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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 13:51
Gondolier, t'en souviens-tu ?

 

 

 

 

Une chanson qui nous transporte à Venise... sur ses canaux, le long de palais aux teintes d'ocre et de lumières... De quoi rêver ! On entend, d'abord, dès l'ouverture de la chanson,  la barcarolle d'un gondolier qui égrène un air langoureux : "la la la la la la la..."

Et, aussitôt, on se laisse bercer par le balancement d'une barque, sur des flots ondoyants...

Ce gondolier est invité à se remémorer une chanson et un souvenir amoureux : il est interpellé familièrement, grâce à l'emploi de la deuxième personne du singulier, on a, ainsi, l'impression de sa présence.

"Gondolier t'en souviens tu
Les pieds nus, sur ta gondole
Tu chantais la barcarolle"

Ce personnage est esquissé rapidement : on le voit debout sur sa gondole, "les pieds nus"... et on visualise aussitôt la scène, sur un canal, à Venise, dans un décor somptueux.

Et bien sûr, il chantait pour deux amoureux : "Tu chantais pour lui et moi..."

L'expression "lui et moi", répétée de manière insistante vient souligner un attachement qui semblait éternel, comme le suggère la phrase "c'était écrit pour la vie"... Le destin semblait même présider à cet amour si fort.

Puis, on entend le chant du gondolier, en italien, une façon de restituer la scène et de lui conférer de l'authenticité... Nous voilà vraiment transportés à Venise...

 

"Io ti amo con tutt il cuor
Solo ate adorero
E sappendo che tu mi ami
Ti amero, mol ti di piu"

 

On est sensible, bien sûr, à ces serments d'amour et aux sonorités envoûtantes de la langue italienne. Le vocabulaire affectif souligne la déclaration... "ti amo... il cuor, adorero, mi ami, ti amero".

Les futurs utilisés ont valeur de promesse et semblent annoncer un avenir rempli de bonheur...

Pourtant, le dernier couplet marque une certaine désillusion, avec l'emploi du passé : "Cet air là était le nôtre."

 

On retrouve une apostrophe au "gondolier", mais les deux amoureux ne sont plus associés dans l'énoncé :

"Gondolier si tu le vois
Dans les bras, les bras d'une autre
Gondolier ne chante pas."

L'être aimé est peut-être dans les bras d'une autre, comme le montre la subordonnée de condition : "si tu le vois..."

Et la chanson s'achève sur une injonction péremptoire "ne chante pas", une façon de mettre en évidence un désarroi et un dépit amoureux. Les serments se sont évanouis, et la chanson d'autrefois n'a plus de valeur.

 

On retrouve, là, un thème éternel : celui d'un amour merveilleux qui s'est achevé dans la déception et une forme de désillusion.

 

La mélodie rayonnante nous fait rêver, elle nous emmène en Italie, vers des paysages mythiques et somptueux...

 

 

Le texte a été écrit par Jean Broussole et Robert Marcuccci et c'est Peter De Angelis qui a composé la musique.
 



 

 

 

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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 15:19
Je passe mes nuits à te maudire...

 

 

 


La nuit exacerbe souvent les peurs, les angoisses, les sentiments : l'obscurité accentue les douleurs... et, dans les ténèbres, l'absence d'un être aimé peut même devenir une obsession...

Adamo évoque cette absence dans une de ses plus célèbres chansons, intitulée La nuit... u
ne chanson qui restitue le désarroi amoureux, les souffrances de la séparation, le manque créé par l'absence...


Le texte, à la première personne, revêt une dimension lyrique, dans l'évocation des sentiments : le jour est opposé à la nuit, car il permet l'oubli, avec le retour à une vie active.

L'utilisation de la deuxième personne, dans un discours direct, donne vie au texte, et montre, aussi, l'omniprésence de l'absente, puisque le poète s'adresse à elle, comme si elle était là.

Le mot "nuits", employé au pluriel ou réitéré, souligne le temps passé à "maudire" celle qui est partie.

La lune est le seul témoin de cette solitude et de ce désarroi, souligné par un vocabulaire affectif :"l'âme vide et le coeur lourd". L'antithèse des deux adjectifs "vide, lourd" vient aggraver la douleur.


Le couplet suivant restitue bien une amplification des sentiments dans cette expression : "La nuit tu m'apparais immense 
Je tends les bras pour te saisir..."
Les rêves s'intensifient, deviennent, alors, réalité, dans le geste conquérant de l'amoureux.

Mais la "belle" se joue de son amant : le vocabulaire du jeu et du rire apparaît comme un défi : "plaisir, se jouer, ton rire"... 
On perçoit une sorte de délire amoureux dans ces visions nocturnes.


Le refrain lancinant évoque le thème de la folie amoureuse "La nuit, je deviens fou..."

Le rire personnifié de la jeune femme "fend le noir", une belle image contrastée, où s'opposent la gaieté et l'inquiétude symbolisée par la couleur noire de la nuit.


Une négation traduit le désarroi :"Je ne sais plus où chercher"... Mais le silence ramène l'espoir : le texte nous fait vivre, alors, cette alternance entre désespoir et bonheur, associée au sentiment amoureux.

Après avoir maudit la jeune femme, le poète lui affirme à nouveau son amour : "Je me reprends à t'aimer".

Mais cet amour ne peut se concrétiser, car l'amante disparaît encore, son rire se fait narquois et exaspère le poète.

Enfin, le jour apparaît et "dissipe" l'image de la jeune femme, qui s'évanouit et dont l'amoureux sait qu'elle ne lui appartient plus et qu'elle vit près d'un autre.

La mélodie lancinante restitue bien la jalousie et l'obsession de l'amoureux qui n'arrive pas à oublier son amour perdu...

Le thème de la folie amoureuse est particulièrement bien mis en relief avec des répétitions dans le vocabulaire, des effets de contrastes, et une musique qui souligne douleur et hantise.


 


 


 

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 16:15
La lune est devenue dorée...

 


Décor plein de mystères et de charme, la lune est souvent associée à la poésie romantique. On songe à ces vers célèbres de Victor Hugo, dans le poème intitulé Clair de lune, extrait du recueil Les Orientales...

"La lune était sereine et jouait sur les flots. -
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d'un flot d'argent brode les noirs îlots."

Ce magnifique tableau forme un contraste saisissant avec la suite du poème, où Victor Hugo évoque la cruauté d’un châtiment infligé aux Grecs par les Turcs.

La lune, symbole de beauté, d'harmonie est, aussi, le thème d'une chanson très célèbre : Blue Moon... Comme dans le poème de Victor Hugo, la lune est personnifiée, puisque l'auteur s'adresse à elle, à la deuxième personne, comme si la lune était une entité vivante... L'apostrophe "Blue moon", réitérée en debut de strophe, suggère une intimité.

 

"Lune bleue, tu m'as vu debout, solitaire... Blue moon, you saw me standing alone."

La lune reflète, ainsi, la tristesse du personnage : elle devient "lune bleue", image de la mélancolie, due à la solitude : on peut parler d'un véritable paysage-état d'âme, un procédé souvent utilisé dans la poésie romantique... La couleur "bleu" évoque, également, "le blues", cette musique vocale et instrumentale, dérivée des chants afroaméricains où l’interprète exprime sa tristesse.


La solitude est soulignée par la préposition "without", "sans", répétée à deux reprises : absences d'amour et de rêve sont, ainsi, liées : "without a dream, without a love."

On voit s'instaurer une connivence entre le personnage et la lune qui semble comprendre son interlocuteur, comme le suggère l'emploi du verbe "savoir"...

La lune, à l'écoute, a entendu une prière et semble avoir exaucé celui qui l'a prononcée.

Cette prière s'adresse à un être cher, et aussitôt, comme par miracle, cet être est apparu, répondant aux attentes du personnage... un être unique, correspondant aux aspirations de celui qui exprime ses sentiments, comme le montrent les mots "the only one".

Et, aussitôt, des paroles d'un amour intense et passionné sont prononcées et entendues :"je t'adore".

La lune se métamorphose, alors, pour représenter un nouvel état d'âme, fait de bonheur : elle devient "dorée", symbole d'harmonie, de beauté.

Le refrain s'égrène, de nouveau, pour clamer, cette fois, le bonheur de ne plus être seul.

La mélodie traduit, à la fois, mélancolie, douceur, et tendresse.

Cette célèbre chanson a été composée en 1934 par Richard Rodgers, les paroles ont été écrites par Lorenz Hart.

Interprété par la grande Ella Fitzgerald, ce texte, sublimé par la pureté de la voix de la chanteuse nous touche, par sa simplicité, son évidence...

La sobriété, la clarté du vocabulaire, la personnification, la métamorphose soudaine de la lune permettent de renouveler un thème éternel, celui de la rencontre amoureuse...

 

 

Le poème de Victor Hugo : 

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/clair_de_lune.html




Les paroles de la chanson :

 

 

http://lyricstranslate.com/fr/blue-moon-lune-bleue.html 





 
Photos : Christelle





 

 

La lune est devenue dorée...
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