Une chanson qui nous transporte à Venise... sur ses canaux, le long de palais aux teintes d'ocre et de lumières... De quoi rêver ! On entend, d'abord, dès l'ouverture de la chanson, la barcarolle d'un gondolier qui égrène un air langoureux : "la la la la la la la..."
Et, aussitôt, on se laisse bercer par le balancement d'une barque, sur des flots ondoyants...
Ce gondolier est invité à se remémorer une chanson et un souvenir amoureux : il est interpellé familièrement, grâce à l'emploi de la deuxième personne du singulier, on a, ainsi, l'impression de sa présence.
"Gondolier t'en souviens tu
Les pieds nus, sur ta gondole
Tu chantais la barcarolle"
Ce personnage est esquissé rapidement : on le voit debout sur sa gondole, "les pieds nus"... et on visualise aussitôt la scène, sur un canal, à Venise, dans un décor somptueux.
Et bien sûr, il chantait pour deux amoureux : "Tu chantais pour lui et moi..."
L'expression "lui et moi", répétée de manière insistante vient souligner un attachement qui semblait éternel, comme le suggère la phrase "c'était écrit pour la vie"... Le destin semblait même présider à cet amour si fort.
Puis, on entend le chant du gondolier, en italien, une façon de restituer la scène et de lui conférer de l'authenticité... Nous voilà vraiment transportés à Venise...
"Io ti amo con tutt il cuor
Solo ate adorero
E sappendo che tu mi ami
Ti amero, mol ti di piu"
On est sensible, bien sûr, à ces serments d'amour et aux sonorités envoûtantes de la langue italienne. Le vocabulaire affectif souligne la déclaration... "ti amo... il cuor, adorero, mi ami, ti amero".
Les futurs utilisés ont valeur de promesse et semblent annoncer un avenir rempli de bonheur...
Pourtant, le dernier couplet marque une certaine désillusion, avec l'emploi du passé : "Cet air là était le nôtre."
On retrouve une apostrophe au "gondolier", mais les deux amoureux ne sont plus associés dans l'énoncé :
"Gondolier si tu le vois
Dans les bras, les bras d'une autre
Gondolier ne chante pas."
L'être aimé est peut-être dans les bras d'une autre, comme le montre la subordonnée de condition : "si tu le vois..."
Et la chanson s'achève sur une injonction péremptoire "ne chante pas", une façon de mettre en évidence un désarroi et un dépit amoureux. Les serments se sont évanouis, et la chanson d'autrefois n'a plus de valeur.
On retrouve, là, un thème éternel : celui d'un amour merveilleux qui s'est achevé dans la déception et une forme de désillusion.
La mélodie rayonnante nous fait rêver, elle nous emmène en Italie, vers des paysages mythiques et somptueux...
Le texte a été écrit par Jean Broussole et Robert Marcuccci et c'est Peter De Angelis qui a composé la musique.
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