des frappes sur des installations pétrolières, des centrales électriques.
Les reportages en Crimée sont rares en cette période tendue.
Des journalistes sont entrés, malgré tout, par le pont de Crimée : sécurité maximale sur cet édifice déjà plusieurs fois attaqué, protégé par des équipements militaires que les journalistes n'ont pas le droit de filmer.
Ce jour-là, il y a des kilomètres de file d'attente sur la voie d'en face pour quitter la Crimée...
En arrivant sur la presqu'île, les journalistes découvrent des pompes désertes, on ne s'arrête plus ici que pour boire un café.
"Avant, il y avait des tickets de rationnement mais pas pour tout le monde, donc il fallait attendre des heures.", témoigne un Russe.
"Maintenant, de toute façon, il n'y a plus d'essence du tout... Vous voyez bien."
La Crimée, paradis des touristes russes, vient de déclarer l'état d'urgence.
A la gare de Simferopol, il faut prendre le car : le nombre de trains a été divisé par trois, suite à une attaque de drones.
"Ils vont annoncer qui doit aller dans tel bus...", "On nous donne des infos contradictoires." témoignent des voyageurs.
En ville, c'est maintenant l'électricité qui manque. Devant leur magasin, des vendeuses sont désoeuvrées.
"Mais pourquoi tout est éteint?" interroge une journaliste.
"Il n'y a pas d'électricité dans toute la ville." répond une des vendeuses.
Même chose sur le côte sud : c'est au clair de lune et à la lumière des téléphones que les touristes se promènent sur le front de mer et le lendemain c'est au son des générateurs que commence la journée pour la gérante d'un café :
"Ils nous ont promis de débrancher trois heures et rebrancher trois heures, mais en fait ça se passe à n'importe quel moment, de manière aléatoire, sans horaire."
Les journalistes ne croisent pas beaucoup de touristes dans cette station balnéaire habituellement prise d'assaut en été. Les excursions ne font pas le plein.
Les journalistes prennent la direction du nord : c'est la deuxième voie d'accès à la Crimée, là aussi, l'Ukraine met la pression.
Des automobilistes publient les images de poids lourds en flammes sur les réseaux sociaux.
Cette route du nord est un des principaux axes d'approvisionnement de la Crimée, c'est sur ce genre de ligne logistique que les Ukrainiens tentent de porter le maximum de coups.
Kiev attaque en fait les camions avant même leur entrée en Crimée sur la route d'Ukraine contrôlée par l'armée russe.
Dans une vidéo de propagande, l'armée ukrainienne explique comment Kiev s'attaque aussi aux ponts du nord de la Crimée. Une stratégie d'isolement assumée et affichée qui n'échappe pas aux habitants de la presqu'île...
"Bien sûr que c'est ce qu'ils veulent, ils sont en train de nous détacher, et on va vivre comme si on était sur une île...", témoigne un habitant.
"Cela vous fait peur ?" interroge une journaliste.
"Oui, on a peur, mais on tient le coup."
"Et qu'est-ce que vous pensez des menaces de l'Ukraine de vous isoler de la Russie ?" demande la journaliste à un autre habitant.
"Moi, je ne pense pas qu'ils vont pouvoir le faire."
Cela fait quatre ans que la Crimée annexée par la Russie en 2014 est sous le feu ukrainien, mais jamais comme cette année, Kiev n'était parvenu à perturber à ce point l'économie et les touristes venus ici de toute la Russie..."
Est-ce un tournant dans cette guerre ? Il faut espérer que des négociations y mettent un terme, mais on peut redouter l'obstination de Vladimir Poutine...
Source :
https://www.franceinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/jt-de-20h-du-lundi-29-juin-2026_8053079.html
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