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24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 13:01
Allons sous la charmille où l'églantier fleurit...

 

"Puisque les prés sont verts, puisque le ciel est bleu,

Aimons. Par les grands mots l'idylle est engourdie ;

N'ayons pas l'air de gens jouant la tragédie ;

Disons tout ce qui peut nous passer par l'esprit ;

Allons sous la charmille où l'églantier fleurit,

Dans l'ombre où sont les grands chuchotements des chênes."

 

Voici une belle invitation à l'amour écrite par Victor Hugo : le cadre champêtre décrit dans ces vers avec simplicité n'est-il pas propice à l'amour ?

 

 

Le mot "charmille" désigne une allée plantée de charmes, souvent taillés en forme de berceaux.... Issu du nom latin "carpinus", le mot charme évoque un arbre somptueux, dont le nom fait rêver....

Le nom "carpinus" est de genre féminin en latin, comme la plupart des noms d'arbres, car on considérait que les arbres étaient habitées par des divinités féminines.

 

On connaît aussi l'homonyme "charme", venu du latin "carmen", "le vers, l'incantation magique" qui renvoie à une toute autre notion, une idée de séduction intense...

 

Curieuse homophonie entre deux mots assez différents au départ "carpinus" et "carmen" ! Mais les évolutions phonétiques ont modifié deux termes différents qui se sont, ainsi, rapprochés... La consonne "c" se transforme souvent en une chuintante "ch" dans le passage au français...et la fin d'un mot disparaît parfois parce que la finale n'était pas accentuée en latin...

 

Le mot "charmille" est plein de poésie : il suggère un cadre champêtre, une ombre douce et bienveillante, il invite à la rêverie...

 

Avec ses sonorités de chuintante, de gutturale, de labiale, ce nom à la finale féminine, nous entraîne dans un univers fait de beauté et d'harmonie : la charmille est accueillante, elle invite à la promenade, à la découverte... 

 

Les vers de Victor Hugo insérés dans le groupe des idylles sont une invitation à l'amour,  l'idylle étant un petit poème qui célèbre l'amour dans un décor pastoral...

 

Hugo parvient à donner à l'évocation une extrême douceur grâce à de jeux de sonorités : allitération de la consonne "ch" avec les mots "charmille, chuchotement, chênes...", utilisation de consonnes très douces, sifflante "s", fricative "f"..., emploi de voyelles nasalisées qui ralentissent le rythme et qui invitent à la rêverie amoureuse...

 

Le verbe "aller" à l'impératif souligne l'invitation et entraîne le lecteur vers ce monde idyllique, au décor attirant : les charmes, l'églantier en fleurs, les chênes personnifiés...

 

On perçoit, aussitôt, des couleurs, des parfums de fleurs : l'églantier, rosier sauvage nous entraîne dans un sillage de senteurs....

 

  

 
 

 

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5 juin 2022 7 05 /06 /juin /2022 10:42
Promenades dans Nîmes...

 

Une exposition d'aquarelles pour une jolie promenade dans la ville de Nîmes...

 

Une exposition pour découvrir ou redécouvrir les monuments, et les lieux les plus emblématiques de celle qu'on appelle la petite Rome...

 

On remonte bien sûr aux origines de l'antique cité avec la source autour de laquelle s'est bâtie Nemausus...

 

A Nîmes, "c'est aussi un palmier qui, comme dans un désert, signale la source originelle..."

 

L'eau ! La vie ! Le mouvement, la fluidité, la transparence, la douce musique, les murmures de l'eau ! On est comme ébloui par ses teintes moirées et nuancées de bleu !

 

Et puis, la promenade le long du canal, ses arches en volutes si harmonieuses avec  les reflets et la présence bienveillante de l'eau...

 

Le temple de pierres, la Maison Carrée, nous séduit  par ses lignes épurées, son architecture d'un autre temps, ses teintes lumineuses !

 

Un autre temple dédié peut-être à la déesse Diane dans les Jardins de La Fontaine, un lieu mystérieux, un édifice qui faisait partie de l'Augusteum, cet ensemble majestueux voué au culte impérial.

 

Autre lieu antique : la Tour Magne qui domine la ville, "on a attribué l'origine de la Tour à toutes les fonctions, même celle d'un phare, à une époque lointaine où la mer aurait été plus près de la ville..."

 

Et bien sûr, les places de la ville : place du Chapitre, du marché, place de l'Horloge, place d'Assas et encore, partout la présence de l'eau, avec des fontaines, des bassins, des jets d'eau, des cascades...

 

L'eau encore ! avec le lavoir du Puits Couchoux : on utilisait autrefois des puits publics quand la ville n'était pas alimentée en eau courante... un lavoir avec sa magnifique charpente de bois, sa fresque des lavandières.

 

Enfin, l'imposante architecture des Arènes au centre de la ville : l'amphithéâtre romain,  un des plus beaux et des mieux conservés au monde...

 

Jean-Louis Pagès, l'architecte voyageur, nous transporte ainsi dans un univers imagé associé à des textes personnels, à travers des aquarelles originales.

 

Une magnifique exposition d'aquarelles, qui invite au rêve, à la poésie, vue au Carré d'Art de Nîmes...

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo : rosemar

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29 mai 2022 7 29 /05 /mai /2022 10:53
La magie de l'eau !

 

La magie, le miracle de l'eau ! L'eau qui murmure, qui frémit, qui fredonne sa chanson...

 

L'eau et sa musique !

 

Des hirondelles sillonnent le ciel et dansent une sarabande sur ce murmure cristallin !

 

 

Le faune de bronze danse aussi et se déhanche au son de cet air enchanteur...

 

 

Comment résister à cet appel de la nature et de la vie ?

 

 

Et même la statue de pierre, femme à l'oiseau, se laisse bercer par cette douce musique...

 

 

Les colverts suivent aussi le rythme dansant de l'eau...et forment un ballet féerique sur les moires du canal...

 

 

Et voici que les arbres s'animent sur ce miroir ondoyant...

 

 

La magie de l'eau et de son murmure !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 mai 2022 7 22 /05 /mai /2022 13:34
De la fraîcheur !

 

L'eau ! Le bonheur de l'eau pour affronter les chaleurs torrides de ce mois de mai...

 

 

Un bain d'eau fraîche que s'offrent les pigeons sous les jets d'eau frémissants aux murmures emplis de douceur...

 

 

Une bergeronnette aussi se délecte d'un bain de fraîcheur ! Quelle joie de bondir au bord de l'eau !

 

 

Des trilles de bonheur offert aux passants !

 

 

L'eau, ses reflets chatoyants et changeants apportent un tel réconfort en ces journées solaires !

 

 

 

A l'ombre des pins, un chat se prélasse encore et profite d'une douce et apaisante frondaison...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 mai 2022 5 20 /05 /mai /2022 11:50
Sylvain Tesson : "Il faut choyer, vénérer les mots !"

 

Invité d'honneur de l'émission La Grande Librairie du mercredi 11 mai , Sylvain Tesson a rendu un magnifique hommage aux mots, à la langue...

 

"Ma vie, c'est raconter par des mots tout ce que je vis, c'est à dire transformer en verbe les sensations que j'éprouve, les émotions qui me traversent, les situations que je vis et les rencontres que je fais...

Avec l'impression que ce n'est pas vécu complètement tant que ce n'est pas écrit. Sinon, ça se volatilise dans l'indicible.

J'adore dire ce que j'ai vécu, d'ailleurs, je prends des notes tout le temps, je raconte, je vis deux vies, en fait. Une vie organique, sur le plan réel, dans la substance réelle des choses et après, je la transcris sur le papier.

 

J'aime la restitution formelle en mots de ce qui a été vécu, mais je n'ai pas besoin d'y ajouter la fiction, je n'ai pas besoin d'y ajouter cette espèce de dopant, de stéroïde de l'imaginaire... j'ai l'impression que c'est du dopage, c'est comme quand on s'injecte des substances pour aller plus vite dans la côte, je n'ai pas besoin de la fiction. Je trouve que c'est tellement incroyable, le spectacle du monde, le spectacle des hommes, ce qui vous traverse, la vie, le simple corps humain, le spectacle d'une main qui se referme, tout cela vient de millions d'années, de mystères qui ne sont pas encore très bien compris, pas encore très bien connus, tout est incroyable !

 

Tout ce qui se dévoile est beau, tout est mystérieux, tout ce que vous rencontrez, tout est adorable... alors, pourquoi ne pas se contenter d'écrire ce qui vous est arrivé ? Et ça vous précipite dans une espèce de roman qui est votre propre vie..."

 

Mais il y a aussi le style de Sylvain Tesson, souvent empreint d'autodérision, de jeux de mots, d'un amour fou pour la langue, l'histoire, la géographie...

"Il y a une chose que j'aime profondément et que j'aimerais partager avec tous les gens que j'aime, c'est l'amour des mots, j'aime les mots, je trouve cela merveilleux...

Ce sont des voyageurs remarquables, ils viennent de très loin, ils ont traversé des siècles, parfois, ils ont été un petit peu torturés, parfois, on ne les comprend pas, parfois, on les emploie pour autre sens, ce sont souvent des migrants, ils viennent de partout, ils se sont fécondés, parfois ils ont disparu.

 

Il y a une espèce de richesse sensuelle dans le vocabulaire et dans l'usage des mots... moi, j'adore les dire !

En plus, j'ai eu un problème physique, à la suite d'une chute. Donc, l'élocution est devenue difficile, alors, c'est comme un travail de pétrissage, j'aime dire les mots, j'aime les chuintantes, j'aime les sifflantes, j'aime les dentales, c'est pour moi un effort d'articuler et je trouve qu'il faut rendre grâce aux mots.

 

Il y a la langue, c'est ce qu'il y a de plus beau, le verbe ! C'est notre propre, c'est ce qui fait que vous et moi, on est des êtres humains : c'est pas uniquement qu'on est bipède et que l'on a, comme diraient les paléontologues, les yeux qui nous permettent de regarder de face, comme les prédateurs, ce n'est pas que ça, le propre de l'homme...

Le propre de l'homme, c'est le verbe, c'est la capacité de dire le monde, de le recomposer, de le recréer, de le comprendre, de recréer un plan de réalité avec simplement le verbe ! C'est magnifique ! Il faut choyer les mots, il faut les vénérer !

C'est dommage que nous soyons un peu, en ce moment, dans une époque où les machines ont pris tellement de place, partout autour de nous, entre nous, en nous, même, que la langue s'est un peu écartée, elle est un peu intimidée, elle s'est appauvrie.

Certes, il y a encore des gens qui ont le verbe haut, qui parlent clair, qui parlent fort, il y a encore des langages merveilleux, il y a encore des gisements pétrolifères, il y a encore des gisements sémantiques, il y a encore des gisements de mots techniques, argotiques, il y a encore des gens qui parlent de magnifiques langues soit extrêmement châtiées, soit extrêmement populaires, mais, en tout cas, le personnel qui est censé nous diriger, l'autorité politique qui parfois, dans l'histoire, a usé d'un verbe superbe, je pense aux oraisons, je pense aux grands discours, je pense aux grandes plaidoiries, aujourd'hui, ils s'expriment vraiment comme des marchands de semelles de caoutchouc, ça ne va pas du tout..."

 

Quel vibrant éloge des mots et de la langue !

Magnifique éloge dans lequel Sylvain Tesson use d'un langage imagé, poétique !

Un éloge au cours duquel il magnifie les sonorités, chuintantes, sifflantes, gutturales, dentales... un éloge où il dévoile son amour pour la langue française, sa diversité, ses richesses, ses différents registres...

Célébrons les mots !

 Ecoutez le nom de l'aurore, aussitôt apparaissent des teintes dorées et roses d'une matinée transparente et claire... Entendez le mot "pécore" et vous voyez aussitôt la prétention, la sottise de celle qui parle à tort et à travers.

 

Les mots nous parlent d'autant plus qu'ils nous sont inconnus ou mystérieux : "amarante, cinabre, synecdoque, cicindèle." Les mots offrent, alors, une beauté exotique et lointaine qu'on a envie de découvrir comme de nouvelles terres, de nouvelles conquêtes, des territoires inexplorés.

 

Les mots se répondent aussi, se parlent entre eux, ils s'associent, se marient ou se contrarient. Le verbe, ou le mot par excellence, l'adverbe, le verbiage se fondent harmonieusement. L'homonyme, le synonyme, l'anonyme et l'antonyme forment une symbiose parfaite, une famille de mots inséparables.

 

 

Source :

https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-14/3342676-emission-speciale-sylvain-tesson.html

 

 

 

Sylvain Tesson : "Il faut choyer, vénérer les mots !"
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8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 10:59
Le Mai, le joli Mai aux jardins !

 

 

Des cascades de fleurs sur les marronniers, des éclats de blancs, de roses, de pourpres...

 

 

Le Mai, le joli Mai rayonne aux Jardins !

 

 

Des profusions de fleurs, un ciel aux teintes de lapis-lazuli, des tilleuls qui s'épanouissent...

 

 

Des jets d'oiseaux sur l'azur, des reflets sur l'eau aux teintes de fleurs...  

 

 

Un seringat embaume l'air de ses fleurs fragiles... des valérianes rustiques poussent sur la roche...

 

 

 

Des murmures d'oiseaux  fusent dans l'air du printemps !

 

 

 

Le Mai, le joli Mai aux Jardins !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo : rosemar

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24 avril 2022 7 24 /04 /avril /2022 11:10
Vert ! Bleu !

 

 

Bleu du ciel ! Bleu de Provence ! Verdures printanières !

 

 

 

Reflets ondoyants et solaires où se mêlent les couleurs du printemps !

 

 

 

Des tableaux rayonnants ! Des teintes lumineuses sous un soleil printanier...

 

 

 

L'eau se pare de ces éclats de vert et de bleu, l'eau redessine les couleurs du ciel et les frondaisons verdoyantes des arbres...

 

 

 

 

L'eau s'empare des paysages et les magnifie de ses ondoyances légères !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 mars 2022 7 27 /03 /mars /2022 12:53
C'est le printemps !

 

Des frémissements dans les arbres, des fleurs nouvelles, des couleurs lumineuses, des parfums qui enivrent...

 

 

C'est le printemps qui s'annonce !

 

 

Viburnums, genêts d'Espagne répandent des senteurs suaves, si douces ! Des tourbillons de fleurs, des envolées de festons nouveaux !

 

 

Les sombres marronniers s'éveillent : voici que des feuilles légères s'épanouissent sur les branches dénudées, voici que les buissons se parent d'éclats !

 

 

Voici que des chants d'oiseaux surgissent des arbres !

 

 

Voici que des couchers de soleil s'attardent et nous laissent admirer des tableaux chaleureux !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 mars 2022 5 25 /03 /mars /2022 13:01
Habiter poétiquement le monde...

 

Merveilleuse émission sur la poésie, présentée par François Busnel, lors de la Grande Librairie... ce mercredi 23 mars sur France 5.

Trois invités sur le plateau : Sophie Nauleau, Jean-Pierre Siméon, et Abdellatif Laâbi...

"Je ferai, oui, l'éloge de la poésie. Sans restrictions. Sans états d'âme. Parce que la poésie n'est justement pas le lieu de la demi-mesure. Je le ferai d'une voix pleine, vive s'il le faut. Parce qu'on ne peut admettre plus longtemps, n'est-ce pas, que les poètes, malgré les révérences qu'on leur fait de loin en loin pour se disculper de la désinvolture et de l'indifférence avec lesquelles on les traite ordinairement, soient renvoyés à leur étrange petit commerce particulier qui n'aurait rien à voir avec les affaires du monde", écrit Jean-Pierre Siméon en quatrième de couverture de son livre intitulé Petit éloge de la poésie.

Sophie Nauleau présente d'abord son ouvrage "S'il en est encore temps" qui célèbre l'éphémère...

Jean-Pierre Siméon rappelle cet aphorisme de René Char : "Si nous habitons un éclair, il est le coeur de l'éternel".

 

Et si on parlait de l'éclair, de l'arc-en-ciel, de la brièveté et même mieux de l'éphémère !

"Une éphémère : c'est aussi un petit insecte qui est très beau parce que c'est comme un sourire et les deux ailes sont rabattues, l'insecte ne peut pas ouvrir ses ailes, il ne va les ouvrir que dans la mort, dans un lâcher prise ultime, final.

L'adjectif "éphémère", lui, a souvent une connotation péjorative...

"En cherchant, on découvre que cet insecte est le plus vieil insecte ailé de la création et il a résisté à l'extinction de masse qui a tué les dinosaures ! Donc l'éphémère dure !

La poésie est en fait un révélateur..." nous dit Sophie Naleau.

 

"Tout poème est question, tout poète est un questionneur", commente Jean-Pierre Siméon. "Le poète est celui qui se pose des questions sur tout, sur ce qu'on croit savoir, ce qu'on croit bien connaître. Le poète est celui qui surprend notre habitude, qui dérange notre façon de voir, de comprendre.

Dès qu'on prend le temps d'interroger le mot, on s'aperçoit que c'est un univers plus complexe, plus multiple, c'est la vie, quoi. C'est le mouvement, la contradiction, c'est découvrir l'inconnu, c'est cela la poésie."

 

"On assiste à notre époque à une sorte de marginalisation de la poésie : aujourd'hui, quand on parle littérature, on pense tout de suite au roman." estime Abdellatif Laâbi...

"Ceux qui font l'opinion dans la plupart des pays ne font pas la promotion de la poésie.",  précise Abdellatif Laâbi...

Et Jean-Pierre Siméon développe cette idée :

"La poésie n'est pas au coeur de notre compréhension de la vie sociale comme elle devrait l'être. C'est pourtant un genre majeur, c'est plus qu'un genre majeur, la poésie, c'est un diapason pour penser notre vie individuelle et notre destin collectif. Et si la poésie a disparu dans notre monde occidental industrialisé, c'est en raison des modes socio-économiques qui nous gouvernent depuis des années, qui sont ajustés à trois totems : le pouvoir, l'avoir et le paraître, mais surtout l'avoir, parce que l'avoir engendre la volonté de pouvoir, la prédation, la domination, l'asservissement, l'exploitation, et le paraître est un instrument de tout cela.

Et, ça, c'est antinomique de la poésie... la poésie gêne parce qu'elle définit une autre façon d'habiter le monde.

La poésie est un combat.

Actuellement, nous n'habitons pas le monde, nous sommes sous l'asservissement d'obligations, nous sommes enfermés dans des mécanismes qui ne nous laissent aucun moment de respiration, nous courons, nous nous divertissons. C'est un gâchis énorme, nous sommes enfermés dans des rôles, des obligations, des fonctions, tout le monde souffre de ce modèle.

Que vaut la santé du corps, si l'âme est morte ? Nous oublions l'essentiel de la vie, ce qui nous donne de la joie.

La seule lecture d'un poème nous fait renouer avec la part perdue de l'existence, le feu de l'existence...

La vie intense que nous cherchons tous dans l'éphémère de l'amour, c'est ça qui nous fait vivre profondément, qu'est-ce qu'on passe comme temps dans notre existence à ça, ce moment d'apnée, d'émerveillement, de stupéfaction devant un paysage, devant un visage ?

La poésie, c'est un combat de chacun, c'est un arrachement, c'est s'arracher à cette boue du réel qui nous prend les pieds.

Il faut se mettre dans un ralentissement, faire sécession avec un monde de bruit et de fureur...

Il faudrait que ce soit le diapason de notre vie.

La seule chose qui compte pour tous, c'est de vivre au mieux l'intensité de l'existence."

 

Magnifique et vibrant  plaidoyer pour la poésie qui nous délivre, qui nous fait percevoir l'essentiel !

 

 

 

https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-14/3154001-emission-du-mercredi-23-mars-2022.html

 

 

 

 

Habiter poétiquement le monde...
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20 mars 2022 7 20 /03 /mars /2022 14:11
Mars aux Jardins !

 

La source, le plan d'eau irisés par la lumière...

 

 

 

Les cygnes, les colverts, les oiseaux qui sillonnent les replis ondoyants de l'eau...

 

 

 

Un air de printemps qui s'annonce... des reflets solaires sur l'eau...

 

 

 

Un arc-en-ciel qui se dessine sous le jet d'eau... les silhouettes dépouillées des arbres qui s'auréolent de lumières solaires...

 

 

 

 

Le Dieu Pan, l'antique temple de Diane, le double hémicycle de marbre près de la source, le nymphée, tant de figures du passé de la ville qui rayonnent aux Jardins !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

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