Une technique de gouvernance pour le Président des Etats-Unis : la saturation de l'espace médiatique... Comme l'écrit Philippe Corbé dans son ouvrage Armes de distraction massive, "Donald Trump ensevelit les faits sous des avalanches de contenus, de mèmes, de commentaires. Il publie sur Truth Social des menaces de guerre, des insultes contre des célébrités. Il commente des échanges diplomatiques confidentiels en direct. Il met en scène sa vie, ses colères, ses ennemis... Il expose, il surexpose..."
"Ainsi, pour détourner l'attention de la guerre en Iran, Donald Trump joue sur plusieurs fronts...
Empêtré dans la guerre en Iran et ses négociations, Donald Trump tente de faire diversion et multiplie les prises de parole sur des sujets annexes pour saturer l'espace médiatique.
Alors que les tensions avec Téhéran s'enlisent et que les négociations pour la paix patinent, Donald Trump semble appliquer une de ses recettes favorites. Le président américain joue en même temps sur plusieurs fronts pour saturer l'espace médiatique et détourner l'attention d'une guerre qui ne livre pas les résultats promis. Rien que dans les dernières heures, Washington a en effet multiplié les stratégies de diversion.
Sur le plan intérieur, Donald Trump joue la montre : il avait théoriquement jusqu'au premier mai pour demander l'autorisation du Congrès américain de poursuivre la guerre, il a préféré envoyer une lettre pour notifier que les hostilités contre l'Iran étaient "terminées".
C'est une certaine interprétation puisque 20 navires de guerre et deux porte-avions restent déployés.
Sans gain stratégique significatif dans cette guerre, le président affiche donc selon lui la réussite de son blocus des ports iraniens et reprend l'arme économique (une de ses préférées) pour mettre sous pression ennemis et alliés : il menace de porter à 25% les taxes sur les véhicules européens, mesure de rétorsion envers des Européens qui refusent de le soutenir militairement, mais aussi un bon moyen pour déplacer le regard et éviter de parler de cet enlisement...
Dans une même logique de contre-feu, le Pentagone officialise le retrait de 5000 soldats américains d'Allemagne : là encore une punition contre Berlin, qui relance les inquiétudes sur l'avenir de l'OTAN, institution qu'il critique depuis des semaines.
Enfin, pour contraster avec ce flou sur l'Iran, Donald Trump relance aussi sanctions et menaces contre Cuba : une cible de proximité historiquement populaire auprès de sa base électorale, notamment en Floride où il était en visite.
Lors de son discours, il a assuré que les Etats-Unis vont prendre le contrôle de l'île très prochainement, manière de promettre, cette fois, une victoire facile et rapide."
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