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6 mars 2026 5 06 /03 /mars /2026 13:10
La Maritza, c'est ma rivière...

Une magnifique chanson sur l'exil, la nostalgie du pays natal, en l'occurrence la Bulgarie symbolisée par le nom d'un fleuve : La Maritza, dont on perçoit à travers ses sonorités l'origine slave...

Le mot à lui tout seul représente un pays lointain, et aussi tout un univers de beauté, avec sa voyelle "a" réitéré, ses sonorités féminines... comme une personne ou une mère bienveillante qu'on a dû quitter.

Ce nom qui chante est ainsi lancé en tête du poème et mis en valeur par une personnification.

 

Et aussitôt s'exprime un attachement à cette rivière, comme le montre l'emploi du possessif "ma rivière." On perçoit aussi un texte personnel, intimiste, comme une confidence qui nous touche.

La référence à la "Seine" qui suit : "Comme la Seine est la tienne" suggère bien le fait que cette rivière symbolise tout un pays, un univers. Quand on pense à la Seine, on sait que ce fleuve représente la France.

 

Pourtant, cette mémoire du pays natal est bien lointaine car elle passe par les souvenirs du père de la narratrice qui se désole elle-même d'avoir oublié tout le passé de son enfance.

Les négations viennent souligner ce manque " rien Pas la plus pauvre poupée Plus rien".

 

Mais la transmission demeure grâce à ce père et grâce à un "refrain d'autrefois", un refrain joyeux que nous fait entendre la chanson...

 

Dans le deuxième couplet, d'autres chants sont évoqués : ceux de tous les oiseaux associés à la rivière, des oiseaux qui chantaient la liberté. On voit là tout un art de la suggestion.

On suggère avec ces oiseaux un pays où la liberté était réprimée... et d'ailleurs l'enfant qu'était la narratrice ne "comprenait guère", car l'enfance est un monde d'innocence.

Mais le père, lui, "savait écouter". On retrouve tout un art de la suggestion encore avec cette expression :

"Quand l'horizon s'est fait trop noir
Tous les oiseaux sont partis sur les chemins de l'espoir"

Sans que soient nommés les faits précisément, on perçoit des troubles, la couleur noire symbolisant le deuil, des malheurs.

 

Et c'est vers l'espoir, un avenir meilleur que se tournent les oiseaux et la famille réunie dans ce pronom personnel "nous" :

"Et nous on les a suivis à Paris"

L'exil est ici synonyme d'espoir, de renouveau...  l'image poétique de cette famille qui suit les oiseaux est magnifique et émouvante.

 

Et la narratrice de déplorer tout de même encore ses souvenirs d'enfance perdus :

"De mes dix premières années
Il ne me reste plus rien"

Seule reste la mémoire de ce refrain joyeux de son pays natal chanté par son père...

 

Magnifique chanson qui souligne l'importance des racines, des origines, de l'attachement à la terre natale ! Une chanson à valeur universelle qui parle aussi à toutes les personnes déracinées...

 

La mélodie oscille entre douceur, mélancolie et joie de ce refrain entonné et scandé : "la la la la la"...

 

Pour mémoire :

La chanson sortie en 1968, interprétée par Sylvie Vartan a été composée par Jean Renard et écrite par le parolier Pierre Delanoë.

"Les paroles évoquent la Maritsa, un fleuve qui coule en Bulgarie avant de se jeter dans la mer Égée le long de la frontière gréco-turque. En effet, Sylvie Vartan est née en Bulgarie et y a vécu jusqu'à l'âge de huit ans avant d'émigrer en France avec sa famille, fuyant la dictature communiste en décembre 1952, quittant aussi son grand-père paternel."

Les paroles :

https://www.paroles.net/sylvie-vartan/paroles-la-maritza

 

 

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6 février 2026 5 06 /02 /février /2026 12:51
J'ai quitté mon pays...

 

Une magnifique chanson sur l'exil, une chanson pleine de mélancolie, de nostalgie, d'autant plus touchante que le poète, Enrico Macias évoque une expérience vécue : il emploie la première personne du singulier dès les premiers vers, réitérant le verbe "quitter"....

"J'ai quitté mon pays
J'ai quitté ma maison"

 

Ainsi, l'exil est vécu comme un abandon... un abandon de l'essentiel : le pays natal, la maison de l'enfance, des parents, le cocon familial... un abandon déchirant...

 

A tel point que le poète fait ce constat désespéré :

"Ma vie, ma triste vie
Se traîne sans raison"

Le verbe "se traîner" souligne un désarroi, en insistant sur une forme de prostration... et les sonorités de gutturale "r" traduisent bien ce désarroi.

 

Dans les vers suivants, le poète insiste à nouveau sur l'idée d'abandon : 

 
"J'ai quitté mon soleil
J'ai quitté ma mer bleue"

Les adjectifs possessifs réitérés "mon", "ma" viennent accentuer le déchirement, comme si le soleil, la mer bleue lui appartenaient à lui seul...

 

Et les souvenirs viennent encore raviver la perte, comme pour renouveler la douleur du départ :

"Leurs souvenirs se réveillent
Bien après mon adieu"

 

L'incantation qui suit apparaît comme un cri de douleur :

"Soleil ! Soleil de mon pays perdu"

Et aussitôt surgissent les souvenirs des paysages, des êtres qui peuplaient ce pays perdu :

"Des villes blanches que j'aimais
Des filles que j'ai jadis connues"

La dimension affective renforce le déchirement...

 

Et le souvenir s'individualise, s'attarde sur un visage, celui d'une amie... il se fait alors encore plus douloureux puisque le poète "voit encore ses yeux, Ses yeux mouillés de pluie, De la pluie de l'adieu."

C'est la pluie symbole des larmes qui a remplacé l'évocation du soleil perdu...

Par un retour en arrière, le poète revoit aussi le sourire de son amie "qui faisait resplendir Les soirs de son village.", une belle image du bonheur d'autrefois.

Et cette amie n'est-elle pas aussi la personnification émouvante de l'Algérie, le pays perdu ?

 

Le poète se souvient aussi du moment précis du départ :

"Mais du bord du bateau
Qui m'éloignait du quai
Une chaîne dans l'eau
A claqué comme un fouet"

L'image du fouet restitue bien la douleur terrible de cette séparation...

 

Dans le dernier couplet le poète nous fait ressentir le lent éloignement du bateau qui l'a séparé de son amie, de ses yeux bleus ainsi que la perte irrémédiable avec l'image de la noyade :

"J'ai longtemps regardé
Ses yeux bleus qui fuyaient
La mer les a noyés
Dans le flot du regret"
 

Magnifique métaphore de la fusion de la mer et des yeux bleus qui se confondent dans le souvenir du poète !

Et la dernière image "Dans le flot du regret" vient souligner le chagrin et la douleur du départ...

Cette chanson à valeur universelle nous touche par sa simplicité, elle parle ainsi à tous ceux qui ont dû quitter leur pays...

 

La mélodie triste, lancinante, à tonalité orientale, restitue une douceur mélancolique dans l'évocation des paysages, et aussi toutes les souffrances de l'exil... elle s'anime un peu dans le rappel des souvenirs du passé et dans la mémoire des visages.

 

Les paroles :

 

https://lyrics-on.net/fr/1045510-jai-quitte-mon-pays-lyrics.html

 

Pour mémoire :

En 1962, le drame des pieds-noirs déchire la France. Avec Enrico Macias, les rapatriés d'Algérie se trouvent un porte-parole que, rapidement, Paris a "pris dans ses bras". Mais avant l'accueil, l'adieu…

 


 
 

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26 septembre 2022 1 26 /09 /septembre /2022 11:15
Russie : le choix de l'exil...

 

"Des files d'attente impressionnantes à l'aéroport de Moscou... aux postes frontières, en voiture ou à pied, des milliers de Russes ont fait le choix de l'exil, depuis l'annonce d'une mobilisation des réservistes par Vladimir Poutine pour le front ukrainien.

Des hommes, des femmes, des enfants prennent la direction de la Turquie, de la Finlande mais aussi de la Géorgie.

 

Plus de 20 kilomètres de file d'attente aujourd'hui pour passer en Géorgie : dans des milliers de voitures, des Russes fuyant la mobilisation des réservistes décrétée par Vladimir Poutine.

Les voici côté Géorgien après deux à trois jours d'embouteillages.

A Tbilissi, la capitale du pays, nouvelle file d'attente pour se procurer une carte Sim et téléphoner localement.

 

Valises sur le trottoir des hommes expliquent que jusqu’à présent, les Russes laissent passer presque tout le monde, moyennant parfois des pots de vin, jusqu’à 180 euros.

Souvent ces hommes disent qu’ils n’ont pas encore été convoqués par les autorités militaires, mais ils partent par précaution. 

"C’est allé trop loin. Ce que nous propose le gouvernement ne me convient pas. On a deux solutions : soit on est mobilisé et on va au front, soit on va en prison, si on refuse. Bien sûr tout le monde ne sera pas mobilisé, mais tu ne sais pas si ça va tomber sur toi ou sur quelqu’un d’autre", dit un Russe.

"J'ai eu peur, enfin, j'ai pas eu peur d'aller à la guerre, j'ai peur que la situation en Russie se dégrade, qu'il n' y ait plus du tout d'emplois par exemple.", explique un autre Russe.

 

Deux autres Russes sont eux aussi arrivés récemment, l'un était en voyage professionnel, au moment de l'annonce de la mobilisation, l'autre était en vacances en Géorgie. Tous les deux ont décidé de s'installer à Tbilissi.

 

Ils racontent ce que vivent leurs amis restés en Russie : "Tous se demandent comment se cacher, comment éviter la mobilisation, comment contourner les bureaux de recrutement militaire, comment sortir le moins possible, ne pas prendre le métro, par exemple, parce qu'il y a des caméras de surveillance."

 

Ces nouveaux arrivants russes ne sont pas forcément les bienvenus en Géorgie. Sur un graffiti récent, ils sont invités avec des mots assez crus, à rentrer chez eux."

 

Les témoignages recueillis lors de ce reportage montrent un refus de la guerre et une volonté d'y échapper : de nombreux Russes refusent le sacrifice exigé par Poutine.

 

Le front ou la prison : évidemment, beaucoup de Russes, face à cette alternative, choisissent de fuir...  il reste à connaître le nombre exact de ces exilés.

 

 

Source :

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/mobilisation-des-reservistes-par-vladimir-poutine-des-milliers-de-russes-font-le-choix-de-lexil_5380792.html

 

 

Russie : le choix de l'exil...
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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 17:41

 

île 2

Une chanson qui évoque l'éloignement de celle qu'on aime, c'est, là, un thème plein de mélancolie : ce sujet est abordé, avec tendresse et poésie, par Alain Souchon dans une chanson intitulée Le coeur grenadine, mise en musique et interprétée par Laurent Voulzy...

 

Le texte est imagé, puisqu'il est question d'une "mandarine", dans laquelle le poète a laissé un morceau de son coeur, ainsi qu'une coquille de noix et une voile, symboles du voyage désiré, des îles lointaines, d'où est originaire Laurent Voulzy.

 

La mandarine représente bien le soleil et ces îles de Martinique, de la Guadeloupe, chères au coeur du chanteur...

 

"Le vent tropical", le "pays sucré doucement" suggèrent ces paysages lointains, au climat plein de douceurs.

Au passage, le poète rappelle qu'il est né dans "le gris" à Paris, alors que ses racines, celles de ses parents, de ses ancêtres se trouvent en Guadeloupe.

 

Des images de "jolie Doudou, sous le soleil" obsèdent le poète, qui est comme exilé : il voit ces images dans les tiroirs, dans son sommeil, jour et nuit, semble-t-il nous dire.

 

Le verbe "laisser" revient, comme pour mieux souligner l'idée d'abandon de ces terres originelles.

Le poète les a laissées "sur une planisphère" et ces îles deviennent des "points entourés d'eau", comme pour souligner des coins perdus, sur la planète, qui paraissent dérisoires et lointains.

 

L'image de la "fille au corps immobile ", qui suit, semble bien représenter cette île de la Guadeloupe, à l'autre bout du monde, une fille inaccessible, avec laquelle on ne peut danser la "biguine".

L'île est, ainsi, magnifiquement personnifiée...

 

Le refrain rappelle, d'une façon poétique et imagée, que le coeur du poète est ailleurs, dans ce pays : "j'ai le coeur grenadine", dit-il... une façon de suggérer et d'évoquer les "îles Grenadines", proches de la Martinique.

 

Le poète en est réduit à caresser du papier, pendant des nuits, à écrire des textes, à lire des lettres de ces terres lointaines.

L'absence de soleil sur la peau, l'absence de cet amour éloigné sont évoquées de manière obsédante, par des répétitions du mot "nuits", du verbe "passer", de l'adverbe "tellement".

 

L'île se transforme en jeune femme qui porte "des traces de sel sur les paupières", au "corps tout mouillé", qui attend impatiemment son amoureux.

 

Et le poète en perd tout"plaisir" de vivre. La distance : "à cinq mille lieues derrière la mer" aggrave la douleur et rend impossible tout rapprochement.

 

"Tout mon coeur est resté là-bas" , affirme le poète, jolie phrase qui souligne le profond attachement au pays d'origine, aux racines. Et pourtant, le chanteur ne connaît même pas ce pays lointain, où il n'est jamais allé : la mélancolie est d'autant plus grande !

 

L'île, sans cesse, assimilée à une jeune femme aimée devient, dans ce poème, une image pleine de vie : elle s'anime sous nos yeux et paraît être l'essentiel pour l'auteur.

 

La mélodie à la fois douce et mélancolique traduit bien l'amour et la nostalgie de ce pays inconnu et mythique.

 

http://youtu.be/cYtAs9P6AJA

 

 

 

 

île Numéro1963

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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