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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 16:48
Pour sauver le latin et le grec...

 

 

C'est bien d'un sauvetage dont il est question, ici : les humanités, le latin et le grec, ont été, depuis des années, sacrifiées, au nom de la rentabilité...



Les professeurs de lettres classiques ont dû se battre, pour défendre leurs droits à enseigner ces disciplines : sans cesse concurrencées par de nouvelles options, les humanités ont été reléguées, mises au rebut, placées, dans les emplois du temps des élèves, en fin de journée....
 

De plus en plus, dans les établissements scolaires, les enseignements optionnels sont mis en concurrence : portugais, occitan, théâtre, arts plastiques, cinéma, danse,  latin, grec...

Les enseignants usent de tous les subterfuges, pour attirer les élèves  : des réunions sont même organisées, des "shows médiatiques", au cours desquels, les professeurs se livrent, devant les parents d'élèves, à une promotion de leur propre discipline...


La démagogie est à l'oeuvre : il faut "capturer" le plus grand nombre d'adeptes :  pour atteindre le public le plus large possible, il convient de faire preuve de la plus grande indulgence, séduire les élèves par un enseignement attractif, facile, par des bonnes notes...


Les lycées se transforment, ainsi, en entreprises commerciales où il s'agit de vendre les produits les plus attractifs...

Pour ma part, je me refuse à entrer dans ce jeu qui transforme le métier d'enseignant en une activité commerciale.

Il devrait être évident, pour tous, que le grec et le latin sont le substrat de notre culture, nos sources premières, que ces disciplines sont le fondement de notre langue : d'une certaine façon, nous parlons, tous, grec et latin, en utilisant notre propre langue, le français...

Vocabulaire familier ou scientifique, la plupart des mots que nous employons nous viennent du latin et du grec.
La plupart des termes de la stylistique, de la grammaire sont issus de ces langues.

Notre littérature, dans son ensemble, s'inspire des auteurs de l'antiquité : les grands genres littéraires ne sont-ils pas nés en Grèce ? Théâtre, comédie, tragédie, poésie, fable, discours, éloges.....

Dès lors, peut-on passer sous silence et occulter ces enseignements ?

Il est vrai que la culture n'est plus valorisée dans nos sociétés, elle devient, même, parfois suspecte, alors qu'elle permet à chacun un épanouissement et une ouverture.

La culture littéraire est essentielle pour comprendre le monde qui nous entoure, elle suscite critique, réflexion, rigueur, esprit d'analyse...

La culture classique constitue un apport capital, dans un monde de technicité grandissante, où les mathématiques sont triomphantes.


Il faut, sans doute, rétablir des équilibres perdus : la filière littéraire a été, depuis des années, laissée à l'abandon, mise au rebut, il faut lui redonner toute sa valeur, en offrant des perpectives à ceux qui choisissent cette voie...


Il paraît, aussi,  normal d'offrir à chacun la possibilité d'apprendre conjointement le latin et le grec dans tous les établissements... or, cette possibilité n'existe pas dans nombre de lycées et de collèges.

Pour sauver le latin et le grec, il convient de revaloriser ces enseignements, d'en montrer toutes les richesses, tous les apports.

Oui, ces disciplines sont exigeantes, elles demandent des efforts, de la persévérance, de l'ambition, une volonté d'apprendre, et c'est pourquoi elles doivent être préservées, une façon, sans doute, de combattre une certaine facilité, un laisser-aller qui envahissent nos sociétés.


Dans ce but, voici un appel de l'Association des Professeurs de Lettres au président de la République pour l'avenir des langues anciennes et de l'école...

 

 

 

 

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/coignard-latin-la-lettre-a-hollande-04-05-2015-1925962_2134.php

 

 

Pour sauver le latin et le grec...
Pour sauver le latin et le grec...
Pour sauver le latin et le grec...
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commentaires

L
Donc le problème de l'attractivité des langues anciennes n'est pas nouveau... et le fait que ce dsoit une option et non une obligation, non plus... Alors que change la nouvelle loi ? Je ne comprends pļus.
bises
Répondre
R
Disons que le nouveau projet de loi porte un coup de grâce à ces disciplines : le latin et le grec n'ont jamais été obligatoires, mais la possibilité de les choisir était offerte au plus grand nombre, avec des difficultés, puisque les horaires sont mal placés, en fin de journée, le plus souvent... Dans le nouveau projet, la latin sera intégré dans un EPI, enseignement pratique interdisciplinaire et non plus étudié seul : il sera mis en concurrence avec d'autres EPI et risque de disparaître dans certains établissements...

Bises, LH
R
Bonsoir Rosemar,
Comme je l'ai écrit il y a maintenant plus de cinq ans, l'école - notre école - et le Collège en particulier, est devenue sous les coups de boutoir de l'establishment une sorte de supermarché, où les clients (parents et élèves) viennent se servir et , s'ils ne sont pas satisfaits, ils n'hésitent pas à râler, lorsqu'ils ne sont pas satisfaits.
Pour attirer un public - pour des matières qui ne semblent pas "rentables"- il faut faire de la retape et du marketing : l'enseignement est devenu une "marchandise". Les profs de lettres classiques doivent se décarcasser pour "vendre" leurs produits (le Latin et le Grec).
Vous avez raison de vous battre. Même si l'issue de la bataille semble très indécise.
Et il n'y a rien à attendre de la Réforme du Collège : la transversalité est une escroquerie. Apprendre le Latin en mélangeant un peu d'étymologie avec une étude écologique en Sicile à l'époque de Ciceron et les guerres puniques - il n'y plus qu'à organiser en EPS des combats de gladiateurs (ce qui intéressera à coup sûr les élèves) - relève carrément du délire pédagogiste le plus aberrant.
On s'achemine à grands pas vers un système scolaire à deux vitesses : une école pour le tout-venant (qui restera gratuite) et une école pour la classe aisée (qui sera payante). Fini le rêve républicain qui a réussi, malgré certains défauts, à faire surgir du peuple des savants, des ingénieurs et des intellectuels. Quel serait l'avenir du petit Camus de nos jours ?
J'en reste là. Il y aurait encore beaucoup à dire.
Bonne soirée.
Répondre
R
Merci pour toutes ces réflexions, Richard. Je travaille dans un lycée et la situation se détériore de plus en plus : des classes de français surchargées, une mise en concurrence des disciplines, de moins en moins d'élèves qui font, à la fois du grec et du latin...
On ne dit que l'on n'arrive pas à réformer le système éducatif en France mais chaque nouvelle réforme constitue une régression...

Bonne soirée, Richard
F
Je suis assez amusé de voir que Mme NVB utilise le terme peu "sexy " pour le latin .
Venant d'une féministe comme elle, c'est assez drôle.
P.S
Combien de fois faut-il appuyer sur la petite enveloppe. A chaque fois je dois m'y reprendre de multiples de fois. Et ce soir ça ne fonctionne pas.
Bises et belle soirée Rosemar
Répondre
R
J'ai quelquefois le même pb que que Fatizo avec l'envoi des messages ...
La défense de l'enseignement du Grec et du Latin n'inspire pas beaucoup les personnalités étiquetées "de gauche "! Idem en ce qui concerne les médias : peu d'articles dans Libé., Le Monde etc ... sur le sujet.
R
C'est tout de même assez compliqué, LH : ce qui est curieux, aussi, c'est que je ne reçois pas certaines alertes de commentaires...
R
Je n'ai pas été formée pour "vendre" ce que j'enseigne, et de plus en plus, les enseignants sont contraints de se vendre ainsi, pour "racoler" des clients : c'est intenable...

Oui, la petite enveloppe est capricieuse, il faut cliquer plusieurs fois pour qu'elle fonctionne...



Bises printanières
Répondre Masquer Supprimer
L
Un seul clic pour la sortir de sa blancheur et lui donner de la couleur...
Si bug... publie sans l'enveloppe puis reprend l'article et republie-le après avoir reussi à colorer l'enveloppe