Voilà une nouvelle peu connue de Zola, intitulée du nom de son héroïne : Naïs Micoulin... un nom qui fleure bon la Provence, qui nous invite à découvrir le cadre où se déroule ce récit : l'Estaque près de Marseille, ses calanques, ses paysages méditerranéens...
Zola nous peint toute la beauté de ces côtes escarpées, aux reflets d'azur, il nous fait découvrir la vie des pêcheurs d'autrefois : la pêche aux sardines, le retour des pêcheurs en pleine nuit, les jambins remplis de poissons, de langoustes... la bouillabaisse dégustée au bord de l'eau, les tuileries de l'Estaque où travaille Naïs Micoulin, la jeune héroïne de l'histoire...
La mer est décrite dans tous ses reflets sombres ou éclatants, les pins, les rochers de l'Estaque sont évoqués dans des tableaux qui font songer aux peintures impressionnistes de l'époque.
L'histoire raconte les amours d'une jeune servante, Naïs et de son maître, un jeune étudiant capricieux. En femme déterminée, Naïs vit pleinement cet amour partagé malgré l'opposition de son père, vieux patriarche ombrageux qui n'hésite pas à frapper la jeune fille à la moindre incartade...
Les deux jeunes gens cachent leurs amours, se donnent rendez-vous le soir dans la nature provençale, à l'abri des regards... Ces scènes sont passionnées, ardentes. Mais le vieux Micoulin soupçonneux surprend un soir les deux jeunes gens enlacés et décide de tuer Frédéric, l'amant de sa fille.
Le récit nous montre une société divisée, figée, compartimentée : Naïs n'épousera pas le riche bourgeois qu'elle aime : elle ne peut échapper à sa condition, à son destin.
Outre la peinture de la société du xIxème siècle, l'intérêt de ce récit réside dans les descriptions pittoresques de la nature provençale et de la baie de l'Estaque.. Scènes nocturnes ou lumineuses, Zola nous fait voir de somptueux paysages...
L'arrivée des pêcheurs de sardines dans la nuit avec les "lanternes qui dansent ", les poissons"aux reflets de métal" qui brillent comme des "écus"... ou encore la préparation de la soupe de poissons en plein air après la pêche aux jambins : la scène se passe dans un"creux de rochers" près de Niolon...on y voit les tranches de pain coupé arrosées de bouillon...
Zola dépeint bien le village de l'Estaque adossé aux collines, "les flancs arides plantés de pins, les sentiers pleins de ronces, les fourrés impénétrables, les rochers, la mer, les terres rouges des tuileries, le chant monotone des cigales."
On perçoit bien la nature provençale dans sa rudesse et sa douceur, la beauté des paysages, le bleu infini du ciel, ses orages violents, "une contrée de flammes", comme l'appelle Zola...










