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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 09:52
N'y a-t-il pas des nymphes glacées dans l'eau des sources ?

 

 


"N' y a-t-il pas des nymphes glacées dans l'eau des sources ? -il en avait, un jour, touché une des lèvres, à même l'eau verte"...

 

Dans cet extrait de son roman intitulé Naissance de l'Odyssée, Giono donne vie aux éléments naturels qui semblent habités de divinités : l'eau des sources peuplée de nymphes, les arbres dans lesquels se cachent des dryades et des hamadryades...

 

 

Giono restitue, ainsi, des croyances antiques : une nature où tout est sensible, une nature qui révèle l'essence du divin... Belle conception animiste du monde !

 

 

Le mot "nymphe", très ancien vient du grec : "νύμφη, númphê", "jeune mariée,  promise, jeune fille..."

Ce nom désigne, d'abord, la "jeune mariée, la fiancée qui porte le voile"et pourrait être apparenté au verbe latin "nubere, prendre le voile pour se marier", et être un dérivé du mot "nubes, le nuage"...

 

La nymphe est, aussi, une divinité secondaire qui hante les bois, les forêts, les fleuves, les sources, les montagnes.

 

 

Le mot rayonne grâce à une voyelle nasalisée, une douce fricative "ph" emplie de charme et de délicatesse. La graphie de ce nom avec le "i" grec, l'ancienne consonne aspirée "ph" lui confèrent un certain mystère et une solennité majestueuse...

 

Les nymphes sont multiples, et leurs noms pleins de poésie : Oréades, Méliades, Naïades, Néréïdes, Alcéides, dryades....

 

On les entend, au détour d'un chemin, quand les arbres bruissent ou quand ruisselle une source, au coeur de l'été...

 

Les nymphes sont partout, dans la fleur qui rayonne, sous l'écorce des arbres, dans la mer où elles ondoient, dans l'eau des fleuves et des rivières...

Les nymphes sont l'âme de la nature, elles nous montrent que tout est vivant, que les arbres, l'eau, les fleuves méritent notre respect...

 

Ces divinités féminines symbolisent à la fois la fragilité et la beauté de la nature environnante.

 

Elles sont partout, tout autour de nous, il suffit d'observer les arbres, les fleurs, le ciel, les nuages pour percevoir toutes les harmonies qui les habitent.

 

Nymphéas, fleurs d'eau, divinités des étangs et de marais ! Elles éclairent les eaux sombres de leurs éclats lumineux !

 

Dryades, hamadryades, elles se cachent dans les replis des arbres !

Nymphes des arbres, cigales aux chants éblouissants, elles font vibrer les pins, les cyprès, les cèdres de leurs paroles douces comme le miel...

 

Les nymphes sont les âmes du monde, elles nous parlent, nous chuchotent l'harmonie et la beauté du monde.


 

 

 

 

 

 

 

Photos : Pixabay

N'y a-t-il pas des nymphes glacées dans l'eau des sources ?
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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 08:32
Latin grec : quand Najat Vallaud-Belkacem se dit victime de "fake news"...

 

 


 

Najat Vallaud-Belkacem était l'invitée de l'émission On n'est pas couché sur France 2 ce samedi 20 mai...

Interrogée sur sa réforme du collège, elle a prétendu sans arrêt sourire aux lèvres, être victime de "fake news".

 

Des rires appuyés, des paroles entrecoupées de fous rires pour arguments : voilà le spectacle que nous a offert Madame Belkacem.

 

"Le latin et le grec n'ont jamais disparu des collèges"..., a-t-elle osé déclarer, voulant ainsi défendre la réforme qu'elle a initiée.

 

Bien sûr, le latin et le grec n'ont pas été totalement évincés des enseignements de Collège, mais intégrés dans les fameux EPI, ou Enseignements pratiques interdisciplinaires, ils ont été donc amoindris  et réduits à peau de chagrin.

 

Mais Najat Vallaud-Belkacem s'est bien gardée d'évoquer précisément les EPI, les mettant sous le tapis, évitant d'en parler en détails.

 

Elle prétend même avoir donné la possibilité  à tous les élèves de faire du latin et du grec : "Tous les élèves sont invités à une initiation", a-t-elle affirmé.

 

Mais, elle oublie de dire que le latin et le grec ont été intégrés dans des EPI, Enseignements pratiques interdisciplinaires : le latin et le grec sont, alors, mis en relation avec d'autres disciplines et non plus étudiés en tant que disciplines à part entière.

L'étude de ces langues est bel et bien escamotée, avec cette réforme des Collèges.

Par exemple, le latin et le grec peuvent être mis en lien avec le domaine scientifique : on étudie, alors, l’astronomie dans l’Antiquité et les calendriers, le système soleil-terre-lune ou l’évolution des mesures.

Ou encore, en relation avec les SVT : on s'intéresse, alors, aux aliments, à leur conservation, à la nutrition, l'histoire de l’alimentation.

On peut aussi mêler l'EPS et les pratiques sportives dans l’Antiquité et en particulier les jeux Olympiques.

Mais on voit bien que le latin et le grec ne sont plus étudiés en tant que langues anciennes.

 

En fait, Najat Vallaud-Belkacem a su noyer le poisson... par un tour de passe-passe, en faisant référence à d'autres fausses informations qui ont été colportées à son sujet, elle a su présenter certaines de ses réformes sous un vernis flatteur.

 

De nombreux articles de presse parus sur L'Obs, Libération, Le Parisien, Le Monde mettent en cause la chroniqueuse Vanessa Burggraf, l'accusant d'avoir colporté de fausses rumeurs, lors de cette interview.

Haro sur la blonde !

 

Il est vrai que l'ancienne ministre de l'Education nationale a pu être victime, parfois, de fausses rumeurs : cours d'arabe obligatoire en Primaire, elle s'appellerait Claudine Dupont, etc.

 

Mais, en l'occurrence, concernant les humanités, le latin et le grec, la réforme du collège initiée par la ministre a fortement amenuisé le poids de ces enseignements... C'est un fait.

 

Ce n'est pas un hasard si de nombreux professeurs ont dénoncé cette réforme qui réduit considérablement ces disciplines.

 

La plupart des journaux ont publié des articles qui mettent en cause les compétences de la chroniqueuse Vanessa Burggraf, mais dans ce cas précis, Najat Valaud-Belkacem a su manoeuvrer pour se présenter comme une victime de rumeurs infondées : pour ce qui est du latin et du grec, la réalité est là... ces enseignements ont bel et bien été sacrifiés.

 

 

Le témoignage d'un professeur de lettres classiques :

 

https://www.marianne.net/debattons/idees/college-vers-la-disparition-du-latin-et-du-grec

 

 

Sur l'orthographe :

 

https://www.marianne.net/debattons/blogs/lutte-des-classes/oui-le-ministere-de-l-education-nationale-bien-impose-la-reforme

 

 

Vidéo à 32 minutes

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 13:55
L'étymologie ou la science du vrai...

 

 

 

L'étymologie est essentielle : elle nous fait remonter aux origines des mots, à leur essence : issu du grec " ἔτυμος, étumos" qui signifie "vrai", le terme désigne bien la science du "vrai"...

Cette science nous fait comprendre le véritable sens des mots, leur évolution, leur histoire...

De nombreux termes remontent aux langues grecques et latines : l'étymologie, c'est le retour aux sources, elle nous fait comprendre le sens premier des mots, elle permet de mémoriser l'orthographe.

 

On trouve, ainsi, des familles de mots qui ont une même origine : "misanthrope, anthropophage, anthropologie, anthropomorphe", autant de mots qui renvoient au nom grec "ἄνθρωπος, anthropos" qui désigne l'homme.

 

C'est le terme latin "homo" qui a donné naissance à cette autre famille : "homme, humain, humanité, humanisme" et ce substantif  doit être rattaché au nom latin de la terre "humus".

C'est de là que viennent, aussi,  les mots "humilité, humble".

 

Ainsi, l'homme se définit , dès les origines comme un être vivant sur la terre, attaché à elle, soumis à ses lois, et en ce sens, il devrait faire preuve d'une certaine humilité, une humilité qu'il semble avoir perdue, car l'homme s'acharne souvent à détruire la terre, en la polluant, en se livrant à toutes sortes d'exactions : gaspillage, déforestations, mépris de la nature.

 

Les terriens que nous sommes oublient le respect dû à cette planète pleine de ressources et de merveilles.

L'homme lié à la terre, au cosmos, à l'ordre du monde en vient à pervertir cet ordre et cette harmonie par cupidité, appât du gain.

L'homme, dans son inconscience, en vient à détruire ce qui lui permet de vivre, d'aimer, d'admirer ce "cosmos,  κόσμος," qui désigne en grec "l'ordre".

 

Pourtant, l'homme n'est qu'un "microbe" devant l'immensité du cosmos...

"Microbe", encore un mot venu du grec ! Issu de l'adjectif " μικρός, mikros", comme "microscope, microcosme."

Ainsi, l'étymologie nous permet de comprendre la place de l'homme dans l'univers, elle nous donne des leçons, nous apprend une forme de modestie et de mesure.

On avait envisagé, il y a quelques années, de supprimer l'orthographe d'usage, et de pratiquer une écriture phonétique, mais on voit bien là tout ce que l'on aurait perdu...

La phonétique, justement ! Encore un mot forgé sur un terme grec "phoné" : "la voix", qui doit être associé au "phonème", à l'adjectif "aphone", "sans voix".

 

Si la phonétique est utile, il ne faut pas oublier l'orthographe et l'origine des mots : ceux-ci s'inscrivent dans une longue histoire, ils sont un témoignage précieux du passé.

 

Les mots nous donnent des leçons d'humilité : ils ont traversé des siècles d'histoire, ils nous parlent du passé, nous relient à tous ceux qui nous ont précédés.

 

Les mots, leur étymologie doivent être préservés précieusement, comme la terre sur laquelle nous vivons et qui nous offre tant de sources d'émerveillements...

 

 

 

 

 

 

L'étymologie ou la science du vrai...
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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 08:53
Appel aux candidats à la Présidentielle : il faut restaurer l'enseignement du latin et du grec...

 

 

 

Que serions-nous sans mémoire ? Le passé nous construit et nous aide à vivre le présent... Nous avons tous besoin de connaître nos racines, d'où nous venons, qui sont nos parents, nos grands-parents.

Nous avons tous besoin de cet ancrage qui nous donne des repères essentiels...

 

Notre vie même est faite de mémoire, d'acquis, d'apprentissages divers : nous avons tant appris, tant accumulé de savoirs, tant expérimenté...

Le savoir de ceux qui nous ont précédés nous construit ainsi que leur façon de vivre, leurs pensées, leurs perceptions...  Notre culture est faite de lectures, de mots, de sensations...

Elle est, elle-même, ancrée dans le passé...

 

La plupart des mots de notre langue nous viennent du passé : le latin, le grec sont le substrat de la langue française...

 

Or, ces disciplines ont été sacrifiées, annihilées par la réforme du collège initiée par Najat Vallaud-Belkacem.

Cette transmission des savoirs essentielle a été mise au rebut.

Pourtant, les humanités sont si formatrices pour l'apprentissage de notre langue, elles constituent le terreau de nos sociétés, nous sommes les héritiers des romains, des grecs, de toutes ces civilisations qui nous ont précédés et à qui nous sommes redevables.

 

Notre monde a tendance à privilégier l'instant, l'intensité des émotions : il faut vibrer devant des films où la violence se déchaîne, il faut se livrer à des jeux de guerre, il faut se défouler dans des parcs d'attraction où la vitesse, la peur sont créées artificiellement...

Il faut s'évader dans l'illusion d'un monde virtuel, éloigné de la réalité et de la vraie vie...

 

Le latin, le grec, l'orthographe, la grammaire sont la mémoire de notre langue, un passé commun qui nous soude et nous structure... 

Ils nous ouvrent un horizon de réflexions, et nous permettent d'envisager plus sereinement l' avenir.

 

Notre langue nous vient du passé et même si elle évolue, si de nouveaux mots apparaissent, ces mots sont souvent constitués de racines anciennes.

Les gens qui nous ont précédés, nos parents, nos grands-parents font partie de notre héritage.

Ils sont présents en nous, nous aident à vivre, à avancer et par delà la mort, ils nous donnent encore des leçons de vie.

 

Oui, le passé est essentiel, comme l'est l'étude de l'histoire.

Quand je vois un monument du passé, un amphithéâtre, un aqueduc, un vieux mur, je me dis que je fais partie de cette humanité laborieuse, pleine de force et d'inventivité...

Je me dis que l'être humain a su bâtir des merveilles d'architecture...

Je me dis que nous sommes les héritiers de tout ce passé qui nous a permis toujours plus de créativité.

 

Quand je m'exprime, j'utilise tant de mots venus du passé, tant de mots issus de ces langues anciennes, le latin et le grec...

Notre culture, nos arts sont imprégnés de ces humanités, littérature, philosophie, architecture, peinture...

Il est important de rendre hommage à ce passé, de l'avoir en mémoire pour mieux construire l'avenir.

Il est important de restaurer ces disciplines, le latin, le grec.

 

 

Des articles sur l'Odyssée :

http://rosemar.over-blog.com/2015/09/les-deux-premiers-vers-de-l-odyssee-tout-un-art-de-la-seduction.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2015/04/des-que-fille-du-matin-parut-l-aurore-aux-doigts-de-rose.html

 

Source :

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/coignard-presidentielle-le-grec-et-le-latin-s-invitent-dans-la-campagne-30-03-2017-2115824_2134.php

 

Appel aux candidats à la Présidentielle : il faut restaurer l'enseignement du latin et du grec...
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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 09:23
Dix mots pour évoquer la toile...

 

 

 

Dans le cadre de la semaine de la langue française et de la Francophonie...


Une sélection de mots pour évoquer la toile, et l'univers informatique : au fond, c'est dans l'air du temps...

La révolution numérique est en marche : elle nous apporte son lot de bonheurs, de découvertes, de surprises plus ou moins bonnes.

 

Comment évoquer le monde du web sans parler d'avatar, de canular, d'émoticônes, et tant d'autres termes expressifs ?

 

Nous possédons presque tous, désormais, un avatar, une représentation virtuelle de notre personnalité, une image symbolique à laquelle nous tenons...

 

"L'avatar" a traversé les siècles pour désigner cette réalité moderne de la toile : ce mot venu du sanskrit désignait dans la religion hindouiste les différentes incarnations du dieu Vishnou. La voyelle "a" redondante signe un mot issu de cette ancienne langue indienne...

"Mahabharata, maharaja, avatar", ces mots résonnent d'un passé prestigieux... et de sonorités exotiques.

 

Autrefois, les "pirates" écumaient les mers, dorénavant ils naviguent sur la toile pour piéger des internautes... Voilà encore un mot ancien puisqu'il remonte au latin "pirata"et au grec "peiratès"..., issu lui-même d'un verbe "peiro" : essayer, se mesurer avec, tenter la fortune.

Le "pirate" évoque tant d'images : des aventures, des combats, des trésors dérobés et enfouis sur quelque île mystérieuse...

On songe à ce roman de Stevenson, L'île au trésor, au personnage de Long John Silver, le pirate à la jambe de bois, aux mille ruses et à la fausse bonhomie.

Il faut se méfier des pirates ! Ils peuvent être machiavéliques...

Ce mot en arrive à désigner une réalité très moderne liée au monde informatique...

 

Le "nomade" permet un échange sans que l'on soit relié à une installation fixe. Encore un mot ancien, venu d'un terme grec "nomas", désignant celui qui change de pâturage, qui erre à la façon des troupeaux.

Voilà un terme agricole intégré dans l'univers de la toile !

 

On connaît, aussi, le "fureteur" qui consulte des articles sur internet, qui cherche des informations. Et une fois de plus, la modernité rejoint le passé : le mot fureteur est formé sur le nom de cet animal "le furet", qui court sans arrêt, lui-même venu du latin "fur", le voleur...

 

Comment ne pas évoquer aussi le "nuage" informatique ? Issu du latin "nubes", la nuée, ce mot nous fait encore remonter vers les origines de notre langue, et vers un passé mythique.

 

On peut, dorénavant, "héberger" un site internet, l'accueillir sur son ordinateur, comme on le faisait pour un hôte, en vertu des lois de l'hospitalité, sacrées pour les grecs de l'antiquité...

 

On peut enregistrer aussi des "favoris", des sites, des adresses internet qui ont notre faveur : encore un mot que nous devons à la langue latine : "favor" signifie la faveur...

 

Et même un mot comme "l'émoticône", qui paraît si moderne, nous vient de l'antiquité... Issu du latin "motio, l'action d'émouvoir, le trouble" et du grec "eikon, l'image", ce terme qui désigne ces petits visages stylisés, accompagnant des messages, nous est maintenant familier..

 

Quant au "canular" de plus en plus fréquent sur la toile, il doit être rapproché du terme "canule" par allusion au caractère désagréable des lavements administrés avec cet objet. Le canular vise à tromper, à abuser les internautes qui se laissent souvent piéger. Et nous devons la canule à un radical latin "canna" : la canne, le tuyau...

 

Il reste un mot qui semble bien éloigné des langues anciennes "télésnober" : si le deuxième élément du mot est anglais, le premier remonte à la langue grecque : "télé" signifie "loin"...

"Télésnober", c'est le fait d' ignorer des personnes physiquement présentes en consultant son téléphone ou un autre appareil mobile : une pratique de plus en plus courante...
 

 

Dans ce voyage à travers la toile, comment ne pas être étonné de tout ce vocabulaire si ancien qui désigne des réalités de notre monde ?

Ainsi, les mots de la toile prennent racine dans des langues anciennes, le latin, le grec, le sanskrit qui sont le substrat de la langue française...


 


  

 
 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/depliant-2016-2017

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/thematique-dix-mots-2016-2017

Dix mots pour évoquer la toile...
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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 10:23
L'épiphanie remonte aux origines du monde...

 

 


 

L'épiphanie : voilà un mot plein de mystères et chargé d'histoire... Le mot "épiphaneia" remonte à la langue grecque où il désigne une apparition divine, parfois, aussi, le jour qui se lève et fait surgir la lumière.

 

Le terme a été, ensuite, adapté dans la religion chrétienne, il évoque la visite des Rois mages venus célébrer la naissance du  Messie et lui offrir des cadeaux somptueux : l'or, la myrrhe et l'encens.

 

La myrrhe, résine aromatique, baume cutané, symbole de vie, l'encens, résine aux senteurs divines, l'or si rare et précieux...

La myrrhe, l'encens, des mots mystérieux, emplis de poésie, suggèrent des trésors recherchés et prisés.

 

Melchior, Gaspard, Balthazar, venus d'Europe, d'Asie, d'Afrique rendent hommage au nouveau-né.

De nombreux tableaux représentent cette scène : peintures de Fra Angelico, Botticelli, fresques de Cappadoce, icônes byzantines, tant d'oeuvres qui suscitent l'imagination...

Les Rois Mages installés dans la crèche sont des personnages somptueusement vêtus d'habits et de brocarts colorés...

 

Mais, comme la fête de Noël, l'épiphanie est, à l'origine, une célébration païenne de la lumière...

 

Le mot rayonne : il symbolise, d'abord, une manifestation de la lumière qui renaît après le solstice d'hiver...

 

Labiale, fricative confèrent de la douceur à ce nom venu d'un lointain passé, douceur de la lumière qui s'annonce, douceur des jours qui grandissent et qui préparent un renouveau.

 

L'épiphanie remonte aux origines du monde : une envie de célébrer une forme de renaissance, un espoir attendu.

 

En ce début de l'hiver, quand les froids sont rudes et glacés, on aspire plus particulièrement à des horizons plus chaleureux. On guette, au fil du temps, la croissance des jours.

 

L'épiphanie renvoie, aussi, à l'enfance, à ce jour unique où l'on tirait les rois : de nos jours, la galette est devenue le quotidien de beaucoup de familles, au mois de janvier.

 

Mais, autrefois, on fêtait l'Epiphanie le 6 janvier : c'était un jour unique où l'on se réunissait devant la galette et où était élu le roi ou la reine de la fête.

 

En Provence, c'était une couronne des rois, garnie de fruits confits qui faisait office de galette... un rituel ancien qui s'est perpétué : les enfants sont invités à désigner le morceau de gâteau qui revient à chaque convive.

 

L'occasion de se réunir autour d'un dessert festif, l'occasion de couronner un roi ou une reine, celui ou celle qui a découvert la fève ou la petite figurine cachée dans la brioche...

 

Un rituel païen, malgré l'origine chrétienne de cette fête, un rituel sympathique, chaleureux...

 

Un rituel qui mérite d'être préservé, même si l'on n'est pas croyant.

 

Désormais, l'Epiphanie se fête souvent  le premier dimanche qui suit le 1er janvier : cette année, le 8 de ce mois... dès aujourd'hui, nous allons, donc, guetter des clartés nouvelles...

 

 

Frédéric Mistral raconte, dans ses souvenirs d'enfance, cette merveilleuse rencontre de la lumière et des Rois mages : les mères invitent les enfants à aller au-devant de ces Rois... On perçoit toute la naïveté et tout l'enthousiasme de la jeunesse.

 

"Et de courir, et de courir, à la rencontre des Rois
avec nos gâteaux, nos petites galettes, et les poignées de
foin pour les chameaux. Puis, le jour défaillait. Le soleil, obstrué par un
nuage énorme, s’évanouissait peu à peu. Les babils
folâtres calmaient un brin. La bise fraîchissait et les
plus courageux marchaient en retenant.

Tout à coup :
– Les voilà !
Un cri de joie folle partait de toutes les bouches... et
la magnificence de la pompe royale éblouissait nos
yeux. Un rejaillissement, un triomphe de couleurs
splendides, fastueuses, enflammait, embrasait la zone
du couchant ; de gros lambeaux de pourpre
flamboyaient ; et d’or et de rubis, une demi-couronne,
dardant un cercle de long rayons au ciel, illuminait
l’horizon.
– Les Rois ! les 
– Les Rois ! les Rois ! voyez leur couronne ! voyez
leurs manteaux ! voyez leurs drapeaux ! et leur
cavalerie et les chameaux qui viennent !
Et nous demeurions ébaubis... Mais bientôt cette
splendeur, mais bientôt cette gloire, dernière échappée
du soleil couchant, se fondait, s’éteignait peu à peu
dans les nues ; et, penauds, bouche béante, dans la
campagne sombre, nous nous trouvions tout seuls :
– Où ont passé les Rois ?
– Derrière la montagne.
La chevêche miaulait. La peur nous saisissait ; et,
dans le crépuscule, nous retournions confus, en
grignotant les gâteaux, les galettes et les figues, que
nous apportions pour les rois..."

 

Plus loin, l'auteur provençal évoque la crèche installée dans l'église :

 

"Nous autres, affolés, nous nous faufilions, entre les
jupons des femmes, jusques à la chapelle de la Nativité,
et là, suspendue sur l’autel, nous voyions la Belle
Étoile ! nous voyions les trois Rois Mages, en manteaux
rouge, jaune, et bleu, qui saluaient l’Enfant Jésus : le roi
Gaspard avec sa cassette d’or, le roi Melchior avec son
encensoir et le roi Balthazar avec son vase de myrrhe !
Nous admirions les charmants pages portant la queue de
leurs manteaux traînants ; puis, les chameaux bossus
qui élevaient la tête sur l’âne et le bœuf ; la Sainte
Vierge et saint Joseph ; puis, tout autour, sur une petite
montagne en papier barbouillé, les bergers, les bergères,
qui apportaient des fouaces, des paniers d’œufs, des
langes ; le meunier, chargé d’un sac de farine ; la bonne
vieille qui filait ; l’ébahi qui admirait ; le gagne-petit
qui remoulait ; l’hôtelier ahuri qui ouvrait sa fenêtre, et,
bref, tous les santons qui figurent à la Crèche. Mais
c’était le Roi Maure que nous regardions le plus."

 

Le texte de Mistral :

http://elg0002.free.fr/pdf/mistral_mes_origines.pdf

 

 

L'épiphanie remonte aux origines du monde...
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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 11:52
La moitié d'un grand soleil rouge nous regardait...

 

 


"Le voisin attela son cheval, la tante enveloppa Augustine dans des châles, et nous voilà partis au petit trot, tandis que sur la crête des collines la moitié d'un grand soleil rouge nous regardait à travers les pins."
 

C'est ainsi que Marcel Pagnol anime une scène familière d'un soleil aux teintes de pourpre, dans un extrait de son roman, La Gloire de mon père...

 

L'adjectif "rouge" nous fait admirer de belles couleurs de feux, des éclats rubescents, des fleurs aux teintes flamboyantes, coquelicots, hibiscus, roses, dahlias...

Le mot rayonne de ses consonnes gutturale et chuintante, emplies l'une de force, l'autre d'une certaine douceur : le rouge évoque la violence, le sang, mais aussi l'amour, la passion...

 

Le rouge fait vibrer et briller les lèvres, il attire, séduit, rutile, flamboie...

Rouge des fruits, des fleurs, rouge des soleils couchants qui éclaboussent les paysages.

 

Ce mot ancien remonte au latin "rubeus" et "ruber", "rouge"... On retrouve ce radical dans quelques mots "rubescent, rubicond, rubéole, rubis, rubicelle, rubiette..."

Des termes, aux sonorités antiques, des mots qui évoquent des pierres précieuses, un oiseau à plumage rouge, des couleurs très vives.

La rubiette nous étonne, nous fait rêver, avec son joli suffixe de diminutif, comme la rubicelle, un rubis de couleur claire...

Ces vocables sont pleins de charmes, par leur rareté, leurs sonorités, leurs significations...

 

Tous ces mots remontent, aussi, à un plus lointain ancêtre grec, "éruthros, rouge". Le mot Érythrée, du grec "Ἐρυθραίᾱ, la rouge", désigne la partie africaine des côtes méridionales de la mer Rouge...

 

Ainsi, la couleur "rouge" nous éblouit de mots anciens, aux éclats divers...

Le mot suggère tant de réalités, le vin, le cuivre, le sang, la terre argileuse et rouge...

 

Tant de paysages de couchers de soleils aux teintes rougeoyantes !

Tant de fleurs aux éclats de pourpre ! Des feuilles d'automne aux couleurs de rouille, d'un rouge vif étincelant !

Des épices flamboyantes aux goûts relevés, des brasiers de lumières !

Grenats, spinelles, rubis, noms flamboyants de pierres précieuses !

 

Rouge de colère, de plaisir, de confusion, la couleur rouge évoque tant de sentiments !

Rouge la vie, rouge, la beauté ! Rouge du danger et de la passion, de la fête et du pouvoir !

Rouge de la révolte et de l'indignation !

 

 

 

http://expositions.bnf.fr/rouge/bande/bande.htm

 

 

 

 

Photos : Pixabay

La moitié d'un grand soleil rouge nous regardait...
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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 16:34
Des archipels de nuages...

 

 

 

"J'aime les soirs sereins et beaux, j'aime les soirs,
Soit qu'ils dorent le front des antiques manoirs
Ensevelis dans les feuillages ;
Soit que la brume au loin s'allonge en bancs de feu ;
Soit que mille rayons brisent dans un ciel bleu
A des archipels de nuages."


C'est ainsi que  Victor Hugo décrit des Soleils couchants dans un poème extrait de son recueil  intitulé Les feuilles d'automne : les nuages évanescents deviennent des "archipels"...
 
Le mot "archipel" désigne, d'abord, un groupe d'îles formant une unité géographique : on connaît l'archipel des Antilles, des Philippines, celui des Cyclades...
Victor Hugo emploie ce terme dans un sens imagé : les nuages, au soleil, couchant, dispersés dans le ciel, font souvent penser à des îles...
 
Venu du grec ancien "Αἰγαῖον πέλαγος, Aigaîon pélagos,  Mer Égée", devenu "arcipelago" en italien, puis "archipel" en français, ce nom propre s'est transformé, par antonomase, en un nom commun : la mer Egée parsemée d’îles, est devenue un nom générique, a fini par évoquer un ensemble d'îles !

Le premier élément du mot pourrait provenir, aussi, du verbe grec "archo, mener, gouverner, commander", le terme, dans son ensemble, désignant, alors, la Mer principale.

Etonnante étymologie !
 
Ce mot aux sonorités de gutturale, chuintante, labiale, aux voyelles diverses nous séduit, nous emmène dans un monde exotique et lointain, vers des îles secrètes, aux paysages pleins de charmes.
 
L'archipel évoque des images de soleil, de mers, de vagues : le mot contient anciennement le nom même de la mer, "pelagos", qui lui a donné sa finale abrégée -pel. Ce substantif, employé surtout en poésie, désigne, en grec ancien, la haute mer...
 
L'adjectif "pélagique" vient de ce radical et désigne tout ce qui est relatif au milieu marin, à la haute mer, notamment.
 
Tout le monde connaît l'autre mot grec, plus classique, qui sert à évoquer la mer : "thalassa".
 
La mer Egée, connue pour ses archipels d'îles, notamment les Cylades aux noms remplis de poésie : Amorgos, Délos, Naxos, Paros, Santorin, est bien une mer chargée de symboles, d'histoires et de mythes anciens.
 
Le nom même des "cyclades" suggère une forme de cercle et vient du mot grec "kuklos" : les îles forment un cercle autour de l'île sacrée de Délos.
 
Cet archipel comporte 2200 îles et îlots !
 
Quel éclat dans ce mot, quelle luminosité ! L'archipel est comme un éclat d'îles disséminées dans la mer, comme un envol d'oiseaux qui se dispersent dans le ciel !
 
On voit, aussi, des galets épars sur le sol, de formes diverses, aux couleurs variées...
 
Ce mot "archipel" aux sonorités éblouissantes est souvent utilisé dans un sens imagé : images de nuages qui se dissipent, ou d'embruns moutonnants sur la mer...
 
 
 

 

Le poème de Victor Hugo :

http://www.poetes.com/hugo/soleils.htm

 

 

Photos : rosemar

Des archipels de nuages...
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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 16:10
La saison du bonheur des vendanges...

 

 


C'est la saison des vendanges, le temps de récolter le vin nouveau ! Des grappes de fruits dorés, aux teintes de pourpre sombre s'offrent à nous...

Les fruits ronds s'alourdissent des chaleurs de l'été finissant.

C'est le moment de la fructification, du bonheur de la récolte, savamment préparée, c'est la promesse de vins nouveaux et chaleureux...

Les vignes chargées de fruits déroulent des grappes aux teintes bleutées, aux couleurs de soleil et de lumières.
Les grains forment des cascades...des ruisseaux ondoyants où s'étagent les fruits... 
L'automne ! La saison du bonheur des vendanges !

Le mot danse grâce à sa voyelle nasalisée redoublée, il évoque la joie, le plaisir de la récolte nouvelle qui s'annonce...

Les différentes consonnes, fricative initiale, dentale "d", chuintante "g" nous disent tant d'éclats emplis de douceur...

Les vendanges... le mot souvent au pluriel traduit aussi une abondance, il annonce une générosité, une prodigalité.

Les romantiques ont souvent décrit l'automne comme la saison du déclin, et de la mélancolie. Mais c'était oublier que l'automne est aussi la saison des vendanges, associées au vin nouveau... Le vin qui symbolise la vie, parfois la connaissance, notamment dans l'oeuvre de Rabelais...

Le mot a, bien sûr, des origines lointaines : on ne s'en étonnera pas, les grecs, les romains pratiquaient la culture de la vigne.
 Les vins étaient, pour les romains, adeptes de Bacchus, un breuvage sacré, un nectar digne des dieux.


Le mot vient du latin "vindemia", terme composé de deux radicaux : "vinum", le vin, et un verbe "demo" qui signifie "prendre, retirer".

"Prendre le vin" ! récolter cette moisson de nectars attachés à des terroirs si nombreux et divers...

"Le vin, la vigne, les vendanges", tous ces mots ont un ancêtre commun : le nom qui désigne le vin, en grec ancien "woinos, oinos", de là viennent les termes savants : "oenologie, oenologue".

Le mot "vendémiaire" désignait, dans le calendrier républicain, le mois des vendanges qui allait du 22 septembre au 21 octobre... encore un joli mot rattaché au radical latin "vindemia'...

Bien sûr, depuis toujours, les vendanges sont soumises à des aléas climatiques : cette année, la chaleur tardive et intense de la fin du mois d'août, les orages, la grêle ont parfois anéanti des vignobles, réduisant à néant les efforts des paysans.

Les vignobles demandent un travail lent et patient, les vignes réclament des soins réguliers. Et les vendanges sont la récompense d'un dur labeur et d'un savoir ancestral.

Les vendanges représentent la fête du vin nouveau, elles évoquent des images lumineuses de fruits mûris au soleil, elles ouvrent la douce saison de l'automne... 


 

 

 

 

 

Photos : Pixabay

La saison du bonheur des vendanges...
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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 10:17
Avec le pampre de la vigne...

 

 

 

 

On se souvient de ces vers célèbres de Brassens, extraits de la chanson Dans l'eau de la claire fontaine...

 

"Avec le pampre de la vigne

Un bout de cotillon lui fis
Mais la belle était si petite
Qu’une seule feuille a suffi"...

 

 

Le mot "pampre"associé à la vigne fait surgir des images de plaisirs, et un certain hédonisme.

Le pampre... voilà un mot plein de sensualité et de charme, avec sa labiale réitérée, sa voyelle nasalisée, "am", avec une pointe d'âpreté que suggère la gutturale "r"...

Avec le pampre, on admire des feuilles, des fruits gorgés de soleil, des couleurs sombres ou éclatantes de noir, de xanthe...

Des grappes enroulent leurs grains autour des feuilles découpées, elles montrent des fruits serrés, denses...

Les fruits s'arrondissent, renvoyant la lumière, nimbés de nuées, ivres de sucs...

Les pampres forment des décors en arabesques, des tourbillons de feuilles, des enroulements sinueux qui envoûtent.

La voyelle nasalisée "an" suggère ces envols de feuilles...

Le pampre, c'est toute la poésie de la nature : branche, feuilles, fruits, couleurs...

Le pampre, c'est le vin, la gaieté, l'insouciance, les rires qui fusent.


Ce mot plein de résonances, évoque tant d'images de lumières : fruits mûrissants sous le soleil, fruits qui s'épanouissent et s'offrent à nous...

Les grappes s'écoulent comme des sources, elles épanchent leurs grains avec générosité...

Les feuilles forment des verdures abondantes autour des fruits, elles les enserrent, les entourent de leurs éclats découpés.

Les pampres évoquent la fête, le dieu Bacchus d'autrefois, les Bacchanales où le vin coulait à flots...

Le mot nous vient, ainsi, de l'antiquité : issu du latin "pampinus", à rapprocher du grec "ampélos, la vigne", ce terme ancien aux sonorités de labiale évoque des idées de séduction.


Le pampre contient le monde par ses formes, ses couleurs : nourriture, vin, rondeur des fruits, sources abondantes...






 Photo : Pixabay

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